Bilal ibn Rabâh (en ), dit Al-Habachi . (en « l'Abyssin » .), né à La Mecque en 580 et mort a Damas en 640Janneh, Sabarr. Learning from the Life of Prophet Muhammad (SAW): Peace and Blessing of God Be upon Him. Milton Keynes: AuthorHouse, 2010. Print. Pgs. 235-238., est l'un des compagnons du prophète de l’islam, Mahomet et le premier muezzin de l'histoire. Né esclave, Bilal n'a pas eu d'autre choix que de travailler pour son maître, Umayyah ibn Khalaf. Par la suite, il fut affranchi par Abou Bakr. Il était connu pour sa belle voix, avec laquelle il appelait les gens à la prière.

Bilal est un des premiers convertis à l'islam .. D'après la majorité des récits, il est le cinquième à avoir embrassé la religion musulmane, après Khadija, Ali, Abou Bakr, et Zayd ibn Harithah.

Bilal est souvent décrit comme un homme grand et mince avec le teint brun foncé Muir, Sir William. The Life of Mohammad From Original Sources. Edinburgh: J. Grant, 1923. Print. Pg. 59, la peau mate et les cheveux drus ..

Famille Son père, Rabah, était un arabe du clan Banu Jumah. Sa mère, Hamamah, était une ancienne princesse abyssine capturée et réduite en esclavage après la tentative de destruction de la Kaaba par Abraha l'Abyssin.

Biographie

Origines

En Arabie, autour de , vivaient de nombreuses tribus païennes dont la riche et puissante tribu d'éleveurs et d’agriculteurs des Banu Jumah. À cette époque, toutes ces tribus s’adonnaient aux razzias, aux pillages et à l’esclavage. Rabah était l’un des esclaves des Banu Jumah. Son intégrité, sa vertu et sa conduite irréprochable lui avaient valu la supervision de la propriété de la tribu.

En 571, le Royaume d'Aksoum était une grande puissance dirigée par le Négus . Le Négus avait confié l’expansion de son empire dans la région au général Abraha Al-Achram. Après avoir soumis le Yémen dont il devint roi, Abraha s’affranchit de l’autorité du Négus et résolut d’annexer la région mecquoise. Il construit, à Sanaa (capitale du Yémen), une magnifique cathédrale que les Arabes surnommèrent Al-Qalis (l’église). Afin de récupérer les bénéfices commerciaux des pèlerinages arabes vers la Kaaba, Abraha leur proposa sa nouvelle cathédrale comme lieu de pèlerinage. Offusqué, un arabe de la tribu de Kinana aurait alors profané cette église. En représailles, Abraha marcha sur La Mecque avec et plusieurs éléphants dans le but de détruire la Kaaba.

Noufayl Ibn Habib, chef de la tribu des Banu Kath'am, tenta de les stopper sans succès mais avant d'atteindre son objectif, l'armée Abyssine finit par être vaincue et totalement déciméeCoran, Sourate 105, 1-5. Par la suite, les Arabes attaquèrent le cortège de Hamamah, la nièce d’Abraha Al-Achram (la fille de sa sœur). S’appropriant le butin, ils offrirent Hamamah aux Banu Jumah qui la réduisirent en esclavage. C’est ainsi que Hamamah rencontra Rabah. Au su de leurs affinités, Khalaf ibn Wahb, le chef de la tribu, les maria. Deux fils, Bilal et Khadid, et une fille, Ghufrah, naquirent de cette union. À la mort de Khalaf, son fils aîné, Umayya, craint et respecté, lui succéda. À la mort de son père, Bilal, devenu adulte, se chargea de sa famille. Apprécié d’Umayya ibn Khalaf, il fut nommé à la supervision de la propriété et du temple des idoles de la tribu.

La conversion du gardien du temple des idoles

Quand Mahomet divulgua le message dont il disait qu’Allah l’avait chargé, peu d’adeptes répondirent à l’appel mais grande était leur ferveur. Les chefs de tribu inquiets pour leur pouvoir cherchaient à tuer Mahomet et ainsi annihiler l’islam naissantCoran, Sourate Al Çaf. Si leur opiniâtreté révélait leur crainte de cette nouvelle croyance, et leur opposition, ils ne purent et empecher la diffusion de l’islam aux autres classes sociales. Bilal, était alors surveillant du temple des idoles, et croyait en ces statues façonnées par l’homme. Forcé d’accepter l’idolâtrie, les quelques doutes qui lui subsistaient furent ravivés par l’appel de Mahomet. Bilal savait que Mahomet venait souvent prier près de la Kaaba à la nuit tombée. Il alla le trouver et fit la chahada pour se convertir à l’islam.

Umayya ibn Khalaf était de ces chefs de tribu qui s’opposaient à l’islam. Lorsqu’il apprit la conversion de Bilal, il entra dans une rage terrible et lui ordonna de renier sa nouvelle croyance. Bilal refusa : « Je ne crains pas d’affirmer ma foi. Je n’ai nulle intention de l’abjurer. Je suis ton esclave mais je reste libre de choisir ma croyance ». Ces paroles décuplèrent la colère d’Umayya qui déchaîna contre lui toute sa violence et résolut de le torturer pour le faire abjurer. Mais à l’inverse, ce traitement renforça la foi de Bilal. Devant sa résistance, Umayya imagina une torture qui résulterait de son abjuration ou de sa mort. Il fit emmener Bilal dans le désert, étendre sur des pierres brûlantes et poser sur sa poitrine un énorme rocher brûlant tout en le faisant fouetter. Mais à sa grande déception, malgré son affaiblissement, Bilal ne trouvait la force de murmurer que «Ahadun, Ahad» ([Dieu est] Unique, Unique!). Cette scène de torture quotidienne finit par attirer des spectateurs et la résistance de Bilal forçait l’admiration. Plus Umayya persistait dans sa cruauté, plus Bilal se réfugiait profondément dans sa croyance, espérant la mort telle une délivrance divine.

Délivré sur requête de Mahomet

La mésaventure de l’infortuné Bilal était sur toutes les lèvres de la région mecquoise. Mahomet qui s’inquiétait pour lui, cherchait le moyen de le sortir de cette situation. Il se résolut à demander de l’aide à ses compagnons : « Si l’un de vous peut acheter et affranchir Bilal, ce problème serait peut-être résolu ». C’est Abou Bakr qui s’y engagea. Au bout de longues tractations au cours desquelles il proposa d’échanger Bilal contre l’un de ses plus robustes esclaves, Abou Bakr réussit à convaincre Umayya de lui vendre Bilal. La légende dit qu'Abou Bakr aurait acheté Bilal contre neuf pièces d’argent. Et Bilal rejoignit Mahomet.

Désormais musulman, Bilal subissait les mêmes persécutions que ses coreligionnaires. Lors de l’Hégire en 622 , il suivit Mahomet à Yathrib, future Médine, et travailla avec les autres musulmans à la construction de la première mosquée.

Le premier Adhan À la fin de l’édification de la mosquée al-Nabawi à Médine, il fallait appeler les fidèles à la prière. C’est donc en l’an I de l’Hégire, que la décision fut prise quant au moyen de rappeler aux croyants l’heure des prières. À ce sujet, l’envoyé de Dieu et ses compagnons passèrent en revue quelques procédés tels que l’usage du cor (la trompe appelée chofar en hébreu) qui était en vigueur chez les Juifs, ou l'usage de la cloche à la manière des Chrétiens. Les deux idées furent toutefois rejetées. La proposition avancée par Abd Allâh Ibn Zayd fut retenue : la voix.

«Allahou Akbar, Allahou Akbar (Dieu est le plus grand, Dieu est le plus grand)

Ach-hadou an lâ ilaha illa lâh, Ach-hadou an lâ ilaha illa lâh (Je témoigne qu’il n’y a de vraie divinité sauf Dieu, Je témoigne qu’il n’y a de vraie divinité sauf Dieu)

Ach-hadou anna Mouhammadan rasouloul-lâh, Ach-hadou anna Mouhammadan rasouloul-lâh (Je témoigne que Mahomet est le messager de Dieu, Je témoigne que Mahomet est le messager de Dieu)

Hayya ‘alas-salâh, Hayya ‘alas-salâh (Venez à la prière, Venez à la prière)

Hayya ‘alal-falâh, Hayya ‘alal-falâh (Venez à la félicité, Venez à la félicité)

Allahou Akbar, Allahou Akbar (Dieu est le plus grand, Dieu est le plus grand)

Lâ ilaha illa lâh (Il n’y a de vraie divinité sauf Dieu). »

Mahomet, qui avait remarqué la magnifique voix de Bilal, le chargea d'effectuer l’adhanLever l’adhân signifie lancer l’appel à la prière. Flatté de l’honneur qu’il lui faisait, Bilal s’exécuta avec empressement. Il grimpa sur le toit de la mosquée et lança le tout premier appel à la prière de sa plus belle voix. Sa prestation émut le prophète de l’islam et ses compagnons qui furent confortés dans leur choix et décidèrent que Bilal serait définitivement chargé d'effectuer l'adhan faisant de lui le premier muezzin de l’islam. En 623, à la bataille de Badr qui vit la victoire des Musulmans sur les polythéistes mecquoisCoran, Sourate Al-i'Imran, verset 123, il combattit et tua son ancien maître, Umayya Ibn Khalaf. Ce fut encore lui que Mahomet chargea d'effectuer le premier adhan de La Mecque, du haut de la Ka'aba, après leur entrée triomphante dans la ville. Quand la Kaaba fut ouverte, seul Bilal eut le droit d’accompagner Mahomet à l’intérieur pour débarrasser ce lieu saint, construit par Adam puis restauré par Ibrahim (Abraham) et son fils aîné Ismaël après le Déluge, de toutes les idoles qui s’y trouvaient.

L’exil du Muezzin

À la mort de Mahomet, le , Bilal était effondré. Depuis, effectuer l’adhan était devenu un supplice pour lui. Ses souvenirs avec Mahomet l’assaillaient et l’empêchaient d’y mettre toute sa joie d’appeler les fidèles à la prière. Il demanda alors à Abû Bakr devenu premier calife de l’islam de le décharger de l’adhan et de l'envoyer en Syrie pour effectuer le jihad et participa à la conquête de Jérusalem, en 638. Du haut d’un plateau du Golan, alors qu’il refusait d'effectuer l’adhan depuis la disparition de Mahomet, Bilal accéda à la supplique d’Omar ibn al-Khattab et lança un appel si émouvant qu’il arracha des larmes à tous les musulmans alentour.

Mort Vers la fin de sa vie, Bilal s’installa définitivement à Damas, en Syrie où il finit par se marier. Quelque temps avant sa mort, Mahomet lui dit en songe : « Pourquoi cet éloignement, Bilal ? N’est-il pas temps pour toi de me rendre visite ? ». Il prit immédiatement le chemin de Médine dont il s’était éloigné depuis sept ans. À son arrivée, il fut accueilli dans la joie par la famille de Mahomet. Hussein ibn Ali et Hassan ibn Ali, les petits-fils de Mahomet, lui demandèrent d'effectuer l’adhan le lendemain matin. À l’aube, Bilal monta sur le toit de la mosquée et lança un appel qui bouleversa tout Médine.

Peu après, Bilal regagna Damas. À la nouvelle de la mort du prophète, Bilal aurait dit à son épouse : « Ne dis pas quelle calamité ! Mais dis plutôt quelle gaieté ! Demain je rejoindrai mes bien-aimés, Mahomet et ses compagnons. » L’écrivain Abû Nu`aym affirme dans Hilyat Al-Awliyâ’, ouvrage encyclopédique, que Bilal était le secrétaire de Mahomet et qu’il avait le même âge qu’Abû Bakr. Il repose au cimetière historique de Bab al-Saghir dans le quartier sud de la vieille ville de Damas. Ses dates de naissance et de mort font l’objet de désaccord entre historiens. Pour certains, il serait né en l’an 53, pour d’autres, en 43 avant l’Hégire. Par contre, ils s’accordent à dire qu’il serait mort pendant le califat de Omar Ibn Al-Khattâb, vers 641, mais restent partagés sur son âge (60 ou 70 ans).

Mahomet choisit la voix humaine comme fédératrice de l’islam. Ce mode d’appel à la prière est resté inchangé depuis le dernier adhan levé par Bilal Al-Habashî à Médine. Toutefois, le texte diffère légèrement selon le rite religieux (sunnite, chiite, etc.). Par ailleurs, dans certaines mosquées un enregistrement vocal de l'adhan est diffusé par des haut-parleurs à chaque appel à la prière. Quoi qu’il en soit c’est toujours la voix qui rassemble les fidèles aujourd’hui.

Postérité et traditions Considéré comme le premier musulman d'ascendance africaine, Bilal est particulièrement vénéré en Afrique et par les Afro-Américains .. Au Maroc, il est considéré comme le fondateur et le protecteur de la guilde des musiciens noirs itinérants. En Tunisie et dans le reste du Maghreb, il est invoqué, sous le nom de Bilal, par les membres des confréries de noirs musulmans pendant le stambeli, un rite de possession. En Inde, les noirs musulmans le considèrent comme leur ancêtre commun.

Au Mali, il existe une légende qui lie Bilal à Bilali Bounama considéré comme l'aïeul de Soundiata Keïta, le fondateur de l'empire du Mali.