Le Bal des vampires (Tanz der Vampire) est une comédie musicale de Jim Steinman et Michael Kunze, tirée du film réalisé par Roman Polanski en 1967. Le musical a été créé le dans une mise en scène de Polanski à Vienne au Raimund Theater.

Argument Alfred, étudiant apeuré, est à la recherche de son compagnon et mentor le professeur Abronsius perdu dans la neige de Transylvanie. Celui-ci mène une expédition scientifique dans le but de prouver aux incrédules de Königsberg ses théories sur le vampirisme. Alfred le retrouve complètement gelé et l'emporte avec lui.

À l'auberge où ils sont recueillis, le professeur et son assistant trouvent un premier indice de la présence de vampires : l'abondance d'ail. Mais les gens des environs nient l'existence de vampires. L'aubergiste, Chagal, refuse même de reconnaître la présence d'un château à proximité.

Pendant qu'Abronsius poursuit ses tentatives pour dénicher des vampires, Alfred s'éprend de Sarah, la charmante fille de l'aubergiste. Mais le jeune étudiant a un rival de taille, le comte Graf von Krolock, un vampire qui a également des vues sur la jolie Sarah.

Lorsque cette dernière fuit son existence ennuyeuse pour rejoindre le château du comte, Alfred et Abronsius se lancent à sa rescousse. Le tandem se retrouve convié bien malgré lui au bal des vampires…

Synopsis Ce résumé s'applique uniquement aux productions européennes originales ainsi qu'aux versions japonaises. Le spectacle de Broadway ayant été largement réécrit, il ne correspond pas au synopsis détaillé présenté ici. Acte I Fin du , dans un coin reculé des Carpates.

Le professeur Abronsius, un vieil érudit excentrique, flanqué de son jeune assistant maladroit Alfred, arrivent dans un petit shtetl. Ici, ils espèrent légitimer la théorie du professeur. En effet, Abronsius, farouchement convaincu de l'existence des vampires, est devenu la risée de Königsberg pour ses croyances jugées fantasques…

Surpris par une tempête de neige (He, Ho, He), ils sont recueillis par Chagal. Cet aubergiste lubrique passe le plus clair de son temps libre à convoiter Magda, la jolie femme de chambre, au grand dam de sa femme Rebecca (Knollauch – Ail).

Le professeur remarque vite les innombrables gousses d'ail accrochées un peu partout sur les maisons et portées au cou des villageois. Or, l'ail est réputé pour tenir à l'écart les suceurs de sang… Fou de joie, Abronsius pense toucher au but et se met aussitôt à harceler Chagal pour obtenir des informations. Les habitants, visiblement effrayés, feignent l'ignorance et réduisent au silence l'idiot du village. Ce dernier parvient tout de même à bredouiller une indication sur un château et le maître des lieux, un comte à la sinistre réputation.

A l'auberge de Chagal, où le professeur a décidé de séjourner, Alfred explore les chambres de l'étage (Bitte, meine Herren – S'il vous plaît, Messieurs). Il tombe par hasard sur Sarah, la fille de leur hôte. L'intéressée s'avère l'exact opposé de ses parents, des gens frustres et grossiers. C'est une charmante demoiselle, dotée d'une magnifique chevelure rousse, vive d'esprit, raffinée et rêveuse, qui n'a pas encore dix-sept ans. Alfred s'éprend aussitôt de la belle.

Or, Chagal s'avère très protecteur envers sa progéniture, allant jusqu'à barricader sa chambre et l'empêchant de se laver tant que le tandem sera encore dans les parages (Eine schöne Tochter ist ein Segen – Une belle fille est une bénédiction). Sarah est outrée par cette décision : le bain est son unique moment de plaisir. La demoiselle peine à s'épanouir dans un milieu si rustre, elle est en conflit permanent avec ses parents et se sent étouffée dans ce patelin qui n'a rien à lui offrir.

Cette nuit-là est riche en rebondissements romanesques. Alfred et Sarah se découvrent une attirance mutuelle. Chagal essaie en vain de s'introduire dans le lit de Magda. Abronsius, au mauvais endroit au mauvais moment, est brutalement frappé à la tête par Rebecca (Nie geseh'n – Jamais vu). À l'insu des habitants, tard dans la nuit, Sarah écoute la sérénade d'un mystérieux inconnu. L'étranger lui promet la vie et le pouvoir éternels (Gott ist tot – Dieu est mort)…

Le lendemain matin, le professeur surprend une discussion entre Chagal et Koukol, un être difforme vivant quelque part dans les bois (Alles ist hell – Tout est clair). Le bossu s'enquiert d'un homme étrange (Wahrheit – La vérité) mais Chagal refuse d'aborder le sujet. vignette|290x290px|Krolock envoûte Sarah. La nuit suivante, Sarah persuade Alfred de renoncer à ses ablutions pour qu'elle-même puisse en profiter (Du bist wirklich sehr nett – Tu es vraiment très gentil). Alors que la jeune fille barbote au milieu des bulles, le comte Graf von Krolock, un vampire aristocrate, s'introduit dans la salle de bain par le toit. Il révèle être celui qui, la veille, a captivé Sarah par son chant et ses idées. Le comte rappelle à sa proie la vie qu'elle endure ici, sans raffinement ni liberté. Il l'invite au Bal de Minuit, une fête époustouflante qui se tiendra dans son château (Einladung zum Ball – Invitation au bal). Fascinée par Krolock, la demoiselle manque de se laisser mordre. Mais Alfred, qui espionnait par la serrure, appelle à l'aide. Chagal et Rebecca déboulent aussitôt, furieux. Le père de Sarah la punit et lui interdit de quitter la maison.

Plus tard dans la nuit, Koukol retourne à l'auberge. Le bossu est en réalité le serviteur dévoué du comte. Il dépose sur le pas de la porte un paquet rouge à l'attention de Sarah. L'intéressé se faufile dehors pour s'en saisir et découvre de superbes bottes écarlates (Die roten Stiefel – Les Bottes rouges).

Alfred sort à son tour et lui déclame sa flamme (Draußen ist Freiheit – Dehors, c'est la liberté). Tous deux envisagent de partir ensemble et Sarah demande à Alfred d'aller chercher ses affaires, dont la fameuse éponge qui lui offrait tant de réconfort lors de ses bains. Son prétendant obtempère.

Restée seule, Sarah rêvasse sur le fameux bal des vampires, une réception qu'elle imagine grandiose et romantique. Finalement, elle ne peut se résoudre à manquer un tel événement. Elle décide d'accepter l'invitation du comte (Stärker als wir sind – Plus fort que nous) et s'enfuit dans la forêt pour le retrouver. S'apercevant de sa disparition, Alfred commence à paniquer ; Chagal et Rebecca se précipitent mais il est trop tard. Chagal s'enveloppe d'ail et parcourt les bois à la recherche de sa fille.

Le lendemain matin, le corps gelé de l'aubergiste est retrouvé ; Rebecca est dévastée (Trauer um Chagal – Deuil pour Chagal). Abronsius découvre de petites blessures sur toute la dépouille, telles des morsures. Les villageois, toujours dans le déni, supposent qu'elles sont des morsures infligées par un loup, une meute rodant dans les environs. Le professeur tend à Rebecca un pieu en bois : il lui explique qu'elle doit transpercer le cœur de Chagal pour l'empêcher de ressusciter sous sa forme vampirique. Hystérique, Rebecca chasse Abronsius et Alfred. Elle recouvre son mari d'un drap et jure qu'elle ne laissera personne profaner son repos. gauche|vignette|La relation de Chagal et Magda, compliquée jusque dans la mort…|225x225px Au milieu de la nuit, Magda descend furtivement pour examiner le corps de Chagal, exprimant des sentiments mitigés quant à sa mort (Tot zu sein ist komisch – Être mort est étrange). Soudain, l'aubergiste se redresse et l'agresse. La femme de chambre tente de le repousser à l'aide d'un crucifix mais étant de confession juive, Chagal est totalement indifférent au symbole chrétien. Il parvient à la maîtriser et se gave de son sang, la tuant au passage.

Alfred et le professeur s'introduisent à leur tour pour mettre Chagal hors d'état de nuire mais, à la place, ils découvrent le cadavre de Magda. Une course-poursuite s'engage et les deux hommes finissent par coincer le vampire. Ce dernier implore leur clémence. S'ils l’épargnent, il s'engage à les guider jusqu'au château de Krolock où sa fille est supposée être retenue.

Chagal conduit Alfred et son mentor au pied d'une immense bâtisse aux confins des bois (Durch die Wildnis zum Schloß – À travers le désert jusqu'au château). Ils sont accueillis par le comte von Krolock et son fils flamboyant, Herbert. L'héritier du comte est immédiatement attiré par Alfred (Vor dem Schloß – Devant le château). Krolock propose aux voyageurs de séjourner dans son domaine et ces derniers acceptent à contrecœur l'invitation...

Acte II Alors qu'elle se promène dans les couloirs sombres et déserts du château, Sarah réfléchit à la relation qu'elle entretient avec le comte. Ce dernier semble l'accueillir courtoisement. En réalité, il résiste difficilement à ses pulsions et prévoit d'accomplir sa morsure lors du bal, le lendemain soir (Totale Finsternis – Éclipse totale).

En parallèle, Alfred et le professeur se trouvent dans une chambre d'amis située dans une autre aile de la demeure. A peine endormi, le jeune assistant est victime de cauchemars terrifiants, où il ne parvient pas à sauver Sarah des vampires sanguinaires (Carpe Noctem – Saisir la nuit).

Au matin, Alfred se lance à la recherche de Sarah et rêve de fuir le château avec elle (Ein perfekter Tag / Für Sarah – Un jour parfait / Pour Sarah). Abronsius, pour sa part, est surtout obnubilé par le fait d'anéantir les Krolock. Quoi qu'opposé à l'idée de tuer quiconque, son assistant le suit. Alfred et le professeur se rendent à la crypte (In der Gruft – Dans la crypte) où ils localisent le père et le fils. En voulant y pénétrer, le professeur se retrouve coincé sur une pique, suspendu de façon burlesque dans le vide. Il charge Alfred de tuer les vampires. Tétanisé, le jeune homme ne peut se résoudre à leur planter un pieu dans le cœur. Avant que le professeur ne puisse mettre au point un autre plan, un bruit suspect se fait entendre. Le tandem fuit la crypte au moment même où Chagal se rend sur place avec le cercueil de Magda. La femme de chambre en sort, transformée en vampire, et consent finalement à coucher avec son ancien patron. vignette|Abronsius sauve Alfred des griffes d'Herbert, le fils de Graf von Krolock. Alfred et le professeur continuent de fouiller les moindres recoins du château. Ils se séparent dans la bibliothèque (Bücher, Bücher – Livres, Livres). Alfred tombe sur une chambrette où il trouve Sarah dans son bain, apparemment indemne. Alfred la supplie de partir dès maintenant mais Sarah refuse : elle veut rester pour le Bal de Minuit. Elle persuade le garçon de quitter la pièce, prétextant qu'ils se retrouveront plus tard dans la bibliothèque (Noch mehr Bücher – Encore plus de livres) et qu'elle doit s'habiller.

Cependant, lorsqu'Alfred revient, Sarah s'est volatilisée et Herbert se trouve à sa place. Le fils du comte flirte outrageusement avec le jeune homme. Confus et terrifié, sa proie peine à lui échapper (Wenn Liebe in dir Ist – Quand l'amour est en toi). Herbert finit par se jeter au cou d'Alfred pour le mordre. Arrivé in extremis, Abronsius intervient et frappe le vampire avec un parapluie, poussant ce dernier à battre en retraite.

Alfred et son mentor parviennent à s'enfuir mais, une fois dehors, ils s'aperçoivent que le crépuscule est déjà là. Le soleil décline inexorablement et ils sont désormais à la merci du mal. Ils se retrouvent face à face avec Krolock, qui se moque de la tentative naïve du professeur de le détruire (Sie irren, Professor – Vous avez tort, Professeur). Sous leurs yeux horrifiés, ils voient une foule de vampires surgir d'un cimetière voisin et se diriger vers la salle de bal (Ewigkeit – Éternité).