Le championnat de France de gymnastique féminine des patronages regroupe chaque année les associations sportives catholiques depuis la fin de la grande guerre. Ses palmarès ne sont actuellement identifiables qu'après la seconde guerre mondiale et l'apparition de la Fédération sportive de France. Antérieurement ces associations sont fédérées par le Rayon sportif féminin.
Le Rayon sportif féminin (1919-1940)
thumb|upright=0.8|Insigne de cadre .|alt=Insigne de béret des monitrices du
Dès la fin de la Grande Guerre en 1919 une Fille de la charité, sœur Roussel, demande à la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF) un moniteur de gymnastique pour les Enfants de MarieHélène Roman-Galéazzi, « Les Enfants de Marie Immaculée », sur rives.revues.org, 2005. du Raincy. Celle-ci lui délègue Félix Mathey, huit fois champion fédéral d'athlétisme et membre du CA Rosaire, qui présente à la fois les garanties techniques et morales nécessaires. Il prend en charge dès l’année suivante une seconde société parisienne, la Tour d’Auvergne. La gymnastique repose alors sur la gymnastique rythmique inspirée des écoles d'Irène Popard et Simon Siégel et des exercices athlétiques issus de la méthode de Georges Hébert : sauts, course et lancers. Seules les sections les plus riches pratiquent les barres parallèles dont l’usage est cependant vivement recommandé. thumb|upright=0.8|Félix Mathey, directeur technique du .|alt=Portrait de Félix Mathey Une fête annuelle regroupe chaque année au Raincy les sociétés parisiennes sous l’autorité de sœur BouvierSœur Bouvier a laissé son nom à une rue du arrondissement de Lyon. avant d'émigrer au parc de Saint-Maur puis en province. Chaque équipe chante a cappella l'hymne du Rayon avant de se produire aux exercices d'ensembles et après 1921 chaque rassemblement est précédé tôt le matin de la prière à Jeanne d'Arc.
La ne se désintéresse pas de ce développement ; en 1926, son congrès fait état d'une Fédération d'éducation physique féminine et de son union régionale d'Île-de-France dont le docteur Mayet, vice-président fédéral, assure le suivi mais c'est bien l'écusson du Rayon sportif féminin (RSF) qui est présenté au concours de Lyon en 1929 par le cardinal Gerlier. Cependant le mouvement n'est officiellement déclaré sous ce nom qu'en 1931, le drapeau du étant béni la même année par le chanoine Pasteau lors du concours d'Ivry. Cinq ans plus tard lors du festival de 1936 qui accueille de nombreuses sociétés venues de province Henri Sellier, ministre de la santé publique, remercie les Filles de la Charité . En 1939, cinquante-trois comités départementaux recensés organisent chacun leur festival annuel de gymnastique pour les 650 associations affiliées.
Palmarès de 1921 à 1938 thumb|upright=0.8|Concours du Rayon sportif féminin à Saint-Maur : prière à Jeanne d'Arc. AnnéeLieu de la compétitionAssociationAnnéeLieu de la compétitionAssociation1921Le Raincy1922Le Raincy19231924 19251926 19271928 1929Lyon1930 1931Ivry-sur-Seine1932 19331934 19351936Porte d'Ivry19371938 1939Le parc Saint-Maur1940
La Fédération sportive de France (1947-1968)
Le régime de Vichy imposant dès 1940 la fusion des fédérations féminines et masculines, le se voit contraint de rejoindre la et cette fusion imposée est confirmée et actée démocratiquement le sous le nom de Fédération sportive de France (FSF). Après cette date, les palmarès des championnats de France par équipe et individuels, organisés dans le même lieu, sont dument tenus à jour. La masse des licenciées et le nombre des gymnastes engagées impose plusieurs classements tant par équipes qu'individuellement. Le programme comporte alors : barres parallèles, saut de cheval, poutre, course de , lancer du poids et mouvements d'ensembles en musique. En 1952 la tunique fédérale orange obligatoire depuis le passe au blanc. En 1955 un second exercice collectif avec massues remplace le lancer du poids et, en 1958, les barres asymétriques se substituent aux barres parallèles. En 1963, alors que la barboteuse bouffante resserrée à la ceinture cède la place au justaucorps blanc sans manches et ras du cou, le championnat de France ouvert jusqu'ici aux seules gymnastes "Aînées" (cadettes, juniors et seniors) voit apparaître un classement "Jeunesses" ouvert aux benjamines et minimes et en 1965 un championnat par équipe "Promotion" alors que les épreuves d'athlétisme disparaissent définitivement du programme des championnats fédéraux. En compétition individuelle, où le titre reste décerné sur la catégorie "Honneur", d'autres compétitions sont créées par catégorie d'âge.
Palmarès de 1947 à 1968 thumb|upright=0.9|Christianne Portia, championne fédérale 8 fois consécutives (1958 à 1965), avec le justaucorps réglementaire. thumb|upright=0.9|La fin des années 1960 : les derniers concours en plein air et les tenues blanches mêlées aux premiers justaucorps de couleurs. Sources : programme fédéralFédération sportive et culturelle de France, programme fédéral de gymnastique féminine 2014, annexe. : AnnéeLieu de la compétitionAssociation championneChampionne individuelle1947Paris Ginette Frost (Nantes)1948ParisNicolaïte de Chaillot (Paris)Christiane Richardot (Paris)1949BloisHirondelles (Villefranche-sur-Saône)Christiane Richardot (Paris)1950BesançonAlouettes (Sarcelles)Paulette Benic (Saint-Malo)1951ParisHirondelles (Villefranche-sur-Saône)Paulette Benic (Saint-Malo)1952StrasbourgHirondelles (Villefranche-sur-Saône)Thérèse Boutet (Rennes)1953DreuxAlouettes (Caluire)Thérèse Boutet (Rennes)1954Saint-Servan Alouettes (Caluire)Paulette Benic (Saint-Malo)1955AuxerreHirondelles (Villefranche-sur-Saône)Paulette Benic (Saint-Malo)1956Château-GontierHirondelles (Villefranche-sur-Saône)Suzanne Lefort (Paris)1957Clermont-FerrandHirondelles (Villefranche-sur-Saône)Thérèse Boutet (Paris)1958ÉvianHirondelles (Villefranche-sur-Saône)Christiane Portia (Argenteuil)1959BergeracHirondelles (Villefranche-sur-Saône)Christiane Portia (Argenteuil)1960VoironHirondelles (Villefranche-sur-Saône)Christiane Portia (Argenteuil)1961AngersAlouettes (Caluire)Christiane Portia (Argenteuil)1962ToulHirondelles (Villefranche-sur-Saône)Christiane Portia (Argenteuil)1963RoyanAlouettes (Caluire)Christiane Portia (Argenteuil)1964PoissyGentianes (Chambéry)Christiane Portia (Argenteuil)1965AutunAlouettes (Caluire)Christiane Portia (Argenteuil)1966DunkerqueChamois (Paris) Marie-Thérèse Pillot (Montceau-les-Mines)1967AvranchesChamois (Paris)Marie-Thérèse Pillot (Montceau-les-Mines)1968Supprimétitre non attribuétitre non attribué
La Fédération sportive et culturelle de France (à partir de 1968)
Le programme des compétitions par équipe évolue grandement au cours des années 1960 pour aboutir à l'aube de la création de la Fédération sportive et culturelle de France (FSCF) à un contenu conforme à la gymnastique contemporaine auquel reste toujours associé une production collective imposée, spécifique à cette fédération. Ce programme est fixé définitivement pour toutes les catégories de compétition lors du congrès de 1970. Chaque club présente alors à chaque épreuve les 14 mêmes gymnastes dont on retient à chaque fois les 12 meilleures notes. Ces compétitions qui se déroulent toujours en plein air sont parfois victimes des intempéries jusqu'en 1970. À la suite du championnat de Biarritz le cahier des charges impose aux organisateurs l'obligation de prévoir des emplacements couverts. En 1975, afin d'éviter le surmenage des gymnastesjusqu'à cette date les individuelles concourant pour le titre de championne de France devaient exécuter le vendredi soir les exercices imposés des Jeux olympiques, concourir en plein air le samedi avec leurs équipes et présenter leurs exercices libres le dimanche matin, les compétitions individuelles et par équipes se tiennent en deux lieux différents. Cependant la croissance des effectifs pose des problèmes d'organisation qui ne trouvent solution que dans la création, décidée en 1991, d'un "championnat Promotion II" organisé dans un lieu différent dès 1992 puis d'un "championnat Promotion III" en 1997.
Cette structuration perdure toujours en 2013 mais la composition des équipes est ramenée à 12 équipières dont 8 notes seulement sont prises en compte. En compétition individuelle une catégorie "Espoirs" est ouverte aux cadettes et minimes en 1994 alors que la catégorie "Honneur" est réservée aux juniors et seniors sans possibilité de surclassement. Ce championnat a conservé des particularités fortes. Le drapeau de la fédération est confié pour l'année qui suit à l'association championne : être champion c'est "avoir le drapeau". Il se termine le samedi par une soirée festive pour les 3 à participantes, un défilé en ville le dimanche matin suivi d'un temps de réflexionCe rassemblement qui mêle chants, lectures et témoignages associés à un thème a remplacé depuis la fin du siècle dernier la messe des championnats. Pour exemple le championnat fédéral de Roiffieux en 2013 a pour axe de réflexion : Tout seul on va plus vite, ensembles on va plus loin et un festival l'après-midi dont l'apothéose est la réalisation simultanée de la production collective (dite exercice d'ensemble) par les associations présentes.
Palmarès à partir de 1969 thumb|Magaly Hars, championne de France et .|alt=exercice à la poutre thumb|Salle de compétition à Saint-Sébastien-sur-Loire en 2009. thumb|Salle de compétition à Roiffieux en 2013. thumb|Les festivités dans les arènes de Dax en 2011. thumb|Les exercices d'ensemble à Roiffieux en 2013. Sources : programme fédéral : AnnéeLieu de la compétitionAssociation championneLieu de la compétitionChampionne individuelle1969VittelHirondelles sportives(Montceau-les-Mines)IdemMarie-Thérèse Nallet(Montceau-les-Mines)1970BiarritzHirondelles sportives(Montceau-les-Mines)IdemClaudine Legay (Enghien)1971Lons-le-SaunierRelève (Angers)IdemAnne Jehier (Angers)1972Le MansRelève (Angers)IdemBozena Domasewska(Sucy-en Brie)1973GrenobleRelève (Angers)IdemClaudine Legay (Enghien)1974La Ferté-MacéRelève (Angers)IdemClaudine Moulineau (Angers)1975PauRelève (Angers)CholetFrédérique Giraudeau (Enghien)1976VannesJeune France (Cholet)PoissyFrédérique Giraudeau (Enghien)1977Saint-BrieucRelève (Angers)AngersFrédérique Giraudeau (Enghien)1978Saint-ChamondRelève (Angers)PauClaire Monteil (Angers)1979PoissyRelève (Angers)ChambéryHélène Morgat (Paris)1980Bourgoin-JallieuRelève (Angers)CholetAgnès Brun (Chambéry)1981AnnecyRelève (Angers)BrestAgnès Brun (Chambéry)1982PauRelève (Angers)ChambéryAgnès Brun (Chambéry)1983Saint-ServanAlouettes (Caluire)Villefranche-sur-SaôneHélène Morgat (Paris)1984Châlons-sur-MarneRelève (Angers)AudincourtHélène Morgat (Paris)1985ArmentièresRelève (Angers)StrasbourgÉlisabeth Tanghe (Dunkerque)1986Saint-ÉtienneRelève (Angers)ChambéryÉlisabeth Tanghe (Dunkerque)1987AnnecyHirondelles(Villefranche-sur-Saône)Sablé-sur-SartheChristèle Danneville (Querqueville)1988LimogesHirondelles(Villefranche-sur-Saône)ChartresChristèle Danneville (Querqueville)1989Saint-Sébastien-sur-LoireCran (Tassin)ChambéryCorine Peyre (Dax)1990PoitiersGentianes (Chambéry)DaxCaroline Kine (Dunkerque)1991LyonCran (Tassin)AudincourtCaroline Kine (Dunkerque)1992Châlons-sur-MarneHirondelles(Villefranche-sur-Saône)ChartresLaetitia Nézan (Dunkerque)1993AudincourtJeanne d'Arc (Estaires)FeursCaroline Kine (Dunkerque)1994ChambéryJean-Bart (Dunkerque)Châlons-sur-MarnePatty Popieul (Dunkerque)1995Saint-Sébastien-sur-LoireASC Bonne Garde (Nantes)ArsacChristine Lefebvre (Estaires)1996ÉpinalJean-Bart (Dunkerque)LimogesMagaly Hars (Dunkerque)1997SchiltigheimHirondelles(Villefranche-sur-Saône)ChartresMarie-Christine Dehaene (Estaires)1998PoissyHirondelles(Villefranche-sur-Saône)ChambéryMagaly Hars (Dunkerque)