Le château des Ternes est un château situé dans le de Paris .
Situation et accès Le château est situé aux rue Pierre-Demours et rue Bayen dans le de Paris.
Historique
En 1548, Pierre Habert (mort en 1597), maître écrivain français né à Issoudun, valet de chambre du roi, conseiller du roi et secrétaire de sa Chambre, frère du poète François Habert, achète la ferme de l'Esterne, qu'il aménage en une demeure plus vaste, flanquée de deux tourelles et d'un pont-levis, enjambant les fossés. Son petit-fils, Isaac Habert, en devient propriétaire et seigneur reconnu, lorsque le roi Louis XIII érige cette terre en fief par ordonnance royale de 1634. À la fin du , le lieu compte cinq maisons dont trois forment le château.
En 1715, Pomponne de Mirey (mort en 1740), secrétaire du roiDe 1701 à 1740. Charge anoblissante., trésorier de l'administration des finances, receveur des consignations, seigneur du Blanc-Mesnil, achète et rebâtit le château sous la forme d'un manoir entouré d'un parc qui prend l'apparence actuelle, après suppression des fossés et du pont-levisPlaque historique scellée sur le trottoir devant le château par la ville de Paris.. Pomponne de Mirey meurt le au château des TernesSur la famille de Pomponne de Mirey, voir ..
Conformément à la volonté du défunt, elle vend le château à Ange Laurent Lalive de Jully et Marie-Louise de Nettine, son épouseC. Leroux-Cesbron, « La Live de Jully, propriétaire du château des Ternes », Bulletin historique et archéologique des et arrondissements, 1917-1919, .. Celui-ci habitait un hôtel particulier de la rue de Ménars, mais d'un équilibre psychologique fragile, victime de crises de neurasthénie à partir de 1767, il achète le château des Ternes pour profiter de l'air pur et du calme de la campagneJean-François Delmas, « Le mécénat des financiers au : étude comparative de cinq collections de peinture », Histoire, économie & société, 1995, tome 14, , ..
Son épouse revend la propriété le à Louis-François de Galliffet (1695-1778), chevalier, seigneur de Marcilly. Il est le fils d'Alexandre III de Galliffet qui possédait des sucreries à Saint-Domingue (où il est mort le ). Ce bel héritage lui a permis d'acquérir plusieurs seigneuries: le , la seigneurie de Marcilly dont il a fait reconstruire le château en 1745-1749 - détruit à la Révolution ; en 1739 la baronnie de Preuilly (Indre-et-Loire), le château d'Azay-le-Ferron, la terre de la Morinière, les seigneuries de Buoux et de Bonnieux en 1753, de Salernes (Var) en 1765; en Champagne, en plus de la seigneurie de Marcilly, il possède aussi les seigneuries de Villiers-aux-Corneilles, de la Celle, de Fontaine-Denis, Missy, les Caves, Esclavolle, Potangis, Lavau, Port-Sainte-Marie, Culoison et Mornay ; il a enfin acheté la principauté de Martigues au duc de Villars en 1770/1772.. Il s'est marié en 1730 avec Denise Élisabeth Pucelle, décédée en 1761, dont il n'a pas eu d'enfants. Le , il rédige son testament : il transmet à son cousin Simon Alexandre Jean de Galliffet l'usufruit de tous ses biens, meubles et immeubles, et laisse leur propriété au fils de ce dernier, Louis François Alexandre de Galliffet, après le décès de son père. Il a probablement organisé le mariage de Louis François Alexandre de Galliffet avec sa cousine, Marie Louis de Galliffet, alors âgée de moins de 16 ans, par contrat du signé du roi et des princes de la famille royale. Louis-François de Galliffet meurt dans son hôtel de la rue de Varenne dans la nuit du 3 au .François-Alexandre Aubert de La Chenaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, Paris, chez Antoine Boudet, 1774, tome VII, article « Galliffet », (lire en ligne)..
Le , Louis François Alexandre de Galliffet (qui est donc le légataire de Louis François Galliffet) vend le château et le parc des Ternes à Joseph Normand, bourgeois de Paris, pour la somme de . Mais ce dernier déclare le jour de la vente qu'il est un prête-nom et a agi pour le compte de Nicolas Lenoir, Jean-Baptiste Servat et Charles-Nicolas Rolland. L'architecte Lenoir rachète les parts de ses compères en 1781. Il remanie le château en faisant élever une muraille, divisant la propriété en quatre parcelles, ouvrant une voie sous le château, nommée la rue de l'Arcade, devenue la rue Bayen après l'annexion en 1864, viabilise le parc et le morcelle en de nombreuses parcelles. Il vend la grille de l'entrée du château à Jean-Baptiste-Jacques Élie de Beaumont qui le fait installer à son château de Canon, où elle est toujours conservéeFranck Beaumont, Guide du Patrimoine - Guide du promeneur Paris 17e...
Il fabrique des Lettre de Monclar à Chaptal, ministre de l'Intérieur, 9 ventôse an IX, Archives Nationales, F12/1307..
Jean-Antoine Chaptal acquiert le domaine des Ternes par adjudication des 29 fructidor et complémentaire de l'an VI (). Dans l'acte de vente il est précisé qu'il s'agit Archives nationales, MEC/ET/CXIV, 155, Me Labie, extrait du registre des recettes du prix de ventes d'immeubles du bureau des et de Paris, folio 28 et 32.. L'usine est installée sur un vaste terrain de quatre hectares entre la rue de l'Arcade et le chemin de la Révolte. L'emplacement est limité au nord par la grande route de Saint-Cloud à Compiègne, ou route de la Révolte, et au sud elle jouxte des maisons et des jardins. La rue de l'Arcade à l'est, et celle de Villiers à l'ouest, forment les dernières limites. On fabrique des acides sulfuriques et oxaliques, du sel d'étain, du sulfate de fer, du pyrolignite de fer et de l'alun. Avec les crises commerciales et la gestion difficile de l'entreprise, les usines sont hypothéquées en . L'usine des Ternes est mise en vente à l'audience du tribunal civil de la Seine, après jugement rendu le à la requête de Jacques Lafitte. L'ensemble du domaine appartenant aux Chaptal est divisé en huit lots. Cette usine a été le fleuron de l'industrie chimique au cours des premières décennies du . En 1816, elle fonctionnait avec un budget de près d'un million de francs sur un terrain de trois hectares, et employait cent cinquante ouvriers..
En 1856, la congrégation de Sainte-Croix reprend une petite école religieuse qui s'est établie dans le château des Ternes et crée ainsi son troisième collège en France (après Le Mans et Saint-Brieuc). Ce collège prend le nom de collège de Sainte-Marie au château des Ternes. Devant son succès, les locaux deviennent trop petits et le collège se transporte à Neuilly-sur-Seine en 1867, où il prend le nom de collège Notre-Dame de Sainte-Croix de NeuillyCollectif, Sainte-Croix, Imprimerie Tournon, Paris, 1964, ..
En 1858, les deux parties du château sont réunies grâce à la famille Haincque de Saint-Senoch.
Pendant l'hiver 1954, l'abbé Pierre y fait venir des sans-logis qui sont chauffés grâce à la combustion des parquets à la Versailles arrachés aux pièces du châteauFrançois Thévenin, Evous, 4 mars 2005.. Les bâtiments sont déclarés d'utilité publique en 1956 et deviennent successivement propriété de l'Assistance publique, puis de la Ville de Paris. Une partie du bâtiment est aujourd'hui une crèche municipale.
Ce bâtiment est inscrit au titre des monuments historiques en 1928, puis radié en 1931Procès-verbaux de la Commission du Vieux Paris, 27 juin 1931, (lire en ligne). Il fait de nouveau l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques le .
Architecture L'édifice comprend un avant-corps, percé de grandes baies, en plein cintre, et deux ailes en retrait. La façade est d'inspiration classique avec angles à refends, grandes baies vitrées en plein cintre, sur deux niveaux et combles mansardés. Le pavillon central formant l'avant-corps fut éventré par l'architecte Nicolas Lenoir pour y faire passer un chemin, puis une rue.
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie
Fernand Bournon : Villiers-la-Garenne et Neuilly, les Ternes, château de Madrid, la porte Maillot, Bagatelle, Sablonville, Sainte-James . . Plan cadastral section des Ternes de 1805, Archives municipales de Neuilly-sur-Seine, 11F1-11. . .
Iconographie Paulin Bertrand (1852-1940), Château des Ternes, peinture sur le tympan du vestibule de l'hôtel de ville de Neuilly-sur-Seine.
Articles connexes Liste des monuments historiques du arrondissement de Paris Liste des châteaux de Paris
Liens externes ; et
Ternes Catégorie:Monument historique dans le 17e arrondissement de Paris Catégorie:Monument historique inscrit en 1949