L’abbaye de Chassagne est une ancienne abbaye cistercienne, fondée au par des cisterciens de l'abbaye de Saint-Sulpice, et qui était située sur le territoire de l'actuelle commune de Crans, dans le département de l'Ain.

Toponymie et localisation Il est courant, dans le vocable des grands défrichements médiévaux, de rappeler, dans le toponyme d'un champ, d'un village ou un monastère, la nature des arbres coupés pour l'établir. En l'occurrence, fait référence au chêne..

L'abbaye est située dans une combe donnant vers l'ouest, à environ deux kilomètres et demi du village de Crans, sur le ruisseau dit , au sud-est du plateau des Dombes..

Histoire Fondation Dès 1145, il est fait mention de la grange cistercienne de Chassagne, dont le terrain a été offert aux moines de Saint-Sulpice par Étienne II de Villars, malade et qui souhaitait que les religieux prient pour lui...

Mais il était évident pour le sire de Villars que ce don appelait la construction d'une abbaye. Parti en croisade en 1147, il en revient quelques années plus tard et constate que la construction de l'abbaye n'a pas commencé. De rage, il envoie ses troupes qui brûlent grange et récoltes. La paix n'est effective entre l'abbé de Saint-Sulpice et Étienne qu'en 1158. À cette date, le sire de Villars fait amende honorable, approuvée par l'archevêque de Lyon Héraclius de Montboissier, ce qui pousse l'abbé à accomplir sa promesse. La première pierre de l'abbaye de Chassagne est posée le jour de la Toussaint 1162. Le site comprenait entre autres une forêt et un étang..

Au Moyen Âge L'abbaye achevée, Étienne II s'y fit enterrer à sa mort en 1186. L'abbaye, cependant, ne se développe pas beaucoup, ne fondant aucune abbaye fille et ne comptant qu'un petit nombre de moines.

Aux , une importante charge échoit à l'abbaye. Le pont de la Guillotière, situé à Lyon, est alors construit en bois. Par mesure de sécurité et de durabilité, l'archevêque de Lyon, Pierre de Savoie, avait ordonné en 1308 sa construction en pierre par les religieux de l'abbaye d'Hautecombe, ainsi que la gestion de l'Hôtel-Dieu. Mais ceux-ci, pressentant l'énormité de la tâche, demandent à ceux de la Chassagne de les remplacer, ce qui est fait le . Très rapidement, les cisterciens sont ruinés par le chantier ; ils demandent à la ville de Lyon de reprendre le chantier du pont et ne conservent que l'hôpital..

La commende Comme l'immense majorité des abbayes européennes, celle de Chassagne tombe en commende à la Renaissance. Son déclin est alors irrémédiable. Au Frédéric Marchand écrit à ce propos :

Elle est reconstruite sous l'abbatiat d'Henri des Essarts de Mignieux, en 1677. Mais le déclin est fort avancé à cette période, l'abbaye ne comptant plus que de trois à cinq moines jusqu'en 1789. L'évêque de Belley de Quincey souhaite en 1767-1768 la réunir à sa maison-mère de Saint-Sulpice, à des fins d'enrichissement personnel, mais ce projet n'aboutit pas..

L'abbaye après la Révolution Les moines (alors au nombre de cinq : Antoine Sauvaire, prieur ; Clément Jacquin ; Étienne Jullien de Villeneuve ; Jacques et Anet Dupraz de Vertamy) sont chassés en , contre la promesse non tenue d'une compensation financière. Les bâtiments sont vendus comme bien national le , acquis par le sieur Montessuy de Chalamont, et très rapidement partiellement détruits. La forêt (trois cents hectares) est également saisie et vendue..

Architecture et description

Il subsiste actuellement : le moulin l'hôtellerie bâtie au la chapelle Sainte-Catherine (datant du ) a été transformée en habitation le portail de l'église est transporté à Meximieux où il est placé à l'entrée de la chapelle des pénitents ; une statue en bois de Marie de Magdala est apportée à l'église de Loyes.

Filiation et dépendances Chassagne est fille de l'abbaye de Saint-Sulpice.

Abbés

Jean des Essarts actif en 1666Archives de la ville de Paris, cote: 6 AZ 1548 Transaction entre Pierre des Essarts, seigneur de Guisigny, et Jeanne de Joigny, son épouse, d’une part, et Jean des Essarts, abbé de l’abbaye de Chassagne-en-Bresse d’autre part, pour mettre fin au procès pendant en Parlement au sujet de la succession de Charles des Essarts, marquis de Meigneux. 2 février 1666

Notes et références

Voir aussi Articles connexes

Bibliographie

Catégorie:Abbaye dans l'Ain Catégorie:Abbaye cistercienne en France Catégorie:Abbaye du Moyen Âge Catégorie:Abbaye fondée dans la décennie 1160 Catégorie:Fondation en 1162 Catégorie:Monument détruit dans l'Ain Catégorie:Monument dans la Dombes Catégorie:Crans (Ain)