L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est une église catholique paroissiale située à Sarcelles, en France. Elle est architecturalement remarquable pour son clocher roman tardif avec une flèche en pierre ; son portail sud de style gothique flamboyant richement décoré ; et sa façade occidentale Renaissance qui suit un ordonnancement encore gothique. Le plan de l'église est très simple ; elle occupe une surface rectangulaire au sol et se subdivise en trois vaisseaux de six travées chacun, se terminant par un chevet plat. La Renaissance n'est pas présente à l'intérieur : les quatre premières travées correspondant à la nef sont flamboyantes, et les deux dernières travées correspondant au chœur sont de style gothique primitif et datent autour de 1220. Il peut paraître surprenant que le style roman n'est pas non plus présent à l'intérieur et que plus rien de la base du clocher n'est visible : elle a en effet été entièrement reprise en sous-œuvre lors de la construction du chœur gothique. Dans son ensemble, l'intérieur de l'église est riche d'une architecture de qualité, et les grandes arcades de la nef sont d'une grande légèreté, mais l'insuffisance des fenêtres et l'enduit grisâtre de la fin du rendent l'intérieur très sombre. Il n'a pas encore été restauré depuis le classement de l'église aux monuments historiques par arrêté du .. Peu de mobilier ancien subsiste ; remplacé à la fin du par un mobilier néogothique, celui-ci a à son tour été enlevé sans qu'une mise en valeur de l'intérieur s'ensuive.
Localisation
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul se situe en France, dans le département du Val-d'Oise, sur la commune de Sarcelles, dans le quartier du village, à proximité de la mairie, au tout début de la rue de l'Église. La façade occidentale donne sur rue de l'Église et la rue de la Résistance, dont la première se débranche en face de l'église. L'accès se fait habituellement par le portail sud, qui se trouve dans un petit jardin entre l'église et le presbytère. L'on ne peut faire le tour de l'édifice du fait de la présence de la sacristie à son angle sud-est, mais l'élévation septentrionale donne sur une grande place piétonne, d'où l'on peut rejoindre la rue Pierre-Brossolette à l'est et apercevoir au passage le chevet de l'église.
Histoire Histoire de la paroisse
L'année de fondation de la paroisse est inconnue, mais elle est en tout cas postérieure à 894. En cette année, le roi Eudes donne à l'abbaye Saint-Denis des terres pour une ferme, avec un moulin et sept familles serves qui travaillent sur la ferme. C'est le début de l'histoire de l'histoire connue du village, qui pendant le premier temps n'est donc qu'un simple hameau sur le domaine royal. Il n'est pas certain si Sarcelles possède une église avant le . L'abbé Gallet qui effectua des fouilles sommaires à la fin du en était persuadé, croyant identifier les substructions d'un sanctuaire carolingien et même des vestiges d'un temple païen. La partie la plus ancienne de l'église actuelle, en l'occurrence le clocher, remonte vers 1130 environ. L'église est placée sous le vocable de saint Pierre et de saint Paul. Sous tout l'Ancien Régime, Sarcelles appartient à l'archidiocèse de Paris et à l'archidiaconé de Paris, dont elle est l'une des paroisses les plus importantes au milieu du et siège d'un doyenné. Ce doyenné comporte de nombreuses paroisses dont les cures sont généralement associées à un prieuré : Argenteuil, Conflans-Sainte-Honorine, Deuil-la-Barre, Domont, Marly-la-Ville, Moussy-le-Neuf, Roissy-en-France, Saint-Prix, Taverny, Villiers-le-Bel. En plus, les chapitres de Luzarches et de Montmorency, ainsi que les abbayes d'Hérivaux et du Val... Après la Révolution française, Sarcelles est rattaché au nouveau diocèse de Versailles qui correspond au territoire du département de Seine-et-Oise. Depuis la suppression de ce département et la création du diocèse de Pontoise en 1966, la paroisse dépend de l'évêque de Pontoise. Le doyenné existe toujours, mais son importance est plutôt symbolique car il se résume aux deux seules paroisses de Sarcelles et de Garges.
Histoire de l'église thumb|upright|Vue intérieure générale. thumb|upright|Pilier engagé dans le mur occidental : frise flamboyante et chapiteau gothique. thumb|upright|Base flamboyante.
Un clocher et sans doute un chœur romans sont construits autour de 1130, sachant qu'à cette période au nord de l'Île-de-France, ces deux parties sont habituellement édifiées en même temps, car la base du clocher forme la première travée du chœur. Elle peut également représenter la croisée du transept quand elle est accompagnée de deux croisillons, qui tiennent lieu de chapelles latérales. Ni le clocher, ni le chœur romans ne paraissent plus satisfaisants au début du , période prospère très fertile pour la reconstruction des églises. Autour de 1220, toute l'église est ainsi remplacée par une construction de style gothique primitif, en ne conservant que la partie émergente du clocher. Sa base est entièrement reprise en sous-œuvre, et toute trace d'architecture romane disparaît de l'intérieur de l'édifice. Cette reconstruction porte bien sur la totalité de l'église et non seulement sur le chœur, même si c'est la seule partie qui subsiste de cette campagne de travaux. En effet, les piliers occidentaux des grandes arcades de la nef portent encore des chapiteaux gothiques d'une facture assez archaïque.
À la fin du et au début du , la nef et les bas-côtés sont entièrement reconstruits pour une seconde fois, cette-fois ci dans un style gothique flamboyant très pur. Le portail de la troisième travée du bas-côté sud est financé par un don de Guy de Plessis, seigneur de Sarcelles à partir de 1514, et de son frère Charles. L'on suppose que la façade occidentale des années 1220 est conservée dans un premier temps, ce qui se traduit par l'ordonnancement encore gothique de la façade Renaissance, édifiée sous le règne de François I, pendant les années 1540. Elle est souvent comparée avec la façade de l'église Saint-Georges de Belloy-en-France, dont elle n'atteint toutefois pas la qualité. Mais l'on ne connaît plus sa physionomie exacte après son achèvement, car en 1567, l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est gravement endommagée par les Protestants battus en retraite par Anne de Montmorency dans la bataille de Saint-Denis, sous la deuxième guerre de religion. Les fenêtres Renaissance des bas-côtés s'expliquent par les réparations qui s'ensuivent. Comme l'indique une inscription en latin sur l'entablement du portail, qualifié d'irrégulière par le baron Ferdinand de Guilhermy, la façade a bénéficié d'une restauration en 1668. Ce n'est donc pas la date de construction..
La Révolution française occasionne la perte de la principale œuvre d'art de l'église, à savoir le mausolée de Roland de Neubourg, conseiller d'État sous Louis XIII et seigneur de Sarcelles, mort en 1629. En 1793, la municipalité vend les marbres pour et les plombs pour . Ne reste que le caveau vide, qui existe toujours sous le sol, près du chevet du bas-côté sud. La statue du seigneur refait surface en 1836 chez un brocanteur. Dans un premier temps, l'État envisage son rachat pour le musée de l'Histoire de France de Versailles, mais y renonce finalement, et c'est le maréchal de Castellane qui l'achète en 1839 pour le vestibule de son château. À la fin du , le mobilier et la décoration baroques du , y compris un somptueux retable avec son tableau, sont enlevés par l'abbé Gallet. Il se débarrasse aussi des dernières stalles du et du banc d'œuvre du , et ne recule même pas devant les fragments de vitraux du , qui avaient jusque-là survécu aux vicissitudes. L'on y voyait un curé donateur, une représentation de saint Fiacre, un évêque et un moine. L'objectif de l'abbé Gallet est de reconstituer l'intérieur du chœur dans son état du , et il acquiert donc des vitraux de qualité imitant le style de cette époque, ainsi qu'un riche mobilier néogothique, dont un retable d'autel remarquable. Le curé fait également restaurer les triplets qui éclairent le chœur, ainsi que les arcatures plaquées qui décorent leurs soubassements, fortement abîmées par la pose des boiseries baroques. Cette restauration est assez heureuse et respecte parfaitement le style gothique d'origine. Le recouvrement de tout l'intérieur de l'église par un enduit grisâtre s'avère toutefois problématique..
L'église est classée monument historique par arrêté du . Pendant plus d'un siècle entier, son intérieur ne bénéficie pour autant d'aucune restauration, mais avec le changement des goûts, le beau mobilier offert par l'abbé Gallet est supprimé à son tour, sans pour autant mettre en œuvre un nouveau concept pour la décoration. Le grand lustre en cuivre est vendu, et le retable du maître-autel est gravement mutilé en le cachant sous un massif couvert de crépi.. Entre l'été 2014 et le printemps 2015, l'église est enfin soumise à une restauration intégrale. Elle porte tant sur l'extérieur que l'intérieur, et ne néglige pas non plus le mobilier. L'édifice est mis en sécurité et nettoyé. Tant que nécessaire, les éléments défectueux sont remplacés. L'on renonce à faire reproduire les éléments sculptés abîmés, de sorte que l'authenticité du monument n'est pas affectée. L'installation électrique et le système de chauffage sont remplacés à la même occasion.. L'inauguration après travaux a lieu le dans le cadre d'une messe célébrée par l'évêque diocésain, Stanislas Lalanne..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
À peu près régulièrement orientée mais avec une légère déviation de l'axe vers le sud-ouest du côté de la façade occidentale, l'église est de plan cruciforme mais occupe une surface rectangulaire au sol. Elle se compose d'une nef de quatre travées, accompagnée de deux collatéraux ; et d'un chœur au chevet plat accompagné de deux collatéraux. Le clocher se dresse au-dessus de la première travée du chœur. Les proportions des travées sont quelque peu inhabituelles, car les trois premières travées de la nef ne sont pas barlongues mais carrées, et les bas-côtés ont presque la même largeur que le vaisseau central. La quatrième travée est moitié moins profonde que les précédentes. La première travée du chœur qui supporte le clocher est pratiquement carrée et de dimensions analogues aux trois premières travées de la nef, alors que la seconde travée du chœur est plus profonde que large. Toute l'église est voûtée d'ogives. Dans la nef, ce sont des voûtes flamboyantes à liernes et tiercerons de la seconde à la quatrième travée. Dans le bas-côté sud, la troisième travée a également été dotée d'une voûte à liernes et tiercerons, alors que la voûte de la quatrième travée est subdivisée par seulement deux liernes, dans l'axe du vaisseau. Les voûtes de la troisième travée sont décorées de nervures supplémentaires, qui relient entre elles les clés de voûte secondaires en formant des octogones. L'élévation ne compte généralement qu'un seul niveau, celui des grandes arcades. La nef étant moitié plus haute que les bas-côtés, les murs au-dessus des grandes arcades restent aveugles. Il en va de même de la première travée du chœur, mais dans la seconde travée, des galeries agrémentent les murs. La structure des toitures est très simple, puisqu'un toit unique à deux rampants recouvre l'ensemble de l'église, avec un pignon à l'ouest et un autre à l'est. L'église possède deux portails, le grand portail occidental et le portail latéral dans la troisième travée du sud. Un troisième portail aujourd'hui bouché existait en face, au nord..
Intérieur thumb|upright|Nef, vue vers le nord-est. thumb|upright|Bas-côté sud, vue par les grandes arcades. Nef et bas-côtés