Jean Antoine Ernest Constans, né le à Béziers (Hérault) et mort le à Paris, est un homme politique français. Il repose au cimetière de Sainte-Croix (Aveyron).

Biographie Fils de Armand Constans, receveur de l'enregistrement, et de Marie Victoire Galtié, Ernest passe sa licence de droit à Toulouse en 1854licence de droit sur Gallica, puis le doctorat en 1857. Le , il épouse à Sainte-Croix dans l'Aveyron Magdeleine Masbou, fille d'un avocatActe mariage AD12.

En 1861, il exerce comme avocat à Toulouse. Son père étant décédé et ayant un petit héritage, il tente sa chance à Barcelone. D'abord associé à Cousinet, il est marchand de charbon anglais et c'est une première faillite. Il crée en 1862, sous le nom de Don Ernesto Constans y Galtié l'Étoile de la Vendée sur GallicaTribunal civil de la Seine Journal du Loiret sur Pléade, une entreprise de pompes locomobiles Ernesto Constans y compania associé en commandite avec Puig y Puig un banquier catalan. La société fait faillite et Ernest Constans rentre en France pour reprendre ses études de droit.

Ayant réussi son agrégation en 1867, Ernest Constans devient professeur de droit à la faculté de Douai et revient à Toulouse en 1870Bruce Fulton: Ernest Constans et la vie politique de Toulouse (1870-1876 sur Persée. En 1874 après 16 ans d'absence, il réintègre la franc-maçonnerie et, en 1875, devient vénérable de la loge toulousaine « les Cœurs réunis » avant d'être élu député de la Haute-Garonne (circonscription de Toulouse) en 1876, siégeant dans la Gauche républicaine.

Lors de la crise du 16 mai 1877, il est l'un des signataires du manifeste des 363Fiche sycomore. Réélu en , il est appelé comme ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de Charles de Freycinet (du au ).

En 1887, il est nommé chef de la légation française à Pékin. En tant que tel, il est l'un des signataires de la convention du établie entre la France et la Chine pour délimiter la frontière entre la Chine et le Tonkin. Du à , Constans est le premier gouverneur général de l'Indochine française, placée sous protectorat français.

Selon l'historien Charles-Robert Ageron, les conceptions d'Ernest Constans quant aux questions coloniales sont d'un « cynisme agressif », la colonisation ayant pour but principal l'enrichissement des colonsCharles-Robert Ageron, Jules Ferry et la question algérienne en 1892 (d'après quelques inédits), Revue d'histoire moderne et contemporaine, 1963, 10-2, ..

Le , il redevient ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de Pierre Tirard qui cherche un républicain, homme à poigne, pour contrecarrer les entreprises du général Boulanger. Constans est en outre franc-maçon, ce qui, dans le contexte d'alors, est également une recommandation. Il se signale par sa répression du boulangisme, ordonnant la dissolution de la Ligue des patriotes (). Il fait également courir la rumeur de l'arrestation imminente du général Boulanger et de son jugement en Haute Cour pour « attentat contre la sûreté de l'État », ce qui amène l'intéressé à s'enfuir en Belgique, en le discréditant auprès de l'opinion.

Constans démissionne le , entraînant la chute du gouvernement.

Il retrouve son portefeuille dans le gouvernement de Charles de Freycinet, le . Bien que violemment pris à partie par les députés boulangistes et par une partie de la presseL'Express du Midi sur Gallica, il reste en fonctions jusqu'à la chute du gouvernement, le . Entre-temps, il est élu sénateur de la Haute-Garonne le .

Le , par un amendement déposé au Sénat, il est à l'origine de la présence obligatoire de l'avocat dans le cabinet du juge d'instruction. La loi du Loi du 8 décembre 1897 ayant pour objet de modifier certaines règles de l'instruction préalable en matière de crimes et de délits, JORF du 10 décembre 1897 qui intègre l'amendement, est communément appelée « loi Constans ».

Le , il est nommé ambassadeur à Constantinople, fonction qu'il occupe jusqu'en . Il y mène une diplomatie personnelle largement indépendante de la politique étrangère française, peut-être guidée par l'appât du gain, ce qui expliquerait notamment son rôle très actif dans le développement du projet de chemin de fer reliant Constantinople à Bagdad.

Hommages

Au pied de la fontaine de la place Plumancy à Périgueux, des plaques mentionnent les noms de personnalités de l'époque à laquelle le monument fut érigé : celui de Ernest Constans figure sur l'une d'elles.. Il est représenté dans le fragment subsistant du panorama L'Histoire du siècle (1789-1889) de Henri Gervex et Alfred Stevensfragment L'Histoire du siècle Musée Carnavalet, deux marches au-dessus du président Sadi Carnot, à gauche en faisant face au tableau.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

Bruce Fulton, "Ernest Constans and the struggle for power in the French Republic, 1892-93", The Australian Journal of Politics and History, Bruce Fulton, "France's Extraordinary Ambassador: Ernest Constans and the Ottoman Empire, 1898-1909", French Historical Studies, Volume 23, Number 4, 1 October 2000, (24)

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