La blindée () est une ancienne unité de la française de l'arme blindée et cavalerie créée pendant la Seconde Guerre mondiale par le général Leclerc. Elle est souvent appelée Division Leclerc.
Son héritière est l'actuelle blindée (), qui a d'ailleurs repris le nom de blindée entre 1977 et 1999.
Création et différentes dénominations : la colonne Leclerc remporte sa première victoire à Koufra et fait serment de ne déposer les armes que « quand les belles couleurs françaises flotteront sur la cathédrale de Strasbourg ». Février 1943 : la colonne Leclerc devient la « Force L » (comme Leclerc) dans le cadre de la britannique. Mars 1943 : la « Force L » reçoit le renfort de la « Colonne volante », commandée par le commandant Rémy. : la « Force L » devient officiellement la (division française libre). : la devient la (division blindée). : dissolution 1960 : formation de la blindée, renommée blindée de 1979 à 1999
Historique des garnisons, campagnes et batailles Seconde Guerre mondiale thumb|200px|M4 Sherman du de chasseurs d'Afrique de la débarquant d'un Landing Ship Tank en Normandie en .
Guerre du désert La colonne Leclerc des FFL prend l'oasis de Koufra le des mains de l'armée italienne durant la guerre du Désert. Le lendemain, le général Leclerc prononce le serment de Koufra.
L'année suivante, en 1942, la colonne Leclerc effectue une série de raids en direction du Fezzan (en Libye). En 1943, le Fezzan est conquis et la colonne Leclerc fait sa jonction avec la britannique qu'elle accompagne dans la campagne de Tunisie où elle s'illustrera notamment à Ksar-Ghilane.
Naissance de la DB Le , cette force est transformée en division française libre à Sabratha en Libye et le , elle est renommée blindée à Témara (Protectorat français du Maroc). Le général Giraud, qui remplaçait depuis peu l'amiral Darlan (assassiné le à Alger), profite de la présence du président Roosevelt à Casablanca (lors de la conférence d'Anfa du 10 au ) pour obtenir l'aide américaine en équipement militaire moderne destiné aux troupes françaises (notoirement sous-équipées à cause des sévères clauses d'armistice de l'occupant germano-italien), ce qui permettra de transformer la en redoutable division mécanisée et d'équiper l'Armée d'Afrique du général de Lattre de Tassigny.
Les effectifs de la viennent en partie des Forces françaises libres, mais principalement de l’armée d'Afrique. Cette fusion dans une seule division d'unités provenant de ces deux armées est un cas unique.
Cette division qui doit transiter par la Grande-Bretagne, est, selon les exigences des Américains et des Britanniques, « blanchie » lors de sa formation durant l'été 1943 et ne compte plus qu'un soldat noirLibération de Paris : pourquoi il n'y a (presque) pas de Noirs sur les photos, Libération, 20 août 2014., Claude Mademba Sy. Selon plusieurs historiens, tels Christine Levisse-Touzé et Olivier Forcade, les Nord-Africains quant à eux, au nombre de , représentent environ 25 % de ses effectifs. Principalement républicains espagnols, étrangers rejoignent aussi ses rangs"Aspect méconnu de la composition de la DB : en avril 1944, sur un effectif total de , elle comporte une proportion de 25 % de soldats nord-africains : ". Christine Levisse-Touzé, Du capitaine de Hautecloque au général Leclerc, Éditions Complexe, 2000, .Olivier Forcade, Du capitaine de Hauteclocque au général Leclerc, Vingtième Siècle, Revue d'histoire, année 1998, volume 58, numéro 58, . Fait peu connu, la division a aussi compté des femmes, un groupe d'ambulancières volontaires créé par l'Américaine Florence Conrad, le Groupe Rochambeau, surnommé Les Rochambelles et qui a participé aux combats de la Libération, jusqu'en Allemagne.
Rééquipée de matériel américain, elle s'embarque le à Casablanca et Mers el-Kébir pour le Royaume-Uni et débarque à Swansea après onze jours de traversée..
Armement et articulation Chaque char M4 Sherman, armé d'un canon de 75 et de trois mitrailleuses et disposant d'un poste émetteur-récepteur, était servi par cinq hommes (un chef de char, un conducteur, un chargeur, un tireur et un mitrailleur). Ils disposaient d'armes individuelles (pistolets semi-automatiques et pistolets-mitrailleurs), d'une centaine d'obus perforants, explosifs ou fumigènes et de milliers de cartouches de mitrailleuses ( et ) et de grenades. Chaque escadron se composait de 17 chars et de 3 autochenilles M3 Half-track dont 2 servant d'ateliers mobiles de réparations. Il y avait aussi deux camions Dodge tractant des remorques et une pièce de antichars. Un camion GMC transportait la réserve de carburant. Deux Jeeps destinées au capitaine et au lieutenant chef d'échelon.
Au total, la division comptait ..
Bataille de Normandie À partir du , elle débarque à Saint-Martin-de-Varreville, dans le secteur de débarquement d'Utah Beach, en étant rattachée à la américaine du général George Patton qui accueille favorablement le général Leclerc dès son arrivée.
La division française est associée à la blindée et à la d’infanterie américaines pour former le d'armée commandé par le général Haislip. Après son regroupement à La Haye-du-Puits (Manche), la division reçoit l'ordre d'avancer plein sud sur les routes du Cotentin (avant un bref séjour aux environs d'Avranches afin de parer à une contre-attaque de la Panzer allemande) puis vers Le Mans, dans l'. Un peloton du Groupement Tactique Langlade voit brièvement le feu à Mortain lors de l'offensive allemande du , mais l'unité est cependant relevée rapidement de cette mission. En effet, profitant de l'avantage du « goulot » d'Avranches, Leclerc lance sa division vers Vitré et Château-Gontier, puis vers Le Mans.
La blindée dans la Sarthe Du Mans, l'attaque du d'armée américain du général Haislip en direction d'Alençon est prévue pour le à . Pour ce faire, la manœuvre nécessite de faire pivoter au Mans toute la blindée américaine plein nord, avec pour axe de progression Savigné-l'Évêque, Bonnétable, Marolles-les-Braults, Mamers, puis la forêt de Perseigne. La blindée du général Leclerc reçoit la mission de mener la même offensive sur la gauche de la blindée, dans l'axe Le Mans - Alençon.
vignette|La plaque de commémoration aux Loges-Marchis.
La ville du Mans est libérée par les troupes américaines le . La blindée contourne la ville par l'ouest et le nord et traverse la Sarthe sur un pont du génie à La Chapelle-Saint-Aubin. Les Allemands ont mis en place une ligne de défense sur l'axe Saint-Marceau à Bonnétable, avec les troupes de la , arrivée de Nîmes peu de temps auparavant. Se joignent à ce dispositif les débris de la blindée et du de la Panzer Lehr Division, principalement destinés à ralentir la progression des Alliés par des embuscades antichars.
Fer de lance en Normandie Le général Leclerc n'a alors de cesse de se porter à l'avant du dispositif du d'armée US . Après la Sarthe, la division Leclerc est à la pointe du dispositif américain, réalisant un mouvement d'encerclement. Rapidement, les troupes du US se portent vers le nord, et c'est la qui libère Alençon le , si rapidement que les Allemands en sont décontenancés. Le général Patton, commandant la armée, ne tarit pas d'éloges au sujet du général Leclerc qui appliquait les principes de l'attaque à outrance depuis que les Français étaient entrés en Normandie.
Aussi les Américains font-ils de la le fer de lance de leur attaque vers Argentan pour fermer la poche de Falaise. Or, après de terribles combats dans le secteur de la forêt d'Écouves, les troupes françaises se dispersent et débordent de leur secteur au sud d'Argentan, à tel point qu'ils ralentissent la progression de la blindée américaine à Sées. Les Américains, lancés vers Argentan, sont quelque peu retardés, et Leclerc se fait réprimander par le général américain commandant la américaine car il n'a pas respecté les ordres, retardant peut-être la fermeture de la poche de Falaise-Argentan. Les Français de Leclerc, ayant libéré Carrouges et Écouché le , lancent une unité de reconnaissance au centre d'Argentan, mais cette unité est chassée par des blindés allemands lors d'une contre-attaque.
Il est clair que les Allemands vont défendre la ville avec acharnement. Leclerc, qui occupe un temps les hauteurs sud de la cité normande, demande alors l'autorisation d'envoyer le gros de ses troupes vers Paris pour libérer la capitale. Le haut-commandement américain et notamment Eisenhower doit trancher.
Libération de Paris
thumb|200px|Défilé sur les Champs-Élysées le après la libération de Paris.
Initialement, le général Eisenhower souhaite après le débarquement réussi foncer sur l'Allemagne en contournant Paris. Convaincu par de Gaulle et les services secrets alliés de l'importance stratégique de la capitale (les Allemands de Paris constituent une menace sur les flancs de l'armée alliée), il donne finalement l'ordre à Leclerc de marcher sur Paris le . Le jour même en début d'après-midi, ce dernier a pris l'initiative (ce qui confine à l'insubordination puisqu'il désobéit au général Gerow) de diriger vers Versailles un détachement de sa division, le groupement Guillebon.
Suivant l'ordre reçu de leur chaîne de commandement, les unités de combat américaines s'arrêtent quelque temps devant Argentan afin de pousser la vers l'avant en prévision de la libération de Paris. Le haut commandement finit par insister : Paris doit être libéré par des Français. Les Américains permettent ainsi aux combattants de la de se distinguer en devenant la première unité alliée à entrer dans Paris, les et et de recevoir la reddition de Dietrich von Choltitz.
La quitte Paris le au matin et marche vers l'est. Elle affrontera les forces allemandes de Manteuffel puis de Feuchtinger. À Dompaire, le , elle écrase la (59 chars détruits) qui disparaît de l'ordre de bataille allemand.
thumb|Republic P-47 Thunderbolt, avion chasseur et appui-feu au sol, grand tueur de blindés allemands, grâce à ses roquettes.
Elle libère Baccarat le . Elle marque une pause devant la Vor-Vogesen-Stellung, ligne allant de Blâmont à Badonviller, le long des Vosges, du Donon à la région de Bitche, puis libère Sarrebourg. Elle barrait, au nord, la trouée de Saverne et la route de Strasbourg. La traverse quand même les Vosges en passant par Dabo grâce à une manœuvre rapide et hardie au nez et à la barbe des Allemands (comme les affectionnait Leclerc) : cette manœuvre permet de libérer Strasbourg rapidement (objectif ultime du serment de Koufra de 1941).
Libération de Strasbourg
La route menant à Strasbourg est jalonnée de sévères combats.
Le , Strasbourg est libérée. Lorsque le lieutenant-colonel Rouvillois entre dans Strasbourg, il lance la célèbre phrase codée « Tissu est dans iode » pour signaler sa réussite dans la prise de la capitale alsacienne.
thumb|Célébrations du de la libération de Strasbourg. Le , la entre dans Strasbourg. La ville est libérée. Leclerc s’adresse alors aux Alsaciens en ces termes : « La flèche de votre cathédrale est demeurée notre obsession. Nous avions juré d’y arborer de nouveau les couleurs nationales. C’est chose faite. »
thumb|Le « serment de Koufra » : Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. Général Leclerc.
Mars- : Poche de Royan
Le Berghof, la résidence secondaire de Hitler
Le , un détachement de la arrive à Berchtesgaden. Selon certains auteurs, les éléments de la sont les premiers à s'introduire dans le Kehlsteinhaus (le nid d'aigle), dès la nuit du 4 au (le Berghof et le nid d'aigle sont deux bâtiments différents, proches l'un de l'autre).
En réalité, plusieurs unités revendiquent le fait que leurs hommes aient atteint les premiers le « Nid d'aigle », notamment :