Florentin Ficatier est un général français de la Révolution et de l'Empire créé baron de l'Empire, né le à Bar-le-Duc dans le Duché de Bar et mort le à Saint-Nicolas, dans le département de la Meurthe.

Biographie Origines familiales Florentin Ficatier naît le à Bar-le-Duc, chef-lieu du duché de Bar alors détenu par Stanislas Leszczynski de Pologne. Il n'est tout juste âgé que d'un an lorsque le duché est annexé à la couronne de France à la mort de Stanislas, le .

Il est le fils de Nicolas Ficatier, huissier royal, et son épouse Françoise Comble. Il est ainsi l'aîné d'une fratrie d'au moins cinq frères et sœurs. L'une de ses sœurs vécut dans l'entourage de la reine Hortense de Beauharnais, fille adoptive de Napoléon .

La famille Ficatier est fort connue à Bar-le-Duc, originaire de la Meuse et le plus souvent de la ville de Revigny-sur-Ornain. C'est une famille de riches commerçants, de militaires et d'artisans.

Par son père, Florentin Ficatier est le cousin germain d'un futur lieutenant au régiment d'infanterie légère, né vers 1784 et décédé en 1856. Il est aussi cousin de Rémy Ficatier, né en 1745 et décédé en 1812, propriétaire de multiples biens dans la région barroise et élu des conseils municipal et d'arrondissement de Bar-le-Duc à compter de l'an VIII. Ce dernier a fait construire et a habité la Maison dite Château Nicolas, aujourd'hui intégrée à l'internat du Lycée Raymond Poincarré à Bar-le-Duc.

Débuts au régiment d'Angoulême (1781-1789) Ficatier entre en service à l'âge seulement de 16 ans, le , comme simple soldat dans le régiment de Savoie-Carignan, devenu régiment d'Angoulême en 1785. Il y est nommé successivement caporal le et sergent le .

Le , en pleine révolution française, il est congédié par ancienneté et retourne dans ses foyers.

Campagnes de l'armée révolutionnaire (1791-1804)

Le , Ficatier est élu lieutenant-colonnel en chef du de volontaires de la Meuse, avec comme lieutenant en second le futur maréchal Oudinot, de deux ans son cadet. Les deux hommes sont nés et se sont côtoyés à Bar-le-Duc.

Au de volontaires de la Meuse, Ficatier et Oudinot commanderont notamment le futur maréchal Rémy Joseph Isidore Exelmans, alors seulement âgé de 16 ans. Le bataillon est composé de 549 volontaires choisis parmi les 1 182 inscrits des districts de Bar-le-Duc et d'Étain, est passé en revue à Verdun le , inspecté à Charleville-Mézières en décembre, puis successivement envoyé à Rocroi au titre de l'armée du Centre et à Aubenton pour s'équiper. Le bataillon passe ensuite la majeure partie de l'année 1792 en garnison à Metz, où il est augmenté de 215 autres volontaires.

Au mois de , Ficatier devient capitaine, transmet le commandement du bataillon à Oudinot, et part faire avec bravoure les campagnes de 1792 à l'armée du Centre et de 1793 à l'armée de la Moselle. Il combat dans cette dernière en tant que capitaine d'infanterie légère à la légion de la Moselle, anciennement légion de Kellerman. Atteint du scorbut, il doit néanmoins être considéré démissionnaire le , malgré ses vives protestations.

Retiré dans son département en Meurthe, Florentin Ficatier se marie alors avec Marie-Victoire Houssard-Dumesnil à Nancy. Ils auront un fils dix ans plus tard, du nom de Pierre Victor Alexandre Ficatier, qui deviendra auteur, sous-lieutenant au régiment d'infanterie, puis général, honorant ainsi la tradition militaire des Ficatier.

Le , sa santé rétablie, Ficatier est remis en activité comme officier de confiance auprès de son ancien tandem, le général Oudinot, avec lequel il fait les campagnes des ans III à VI aux armées du Rhin (1794-1795), de Sambre-et-Meuse (1796-1797), et d'Angleterre (1798). En l'an VII, il passe à l'armée d'Helvétie (1798-1799) et y est nommé chef de bataillon le à la d'infanterie de ligne. Le , il se signale par sa bravoure et son dévouement à la bataille de Zurich, où il est blessé d'un coup de feu au pied droit.

alt=Tableau de la bataille de Zurich|gauche|vignette|La bataille de Zurich, le 25 septembre 1799, où Ficatier est blessé. Huile sur toile de François Bouchot.

Il passe ensuite avec Masséna à l'armée d'Italie. Il donne à cette période de nouvelles preuves de son courage et de ses talents militaires, notamment à l'affaire du 10 avril 1800, dans la rivière de Gênes, où il reçoit un coup de feu à la jambe droite et est fait prisonnier par les Autrichiens. Échangé quelques jours après, il continue de servir à l'armée d'Italie et est nommé chef de brigade par le général en chef Masséna le . Le , il reçoit le commandement du d'infanterie de ligne, celui-là même que Napoléon avait commandé personnellement à Marengo. Il combat alors à la bataille de Pozzolo. À l'issue de la campagne, il est cité comme l'un des plus braves officiers de l'armée d'Italie.

De retour en France après le traité d'Amiens, il tient garnison à Nancy de l'an X à XII. Le , il devient membre affilié de la Loge Saint-Jean de Jérusalem, une loge maçonnique basée à Nancy. Son nom réapparaît dans les listes d'une autre loge dite Saint-Frédérick des Amis Choisis. Il quitte ensuite Nancy pour tenir garnison au camp de Saint-Omer durant les ans XII et XIII (1803-1805). Il est fait chevalier de la Légion d'honneur durant cette période, le , devient colonel et passe officier du même ordre le .

Il est appelé à participer à la cérémonie du sacre de Napoléon , tenue le .

Campagne d'Allemagne (1805)

Le , le colonel Ficatier et son régiment de ligne composent la division Legrand du corps de l'Armée des côtes de l'Océan, qui attend un éventuel débarquement en Angleterre. Dix jours plus tard, l'Armée des côtes de l'Océan devient la Grande Armée et entreprend finalement la campagne d'Allemagne face à la Troisième Coalition.

Le de ligne du colonel Ficatier ne pénètre néanmoins pas immédiatement en Allemagne avec les quatre divisions du maréchal Soult, car il est personnellement désigné le par Napoléon afin de maintenir la garde du camp de Boulogne-sur-Mer et sa flottille, indispensables aux ambitions britanniques de l'Empereur. Le , Napoléon écrit au maréchal Berthier :

Campagne de Prusse et de Pologne (1806-1807)

Le , Napoléon commande à son frère le Roi de Hollande que le de ligne du colonel Ficatier et le de ligne le rejoignent pour Wesel, de manière qu'ils y soient arrivés le . Par des lettres successives du et du , il redirige respectivement 160 fantassins du de ligne de Nimègue vers Berlin puis le reste vers Mayence.

Le , le de ligne du colonel Ficatier intègre ainsi l'Armée du Nord et le corps du maréchal Mortier, qui se trouve être rassemblé autour de Mayence. Le , l'Empereur intègre Ficatier et ses fantassins à la division Verdier qui, avec la division Oudinot, constitue sous le commandement de Lannes le corps de réserve de la Grande Armée. Le , l'Empereur assure au maréchal Lannes que sa seconde division, composée du de ligne, sera pleinement constituée devant Dantzig d'ici le et, le , lui commande de la faire camper en bataillon carré à la distance au plus de deux lieues de la Forteresse teutonique de Marienbourg sur la route de Christburg.

Siège de Dantzig

La ville de Dantzig cède au siège le . Le grenadier François Pils note dans son journal de marche que le de ligne s'y distingue en étant le premier à prendre les armes face à une tentative de sortie des assiégés sur le village de Langfuhr. Ficatier et ses fantassins soutiennent le choc de la cavalerie russe et permettent de refouler l'infanterie prussienne.

Bataille de Heilsberg

Le , Napoléon et sa garde impériale, accompagnés des corps de Davout et de Lannes que sert le de ligne du colonel Ficatier, viennent au secours du corps de Ney lors de la bataille de Heilsberg. Ficatier arrive avec Lannes dans la nuit, et tâche avec lui de déborder la droite des Russes du général Bennigsen. Ce dernier ordonne le l'abandon du camp retranché, ouvre la route de Königsberg, ville royale de Prusse, et se replit sur Friedland.

Bataille de Friedland

Le , le corps de Lannes et les deux bataillons du de ligne du colonel Ficatier sont à l'avant-garde de l'armée française en route d'Eylau pour Domnau, puis pour le territoire de Friedland à une quarantaine de kilomètres de Königsberg. La Division de grenadiers d'Oudinot est en tête de colonne et rencontre les Russes de Bennigsen dans la nuit, à , qu'elle retient.. vignette|305x305px|Carte du champ de bataille le 14 juin 1807. Le maréchal Lannes, fort de ses 20 800 combattants, arrive au matin du et commande l'engagement initial. Le de ligne du colonel Ficatier est alors toujours sous le commandement du général de brigade Harispe et du général de division Verdier, eux-mêmes aux ordres de Lannes dont le stratégème est d'étirer les lignes afin de sembler plus nombreux qu'en réalité. Cette manoeuvre permet aux fantassins de tenir du petit matin jusqu'à l'arrivée de Napoléon à midi.. Ficatier et ses fantassins sont maintenus au centre du dispositif par l'Empereur, face-à-face avec les Russes et avec pour objectif de les briser en deux ailes afin de ne se concentrer que sur leur moitié gauche.. L'attaque commence vers 17 heures lorsque le maréchal Ney est envoyé droit devant en direction du village de Friedland. Il y pénètre et permet l'encerclement des Russes, acculés contre le ruisseau du Moulin et par l'Alle. C'est là que les troupes de Lannes et le de ligne du colonel Ficatier entament une charge à la baïonnette. La victoire est acquise vers 22 heures et demie.

Le colonel Ficatier est néanmoins gravement blessé au cours de la bataille.

Élévation à la noblesse d’Empire et au grade de général de brigade (1808) À la suite de la campagne de Prusse et de sa blessure à la bataille de Friedland, le colonel Ficatier passe plusieurs mois en Lorraine en congé de convalescence.

Le traité de Tilsit signé et la Quatrième Coalition défaite, Napoléon de retour à Paris soustrait le au commandement du roi de Hollande et l'affecte à la garnison d'Anvers, par courrier du .

Ficatier obtient alors coup sur coup une dotation de 4.000 francs sur des biens réservés en Westphalie le , le titre de baron de l'Empire le , et le grade de général de brigade le . Le , rétabli de ses blessures, il est réemployé au camp de Boulogne-sur-Mer.

Campagne d'Allemagne et d'Autriche (1808-1809)

vignette|Soldats de la Division de grenadiers d'Oudinot. Le , il est de nouveau affecté à son ancien tandem barrois, le général de division Oudinot, et obtient le commandement de la brigade d'élite de sa Division de grenadiers. Il se maintient au commandement de la même brigade lorsqu'il passe à l'armée du Rhin, le , dans la seconde division de grenadiers que commande le général de division Claparède pour Oudinot. Il s'y trouve toujours au déclenchement de la campagne d'Allemagne et d'Autriche, le .

La brigade Ficatier combat ainsi le à la bataille de Landshut, le à la bataille d'Eckmühl, puis le à la bataille de Ratisbonne toujours avec la division Claparède et désormais pour le corps du maréchal François Joseph Lefebvre. Ficatier combat de nouveau le à la bataille d'Ebersberg, en avant-garde avec la division Claparède sous les ordres du maréchal André Masséna. Dans sa correspondance à l'Empereur, Masséna rapporte que Ficatier eut le chapeau percé d'une balle lors de la bataille et fait l'éloge de son sang-froid. Le , Ficatier est élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur.

Dans la nuit du 21 au , Ficatier arrive ensuite avec ses troupes pour combattre à la bataille d'Aspern-Essling sous le commandement de Claparède et Oudinot, pour le corps du maréchal Jean Lannes qui y sera mortellement blessé.

Ficatier combat enfin à la bataille de Wagram, du 5 au , à la tête d'une brigade d'élite de la seconde division du général Georges Frère du corps d'Oudinot. À la suite de la victoire française, Ficatier verra les bâtons de maréchal remis à son bînome de la première heure, le général Oudinot, qu'il aura servi tout au long de cette campagne.

Campagne d'Aragon et de Catalogne (1810-1812)