Maurice-Élie Sarthou, né à Bayonne le et mort à Paris le Relevé des fichiers de l'Insee, est un peintre français, appartenant à la Nouvelle École de ParisLydia Harambourg, Dictionnaire des peintres - L’École de Paris 1945-1965, Ides et Calendes, 1993 ; Raymond Nacenta, École de Paris, son histoire, son époque, Seghers, 1960 ; Raymond Cogniat, L'Art international contemporain - L'Art contemporain en France et l'Ecole de Paris - Art et industrie - Paris - 1958..
Biographie Orphelin à la suite de la mort de son père au cours de la Première Guerre mondiale, le jeune Maurice-Élie est élevé par sa mère et son grand-père à Montpellier. Après le lycée, en 1927, il obtient l’autorisation d’entrer aux Beaux-Arts de la ville à condition de préparer architecture. Au bout d’un an, il persuade les siens de le laisser étudier à l’atelier de peinture. Il suit dans un premier temps une formation à l’École des Beaux-Arts de Montpellier ; puis en 1930, boursier de la ville de Montpellier en tant que pupille de la Nation, il entre aux Beaux-Arts de Paris.
En 1934, naissance de Francine, sa fille. Pour gagner sa vie, il se présente au professorat de dessin. Il est nommé à Bastia, puis en 1937 à Bordeaux. En 1939, 1940 et 1941, il fait la guerre dans les transmissions.
En 1943, il devient membre de la Société des artistes indépendants bordelais qui organise régulièrement des expositions d’artistes parisiens (Roger Bissière, André Lhote, Charles Walch, etc.) ; cela a sur lui une influence positive ; l’émulation artistique lui permet d’affirmer encore plus intensément son style. En 1948, il rencontre l’écrivain Raymond Guérin qui lui fait connaître Maurice Toesca, Marcel Arland et, plus tard, Jean Paulhan. Il illustre en 1950 une plaquette de Raymond Guérin Fragment testamentaire.
En 1949, il est choisi par Jacques Lassaigne, venu présider à Bordeaux la sélection régionale du prix de la jeune peinture. Il obtient le prix Drouant, soit la première mention du prix (quatrième prix sur plus de 90 concurrents, dont Lagrange, Lapoujade, Rebeyrolle, également mentionnés). Dans le jury figure Gaston Diehl qui l’a remarqué et l’invite au Salon de mai dont il est le fondateur. C’est la première manifestation de Sarthou auprès du public parisien avec deux toiles : Nature morte et Fenêtre ouverte. Il participera à ce salon jusqu’en 1963.
Il s’installe à Paris en 1950, où il est nommé professeur de dessin au lycée Henri-IV, ce qui lui permet d’exposer dans les salons de la capitale et d’être davantage reconnu.
À partir de 1950, autour de Jean Paulhan, se réunissent aux arènes de Lutèce, le dimanche matin, pour jouer aux boules : Maurice Toesca, Jérôme Lindon, Yves Berger, Claude Simon, André Bay, Marcel Jouhandeau, Sarthou.
François Desnoyer, qu’il a rencontré en 1951 au Salon de mai, le présente au marchand parisien Marcel Guiot, avec qui une relation d’amitié s’instaure ; à partir de 1955, Sarthou expose très régulièrement ses nouvelles œuvres dans la galerie de Marcel Guiot à laquelle il restera fidèle. Ceci n’empêche pas de nombreuses autres expositions particulières en France et à l’étranger. Au cours du temps, de nombreux musées, en France et à l’étranger, ainsi que d’autres institutions (conseil régional du Languedoc-Roussillon, Maisons de la culture, etc.) lui consacrent des expositions rétrospectives.
Il participe également à de nombreux salons : Salon de mai ; Salon d’automne qui fait un Hommage à Sarthou en 1979 ; Salon comparaisons ; Les peintres témoins de leur temps ; Le groupe des 109 ; Les Grands Prix de la Biennale de Menton ; La Biennale des Yvelines, etc. Enfin, il présente ses œuvres dans de nombreuses expositions de groupe.
En 1952, après son arrivée à Paris, il délaisse la côte basque et le bassin d’Arcachon (1937-1950) au profit du Languedoc et de la Provence. Il se fixe à Sète.
En 1956, il fait le portrait d’André Chamson pour Les Peintres témoins de leur temps.
En 1958, il abandonne le professorat de dessin pour ne se consacrer qu’à sa peinture.
En 1961, Jean-Albert Cartier organise une exposition « Dix peintres français autour de Jacques Villon » au Palais de la Méditerranée à Nice ; à cette occasion, Jean Paulhan écrit pour Sarthou une préface. Cette exposition sera présentée notamment au musée des beaux-arts de Nancy, à Tours et au Luxembourg.
En 1962, l’éditeur Jacques Vialetay lui demande d’illustrer Lou Biou de Folco de Baroncelli-Javon. Il exécute à Reims, dans l’atelier du maître verrier Simon deux vitraux pour l’église de Bouchevilliers, dont l’un, dans l’abside, voisine avec un vitrail de Jacques Villon.
En 1964, il sympathise avec le photographe Lucien Clergue, rencontré à Arles. Les deux couples, Lucien et sa femme Yolande, Sarthou et Dora, resteront amis jusqu’au décès de Sarthou en 1999 et de Dora en 2002. À Arles, il fait la connaissance de Michel Tournier qui écrira sur lui plusieurs textes dont une préface pour l’exposition à la Galerie Findlay à New York en 1974.
En 1966, il illustre Regards sur la merÉditions Vialetay. de Paul Valéry ; Agathe Rouart-Valéry présente le livre de son père par un avant-propos. À la demande de la Société normande des amis du livre, il illustre en 1967 Le Bateau ivre d’Arthur Rimbaud.
En 1972, le , débute le tournage du film pour FR3 Toulouse Sarthou ou le peintre des éléments sur une idée de Marc Alyn et de Madeleine Attal, réalisation de Josée Dayan.
En 1976, il fait partie de la délégation française pour l’exposition itinérante au Japon « Sélection du Salon d’automne de Paris “Maîtres contemporains” - Exposition Nika-Kai ». Son voyage en avion par le pôle lui inspire un nouveau thème : la banquise.
En 1977, à l’inauguration du Centre Georges-Pompidou, est exposé au cabinet des dessins un des lavis préparatoires pour sa toile Les Dunes (1971), acquise par l’État.
En 1981 est édité le livre d'art L'Épervier de Maheux, de Jean Carrière, prix Goncourt, illustré de reproductions en double page de 30 gouaches originales de Sarthou.
Maurice-Élie Sarthou réalise une peinture sensorielle ; il est à la charnière de la figuration et de l’abstraction.
Pierre Georgel, dans la préface de l’exposition Sarthou au musée Paul-Valéry à Sète en 1973, écrit :
Sarthou meurt à 88 ans en 1999 ; il est enterré au cimetière marin de Sète. Dora, son épouse, morte à Sète le , repose auprès de lui.
L'œuvre Sarthou a réalisé plus de peintures à l'huile, près de 900 aquarelles, gouaches, lavis, dessins et pastels, plus de 100 lithographies, des livres illustrés, des tapisseries, des vitraux et des décorations murales. Les objets de sa représentation sont essentiellement les quatre éléments naturels : l’eau, la terre, le feu et le ciel. Mais son art est une synthèse entre son approche visuelle et son expérience intérieure. Cette « réalité transposée », selon son expression, le place, parmi la Nouvelle École de Paris, dans le mouvement de la « figuration allusive » et le rapproche de l’abstraction lyrique. Caractérisé par la sensibilité à la lumière et l’affirmation de la couleur, son style s’apparente ainsi au « tachisme gestuel », comme l’a écrit Pierre Georgel dans la préface de l’exposition Sarthou au Musée Paul Valéry à Sète en 1973Sarthou, Sète, Musée Paul Valéry, 1973, p. 14.
Prix et distinctions En 1949, Sarthou obtient le prix Drouant à Paris ; en 1953, le second prix Bührle à Zürich ; un an après, le deuxième prix du Dôme à Paris, décerné par un jury composé uniquement de peintres : Jacques Villon, François Desnoyer, André Lhote, Edouard Pignon, Gustave Singier, Roger Chastel, etc. Puis, en 1955, le prix de la Critique à Paris lui est attribué ainsi qu'à Raoul Pradier et, en 1957, le Premier prix de la ville de Menton à la Biennale ; par la suite, en 1980, le Premier Grand Prix de la Biennale internationale de Mérignac et, en 1985, le Grand prix de l’Orangerie du château de Versailles.
Décorations
Musées Les œuvres de Sarthou sont présentes dans de nombreux musées et institutions, notamment dans le Fonds national d'art contemporain à Paris-La Défense, au musée national d'Art moderne, au musée d'art moderne de la ville de Paris, à la Bibliothèque nationale de France à Paris, au Musée national d’histoire et d’art du Luxembourg, au musée d'art et d'histoire de Genève, à la Stanford University à San Francisco, au Museum of the Princeton University, au Cincinnati Art Museum, au Musée de Sofia, au musée Fabre à Montpellier, au musée Toulouse-Lautrec à Albi, au musée Réattu à Arles et au musée Paul-Valéry à Sète.
Expositions Expositions rétrospectives 1968 - Musée Fabre - Montpellier - 44 œuvres exposées 1969 - Musée Réattu - Ancien Grand Prieuré de Malte - Arles - 80 œuvres exposées 1969 - Centre culturel - Toulouse - 30 œuvres exposées 1971 - Centre culturel - Salle des fêtes de l’Hôtel de Ville - La Seyne-sur-Mer - 70 œuvres exposées 1973 - Musée Paul-Valéry - Sète - 90 œuvres exposées 1974 - Centre culturel - Salle du Septier - Salon de Provence - 61 œuvres exposées 1976 - Galerie d’art municipale - Théâtre municipal - Esch-sur-Alzette - Luxembourg - 28 œuvres exposées 1978 - Centre culturel - Foyer du Théâtre municipal - Esch-sur-Alzette - Luxembourg - 70 œuvres exposées 1978 - Musée du Bastion Saint-André - Antibes - 40 œuvres exposées 1981 - Musée Toulouse-Lautrec - Albi - 61 œuvres exposées 1983 - Galerie d’Art Municipale - Théâtre municipal - Esch-sur-Alzette - Luxembourg - 38 œuvres exposées 1985 - Château de Vascœuil - Centre Régional d’art et de culture - Vascœuil - 99 œuvres exposées 1985 - Musée des Beaux-Arts - Dijon - 62 œuvres exposées 1986 - Maison de la Culture André-Malraux - Bourges - 55 œuvres exposées 1987 - Fondation Soulac-Médoc - Musée d’Art et d’Archéologie - Soulac-sur-Mer - 69 œuvres exposées 1988 - Musée Paul Valéry - Sète - 65 œuvres exposées 1993 - Fondation Charles Cante - Mérignac - 65 œuvres exposées 1995 - Espace Molière - Agde - 33 œuvres exposées 1996 - Espace Languedoc-Roussillon - Hôtel de Région - Montpellier - 35 œuvres exposées 1998 - Städtische Galerie im Rathausfletz - Neuburg an der Donau - Allemagne - 20 œuvres exposées 1999/2000 - Le Théâtre - Scène nationale de Narbonne - Narbonne - 26 œuvres exposées 2007 - Chapelle des Jésuites - Nîmes - 27 œuvres exposées 2008 - Foyer des Campagnes - Poussan - 38 œuvres exposées 2013 - Musée Toulouse-Lautrec - Albi - 69 œuvres exposéesCatalogue de l'exposition « M.-E. SARTHOU Paysages d'eau », édité par le musée Toulouse-Lautrec en septembre 2013. 2014 - Musée Fabre - Montpellier - 51 œuvres exposées 2026 - Städtische Galerie im Rathausfletz - Neuburg an der Donau - Allemagne - 60 œuvres exposées - Collection privée- www.sarthou.de
Expositions particulières Plus de 100 expositions particulières, dont : 1955, 1956, 1957, 1959, 1960, 1962, 1964, 1966, 1969, 1973, 1974, 1977, 1979 et 1985 - Galerie Guiot - Paris 1958 - Galerie Colline - Oran 1959 et 1966 - Galerie Art et Décoration - Montpellier 1960 et 1968 - Galerie La Gravure - Lausanne 1961, 1966, 1972 et 1988 - Galerie Léandro - Genève 1964 - Galerie Paul Bruck - Luxembourg 1965 - Galerie Zu Predigern - Zürich 1966 - Exposition pour la sortie de Regards sur la mer de Paul Valéry - Galerie des Éditions Vialetay - Paris 1966 et 1975 - Galeria Marcos Castillo - Caracas 1967 - Galerie Emile Walter - New York, Cleveland, St Louis, Baltimore 1967 et 1982 - Galerie du Fleuve - Bordeaux 1969 et 1971 - Millioud Gallery - Houston - Texas 1969 et 1974 - Galerie David Findlay - New York 1970 et 1973 - Galerie Simone Boudet - Toulouse 1971 - L’enfance Sétoise de Paul Valéry (1871 - 1884) - Musée Paul-Valéry - Sète 1972 et 1976 - La Galerie - Nîmes 1975 - Galerie Saint Michel - Luxembourg 1976, 1978 et 1983 - Konstsalong - Vasastadens - Galery “Exhibit Center” - Göteborg 1979, 1984 et 1986 - Galerie Protée - Toulouse 1979 - Galleri Victoria - Oslo