thumb|la mosquée du Chah, à Ispahan L'islam est la religion de 99 % des Iraniens. 89 % sont chiites, et 10 % sunnites, souvent des Turkmènes, des Balouches et des Kurdes. Parmi les chiites, soit 90 % des Iraniens culturels tous se réclament du chiisme duodécimain.

La conquête islamique de la Perse a eu lieu entre 637 et 651. Elle mit fin à l'empire Sassanide, et entraîna le déclin de la religion zoroastrienne. Les réalisations des précédentes civilisations perses n'ont pas disparu, mais ont plutôt été absorbées par l'islam. Depuis lors, l'islam est devenue la religion officielle de l'Iran, avec cependant une courte éclipse après le raid Mongol et l'établissement de l'Ilkhanat au Présentation de l'Iran par l'université de Laval au Québec. L'Iran est devenu une république islamique après la révolution de 1979. L'Iran fait partie de l'OCI depuis la fondation de celle-ci en 1969.

Bien que l'Iran soit réputé aujourd'hui comme la nation phare du chiisme dans le monde, la foi chiite ne s'y développa qu'au . C'est la dynastie safavide qui fit du chiisme la religion d'État et l'imposa dans la population. Il semble qu'au milieu du , la plupart des Perses étaient devenus chiites. Les siècles suivants virent l'émergence d'une synthèse entre la culture perse et l'islam chiite.

Histoire La conquête islamique de la Perse

thumb|left|pièce du règne de Yazdgard III Les musulmans ont envahi la Perse à l'époque du calife Omar, en 637, et l'ont conquise après plusieurs grandes batailles. Le souverain Yazdgard III dut fuir vers le district de Merv, puis à Balkh, avant d'être assassinéHistoire de l'Iran, période sassanide en 651. En 674, les musulmans avaient conquis la province du grand Khorasan, ce qui représente le Khorasan iranien actuel, l'Afghanistan et la Transoxiane.

Sous le calife Omar et ses premiers successeurs, les conquérants arabes cherchèrent à maintenir leur cohésion culturelle et politique malgré l'attraction que représentait la civilisation qu'ils avaient conquise. Ils n'ont pas cherché à convertir les masses à l'islamHistoire de l'Iran, la conquête musulmane. En revanche, ils ont cherché à imposer la langue arabe dans cette nouvelle région de l'empire. Mais le moyen-persan s'est montré endurant et a simplement évolué en intégrant des mots arabes. Les conquérants s'étaient installés dans les villes de garnison plutôt que dans le reste du pays. Tous les sujets non musulmans, ou dhimmis, devaient payer un impôt spécial, la jizya, un impôt local calculé par individu et variant selon le nombre d'hommes capables de combattre Hugh Kennedy, The Prophet and the Age of the Caliphates, Longman, 2004, p. 68.

Malgré les transformations culturelles fortes et de sa grande pénétration, le phénomène de conversion de la Perse à l'islam a été remarquablement peu étudié par les chercheurs. Des recherches récentes ont néanmoins permis d'établir une chronologie générale du processus de conversion des Perses à l'islam. À partir de l'étude des dates probables des conversions individuelles fondées sur les généalogies des dictionnaires biographiques, Richard Bulliet a suggéré que la conversion des Perses a été graduelle et limitée jusqu'à la fin de la période omeyyade (année 132 de l'Hégire ou 750 ), puis que le nombre de conversions a rapidement augmenté après la révolution abbasside, de sorte qu'à l'époque où les dynasties régionales se sont établies à l'Est, au moins 80 % des Iraniens étaient devenus musulmans. Les données de l'étude de Bulliet sont limitées par le fait qu'il s'agit de conversions formelles et totales à l'islam, dans un environnement urbain. La situation peut avoir été différente dans les régions rurales et certaines régions particulières, mais le schéma général correspond bien à ce qui peut être déduit des sources historiques. Même si dans certaines régions comme le Chiraz à l'époque de la visite d'Al-Maqdisi en 985, il a pu y avoir une forte minorité non musulmane, il est raisonnable de supposer que la culture perse dans son ensemble est devenue islamique pendant la période suggérée par les recherches de Bulliet. Par ailleurs, ce processus d'islamisation de la Perse a commencé par les Perses situés en Arabie La conversion de la Perse à l'islam, sur Iranica.

L'islamisation de l'Iran thumb|Coran illuminé de la période timouride À la suite de la révolution abbasside entre 749 et 751, où les Perses convertis à l'islam jouèrent un grand rôle, le centre du gravité du califat se déplaça vers l'Est, en Mésopotamie, et subit une influence iranienne importante Richard Foltz, Spirituality in the Land of the Noble: How Iran Shaped the World's Religions, Oxford, Oneworld publications, 2004, pp. 123–127 . En conséquence de cela, la population musulmane en Perse passa d'environ 40 % au milieu du à près de 100 % à la fin du . Les missionnaires musulmans n'ont pas rencontré de difficultés profondes à annoncer la foi islamique aux zoroastriens car il y avait des similitudes entre les deux fois. D'après Thomas Walker Arnold, pour les Perses, il s'agissait de rencontrer Ahura Mazda et Ahriman sous les noms d'Allah et d'IblisSir Thomas Walker Arnold, The preaching of Islam: a history of the propagation of the Muslim faith, p. 170-180 Dans leurs efforts pour obtenir des conversions et renforcer l'observance de la prière, les chefs musulmans permirent, chose rarePour l'islam, l'arabe est en effet langue sacrée, seule valable pour le Coran et la prière., que le Coran soit récité en persan plutôt qu'en arabe, de sorte que tout le monde puisse le comprendre. La première traduction complète du Coran fut achevée sous le règne de Samanides, au . Il semble que l'augmentation rapide des conversions à cette époque s'expliquât par la nationalité persane des dirigeants musulmans.

Bernard Lewis affirme que la Perse a été islamisée mais non arabisée. Selon lui,

La culture et la civilisation islamique en Iran thumb|left|Mausolée de Boukhari à Samarcande L'islamisation de l'Iran actuel produisit des transformations profondes dans les domaines culturel, scientifique et politique de la société perse. L'épanouissement de la philosophie, de la littérature, de la médecine et de l'art perses devinrent des éléments majeurs de la jeune civilisation musulmane. Héritant de siècles de civilisation, et au croisement de grandes cultures, l'Islam perse fit émerger ce qui culminera comme l'âge d'or islamique Caheb, Cambridge History of Iran, Tribes, Cities and Social Organization, vol. 4, p. 305–328. Pendant cette période, des centaines de savants contribuèrent grandement à la technologie, à la science et à la médecine qui influenceront entre autres plus tard les européens lors de la Renaissance E. Kühnel, in Zeitschrift der deutschen morgenländischen Gesell, Vol. CVI, 1956. Les plus importants savants de presque toutes les écoles de pensée étaient Perses ou vivaient en Iran. Dans les domaines religieux, on peut citer ibn Babuyeh, Yaqub Al-Kulayni, Al Boukhari, Mouslim, Hakim al-Nishaburi, collecteurs de hadiths, ou des théologiens chiites et sunnites comme le cheikh Tusi, Al-Ghazali, Fakhr ad-Din ar-Razi et Al-Zamakhshari. Dans les sciences profanes, les plus grands noms sont Al-Farabi, Avicenne, Nasir al-Din al-Tusi, et de grands cheikhs du soufisme comme Rumi et Abdul-Qadir Jilani.

Dans la Muqaddima, Ibn Khaldoun expliqueTraduction de l'arabe vers l'anglais par F. Rosenthal (III, pp. 311-15, 271-4 [Arabe]; R.N. Frye (p.91) :

La primauté de l'arabe et le mouvement Shu'ubiya Au et au , les sujets non arabes de l'oumma, surtout les Perses, créèrent un mouvement appelé Shu`ubiya en réponse au statut privilégié des Arabes dans l'empire. Ce mouvement conduisit à une résurgence de l'identité perse nationale S. Enderwitz, "Shu'ubiyya"., in Encyclopedia of Islam, Vol. IX (1997), pp. 513-14. Tout en adoptant l'islam, les Perses ont continué au fil des siècles à protéger et à raviver au besoin leur langage et leur culture, selon le processus de persianisation. Des Arabes et des Turcs participèrent aussi à ce processus Richard Frye, The Heritage of Persia, p. 243.

Comme le pouvoir des califes abbassides diminuait, un ensemble de dynasties vit le jour de part et d'autre de la Perse, avec finalement un pouvoir et une influence considérable. Parmi les dynasties les plus importantes, les Tahirides dans la Khorasan, entre 820 et 872, les saffarides dans le Sistan, entre 867 et 903, et les samanides entre 875 et 1005, issus du Bokhara. Les Samanides finirent par gouverner le territoire de l'Iran central au Pakistan. Au début du , les abbassides avaient quasiment perdu le contrôle de la partie de la Perse connue comme la dynastie Buwayhide (934 - 1055). Comme la plupart de l'administration abbasside était de toutes façons perse, les buwahyides, qui étaient des chiites jafarites, purent assumer sans encombre le véritable pouvoir à Bagdad.

La dynastie samanide fut la première dynastie complètement perse qui dirigea le pays depuis la conquête musulmane ; elle apporta un renouveau de la culture perse. Le premier grand poète perse après l'arrivée de l'islam fut Roudaki. Il est né à cette époque, et fut reconnu par les rois samanides. Cette dynastie remit à l'honneur les anciens festivals perses. Leurs successeurs, les ghaznévides, d'origine turque, poursuivirent le renouveau de la culture perse Les samanides, sur le site anglophone Iran Chamber.

Les sultanats sunnites thumb|left|Mahmoud de Ghazni, fils du fondateur de la dynastie ghaznévide. En 962, Alptegîn, gouverneur samanide, conquit Ghazni, dans l'Afghanistan actuel, et fonda la dynastie des ghaznévides, qui dura jusqu'en 1186 La conquête islamique de l'Iran, sur le site anglophone Iran Chamber. Ensuite, les seljoukides, Turcs comme les ghaznévides, conquirent la Perse petit à petit au cours du . Leur chef Tughril Beg mena la bataille contre les ghaznévides dans le Khorasan. Il se déplaça au Sud puis à l'Ouest, conquérant les cités sans les détruire. En 1055, le calife de Bagdad donna à Tughril Beg le titre de “Roi de l'Est”, ainsi que des présents. Sous le règne de son successeur, Malik Shah (1072–1092), l'Iran vécut une renaissance culturelle et scientifique grâce à la politique de son vizir Nizam al-Mulk. C'est aussi lui qui fit construire l'observatoire astronomique où Omar Khayyam réalisa la plupart de ses expérimentations pour la création d'un nouveau calendrier. Il fit construire également des écoles religieuses dans toutes les grandes villes. Il fut le mécène de Ghazali, l'un des plus grands théologiens de l'islam, ainsi que d'autres savants, qu'il fit venir à Bagdad.

Néanmoins, à l'époque de Malik Shah, la dynastie seldjoukide vécut une menace intérieure forte du fait de la secte ismaélienne des haschischins, qui agissait depuis Alamut, entre Rasht et Téhéran. Cette secte sanguinaire a contrôlé la région pendant environ 150 ans, envoyant de temps à autre ses adeptes pour assassiner des responsables politiquesLe mot assassin dérive étymologiquement du nom de cette secte, sans que son origine exacte soit connu.. Ce sont les hordes Mongoles de Hulagu, petit-fils de Gengis Khan, qui débarrasseront le pays de cette secteHistoire de l'Iran, les Mongols et le début de la modernité.

Le chiisme en Perse avant les safavides