Philippe Marie Picard, né à Neuvy-le-Roi (Indre-et-Loire) le et mort à Saint-Benoît-la-Forêt (Indre-et-Loire) le , est un peintre français.

Biographie Jeunesse

Philippe Marie Picard est né place du Mai à Neuvy-le-Roi. Il est le fils d'Albert Picard, ingénieur agronome, régisseur du domaine de la Donneterie et des fermes modèles de Platé et de Thoriau appartenant à la famille Armand Moisant puis à la famille Savey. La famille Picard est originaire de la Creuse. Marie Lehoux, mère de Philippe Marie, est d'une famille originaire de Touraine. Philippe Marie est le cinquième de sept enfants.

Après des études au Lycée Descartes à Tours, il entre dans l'atelier du sculpteur François Sicard. Il est ensuite admis à l'École supérieure des beaux-arts de Tours de 1932 à 1934, où il est l'élève de Maurice Mathurin.

En 1935, il entre à l'École nationale supérieure des beaux-arts à Paris dans l'atelier de Lucien Simon, puis en 1936-1938 dans l'atelier de Fernand Sabatté, et enfin début 1939 dans celui de Charles Guérin. Entretemps, il fait son service militaire entre et , et trois mois après il est mobilisé et envoyé dans l'Est de la France, puis démobilisé à Perpignan le .

En 1936, il habite rue Visconti à Paris, au rez-de-chaussée en fond de cour, près de l'École des beaux-arts, puis, en 1938, au du quai Saint-Michel à Paris.

Les débuts De retour à Paris, il expose pour la première fois en 1941 à la galerie Else Clausen, rue des Beaux-Arts, avec Gatien, Gaubert et Vernageau. Dans la revue Beaux-Arts du , on peut lire sous la plume de Raymond Willy de Cazenave . Il exposera dans la même galerie jusqu'en 1945. Il travaille dans son petit atelier parisien au du quai des Grands-Augustins, qu'il avait échangé contre celui du avec Jean Vilar.

Refusé au Salon d'automne de 1942, il décide avec un groupe de peintres, dont Michel Ciry et Luigi Corbellini, de se réunir galerie parisienne de Jean Pascaud, boulevard Haussmann, sous le titre Exposition d'Automne, Groupe indépendant. Cette exposition connut un certain succès cité dans la biographie de Jocelyn Mercier, Ph.M. Picard, R.P.M.P, 49, quai des grands Augustins, Paris , Imprimerie Jean Lemercier à Longué, 1990..

Sur le carton d'invitation du de la galerie Clausen, Georges Turpin écrit :

Il expose au Salon d'automne de 1944. Dans un article signé Charles Kunstler on peut lire : Il expose au Salon d'Automne jusqu'en 1965« Flânerie au salon d'Automne », dans Minerve , 13 octobre 1945..

Philippe Marie Picard expose ensuite à la galerie Henriette Valot, rue de Vaugirard, avec Mathurin et Charles Picart Le Doux.

Il expose au Salon des indépendants de 1945 où la ville de Paris lui achète une première toile. Il expose ensuite régulièrement au Salon des indépendants jusqu'en 1989.

En 1946, il expose pour la première fois à Stockholm. À la fin de la même année, il est remarqué par Youki Desnos et expose galerie Fontan, boulevard Saint-Germain à Paris.

En 1947 et 1948, il participe à une exposition collective à la Marquié Gallery, West, 57th street à New York, sous le titre : École de Paris – Paintings, avec Eugène Boudin, Jean-Baptiste Corot, Georges Braque, André Lhote, Élisée Maclet, Camille Pissarro et Le douanier Rousseau.

Il effectue un voyage en Suède d'octobre à . Ce sera son seul voyage à l'étranger. En attendant que ses toiles soient dédouanées, il peint plusieurs portraits, puis prépare une exposition avant de rentrer en France. Par la suite il fait plusieurs expositions importantes en Suède.

En 1952, il expose galerie Heyrène, boulevard Haussmann à Paris, avec Michel-Marie Poulain et Gerard Sekoto. Michel Déon écrit dans la revue Opéra :

Les années de maturité Il continue d'exposer en Suède, en Allemagne, en Suisse, au Venezuela, au Liban, en Espagne, au Mexique, à Montréal. En 1959, à l'occasion d'une exposition à la galerie Claude Lévin, rue du Mont-Thabor à Paris, Pierre-Christian Taittinger, membre de la commission des Beaux-arts, lui remet la médaille d'argent de la ville de Paris. En 1960, il est remarqué par Alexander Watt à l'occasion d'une exposition à Auvers-sur-Oise : « Paris Commentary », revue Studio, 166 Fleet Street, Londres, octobre 1960.

En 1975, Picard quitte l'atelier quai des Grands Augustins pour s'installer définitivement au port d'Ablevois à La Chapelle-sur-Loire, dans une maison de la famille. Il expose alors à Chinon, Ingrandes-de-Touraine, Bourgueil, avec quelques excursions à Paris.

En 1982 il est invité d'honneur au Salon de Bourgueil où il expose onze toiles et aquarelles. En 1993, il réalise l'affiche du Salon de la carte postale à Saumur.

Il meurt des suites d'une longue maladie à l'hôpital de Saint-Benoît-la-Forêt, quelques jours après son admission.

Le Salon des indépendants lui rend un hommage en 1997. Une exposition posthume est organisée à la galerie Tia Boucher à Migennes en 2005, ainsi qu'à la galerie 104 rue de la Tour à Paris, du au .

De faux tableaux portant une signature fantaisiste apparaissent sur e-bay de 2008 à 2012 jusqu'à l'intervention de la Répression des fraudes à la demande de la famille du peintre.

Vie familiale Il rencontre l'artiste peintre Louise de Laire d'Espagny à l'École supérieure des beaux-arts de Tours. Ils se marient le et ont trois enfants. Louise d'Espagny expose au Salon des beaux-arts de Tours en 1937, mais abandonne la peinture peu après. Ils divorcent en 1945. Picard se remarie le avec Rolande RatChef du standard téléphonique des usines Renault, née à Sully-sur-Loire en 1910, morte à la maison de retraite de Bourgueil en 1997.. Il reste très attaché à sa famille et à ses amis de l'École des beaux-arts dont il suivra la carrière toute sa vie : Pierre Bressoud professeur à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, l'architecte Julien Farges, Jean Gatien, Roland Gaubert, Jacques Gaulme, Jacques Jansen, l'illustrateur Marcel Tillard, Max Vernageau, Pierre Vignac, professeur à l'École supérieure des beaux-arts de Tours. Il aide les jeunes peintres : Gerard Sekoto arrivant d'Afrique du Sud sans parler français et avec lequel il expose dans plusieurs galeries, l'espagnol Pedro Flores García qu'il aide à rédiger son courrier.

Œuvre Dans les années 1940, Picard peint des portraits et des natures mortes réalistes dont il cerne les contours d'un trait noir. Dans les années 1950, son art devient plus expressionniste. Vers 1970, il se tourne vers une semi abstraction, puis vers une peinture très colorée héritée du fauvisme. Dans les années 1980, il se consacre à l'aquarelle.

Principales expositions individuelles 1950, Stockholm, exposition de 32 toiles 1953, Galerie Rålambshov, Stockholm, exposition rétrospective 41 toiles 1959, Galerie Paul Levin, 9 rue du Mont-Thabor, Paris : 21 toiles 1960, Hostellerie du Nord, Auvers-sur-Oise 1966, Raspail peintures, 205 Boulevard Raspail, Paris 1969, Aux Armes de Bretagne, 80 Avenue du Maine, Paris : 24 toiles 1973, Caracas, Venezuela 1978, la Brocante, Abloux, Saint-Gilles, Indre : 45 toiles 1980, Galerie Chevreuse, 125 Boulevard du Montparnasse, Paris 1980, Maison de la culture, Skillingaryd, Suède : 23 toiles et 2 aquarelles 1981 et 1985, Salon de coiffure Crausier, 35 rue de Bordeaux, Tours : 15 toiles 1986, pavillon Charles X, parc de la Perraudière, Saint-Cyr-sur-Loire : Cinquante ans de peinture, 102 toiles et aquarelles. 1990, l'Atelier, 9 rue Toussaint, Angers : 18 peintures et 20 aquarelles 1991, Maison de retraite, Bourgueil : 28 toiles et 10 aquarelles 1992, chapelle Sainte-Catherine, Fontevraud-l'Abbaye : 27 toiles et 10 aquarelles 1993, Atelier 25, 25 rue Jean-Jacques-Rousseau, Chinon : 27 toiles et 10 aquarelles 1994, centrale nucléaire de Chinon

Expositions posthumes 1997, Exposition rétrospective au Salon des Indépendants 2005, Exposition rétrospective, Galerie Tia, Migennes 2006, Hommage rendu, Caveau Louis VII sous le théâtre, Villeneuve-sur-Yonne

Œuvres dans les collections publiques

Agen, préfecture du Lot-et-Garonne : Fleurs, 1958Ministère de l'Éducation nationale, Direction générale des Arts et des Lettres, 53 rue Saint-Dominique, Paris , lettre du 16 février 1959 signée du Chef du Bureau des Travaux d'art : "Fleurs", peinture exposée au Salon d'Automne. CORA, peinture déposée à Agen, préfecture du Lot-et-Garonne ; Colmar, préfecture du Haut-Rhin : Nature morte à la lampe, 1957Ministère de l'Éducation nationale, Direction générale des Arts et des Lettres, lettre du 9 mai 1957, signée Goutal, Chef du Bureau des Travaux d'art : Nature morte à la lampe". CDOA, peinture déposée à Colmar, préfecture du Haut-Rhin. ; Modane, mairie : La Carafe bleue, 1952Ministère de l'Éducation nationale, Direction générale des Arts et des Lettres, lettre du 24 septembre 1952, signée Goutal, Chef du Bureau des Travaux d'art : La Carafe bleue, exposée à la galerie Herene. CDOA (Catalogue interministériel des Dépôts d'Œuvres d'Art de l'État), peinture déposée à la mairie de Modane en Savoie (culture.gouv.fr). ; Paris : ministère du Commerce : Le Moulin, paysage, 1956Ministère de l'Éducation nationale, Direction générale des Arts et des Lettres, lettre du 26 juin 1956, signée Goutal, Chef du Bureau des Travaux d'art : Le Moulin-paysage. CORA, peinture exposée à Paris, au ministère des PME, du Commerce et de l'Artisanat ; Petit Palais : Nature morte, 1945Peinture exposée au musée des beaux-arts de la ville de Paris : Liste manuscrite des achats de la Ville de Paris écrite de la main du peintre (). ; localisation inconnue à Paris : Moulin sur la Cheuille, 1959Direction des Beaux-Arts et de l'Architecture, lettre signée Massie, directeur-adjoint des Beaux-Arts, lettre du 23 novembre 1959 : Moulin sur la Cheuille, peinture exposée au Salon d'Automne ; Bonny-sur-Loire, 1963Direction des Beaux-Arts, de la Jeunesse et des Sports, 17, Boulevard Morland, Paris , lettre du 13 décembre 1963, signée Massie, Directeur-Adjoint des Beaux-arts : Bonny-sur-Loire, peinture exposée au Salon de l'APSAP (Atelier de la Préfecture de la Seine et de l'Assistance publique, 15 rue de la Bûcherie) ; Paysage d'automne, 1965Direction des Beaux-Arts, de la Jeunesse et des Sports, 17, boulevard Morland, lettre du 30 novembre 1965, signée Dabidour, sous-directeur des Beaux-Arts : Paysage d'automne, peinture exposée au Salon de l'APSAP ; Le Jardin de Ris-Orangis, 1967Direction des Beaux-Arts, de la Jeunesse et des Sports, 17, Boulevard Morland, lettre du 6 novembre 1967, signée Debidour, Sous-Directeur des Beaux-Arts : Le Jardin de Ris, peinture exposée au Salon de l'atelier de la Bûcherie ;

Localisation inconnue en France : Nature morte, 1947Ministère de l'Éducation nationale, Direction générale des Arts et des Lettres, 53-55 rue Saint-Dominique, Paris , lettre du 24 avril 1947, signée du directeur de l'Enseignement et de la Production artistique : Nature morte ; Ma fenêtre, 1955Ministère de l'Éducation nationale, Direction générale des Arts et des Lettres, lettre du mars 1955, signée Goutal, Chef du Bureau des Travaux d'art : Ma fenêtre..

Récompenses 1959, médaille d'argent de la ville de Paris ; 1980, prix de la ville de Chinon ; 1985, prix de la Rabelaisienne à Chinon ; 1987, prix de la ville de Chinon.

Notes et références

Annexes Bibliographie Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, éditions Gründ, Paris, 1999 Jean Monneret, Les Artistes indépendants, L'histoire du salon des Indépendants 1884-1984, tome II, 1985, Pierre Sanchez, Dictionnaire du Salon d'Automne, t. III, 2006, , Pierre Sanchez, Dictionnaire des Indépendants, t. III, 2008, , Jocelyn Mercier,  Ph. M. Picard, 1990 .

Liens externes

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