vignette|redresse=1.2|Drapeau d'un bataillon de panzers. La , littéralement en français « arme blindée », désigne en allemand sous le Troisième Reich la branche blindée de l'armée de terre allemande. Les membres de la sont appelés , littéralement « troupes blindées ». La s'occupe en particulier de l'organisation, la formation et l'approvisionnement des unités blindées, en particulier les unités de panzers.

L'un des principaux artisans du développement de cette arme nouvelle au sein de l'armée allemande est le général Heinz Guderian, qui contribue à son organisation progressive alors même que les clauses du traité de Versailles limitent en théorie les capacités militaires de l'Allemagne. Après des débuts sous le régime de Weimar au sein des , les forces blindées se développent notamment dans le cadre des « » (« troupes rapides »). .

La regroupe notamment les , c'est-à-dire les unités blindées et leurs équipages, ainsi que les au cours de la Seconde Guerre mondiale. En revanche, les (« trains blindés ») ne relevaient généralement pas de la .

Histoire vignette|redresse=1.4|Le à Karlsbad, défilé militaire de chars (modèle Panzer I), devant le commandant en chef de l'armée de terre allemande le Generaloberst Walther von Brauchitsch à l'occasion de l'annexion des Sudètes. D'après le traité de Versailles, l'armée de l'Allemagne défaite, devenue la Reichswehr, n'a pas le droit de posséder des chars. Le paragraphe 171 du traité stipule l'interdiction de .. Pour contourner l'interdiction, les chars allemands conçus durant les années 1920-1930 porteront le nom de code de , littéralement (sous-entendu « agricole »). C'est ainsi qu'en secret des projets comme celui du Leichttraktor sont menés à bien par les firmes Krupp et Rheinmetall pour l'état-major allemand.

Le traité de Rapallo met en place une collaboration militaire secrète entre l'Allemagne de Weimar et l'URSS, qui durera jusqu'en 1933, avec des camps d'entraînement allemands secrets ; une école des gaz de combat à Saratov, une école d'aviation près de Lipetsk et un centre d'études et d'entraînement pour les chars de combat à Kazan. L'école ouvre finalement ses portes en et servira à former environ une trentaine de spécialistes de blindés allemands.

À cette époque, la branche de la qui regroupe sous une même direction l'ensemble des forces motorisées s'appelait les , pour « troupes automobiles ». Elles comprenaient : les (troupes blindées) ; la (chasseurs [protection] de chars) ; les (chasseurs ou fusiliers) ; les (troupes motocyclistes).

En 1938Tessin, Georg. Verbände und Truppen der deutschen Wehrmacht und der Waffen-SS im Zweiten Weltkrieg 1939-1945. Tome 1, p. 149., les et la cavalerie subissent une refonte sous l'impulsion du général Heinz Guderian, qui est promu le General der Panzertruppen. Les deux armes sont alors fondues en une branche unique, baptisée . Elles comprennent :

les (troupes blindées) ; la (chasseurs [protection] de chars) ; les (fusiliers ou chasseurs) ; les (troupes motocyclistes) ; la (cavalerie) ; les (chasseurs à cheval) ; l’ (unités de reconnaissance) ; les (unités montées) ; les (unités cyclistes).

Le , les sont rebaptisées qui regroupent désormais : les (troupes blindées) ; la (reconnaissance blindée) ; les (chasseurs de chars) ; la (unités [protection] blindées de forteresse) ; les (infanterie mécanisée) ; les (groupes rapides) ; les (trains blindés) ; les (troupes motocyclistes) ; les (génie [sapeurs] blindé) ; les (transmissions blindées).

En nombre de chars détruits chez l'ennemi, les plus grands de l'armée allemande sont Kurt Knispel, Otto Carius, Johannes Bölter, Michael Wittmann.

Organisation Direction

La Panzerwaffe regroupe l'ensemble des unités blindés dépendant de la Wehrmacht Heer (l'armée de terre).

De nombreuses formations blindées ou motorisées dépendaient de la Waffen-SS. De fait, elles n'entrent pas dans le giron de la , les deux forces armées disposant d'un commandement séparé. Cette distinction « administrative » ne doit toutefois pas faire oublier qu'opérationnellement parlant, leurs organisations étaient très similaires, et les unités blindées SS ont fréquemment fait partie de grandes unités dépendant du commandement de la Wehrmacht.

Types d'unités

Les unités de l'infanterie motorisée constituent les premières formations rattachées à la . Celle-ci consiste alors simplement en des troupes d'infanterie dont le transport est assuré par des camions. Au début de la Seconde Guerre mondiale, la Wehrmacht comptait ainsi de nombreuses , constituant chacune une unité de cavalerie semi-motorisée, ce qui constituait un compromis avec les cavaliers de la Heer. Ces unités mixtes sont jugées inadaptées aux conditions du combat moderne à l'issue de la campagne de Pologne, elles sont alors transformées en unités totalement motorisées.

En complément de ces divisions légères, la Wehrmacht dispose très vite d'unités complètement motorisées. L'archétype originel d'une unité de la est la division blindée . Chacune d'elles est composée d'un brigade blindée , comportant deux régiments de chars, et de deux régiments d'infanterie mécanisée ou d'infanterie motorisée. La totalité des personnels d'une division blindée est mobile, y compris les unités de support, qu'il s'agisse d'artillerie de campagne ou d'artillerie antichar accompagnées d'unités de reconnaissance blindée. Après les campagnes de Pologne et de France, la taille des est réduite ; il n'y subsiste pour certaines qu'un seul régiment de chars. Ce remaniement permet à l'Allemagne de gonfler le nombre de divisions blindées disponibles.

Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande constitue un autre genre de grande unité blindée relevant de la . Il s'agit des divisions de grenadiers blindés ou . Ces unités comportent des troupes d'infanterie motorisée, voire quelques bataillons d'infanterie mécanisée lorsque suffisamment de semi-chenillés sont disponibles pour constituer des forces plus puissantes et mobiles encore. Leurs unités d'appui incluent de l'artillerie automotrice antichar, comme les Jagdpanzer, avec parfois un considérable appui de panzers.

vignette|redresse=0.8|Le , quelque part en France occupée, un Feldwebel de Panzertruppe pose devant son char (un Panzer IV) dans son uniforme noir typique.

Un Panzerkorps est une grande unité rassemblant deux ou trois divisions, ainsi que d'autres unités d'appui et de soutien.

Au-delà, on trouve le , dont la force est similaire à celle d'une armée allemande. Elles sont nommées soit selon un numéro (Panzergruppe 1) soit d'après le nom de son commandant (Panzergruppe von Kleist), et finissent en général par être renommées en , composée de deux à trois corps.

Dans ces grandes unités, corps ou armée, les unités blindées étaient presque toujours mêlées à des unités d'infanterie « standards », qui ne relevaient pas au sens propre de la Panzerwaffe. À tel point que la 2. Panzerarmee, retirée du front de l'Est à l'été 1943 pour être envoyée dans les Balkans (dans le cadre de la lutte anti-partisans), n'a plus de Panzerdivision sous son contrôle à la fin de cette même année.

Troupes et unités Formation Les personnels de la sont dénommés .

Deux écoles spécifiques ont formé les . Il s'agit des et .

Uniformes Les équipages des chars se distinguent des autres personnels de la Heer par leur uniforme particulier. Plus près du corps et entièrement noir. Cet uniforme contribue à ce que ses membres se considèrent comme faisant partie d'une caste à part. À l'origine, en , cet uniforme était un "noir de travail" et on ne devait pas y apposer l'aigle à croix gammée que ce soit sur le béret (Schutzmütze) ou sur la Feldjacke noire.

Vexillologie

La est une branche ou de l'armée de terre allemande, au même titre que l'infanterie ou l'artillerie. De fait, celle-ci bénéficie de tous les attributs d'identification propre à chacune des branches de la Heer. La couleur de cette arme ou est le rose ; à titre de comparaison, l'infanterie allemande porte du blanc et c'est l'écarlate pour l'artillerie.

Il est à noter une exception : la (dite "cavalier sautant"). Il s'agissait d'une ancienne division de cavalerie qui, par respect de la tradition, fut autorisée à utiliser la Waffenfarbe (couleur propre à l'arme) jaune or au lieu du rose.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Anonyme. German Order of Battle 1944: The regiments, formations and units of the German ground forces. Arms and Armour Press, Londres, 1975. Anonyme. The German Remplacement Army (Ersatzheer). Military Intelligence Division, War Departement, . Anonyme. The German Remplacement Army (Ersatzheer), Supplement May 1945. Military Intelligence Division, War Departement, . Absolon, Rudolf. Die Wehrmacht im Dritten Reich. Boppard, Harald Boldt. Guderian, Heinz. À la tête des panzers, souvenirs d'un soldat. Paris : Plon, 1963. Müller-Hillebrand, Burkhard. Das Heer 1933-1945. Frankfurt, Mittler & Sohn. Tessin, Georg. Verbände und Truppen der deutschen Wehrmacht und der Waffen-SS im Zweiten Weltkrieg 1939-1945. Biblio-Verlag, Bissendorf. Tessin, Georg. Deutsche Verbände und Truppen 1919-1939. Biblio-Verlag, Osnabrück.

Articles connexes Panzerdivision Corps blindé Arme blindée et cavalerie de l’Armée de terre française. Royal Armoured Corps de l'armée de terre britannique.

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