Léquitation est le troisième sport olympique en nombre de licenciés en France, et le premier sport féminin.

Issue des pratiques militaires et d'une longue tradition d'enseignement par les écuyers comme La Guérinière et François Baucher, l'équitation de tradition française est essentiellement représentée au Cadre noir de Saumur. La pratique de l'équitation a évolué vers le sport et les loisirs, en s'ouvrant au grand public. Elle s'est très nettement démocratisée à la fin du , avec une forte hausse du nombre de cavaliers, en particulier des jeunes et des femmes. L'enseignement de l'équitation sport-loisir en France repose sur l'existence de plus de centres équestres, qui mettent des chevaux dressés à la disposition du public. Leur implantation est soutenue par l'État français grâce à un taux de TVA réduit de 2004 à 2013. Fin 2013, cavaliers et professionnels du secteur protestent contre la hausse de TVA sur leur activité.

Les 2,3 millions de cavaliers français, professionnels ou occasionnels, appartiennent majoritairement à la classe moyenne et pratiquent par goût du contact avec la nature. L'équitation emploie environ . Les disciplines représentées en France sont très variées, du concours complet d'équitation au horse-ball en passant par l'endurance codifiée en France, mais près de 80 % des compétitions sont en saut d'obstacles. La France est le premier organisateur mondial de compétitions équestres affiliées à la Fédération équestre internationale, et la première destination de tourisme équestre. De nombreux cavaliers professionnels français obtiennent des médailles. Pierre Jonquères d'Oriola reste le plus titré en saut d'obstacles, Michel Robert ou encore Alexandra Ledermann ont accumulé des titres. Le concours complet compte des champions comme Jean-Lou Bigot, Jean Teulère et Nicolas Touzaint. La France est également l'une des meilleures nations d'endurance équestre. Le domaine du spectacle s'est fait connaître grâce à des artistes comme Bartabas, fondateur de l'Académie du spectacle équestre de Versailles.

Plusieurs organismes officiels travaillent sur l'équitation, notamment la Fédération française d'équitation qui décerne les diplômes appelés « Galops », la Société hippique française, le Groupement hippique national pour les centres équestres et l'Institut français du cheval et de l'équitation, créé en 2010 par la fusion des haras nationaux et de l'École nationale d'équitation. Malgré l'existence de nombreux titres de presse spécialisée et de la chaîne de télévision spécialisée Equidia, l'équitation reste confidentielle dans les médias. Elle a toutefois bénéficié d'importantes campagnes de communication de la Fédération française d'équitation, en reprenant le slogan enfantin « Le cheval c'est trop génial ».

Histoire

Tradition militaire et savante vignette|alt=Portrait de profil d'un notable du en perruque.|François Robichon de La Guérinière, le « père de l'équitation française ».

L'histoire de l'équitation française est presque exclusivement « militaire et savante ». Restée très sommaire jusqu'au , notamment chez les Gaulois et les Romains, l'équitation connaît un essor avec la société des chevaliers, grâce à l'arrivée de l'étrier et de selles plus adaptées. L'introduction des armes à feu mettant un terme à la domination de la cavalerie lourde au , elle devient savante au début du , sous l'impulsion des Italiens. Il s'agit de demander au cheval les mouvements qui permettent de « se débarrasser de la piétaille ». Salomon de La Broue et Antoine de Pluvinel sont les précurseurs de l'équitation de tradition française. La méthode du premier est connue grâce à son ouvrage Le cavalerice français (1602). La pratique des assouplissements du cheval et du travail aux piquets permet au cavalier de pratiquer des airs relevés et des airs au-dessus du sol. L'apprentissage de l'équitation constitue un véritable rite de passage pour la Noblesse française. François Robichon de La Guérinière est considéré comme le « père de l'équitation française », son influence dépassant largement les frontières du pays puisque l'École espagnole de Vienne est issue de son enseignement.

L'héritage de La Guérinière est remis en cause au milieu du , quand l'équitation de cour montre ses limites face à l'équitation militaire. Les écoles de cavalerie militaires, notamment celles de Paris et de Saumur, enseignent la monte à cheval dans un but exclusivement guerrier, pour former la cavalerie. La Révolution française entraîne leur suppression. À partir de 1825, l'histoire de l'équitation à la française se confond avec l'école de cavalerie de Saumur, futur Cadre noir. Deux grands écuyers, le vicomte d'Aure et François Baucher, opposent leurs principes qui seront finalement réunis dans la doctrine du général Alexis L'Hotte, et sa célèbre devise : « Calme, en avant et droit ». Jusqu'en 1945, le cheval n'est envisagé, à l'école de Saumur, que comme un animal militaire. Ces pratiques équestres militaires et savantes perdurent jusqu'au , mais la société française se tourne entre-temps largement vers le sport et les loisirs, qui permettent de nouveaux débouchés pour l'équitation. La mission conservatoire en faveur de l'équitation de tradition française se matérialise par la mission de formation du Cadre noir de Saumur, et la création de l'École nationale d'équitation en 1972.

En dehors de toute tradition d'enseignement, la pratique de l'équitation ou de l'attelage est quotidienne pour de très nombreux Français avant la motorisation des transports. Le découpage des départements, en 1790, permet en principe à tout Français de se rendre à la préfecture de son département en moins d'une journée de chevalAurélien Fayet et Michelle Fayet, L'histoire de France : Des origines à nos jours, éditions Eyrolles, 2009, , p. 200.

Développement de l'équitation sportive et du sport hippique vignette|alt=Photo de loin de six chevaux en pleine course de trot dans un virage sur une piste cendrée d'un hippodrome.|Course de trot monté à l'hippodrome de Vincennes. Les prémices de l'équitation sportive en France coïncident avec le développement des courses hippiques et du steeple-chase depuis l'Angleterre. Si le principe des courses de chevaux est connu de longue date, il faut attendre la fin du pour que les courses à l'anglaise soient introduites en France, et la fin du siècle suivant pour qu'elles soient codifiées. Ce sport est alors essentiellement réservé à l'élite sociale. En 1865, la Société hippique française est créée pour améliorer l'élevage des chevaux de course Pur-sang. Le voit la démocratisation de l'hippisme, qui devient un sport populaire. Le PMU est créé en 1931 et le tiercé en 1954. Toutefois, c'est l'attrait du jeu plutôt que l'amour du cheval qui attire le public des sports hippiques.

Par le biais des militaires, l'équitation sportive se développe. Les entraînements de la cavalerie comportent des courses d'obstacles. Les premiers raids équestres d'endurance sont une création militaire, tout comme le parcours du cheval d'armes, qui deviendra le concours complet d'équitation. Les règlements s'organisent avec l'intégration des trois sports équestres olympiques (saut d'obstacles, dressage et concours complet) à Stockholm en 1912. La France rejoint la Fédération équestre internationale et crée en son sein la Fédération française des sports équestres (FFSE) en 1921. Elle fonctionne avec la Société hippique française en faveur de l'organisation de l'équitation dans le pays jusqu'en 1943, puis devient autonome. Les cavaleries militaires ayant perdu leur rôle, des ligues régionales d'équitation se créent peu à peu en France, pour promouvoir la monte à cheval dans le civil. Dès 1933, les Haras nationaux pressentent l’intérêt de soutenir le développement d'une équitation civile et promeuvent des sociétés hippiques rurales et urbaines. La FFSE est rattachée au ministère de la jeunesse et des sports et devient le seul organisme habilité à gérer les sports équestres en France. Les anciens cavaliers militaires, privés de leur rôle dans l'armée, deviennent pour beaucoup des enseignants d'équitation dans le civil. Jusqu'aux années 1950, l'équitation française reste très élitiste et réservée à une minorité de privilégiés, dans l'objectif de former des cavaliers de sport.

La démilitarisation de l'équitation est perceptible par le passage du Cadre noir de Saumur au civil en 1969. Il est lui aussi rattaché au Ministère des Sports. C'est également à la fin des années 1960 que les derniers enseignants d'équitation civile issus de formations militaires prennent leur retraite, et laissent place à une nouvelle génération de cavaliers issus du civil. Le basculement a pris environ vingt-cinq ans, soit une génération.

Ouverture au grand public gauche|vignette|alt=4 cavalières de face en randonnée équestre sur un chemin de terre, le au centre étant de robe blanche.|La randonnée équestre, comme ici en Bretagne, est symptomatique du basculement de l'équitation vers les activités de loisir. Dès les années 1960, de nouveaux cavaliers extérieurs au monde militaire se mettent à la recherche de loisirs proches de la nature et de contacts avec le cheval, pour une autre finalité que le sport. En 1963, l'Association nationale pour le tourisme équestre est créée de manière autonome avec l'aide des haras nationaux, pour répondre à la recherche des sports-loisir de plein air. Le nombre de cavaliers en France connaît une progression spectaculaire, passant de après la Seconde Guerre mondiale à en 2001, dont sont licenciés de la Fédération française d'équitation. L'arrivée de ces nouveaux pratiquants bouleverse le paysage équestre, en introduisant une nouvelle culture et un nouveau rapport à l'animal. Des pratiques équestres exotiques ou méprisées par les cavaliers militaires classiques se développent.

La randonnée équestre, et surtout le tourisme à cheval, permet, dès les années 1950, d'organiser ses vacances pour y pratiquer l'équitation. Avant toute structuration, des loueurs d'équidés peu scrupuleux se multiplient dans les régions touristiques, dans des conditions de respect animal insuffisantes. L'équitation sur poney, qui s'impose sous l'influence des anglo-saxons, rapproche les enfants du monde du cheval dès leur plus jeune âge. Les poneys font partie intégrante du programme des classes vertes dès les années 1970, le Poney Club de France étant créé en 1971 avec le concours des Haras. La monte à cheval fait son entrée en milieu scolaire. Cette tendance est significative de la démocratisation de cette pratiqueL'Express, numéros 1068 à 1081, Presse-Union, 1972, . En 1965 sont créés les premiers diplômes d'État en équitation. Les années 1970 voient un rapprochement entre les différents organismes d'équitation en France. En 1999, une réforme fond définitivement les trois entités gérant l'équitation sur poney, le tourisme équestre et les sports équestres dans la seule Fédération française d'équitation (FFE).

Les pratiques équestres deviennent plus ludiques (pony-games), à l'image du horse-ball, codifié en France en 1978. Des équitations exotiques comme l'équitation western et la doma vaquera, entre autres, font des émules et créent une demande en chevaux de selle plus maniables et plus typés que les animaux réformés des courses, qui forment la quasi-totalité de la cavalerie d'enseignement des centres équestres. Les centres équestres se développent à destination des particuliers, en permettant à toute personne d'approcher des chevaux et d'apprendre comment les monter et les soigner. De même, le développement des gîtes d'étapes et des fermes équestres permet aux particuliers de pratiquer l'équitation en dehors de tout encadrement fédéral, les cavaliers indépendants estimés à la fin du affectionnant les randonnées en solitaire.