vignette|301x301px|Basilique Saint-Augustin à Annaba. Le christianisme est introduit en Algérie au cours de l'époque romaine. Son influence connait un certain déclin durant les invasions vandales et se renforce durant la période byzantine, puis tend à disparaitre progressivement après la conquête musulmane du Maghreb au Deeb, Mary Jane. "Religious minorities" Algeria (Country Study). Federal Research Division, Library of Congress; Helen Chapan Metz, ed. December 1993. This article incorporates text from this source, which is in the public domain...

L'Afrique du Nord est principalement musulmane : l'islam est la religion d'État en Algérie, en Libye et au Maroc. Bien que la loi garantisse la liberté de culte, celle-ci est limitée par l'interdiction du prosélytisme.

Le christianisme, aujourd'hui ultraminoritaire en Algérie, se divise entre une Église catholique discrète et tolérée par les autorités, et des Églises évangéliques en plein essor mais confrontées à la répression.

Les convertis au christianisme peuvent, en effet, faire l'objet d'enquête et de poursuites de la part des autorités ., la liberté de culte étant pourtant inscrite dans la Constitution. Bien que le nombre d'adeptes soit bas en Algérie, des églises construites durant la période coloniale existent encore. Il semble, cependant, que le nombre de conversions au christianisme soit en augmentation ces dernières années. Il y avait 0,2 % de chrétiens en Algérie en 2009. L'ONU décompte alors catholiques romains et entre et dans le pays.

Il est arrivé qu'ils soient attaqués en raison de leurs croyances. En 1996, Pierre Claverie, évêque d'Oran, est assassiné par des terroristes. Ce meurtre s'est déroulé peu de temps après celui des moines de Tibéhirine et de six religieuses. Cette période est communément appelée la décennie noire, durant laquelle entre et ont perdu la vie.

Christianisme avant la conquête arabe vignette|266x266px|Ruines d’Hippone. Au loin, la basilique Saint-Augustin. Du temps de la Province d'Afrique (de -146 à +435 environ), dès l'âge apostolique (Ier siècle), l'Algérie est christianisée : christianisme primitif, christianisme en Afrique romaine, christianisme au Maghreb d'époque romaine, à partir de Carthage.

Augustin d'Hippone (354-430, Saint-Augustin, Père de l'Église, Docteur de l'Église) est réputé pour ses ouvrages (De la Trinité, La Cité de Dieu, Confessions) et ses combats contre les hérésies, le donatisme majoritaire, puis le pélagianisme (Concile de Carthage (418)). C'est un des fleurons de la littérature latine d'Afrique romaine.

La persécution des chrétiens dans la Rome antique est active également en Afrique du Nord. Un exemple en est Robba (religieuse donatiste) (384-434).

Différents royaumes berbères, certains au moins partiellement christianisés, se partagent les territoires, dont : royaume du Ouarsenis (430-535), royaume de l'Aurès (484-703), royaume d'Altava (578-708). Le royaume des Maures et des Romains (429-578), globalement de Berbères romanisés, se réfère à l'Empire byzantin. Le royaume vandale (435-534) amène l'arianisme sur une large bande côtière (de la Numidie) et dans l'ancienne province d'Afrique (proconsulaire), territoires carthaginois compris, ce qui entraîne des conflits avec certaines populations berbères trinitaires. La préfecture du prétoire d'Afrique (534-591), puis l'exarchat de Carthage (591-698) rétablissent un christianisme trinitaire.

Avec la conquête musulmane du Maghreb (647-709), suivie d'arabisation et d'islamisation, sur deux générations, les tensions théologiques chrétiennes sont résolues pour longtemps en Algérie (comme au Maroc, en Tunisie, Libye et Égypte).

Les saints d'Algérie

Saint Maximilien de Théveste, né vers 274 et mort vers 295 ap. J.-C., jeune chrétien et martyr numide. Il refusa de servir dans l'armée pendant l'occupation romaine en Numidie. En l’an 295, Maximilianus a été appelé à servir dans les légions romaines à l’âge de 21 ans, en tant que fils d’un ancien soldat dans l'armée romaine. Il aurait toutefois déclaré au proconsul Dion Cassius que ses convictions religieuses lui interdisaient de porter les armes. Comme il persistait dans son refus, le proconsul le fit décapiter. Il est reconnu comme martyr par l'Église sous le nom Sanctus Maximilianus et considéré comme le premier objecteur de conscience de l'histoire. Il est fêté le 12 mars.

Sainte Crispine de Théveste, sainte martyrisée à Tébessa (Théveste) (ou Thagaste) en 304 par Caius Annius Anullinus, originaire de Thagora. Lors de la persécution de Dioclétien, le décret parut en 304 prescrit à tous les habitants de « sacrifier et faire des libations aux dieux romains », sous peine de mort en cas de refus. Crispine appartient à une famille sénatoriale, d'après Augustin d'Hippone, elle est mariée et a des enfants. Crispine est arrêtée et interrogée par le proconsul Caius Annius Anullinus. Celui-ci lui demande de sacrifier aux dieux romains. Elle lui répond « je n'ai jamais sacrifié et je ne sacrifierai pas, sinon au Dieu unique et vrai et à notre Seigneur Jésus-Christ, son Fils, qui est né et a souffert ». Furieux, le proconsul lui intime l'ordre de sacrifier à ses dieux, elle refuse, et le proconsul, furieux, la condamne à mort. Elle est décapitée par l'épée. Elle est fêtée le 5 décembre. Ce même jour, d'autres martyrs de la même ville sont également fêtés dans l'Église catholique.

Sainte Marcienne de Césarée : née à la fin du IIIe siècle à Rusuccuru (aujourd’hui Dellys) et morte martyre vers 303 à Césarée de Maurétanie (aujourd’hui Cherchell), est une jeune femme berbère convertie au christianisme et fêtée le 11 juillet par l’Église catholique.

Saint Optat de Milève : mort avant 397, est l'auteur du Traité contre les donatistes rédigé en partie sous le règne de Valens et de Valentinien (vers 364-367) et achevé sous le règne de Théodose (vers 385). Le nom d'Optat fut inscrit au martyrologe romain lors de la révision effectuée sous Grégoire XIII : Martyrologium romanum, ad diem IV Junii (4 juin) : Mileui in Numidia sancti Optati episcopi doctrina et sanctitate conspicui.

Sainte Monique d'Hippone : née en c. 332 à Thagaste dans l'Empire romain (aujourd'hui Souk Ahras en Algérie) et décédée en 387 à Ostie (aujourd'hui en Italie), est une chrétienne d'origine berbère. Son fils, Augustin, un des plus grands théologiens chrétiens, lui a rendu un vibrant hommage, particulièrement dans ses Confessions, ouvrage qui reste la principale source d'information biographique à son sujet. Reconnue sainte par l'Église catholique romaine et l'Église orthodoxe, elle est fêtée le 27 août, veille de la fête de son fils. Toutefois, dans l'ancien rite tridentin ancien jusque dans les missels de 1962, et en Wallonie, elle est fêtée le 4 mai.

Saint Augustin d'Hippone : il naît en 354 en Algérie et meurt en 430 en Algérie également. Très jeune il possède une prodigieuse culture philosophique. Sa conversion au christianisme le conduit à rédiger sa biographie qui représentera une des plus grandes œuvres de la littérature mondiale. Plus tard, professeur à Milan, il sera définitivement converti au christianisme et il sera baptisé. . À partir d'un moment il se consacre entièrement à la vie apostolique comme prêtre puis comme évêque d'HipponeJacques Duquesne et , La Vie des saints, Presses de la Renaissance, 2005, ... De nos jours, Saint Augustin est reconnu comme une figure religieuse en Algérie, et comme un écrivain de l'histoire et du patrimoine de l'Algérie, même si ses écrits sont en latin.

Saint Pétilien de Cirta est évêque de Cirta après 394 jusqu'en 411. Né vers 365 à Cirta en Numidie impériale et mort après 419, il est l'une des principales figures du mouvement donatiste et opposant d'Augustin d'Hippone.

Saint Possidius de Calame : est évêque de Calama en royaume de Numidie (actuelle Guelma en l'Algérie) au . Il a été disciple et biographe d'Augustin d'Hippone. C'est un saint chrétien fêté le 17 mai. Possidius a été membre de la communauté monastique d'Augustin à Hippone, avec Alypius. Vers 397, il est élu évêque de Calame. Là, il fait face à l’opposition des donatistes. Il est choisi avec Alypius et Augustin pour représenter les évêques orthodoxes à la conférence de Carthage avec les donatistes en 411.

Saint Alypius de Thagaste : né à Thagaste en Numidie (aujourd’hui Souk Ahras en Algérie) vers 360, et mort vers 430, a été évêque de Thagaste de 395 jusqu’à sa mort. Contemporain d'Augustin d'Hippone, il a aussi été l’un de ses plus proches amis. C'est un saint de l'Église catholique romaine dont la fête est célébrée le 15 août.centré|vignette|330x330px|Naissance de Jésus dans un livre catholique kabyle.

Christianisme après la conquête arabe Généralement, on considère que la conquête arabe a mis fin au christianisme en Algérie pour plusieurs siècles.. L'analyse classique est que l'église a manqué, à cette époque, d'un monachisme fort et souffrait toujours d'hérésies comme le donatisme The Disappearance of Christianity from North Africa in the Wake of the Rise of Islam C. J. Speel, II Church History, Vol. 29, No. 4 (Dec., 1960), pp. 379-397.. On lui oppose souvent le cas de l'Église copte égyptienne qui possédait une forte tradition de monachisme qui lui permit de rester majoritaire jusqu'au .

Cependant, un nouveau courant contredit cette idée. Il s'appuie sur des preuves d'existence de communautés chrétiennes entre la Tripolitaine et le Maroc plusieurs siècles après l'achèvement de la conquête arabe. On retrouve l'une d'entre elles à Qal'a dans le centre de l'Algérie vers 1114. On trouve également des preuves de pèlerinages religieux, après 850, sur des tombeaux de saints chrétiens situés à l'extérieur de la ville de Carthage, ainsi que des indices de contacts avec les chrétiens de l'Al-Andalus (Espagne musulmane).

L'islam s'impose progressivement en quelques siècles, non par la contrainte directe, mais les chrétiens se voient attribuer le statut de dhimmi. Selon l'historien Michel Pierre, le basculement vers l'islam a également été facilité par « la présence de pratiques similaires dans les deux religions, comme les rites agraires ou le culte des saints ». Le christianisme s'étiole ainsi lentement avant de disparaître vers le .

Le christianisme local est mis sous pression avec l'avènement des Almoravides et des Almohades. Une lettre des archives catholiques datant du montre qu'il existait encore quatre évêques en Afrique du Nord à cette période, chiffre largement en baisse face aux 400 recensés avant l'invasion THE LAST CHRISTIANS OF NORTH-WEST AFRICA:SOME LESSONS FOR ORTHODOX TODAY..

Sérapion d'Alger (1179-1240) est un martyr chrétien, d'origine irlandaise ou écossaise, religieux de l'Ordre de Notre-Dame-de-la-Merci (Mercédaires) chargé de négocier le rachat des chrétiens tenus en esclavage. Sous la Régence d'Alger (1516-1830), la traite des esclaves de Barbarie est régulée à partir de la création des Échelles du Levant, à la suite des capitulations entre François et Soliman le Magnifique en 1536.

Sous l'Algérie coloniale (1830-1962) vignette|267x267px|Basilique Notre Dame d'Afrique à Alger.

L'Église chrétienne est réintroduite en Algérie après la conquête française avec la création du diocèse d'Alger en 1838 (devenu archidiocèse d'Alger en 1866) et du consistoire protestant d'Alger en 1839. Le prosélytisme à destination de la population musulmane est dans un premier temps strictement interdit. Plus tard, l'interdiction est moins vigoureuse, mais peu de conversions ont lieu.