La Toison est le premier roman de Patrick Grainville, publié aux éditions Gallimard en .
Historique Le manuscrit est accepté dès sa réception par l’éditeurGrainville, la vérité crashée, Jean-Baptiste Harang, Libération, 6 janvier 2000.. Patrick Grainville inaugure ce qu’il appelle son « autobiographie mythique »La Lisière, Paris, éditions Gallimard, 1973, p. 217., c'est-à-dire évoquer avant l’heure tous les âges de sa vie sans les avoir encore vécus. On y suit les aventures amoureuses d’un étudiant avec Lise, Jana et Laura, dans un Paris marqué par le surréalisme. Laura, la préférée, réapparaît dans ses deux romans suivants, La Lisière, puis L'AbîmeLe grand cérémonial des mots, Claude Bonnefoy, Les Nouvelles littéraires, 3e année, N° 2456 du 21-27 octobre 1974. qui achèvent chez Gallimard la boucle de cette autobiographie imaginaire et pourtant concrète. La Toison se distingue par une écriture foisonnante, caractérisée par l’abondance des images, des métaphores et une forte densité lexicale, qui marque d’emblée le style singulier de l’auteurDictionnaire mondial des littératures, Larousse, 2002..
Résumé Le roman met en scène un étudiant évoluant dans un grand jardin universitaire au sud de Paris, au milieu d’étudiants venus de divers pays. Observateur attentif, il se livre à la contemplation des jeunes femmes qu’il aperçoit dans ce cadre cosmopolite, puis lors de ses déambulations dans la ville, notamment vers le Panthéon et les quais de la Seine. Les chevelures, les manteaux et les silhouettes féminines nourrissent chez lui un imaginaire foisonnant, où le motif de la toison devient central et donne lieu à des visions poétiques dans lesquelles femmes et animaux tendent à se confondre. De cet ensemble émergent trois figures féminines distinctes : Jana, mystérieuse et distante, qui accompagne le narrateur dans ses parcours urbains ; Lise, originaire de Normandie, associée aux paysages ruraux, aux séjours maritimes et aux scènes de chasse ; et Laura, jeune fille rencontrée dans un décor montagnard, caractérisée par sa spontanéité. Le narrateur oscille entre ces différentes présences, chacune liée à un espace et à une forme d’expérience. Le récit alterne ainsi entre évocations sensuelles, descriptions de la nature et scènes de chasse, où l’attention portée aux animaux prolonge le motif de la toison dans une dimension plus brute. L’univers représenté se transforme progressivement : Paris devient un espace insolite et presque irréel, traversé par des visions collectives et des bouleversements, jusqu’à une forme de crise hivernale marquée par des images de foule et d’animaux. Cette évolution conduit le narrateur à approfondir sa relation à Jana et à mieux saisir ses propres aspirations.
Réception critique Comme l’indique son titre, le livre est hanté par le signe obsédant de la bête, de la neige, thèmes récurrents de l’auteur, avec cette double tendance sensuelle, drue, imagée liée à un « sens épique » remarquée par Paul Otchakovsky-LaurensToisonnant, La Quinzaine littéraire , parue le octobre 1972.. Trois Normandie s'y confondent déjà, « géographique, biographique et mythique »Patrick Grainville, la Normandie transfigurée, Alain Cresciucci, Études normandes, 65e année, n°1, 2016, Normands de plume, pp. 51-58.. Dans une lettre adressée à l’auteurle 12 septembre 1972, publiée ensuite à l’occasion du prix Goncourt de Patrick Grainville pour Les Flamboyants dans Le Monde daté du 17 novembre 1976, p. 31., Henry de Montherlant salue, peu de temps avant sa mortHenry de Montherlant est mort le 21 septembre 1972., La Toison en ces termes : Dominique Bona, confirmera dans son discours de réception de Patrick Grainville à l’Académie française qu’il surgit dans son premier roman tel qu’en lui-même, creusant déjà son sillage, sans se « préoccuper des modes, des avant-gardes ni des diktats de l’intelligentsia parisienne »Réponse de Mme Dominique Bona au discours de M. Patrick Grainville, le 21 février 2019..
Éditions La Toison, éditions Gallimard, 1972 . La Toison, FeniXX réédition numérique, 2016.
Notes et références
Bibliographie Roger-Michel Allemand, Le rebis grainvillien ou l'écrivain réconcilié, Caractères numéro 9, Caen, Fonds d'Aide à la Création Littéraire de Basse-Normandie, , pp. 6-11. Roger-Michel Allemand, Patrick Grainville, « entre l’aigle pêcheur et le cobra royal », revue @nalyses, Vol. 3, nº 1 Hiver 2008.
Liens externes
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