Albert Crémieux, né le dans le de Paris, mort le à Neuilly-sur-Seine, est un intellectuel français d’origine juive, historien, codirecteur des éditions Rieder (1913-1932), directeur de la revue Europe (1924-1932), éducateur et directeur d'école.
Éléments biographiques
Avant la Première Guerre
Né Isaac Albert Crémieux, le dans le de Paris, Albert Crémieux est le fils d’Abraham CrémieuxAbraham est le frère de Fernand Crémieux (1857-1928), avocat, député puis sénateur du Gard. (1854-1894) et Régine CarcassonneAaron Carcassonne, le grand-père paternel de Régine, est cousin d’Adolphe Crémieux.
Les familles Crémieux et Carcassonne sont des familles juives, descendants des juifs du pape du Comtat Venaissin, mais Albert est élevé en dehors de toute préoccupation religieuse. Il reçoit en conséquence une formation humaniste et laïque. Albert Crémieux habite à Nîmes jusqu’au décès de son père, en 1894, puis à Paris où il fait ses études secondaires au lycée Janson-de-Sailly. À partir de 1902, il poursuit des études d’histoire à la Sorbonne. À cette époque, il fait deux rencontres déterminantes : Jean-Richard Bloch qu’il rencontre à la Sorbonne et avec qui il se lia d’une profonde amitié, et Charles Péguy grâce à ses beaux-frères Émile et Henri BoivinValentine Noémie, la sœur aînée d'Albert, se marie à Paris le , avec Charles Henry Boivin. Émile Felix Boivin est le jeune frère de Charles Henry.. Ces deux rencontres le poussent à participer plus directement à la vie intellectuelle de son époque. En 1908, il est reçu à l’agrégation et en 1911 soutient sa thèse (docteur ès lettres)« La Révolution de février, étude critique. Les journées des 21, 22, 23 et 24 février », dirigée par Charles Seignobos.
Il se marie le , à Paris, avec sa cousine Suzanne CarcassonneSuzanne, née le dans le de Paris, est la fille d'Eugène Aaron Carcassonne (1856–1917), le frère de la mère Régine d'Albert Crémieux, et de Rebecca Angèle née Rouf (1867–1917). Elle meurt le 22 octobre 1961 dans le de Paris.. Ils n'auront pas d'enfants.
En 1911, il entre, grâce à Pierre Caron, dans la société d’édition « Édouard Cornély & », qui en , cède son fonds à l’un de ses principaux employés, Frédéric Rieder (1875-1933). Pierre Caron et Albert Crémieux deviennent les directeurs éditoriaux de la « Librairie F. Rieder & ». Albert Crémieux fait alors publier par la librairie la revue de Jean-Richard Bloch, L’Effort libre.
Première Guerre
En 1914, Albert Crémieux est mobilisé ainsi que son frère cadet LucienSous-Lieutenant au régiment d'artillerie de campagne, Lucien Crémieux est mort pour la France le 23 octobre 1914, à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, des suites de ses blessures de guerre. Il est blessé en 1915, reçoit deux citations et est décoré de la Médaille militaire. Il est libéré à l'armistice avec le grade de Sous-Lieutenant (il sera promu au grade de lieutenant de réserve en 1926), et est nommé chevalier de la Légion d'honneur, à titre militaire, en 1930.
Albert Crémieux sort du conflit profondément pacifiste et s’enthousiasme pour la révolution russe.
Entre les deux Guerres
Il s'installe à la place Saint-Michel à Paris.
Il devient, avec Jean-Richard Bloch, jusqu'en 1932, le codirecteur des éditions Rieder.
En 1918, il reprend ses fonctions à la librairie, qui publie, entre autres, de nombreux auteurs de gauche et pacifistes. Il s’entoure de Jean-Richard Bloch et Léon Bazalgette, directeurs de collection.
En 1922, malgré les difficultés, il participe à la création de la revue EuropeVoir, Revue Mensuelle Numéro 16, 15 avril 1924. Crémieux, Albert; Arcos, René; Colin, Paul, éditeurs. F. Rieder et , Éditeurs, Paris, 1924. Incluant des contributions de Stefan Zweig, Henri Barbusse et Romain Rolland., inspirée par Romain Rolland. Le premier numéro paraît le . Il y collabore régulièrement. Les problèmes que pose le secrétariat de rédaction de René Arcos et Paul Colin l’obligent à devenir le directeur de la revue en .
Il crée une collection Judaïsme, dont Edmond Fleg devient un des directeurs.
En 1927, sa fonction est vivement contestée par Romain Rolland qui critique le contenu de la revue. N’arrivant pas à imposer son autorité, il en laisse alors la direction effective à Jacques Robertfrance puis à Jean Guéhenno.
Dans le même temps, les difficultés commerciales de la maison d’édition l’obligent à partager la direction avec de nouveaux associés, avant de leur céder la totalité de la librairie en 1932.
En , il quitte la direction d’Europe, dans l’indifférence générale, et perd de vue Jean-Richard Bloch.
Ruiné, il part avec son épouse à Autouillet, où Suzanne Crémieux possède une maison, seul bien laissé par leurs créanciers.
Il fonde, en collaboration avec sa femme Suzanne, un cours privé à Autouillet. Pendant la guerre, protégé par la bienveillance des villageois, il poursuit ses activités sous le nom de Croet. Son école accueille alors des réfugiés et des enfants de résistants.
Après la Seconde Guerre
Élu maire d’Autouillet en 1945, il abandonne ses fonctions en 1946.
En 1948, à la demande de Suzanne Aron, il devient le premier directeur de l'École Yabné. L'enseignement juif qui lui est étranger, est dirigé successivement par Simon Blau et le rabbin Adrien Guttel, qui lui succédera à la direction de l'école, après son décès en 1954.
Il meurt le au 50 avenue du Roule à Neuilly-sur-Seine, en Île-de-France.
Bibliographie
Œuvres d'Albert Crémieux
La Révolution de Février. Étude critique. Les journées des 21, 22, 23 et , Paris, Librairie Édouard Cornély et , coll. « Bibliothèque d’histoire moderne », , 1912Thèse pour le doctorat ès-lettres présentée à la Faculté des lettres de l'Université de Paris. La censure en 1820 et 1821 sur la presse politique et la résistance libérale, Librairie Édouard Cornély et , coll. « Bibliothèque d’histoire moderne », , 1912 Daubigny par Jean Laran ; avec la collaboration d'Albert Crémieux , 1923. La Révolution de 1848, dans Histoire des révolutions, de Cromwell à Franco, Gallimard, 1938.
Sources Biographie d'Albert Crémieux sur le Maitron Dictionnaire BiographiqueVoir, site Maitron-en-ligne, par Marie-Cécile BoujuMaîtresse de conférences en histoire contemporaine, Université Paris 8 Un beau visage à tous sens, choix de lettres de Romain Rolland, Cahier Romain Rolland , Albin Michel, 1967.
Notes et références
Liens externes
Catégorie:Étudiant de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne Catégorie:Agrégé d'histoire Catégorie:Personnalité liée à l'éducation en France Catégorie:Éditeur français du XXe siècle Catégorie:Collaborateur de la revue Europe Catégorie:Maire de Seine-et-Oise Catégorie:Famille Crémieux Catégorie:Naissance en avril 1885 Catégorie:Naissance dans le 17e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en août 1954 Catégorie:Décès à Neuilly-sur-Seine Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1930 Catégorie:Décès à 69 ans Catégorie:Décès dans le département de la Seine