Au sein de la Walt Disney Company, il existe plusieurs jargons, celui du cinéma et de l'animation dans les studios, de l'informatique et du jeu vidéo dans les filiales associées à ces métiers. De même, la division des parcs à thèmes possède son propre jargon. Ce dernier peut être considéré comme spécifique à Disney en raison du développement du concept des parcs à thèmes par Walt Disney pour Disneyland.
Actuellement quatre ouvrages grand public recensent explicitement certains termes utilisés comme étant un jargon spécifique dans des sections baptisées Voir les quatre livres , 12-13.. Ils ont toutefois été écrits par les employés de Disney mais de nombreux ouvrages liés aux parcs Disney reprennent ces termes. Ainsi Sébastien Roffat indique clairement l'existence d'un « Jargon Disney » à propos des partenaires financiers sponsorisant des lieux des parcsSébastien Roffat, Disney et la France : les vingt ans d'Euro Disneyland, p 184..
Dans les publications internes de Disney, le d'Euro Disney SCA recense plus de considérés comme du jargon, bien que plusieurs sont en réalité des anglicismes () et d'autres des termes du quotidien d'Île-de-France (Carte Orange, RER), édition 2001..
L'utilisation d'un jargon
L'utilisation d'un langage ou d'une manière de présenter les choses existe dans la plupart des grandes entreprises. La division des parcs de loisirs de Disney a axé sa philosophie sur la magie (prodiguée et vendue) et sur les valeurs familiales, plutôt américaines Bill Capodagli et Lynn Jackson, The Disney Way, p 33.
Une culture d'entreprise
Lors des recrutements des futurs employés des parcs, le mot d'ordre est Sébastien Roffat, Disney et la France : les vingt ans d'Euro Disneyland, p 187. Ce qui rejoint le mantra de la société Disney Believe ! (Il faut croire !) basée entre autres sur les éléments du rêve américain. Dans les parcs Disney, cette culture d'entreprise fait l'objet d'une session spéciale de la formation nommée Traditions Bill Capodagli et Lynn Jackson, The Disney Way, p 133.
Historiquement la société Disney est issue du monde du cinéma. C'est pour cette raison que de nombreux termes sont issus de cet univers. Walt Disney était convaincu que tout ce qui était visible par les visiteurs faisait partie d'un même spectacleVoir les quatre livres Imagineering Field Guide, . C'est pour cela que les architectes, ingénieurs et autres métiers chargés de la création et de la construction des parcs sont appelés de manière générique des imagineers (ce qui se transcrirait en français par « imaginieurs »), mot-valise formé à partir des termes imagination et engineer (ingénieur) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, Imagineers, Walt Disney Imagineering: A Behind the Dreams Look At Making the Magic Real, . Les idées sont parfois issues de sessions créatives nommées Dream Retreat, où les employés peuvent laisser leur imagination vagabonder Bill Capodagli et Lynn Jackson, The Disney Way, p 17, ou Blue Sky.
Les imagineers considèrent que les parcs à thèmes sont l'accomplissement physique de tout ce que représente les mythologies développées par la société Disney pour les enfants de tout âgeVoir les quatre livres Imagineering Field Guide, . Les idées importantes dans la gestion de l'entreprise Disney ont même fait l'objet d'un ouvrage The Disney Way: Harnessing the management secret of Disney in your company coécrit par Bill Capodagli et Lynn Jackson, dont le but est d'appliquer les méthodes Disney au sein d'autres entreprises.
Les procédures codifiées au sein de l'entreprise Disney ont, d'après Aviad E. Raz, fait l'objet de plusieurs études et permettent dans son étude sur le parc japonais de comparer les méthodes américains de celle appliquées au Japon Aviad E. Raz, Riding the Black Ship: Japan and Tokyo Disneyland, 73-74.
La relation clientèle
Une idée prédomine dans l'univers du travail chez Disney : l'employé est un acteur qui est en représentation devant des invités.
Acteur et invité
Dans cette relation clientèle, le terme le plus emblématique est cast member : « membre de la troupe » qui est le terme Disney pour employé Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, . Comme l'indique Dave Smith dans son encyclopédie Disney, ces derniers « sont considérés comme des acteurs sur scène comme s'ils étaient au théâtre. » Ils ne portent donc pas d'uniforme mais des costumes et quand ils sont dans le parc ils sont sur scène ; après avoir retiré leurs costumes, ils sont en coulisses. Chris Strodder réduit cette définition aux employés Disney travaillant à la vue des visiteurs des parcs à thèmes et donne comme date de première utilisation l'ouverture du parc Disneyland le Chris Strodder, The Disneyland Encyclopedia, .
Strodder ajoute que ce terme est la meilleure indication des intentions de Disney pour que l'expérience au sein du parc soit quelque chose d'aussi proche d'un spectacle Chris Strodder, The Disneyland Encyclopedia, . Pour S Roffat, la campagne de recrutement lancée en 1991 pour les 10 000 futurs employés est de leurs offrir « un rôle dans le spectacle DisneySébastien Roffat, Disney et la France : les vingt ans d'Euro Disneyland, p 186. »
Autre point, les centres de recrutement sont nommés Casting Centers, tel le Walt Disney World Casting Center en Floride Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, . Le terme cast a même été transcrit en katakana, kasuto Aviad E. Raz, Riding the Black Ship: Japan and Tokyo Disneyland, . À la fin des sessions de formation, des quiz sont soumis aux futurs employés et les réponses démontrent une culture d'entreprise et un vocable spécifiques, Vaz donne quelques exemples Aviad E. Raz, Riding the Black Ship: Japan and Tokyo Disneyland, 88-89 : « Les cast members offrent ____ aux visiteurs » : la réponse est de la joie et non un service ou des objets Disney ; « Le parc est comme ____ sous le ciel bleu » : la réponse est une scène et non un parc de loisirs.
Le terme Cast doit être mis en parallèle avec celui de Guest (« invité ») utilisé pour désigner les visiteurs des parcs à thèmes Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, . La première mention officielle de ce terme remonte au discours d'ouverture du parc Disneyland Bill Capodagli et Lynn Jackson, The Disney Way, p 59.
C'est pour cette raison que le centre d'accueil des visiteurs se nomme Guest Relations Chris Strodder, The Disneyland Encyclopedia, .
Comme l'indiquent Sébastien Roffat et Aviad Raz dans leurs ouvrages, respectivement, sur Euro Disney et Tokyo Disneyland, les méthodes et termes américains ont été repris à l'identique : que ce soit le Disney Look Aviad E. Raz, Riding the Black Ship: Japan and Tokyo Disneyland, ou le Disney Smile
Termes techniques
Un terme important dans l'établissement du jargon Disney est Imagineers utilisé pour faire référence aux nombreux artistes, techniciens et spécialistes en tout genre engagés dans la conception des attractions et parcs Disney. Ce terme est formé de imagination et ingénieurs. Présent dès le début des années 1950, le terme a été officialisé en 1986 lorsque la société employant ces différents corps de métiers a été rebaptisée Walt Disney Imagineering.
De nombreuses techniques développées par ces imagineers ont été baptisées, ces termes devenant une partie intégrante du jargon Disney. Ils peuvent être aussi bien liés à une technologie qu'à un concept architectural.
Le plus connu est vraisemblablement audio-animatronics qui désigne des robots Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, <ref name="Since the World began 33"> Jeff Kurtti, Since the World began, P 33</ref>. D'autres termes sont aussi utilisés comme Wienie ou Berm.
Un problème culturel
L'implantation en France d'un parc Disney a été l'occasion de mettre en avant le problème de la terminologie Disney dans un environnement culturel non-américain. En 1991, des conflits sont apparus quant au noms des attractions et autres lieux dans le complexe. Lors d'une réunion de travail, la délégation générale de la langue française a demandé que le parc n'ignore pas la culture environnante, ce à quoi l'équipe de Disney a répondu que le parc devait être un dépaysement, une immersion dans un autre mondeSébastien Roffat, Disney et la France : les vingt ans d'Euro Disneyland, p 180. Finalement, la convention de 1987 comporte à l'article 6 alinéa 3 la mention que les attractions célèbres ne nécessiteront pas de traduction.
Un autre point soulevé à l'époque est celui du Euro Disney Look comme le nomme S Roffat. Les syndicats relayés par la presse dénoncent les obligations mentionnées dans les guides de formation. Ce look est principalement vestimentaires et physique mais la langue anglaise est à l'époque une obligation. De nombreux éléments dont le jargon, partie intégrante de la culture d'entreprise de Disney sont par Roffat listés parmi les causes de l'échec du parc Disney en FranceSébastien Roffat, Disney et la France : les vingt ans d'Euro Disneyland, p 354.
Quelques termes
101 ou one oh one (français : « cent-un ») C'est un terme désignant l'attraction qui est hors service, fermée, arrêtée ou n'accepte plus personne. 102 one-oh-twos (français : « cent-deux ») C'est un terme indiquant qu'une attraction est remise en service normal après un 101, 105 ou 106. 105 one-oh-five (français : « cent-cinq ») C'est le terme qui désigne une attraction qui tourne au minimum de sa capacité (par exemple un seul train sur 5). 106 one-oh-six (français : « cent-six ») C'est le terme qui désigne un défaut de show dans une attraction.
Audio-animatronics (« automates ») Terme déposé comme une marque commerciale, désignant les personnages en trois dimensions, humains ou non, utilisés dans les attractions et dotés d'une technologie permettant des mouvements.Berm (français : « banquette, dune ») Terme désignant les espaces souvent surélevés et recouvert de végétation entourant les parcs à thèmes et créant une délimitation avec « le monde réel »Blue SkyTerme désignant les sessions d'exploration des idées pour les prochains développement de parcs, d'attractions, ou simplement d'amélioration.
Backstage (français : « coulisses ») C'est la zone inaccessible aux visiteurs, "for employees only" ou "cast members only", là ou ils ne peuvent pas être observés.
Cast Member (français : « membre de la troupe ») Ce sont les employés des parcs Disney dans le monde. À l'origine cette expression ne désignait que les employés jouant un rôle dans un parc d'attractions, mais les créatifs se considèrent aussi comme cast members. Le terme a même été transcrit en katakana, kasuto.
Casting Center (français : « service du recrutement ») C'est le centre de casting, de sélection du personnel, le département des ressources humaines pour les parcs.
Character (français : « personnage ») Employé costumé représentant un personnage Disney (Mickey, Dingo,..) dans un parc d'attractions Disney.
Character Dining Locution spécifique désignant un repas (Petit-Déjeuner/Déjeuner/Dîner) pris avec des personnages Disney.
Costume (français : « tenue ») C'est l'uniforme ou la tenue d'un employé qui est requise pendant son travail.Dark Ride Locution spécifique désignant les parcours scéniques mais ici, réduit à ce type d'attractions en intérieurs, souvent similaire à celle de Fantasyland.Dream Retreat (« Retraite pour rêver ») Locution désignant les sessions de développement d'idées ou de concept plus large, réalisées dans des lieux éloignés du quotidiens (chalet de montagne, île,...). Les sessions concernent aussi bien les choix stratégique financiers, le management que le développement d'attraction.