La conquête romaine de l'Étrurie correspond à l'expansion romaine en Étrurie et à la soumission des cités étrusques dans la première moitié du
Entre 311 et 308 , une guerre romano-étrusque éclate pendant la deuxième guerre samnite. Soit c'est Rome qui prend l'offensive, soit elle répond à une attaque contre une de ses colonies en terres falisques, en Étrurie méridionale. Les Romains remportent une victoire décisive au lac Vadimon en 310 Cette guerre marque le début du déclin des Étrusques, en proie à d'importants troubles sociaux, ce qui contribue grandement à leurs affaiblissements.
En 302 , à Arezzo, la plèbe locale tente de chasser la puissante famille étrusque des Cilnii qui dirige la ville. Ces derniers font appel à Rome et non à une autre cité étrusque pour se maintenir au pouvoir. Désormais, seule Rome est en mesure d'intervenir dans les affaires internes des cités étrusques. Entre 298 et 290 , les hostilités reprennent avec les Samnites. Ce conflit, parfois appelé « guerre italique », représente la première tentative des peuples de l'Italie centrale de s'unir contre Rome, les Samnites unissant leurs forces aux Étrusques, aux Ombriens et aux Gaulois dans le nord. La coalition est défaite à la bataille de Sentinum en 295 et les Samnites sont soumis en 290
En 294 , la cité étrusque de Roselle est détruite et sa population décimée. Volsinies, Pérouse et Arezzo se soumettent alors à Rome. Les Falisques de Faléries ainsi que Caeré, qui se sont rebellés, sont probablement soumis en 293 Le dernier sursaut étrusque a lieu en l'an 284 Les cités étrusques de Vulci et Volsinies s'opposent à Rome mais elles sont contraintes d'accepter une paix très dure avec Rome en 280 Après l'annexion d'une part des terres de Vulci, Volsinies est la dernière cité étrusque encore libre. Cependant, une révolte de la plèbe locale chasse l'aristocratie de la cité, qui appelle alors Rome pour se rétablir. Les Romains s'emparent de la ville en 264 et la détruisent. C'est la fin de l'Étrurie indépendante.
Toutes les cités étrusques, en dehors de Caeré, municipe sine suffragio, et des colonies, dont Cosa, reçoivent le statut de cités alliées (civitates foederatae), les obligeant à fournir autant d'hommes qu’en demande Rome, et une partie de leurs terres est confisquée.
Contexte
Rome est au contact de la cité étrusque de Caeré, son alliée depuis près d'un siècle malgré un différend au milieu du vite oublié, lors d'un conflit face à Tarquinia et aux Falisques de Faléries. En effet, une nouvelle invasion gauloise ainsi que le réveil de Syracuse, vieille ennemie des Étrusques, rapprochent à nouveau Rome des Étrusques vers 350. Clusium entretient aussi des rapports d'amitié avec Rome depuis près de deux siècles. La trêve de quarante années entre Rome et Tarquinia de 351 prend fin en l'an 311.
En 311, Rome ayant atteint ses objectifs lors de la deuxième guerre samnite contre les Samnites après avoir repris le contrôle de la Campanie et tenant la vallée du Liris, une offensive ou une contre-attaque est lancée contre les cités étrusques au nord. L'offensive au cœur de l'Étrurie est audacieuse et c'est une première dans l'histoire romaine.. Cette attaque est décisive et les Romains battent les Étrusques au lac Vadimon. En 310, Rome doit aussi faire face aux Ombriens qui s'inquiètent de voir des opérations romaines si haut sur le Tibre. Ils sont aussi vaincus. En 308, les dernières résistances étrusques sont vaincues.
Cette guerre romano-étrusque marque le début du déclin des Étrusques. Ces derniers sont désunis, et des conflits même éclatent au sein de chaque cité. À l'instar des cités campaniennes telles que Capoue en 343 et Naples en 327, Rome trouve sur place des alliés parmi l'aristocratie qui doit faire face aux éléments populaires. Ainsi, les nobles étrusques n'hésitent pas à se tourner vers Rome pour se maintenir au pouvoir.
Depuis la fin de la deuxième guerre samnite en 304, la République romaine continue d'étendre son pouvoir en Italie centrale. Les Èques sont écrasés pendant une courte campagne cette même année et les peuples voisins des Abruzzes, les Marses, révoltés et vaincus en 302, les Péligniens, les Marrucins et les Frentans concluent des traités d'alliance avec Rome. Les Vestins font de même en 302.
Conflit autour d'Arezzo (302 - 301)
En 302, à Arezzo, la plèbe locale tente de chasser la puissante famille étrusque des Cilnii qui dirige la ville, 2.. Ces derniers font appel à Rome et non à une autre cité étrusque pour se maintenir au pouvoir. Désormais, seule Rome est en mesure d'intervenir dans les affaires internes des cités étrusques.
Rome doit aussi faire face aux Marses, donc un dictateur est nommé : Marcus Valerius Maximus, qui choisit pour maître de la cavalerie Marcus Aemilius Paulus. Une fois les Marses écrasés, le dictateur se tourne contre les Étrusques. Le maître de la cavalerie est victime d’une embuscade et « se voit, avec ses soldats honteusement massacrés et mis en fuite, rejeté dans son camp, 4-6. ». L'armée romaine se déplace non loin de Roselle et échappent à une nouvelle embuscade grâce à l'intervention des Caérites..
En 301, les sources de Tite-Live divergent : Rome remporte peut-être une victoire décisive et une trêve de deux ans est accordée aux Étrusques qui ont combattu Rome, 12.. Ou alors, ce qui est plus accepté par les historiens modernes, le dictateur pacifie l’Étrurie sans aucune bataille mémorable, en arrangeant seulement la sédition d’Arezzo et en faisant rentrer la famille Cilnius en grâce auprès de la plèbe, 13..
La troisième guerre samnite (298 - 290)
Déclenchement de la guerre
En 299, Rome prend la ville ombrienne de Nequinum qui est peut-être l'élément déclenchant la troisième guerre samnite en 298. Les Romains fondent sur place la colonie de Narnia..
En 298, selon Tite-Live et Denys d'Halicarnasse, la guerre commence avec une attaque samnite contre les Lucaniens. Incapable de résister, ces derniers envoient des ambassadeurs et des otages à Rome pour demander une alliance. Les Romains décident d'accepter l'alliance, envoient les Fétiaux auprès des Samnites pour leur demander d'évacuer la Lucanie, et devant leur refus, la guerre est déclarée.Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, XVII, 1-2.. Pour Denys d'Halicarnasse, la véritable cause de la guerre n'est pas la compassion romaine, mais la peur de la puissance des Samnites s'ils soumettent les LucaniensDenys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, XVII, 3..
thumb|upright=0.8|Réplique d'une armure d'un , avec glaive et bouclier, Colisée, Italie.|alt=Équipement d'un triarus (mot latin) : Armure, bouclier, glaive et casque.
Rome peut avoir délibérément cherché une nouvelle guerre contre les Samnites en s'alliant avec ses ennemis, malgré la proximité entre ces peuples. En tout cas, la Lucanie est annexée par Rome. Et cela signifie un encerclement presque total du Samnium par Rome et ses alliés.
Les Étrusques dans la guerre
Les premières années (298 - 296)
Tite-Live écrit que les consuls de 298, Lucius Cornelius Scipio Barbatus et Cnaeus Fulvius Maximus Centumalus, se divisent les commandements militaires entre eux, Cornelius Scipio recevant l'Étrurie et Fulvius Maximus le Samnium. Cornelius Scipio marche sur Volterra où il affronte les Étrusques dans un combat indécis avant de se replier sur Faléries. Il y établit son camp et, de là, ravage la campagne étrusque, 3 - 13, 1.. Les Fasti Capitolini donnent à Fulvius Maximus un triomphe à la fois contre les Samnites et les Étrusques.
Pour l'an 297, les Romains élisent deux consuls confirmés, Quintus Fabius Maximus Rullianus pour la quatrième fois et Publius Decius Mus pour la troisième fois. Ce sont deux commandants expérimentés qui ont déjà été consuls ensemble en 308 lors de la deuxième guerre samnite. Fabius Maximus est par ailleurs le général qui a mené l'expédition audacieuse et victorieuse au cœur de l'Étrurie en 311/310. Selon Tite-Live, les élections consulaires pour cette année ont eu lieu sur fond de rumeurs que les Étrusques et les Samnites lèvent d'immenses armées et que les Étrusques blâment leurs dirigeants de ne pas s'allier avec les Gaulois, 2-13.. Il est impossible d'établir aujourd'hui que les sources de Tite-Live aient ou non eu des preuves de l'existence de ces rumeurs, ou s'il s'agit de simples conjectures de ses sources ou de l'auteur lui-même. Par contre, il est probable que les hésitations des Étrusques au sujet d'acheter ou non l'alliance des Gaulois soient réelles. Il écrit que des envoyés de Sutrium, Nepete et Faléries arrivent à Rome avec comme informations que les Étrusques souhaitent la paix, et Tite-Live ne les mentionne plus pour cette année, 1 - 15, 6..
La coalition contre Rome (296 - 295)
En l'an 296, les consuls romains sont Lucius Volumnius Flamma Violens et Appius Claudius Caecus. Le premier est chargé de la guerre dans le Samnium, le second de l'Étrurie..
Tite-Live rapporte que des contingents samnites abandonnent leurs terres et rejoignent l'Étrurie pour former une coalition contre Rome, 3-8.. La coalition au nord prend forme : les Samnites et certaines cités étrusques s'allient. Gellius Egnatius, général samnite, prend le commandement de l'armée coalisée, 1-7.. Si l'on en croit le récit de Tite-Live, les Samnites partent au nord car les Romains ravagent de toute part le Samnium et sont obligés d'abandonner leurs terres. Cependant, il est probable qu'il s'agisse d'un plan audacieux de la part des Samnites pour s'unir aux autres ennemis de Rome. Tite-Live rapporte quelques dissensions entre les consuls qui se sont rejoints en Étrurie. Les deux armées consulaires défont une première armée de coalisés et s'emparent de leur camp..
La coalition contre Rome s'agrandit, avec en plus de troupes étrusques et samnites, certaines tribus ombriennes et d'importants contingents de mercenaires Gaulois, 11-15., principalement Sénons, payés avec l'or étrusque. Le poids de la domination romaine dans le centre de l'Italie unit des peuples pourtant hétérogènes aux intérêts divergents : toute l'Italie centrale est en arme contre une « tyrannie intolérable, 7. » écrit Tite-Live. Les Romains ne sauront empêcher la jonction des forces coalisées, hormis les Étrusques qu'ils maintiendront essentiellement sur leurs terres.
À Rome, les deux même consuls qu'en l'an 297 sont élus : Quintus Fabius Maximus Rullianus et Publius Decius Mus, revenant chacun de leur proconsulat dans le Samnium. Il s'agit là de deux chefs expérimentés, ce qui tend à montrer que Rome a pris l'ampleur du danger qui la menace. Fabius Maximus, célèbre pour avoir grandement contribué à la victoire dans la guerre romano-étrusque de 311-308, reçoit le commandement de l'Étrurie.. Tite-Live donne plusieurs versions de dissensions internes au Sénat, mais finalement les deux consuls se rendent en Étrurie et 26, 1-7.. Ces rivalités entre les grandes familles romaines, notamment avec les Fabii et les Claudii, sont probablement réelles.
Entretemps, une légion romaine campe près de Clusium sous les ordres d'un propréteur, Lucius Cornelius Scipio Barbatus. Les sources de Tite-Live divergent, mais la légion romaine subit une défaite, qui va selon les sources d'une simple embuscade à un désastre complet. Quant aux ennemis, il s'agit soit de Gaulois Sénons, ce que pense Tite-Live, soit d'Ombriens, 7-13.. Outre l'armée complète menée par les deux consuls, deux autres légions sont levées pour faire face à la menace des coalisés en Étrurie, commandées par deux propréteurs. Une campe sur le territoire falisque, l'autre dans la plaine vaticane aux abords de Rome, 14-15..