L'église Saint-Quentin est une église catholique paroissiale située à Valmondois, dans le Val-d'Oise, en France. Elle a été construite à partir du début du dans le style gothique, en commençant par le chœur qui se composait initialement de trois vaisseaux de largeur différente, mais de hauteur identique. Cette partie est voûtée sur croisées d'ogives, qui retombent sur des colonnettes aux chapiteaux d'un décor sculpté varié, représentatif de l'architecture d'Île-de-France pendant la seconde moitié du règne de Philippe Auguste. La nef devait être construite suivant les mêmes principes, mais les paroissiens ne sont pas parvenus à réunir les moyens nécessaires, et l'on se contenta d'édifier une nef provisoire non voûtée, qui est étonnement courte. Sa partie occidentale a probablement disparu. Cette nef d'une facture très simple n'a finalement jamais été remplacée, et représente aujourd'hui dans la région l'un des derniers spécimens du type le plus modeste de la nef gothique. Au début du , quand Charles de Villiers de L'Isle-Adam est seigneur de Valmondois, le collatéral nord du chœur est remplacé par une chapelle assez basse de deux travées. Ce sont les clés de voûte pendantes de ses voûtes à liernes et tiercerons qui font la célébrité de l'église de Valmondois. Alors que le bas-côté appartiennent au style gothique flamboyant, la sculpture des clés de voûte est influencée par la Renaissance italienne. Elles présentent des statuettes d'Apôtres et de saints, ainsi que des chérubins, des écussons et des arrangements de feuillages. Le chœur et le bas-côté nord ont été inscrits monument historique par arrêté du ..

Localisation

L'église se situe dans le département français du Val-d'Oise, dans le parc naturel régional du Vexin français, au centre de la commune de Valmondois, près de la vallée de l'Oise. Valmondois est un village-rue semi-rural dans la vallée du Sausseron, traversé de long en large par la Grande-Rue (RD 151). L'église se situe au milieu du centre du village, sur la Grande-Rue, un peu avant la mairie en venant depuis la gare de Valmondois ou la vallée de l'Oise. Un parvis engazonné sépare la façade méridionale de l'église de la rue ; s'y trouve également le monument aux morts de la commune. Le chevet donne sur le chemin du Moulin sous l'Église. On ne peut pas faire le tour de l'édifice, car les autres élévations donnent sur des propriétés privées.

Historique thumb|upright|left|Le patron de l'église a participé à l'évangélisation du Vexin.

Les origines de l'église se perdent dans le temps. Il paraît qu'elle a toujours été placée sous le vocable de saint Quentin, compagnon de saint Lucien de Beauvais pendant la seconde moitié du , évangélisateur et martyr. Quand le seigneur Adam de Valmondois la donne à l'abbaye Saint-Martin de Pontoise en 1093, ce n'est sans doute qu'une chapelle. Le don, qui est susceptible de n'être qu'une restitution d'anciens biens ecclésiastiques motivée par la réforme grégorienne, s'accompagne des dîmes liées à l'église, du cimetière et de deux arpents de prés et de bois, pour édifier un prieuré. Valmondois est donc à la fois église paroissiale et prieurale. Curé et prieuré se partagent la grosse dîme de la paroisse. Les menues dîmes reviennent au curé pour un tiers et au prieuré pour les deux autres tiers. Sous tout l'Ancien Régime, la paroisse dépend de l'archidiaconé du Vexin français de l'archidiocèse de Rouen. C'est apparemment la paroisse la plus éloignée du siège épiscopal. La limite d'avec le diocèse de Beauvais dont fait partie Nesles-la-Vallée est matérialisée par le Sausseron et se situe donc à la limite nord-est du village. Le prieuré a disparu depuis longtemps. Au début du , il n'est plus qu'un simple bénéfice, c'est-à-dire qu'il n'y a plus d'autres moines que le prieur, qui ne réside plus obligatoirement sur place. Les bâtiments du prieuré sont certainement déjà transformés en ferme à cette époque. L'on a souvent supposé que la ferme faisant face au chevet de l'église corresponde à l'ancien prieuré, mais Louis Régnier affirme qu'elle a toujours été séparée de l'église par une rue. En effet, à de très rares exceptions près, les prieurés sont toujours contigüs aux églises au Moyen Âge afin que les moines bénéficient d'un accès direct. Il est donc plus probable que le prieuré était située à l'ouest de l'église. Sa suppression remonte au , mais il n'est pas certain qu'elle soit liée à la Révolution française..

La construction de l'église actuelle, qui remplace vraisemblablement une église romane, commence au début du par le chœur, financé conformément à la coutume par les gros décimateurs, en l'occurrence le curé et le prieuré. Des pierres de réserve visibles à l'ouest et des faisceaux de colonnettes tournés vers la nef témoignent du projet de continuer la construction par une nef de hauteur identique. Mais les paroissiens ne parviennent pas à réunir les fonds nécessaires, et une nef de caractère provisoire est édifiée vers 1230 / 1240. Pour Louis Régnier, il paraît évident que la nef était plus longue à l'origine, car une nef aussi courte qu'actuellement semble inconcevable. L'on ignore toutefois quand et dans quelles circonstances la première travée a disparu. La consécration de l'église n'a lieu que très tardivement, le , par Robert Clément, évêque in partibus d', et auxiliaire de l'archevêque de Rouen. Cette date fait penser que l'église aurait été partiellement détruite pendant la guerre de Cent Ans, mais Louis Régnier affirme qu'il n'y a pas de trace d'une telle reconstruction. Pendant le premier quart du , le seigneur Charles de Villiers de L'Isle-Adam, évêque de Limoges, fait remplacer le collatéral nord du chœur par une chapelle d'une superficie équivalente, mais nettement plus basse. Elle se caractérise par les clés de voûte pendantes richement sculptées. Le blason du seigneur figure sur la clé de voûte centrale de la seconde travée (d'or, au chef d'azur chargé d'un dextrochère vêtu d'hermine, au manipule du même brochant). Sachant qu'il donne la seigneurie à son neveu à la mode de Bretagne Anne de Montmorency en 1527, la construction doit être terminée avant cette date.. Le chœur et le bas-côté nord ont été inscrits monument historique par arrêté du . thumb|Plan de l'église.

Après la Révolution française et la création du département de Seine-et-Oise, la paroisse de Valmondois est rattachée au nouveau diocèse de Versailles qui correspond exactement au territoire du département. Dans le contexte de la refonte des départements d'Île-de-France, le nouveau diocèse de Pontoise est érigé en 1966, et Valmondois en fait partie à l'instar de toutes les autres paroisses du département. Le diocèse de Versailles se limite désormais au seul département des Yvelines. La paroisse de Valmondois fait aujourd'hui partie du « secteur pastoral du Sausseron », soit huit villages à l'est du plateau du Vexin : Arronville, Frouville, Hédouville, Labbeville, Menouville, Nesles-la-Vallée, Valmondois, Vallangoujard. Le curé réside à Nesles-la-Vallée. Des messes dominicales anticipées sont célébrées chaque samedi soir dans l'église Saint-Quentin de Valmondois, ce qui mérite d'être signalé car la plupart des petites églises du Vexin ne sont plus utilisées régulièrement pour le culte.

Description Aperçu général

Irrégulièrement orientée nord-ouest - sud-est, l'église ne possède pas de façade occidentale. L'on y accède par le portail latéral du bas-côté sud, qui donne en réalité sur le sud-ouest. Le plan de l'église est très simple. Elle se compose d'une courte nef de deux travées accompagnée de bas-côtés ; ainsi que d'un chœur au chevet plat de pareille longueur, et flanqué de deux collatéraux. La sacristie a été ajoutée au nord de la première travée du bas-côté nord. Le petit clocher de charpente se dresse à cheval sur le toit du chœur. Nef et chœur forment des entités bien distinctes. Plus basse que le chœur, la nef et les bas-côtés ne sont pas voûtés, mais recouverts par des fausses voûtes en berceau de plâtre. L'architecture est à l'intérieur de la même simplicité que le suggère la façade. Le chœur se présente tout au contraire dans un style gothique très élégant. Nettement plus élevé que la nef, il date du début du et est entièrement voûté d'ogives. Son collatéral nord a été construit au milieu du en tant que chapelle seigneuriale. C'est la partie la plus récente de l'église, et également la plus intéressante grâce à ses voûtes à liernes et tiercerons dont les clés de voûte pendantes de la forme de petits édicules garnis de statuettes.

Intérieur Nef et bas-côtés thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Bas-côté sud, grandes arcades.

En franchissant la porte, il faut descendre plusieurs marches pour entrer dans l'église. Il paraît inhabituel que l'on se retrouve face à un pilier : la porte a été percée au milieu du mur avec des fenêtres de part et d'autre, mais la subdivision ne porte que sur deux travées. La nef communique avec les bas-côtés par des arcades en tiers-point dépourvues de colonnettes, de chapiteaux et même d'impostes, mais néanmoins moulurées du côté de la nef. Ce n'est pas le cas vers les bas-côtés, où les arêtes des arcades sont simplement chanfreinées, et où l'on a même appliqué des contreforts aux piliers qui séparent les deux arcades. Depuis les bas-côtés, on ne voit pas non plus que les arcades sont constituées de deux rangs de claveaux. L'arête du rang de claveaux supérieur y est également chanfreinée, et les claveaux sont agrémentés d'une gorge entre deux baguettes. La nef a fait l'objet d'une restauration générale à la fin du , et les grandes arcades ont été rajeunies à cette occasion..

À une époque plus reculée, les murs des bas-côtés ont été rehaussés, et auparavant, les glacis qui amortissent les contreforts des piliers de la nef ne devaient pas être visibles. Les bas-côtés devaient être recouverts par de simples plafonds, et il se peut que les parois extérieures étaient primitivement en bois. En tout cas, les actuelles fenêtres en plein cintre ne sont pas antérieures au milieu du . Bas-côtés et nef sont recouverts ensemble par une toiture unique à deux rampants, ce qui devait aussi être le cas à l'origine. Construite à l'économique car destinée à ne pas durer, la nef de Saint-Quentin reprend plusieurs caractéristiques des nefs-granges romanes, dont des exemples existent toujours dans le Vexin français. De telles nefs datant de la période gothique sont devenues très rares, et celles qui subsistent ont été remaniées ou voûtées. L'ancienne nef de l'église Saint-Pierre-aux-Liens d'Osny ressemblait beaucoup à celle de Valmondois, sauf qu'elle était plus longue. Dans sa simplicité, la nef de l'église Saint-Quentin est donc un intéressant témoin de l'histoire de l'architecture religieuse.

En 1813, l'ancien plafond était très abîmé, et la nef et ses bas-côtés ont été dotés de fausses voûtes en berceau, qui sont formées par des lattes recouvertes de plâtre. Des bandeaux moulurés à la naissance des voûtes, ainsi que des bandeaux dans le goût du Classicisme sur la ligne de faîte et à l'intersection entre les travées, donnent un peu de noblesse à ces voûtes économiques. La hauteur du plafond de la nef surprend quelque peu, car elle atteint presque le niveau du chœur, alors qu'à l'extérieur, sa toiture marque une nette différence de hauteur. Louis Régnier estime que la nef a elle aussi été surhaussée. Des fenêtres hautes bouchées demeurent par ailleurs visibles dans les combles des bas-côtés, et leur forme indique qu'elles sont très postérieures à la construction de la nef. Pendant un certain temps, les bas-côtés devaient donc posséder des toits en appentis indépendants afin de laisser entrer le jour par ces baies.