Le chemin de fer d'Achiet à Bapaume et Marcoing a fonctionné entre 1871 et 1969, dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais.

Elle faisait partie des lignes secondaires de chemin de fer à du Nord-Pas-de-Calais – Picardie ; les quatre autres sont : Pont-de-la-Deûle à Pont-à-Marcq ; Boisleux à Marquion ; Vélu-Bertincourt à Saint-Quentin ; Roisel à Hargicourt.

La ligne est successivement exploitée par : la « Compagnie du Chemin de fer d'Achiet à Bapaume » (AB)Action au porteur de cent Francs de la Compagnie du Chemin de fer d Achiet à Bapaume, de 1871 à 1930 ; la Compagnie générale de voies ferrées d'intérêt local (CGL), entre 1930 et 1961 ; la Régie des transports du Pas-de-Calais, jusqu'en 1969Fédération des amis des chemins de fer secondaires ; un G.I.E. Exploitation Ferroviaire de Bapaume, de 1969 à 1999, regroupant sept entreprises pour l'exploitation du tronçon Achiet – Bapaume.

La ligne

Les origines Cette ligne faisait ainsi partie d’un ensemble privé de quatre lignes (et autant de compagnies) connectées entre elles par des gares d’échanges (comme Quéant, Frémicourt ou Vélu-Bertincourt). La ligne de chemin de fer d'Achiet à Bapaume et Marcoing, ouverte en 1871 et de 33 km de long, La ligne de chemin de fer de Boisleux à Marquion, ouverte en 1878 et de 26 km de long, La ligne de chemin de fer de Vélu-Bertincourt à Saint Quentin, ouverte en 1879 et de 52 km de long, La ligne de chemin de fer de Marquion à Cambrai, ouverte en 1897 et de 20 km de long.

C'est la plus ancienne de ces lignes secondaires, qui fut concédée en 1866 à MM. Edouard Arrachard, propriétaire et fabricant de produits chimiques, Edouard Grardel , propriétaire et fabricant de toiles, et Florimond Parel, banquier, pour relier au réseau du Nord la ville de Bapaume. La déclaration d’utilité publique intervint deux ans plus tard, et la Compagnie du Chemin de fer d’Achiet à Bapaume (A.B.) ouvrit cette courte antenne (7 km) le 8 mai 1871. En 1874 et 75, la compagnie obtint la concession d’un prolongement de sa ligne dans le département du Nord jusqu’à Marcoing. Cette extension fut ouverte en deux sections, le 1er décembre 1877 de Bapaume à Havrincourt 18 km (limite départementale), puis le 10 mars 1878 d’Havrincourt à Marcoing (8 km).

Sur la ligne Achiet-Bapaume sont mis en place des embranchements spéciaux pour desservir d'importantes industries, comme la sucrerie Lejosne à Bihucourt ou les usines Gagny à Bapaume. Dans un département principalement agricole et sucrier, les lignes d'intérêt local permettent un développement spectaculaire de la culture de la betterave ou du lin.

La ligne faisait parie de l’ensemble privé à voie normale (écartement entre les rails de ) le plus grand de la région Nord-Pas-de-Calais. Sa longueur était de 33 km de voie.

Les dates d'ouvertures sont les suivantes : le , du tronçon Achiet - Bapaume : () ; le , du tronçon Bapaume - Havrincourt : (), limite du Pas-de-Calais ; fermeture en 1969. le , du tronçon Havrincourt - Marcoing : (), département du Nord ; fermeture en 1969.

Le centre du réseau était situé à Bapaume, où se trouvaient les ateliers et le dépôt du matériel roulant.

Déclin et fermeture

Tracé

Gares Achiet (km 0) ; Bihucourt (km 3), arrêt ; Biefvillers (km 5), arrêt ; Bapaume (km 7) ; Frémicourt (km 12), halte ; Beugny (km 14) ; Vélu (km 17) ; Hermies (km 21) ; Havrincourt (km 25) ; Flesquières - Ribécourt (km 28) ; Marcoing (km 33).

Gares de jonction Gare d'Achiet, avec la Compagnie des chemins de fer du Nord : la ligne de Paris-Nord à Lille Entre la gare de Bapaume et Frémicourt, raccordement vers Quéant (par Vaulx-Vraucourt et Noreuil), pour atteindre la ligne de Boisleux à Marquion Gare de Vélu, avec le chemin de fer de Vélu-Bertincourt à Saint-Quentin Gare de Marcoing, avec la Compagnie des chemins de fer du Nord : lignes de Saint-Just-en-Chaussée à Cambrai et de Marcoing à Masnières

Matériel roulant

Les locomotives à vapeur et , non identifiées livrées en 1871 pour l’ouverture d’Achiet – Bapaume ; à 5, locomotives de , Type 030t, livrées en 1876 par Ernest Goüin et Cie ; une 030 T Cail en 1888 ; Quelques autres machines, neuves ou d’occasion, furent encore mises en service dans l’entre deux guerres ; une 030 T La Meuse livrée neuve en 1921 ; Au lendemain de la seconde guerre mondiale, trois 030T du War Department qui avaient suivi l’armée britannique sur le continent européen lors des opérations de 1944-45, furent rachetées par le département du Pas-de-Calais aux surplus militaires. Ces machines, dites « Austerity » en raison de leur construction strictement économique, présentaient une allure typiquement britannique avec leurs cylindres intérieurs et leur soute à eau « saddle-tank » à cheval sur la chaudière ; Deux d’entre elles furent affectées à Achiet – Bapaume ( et 512).

Les locotracteurs Diesel Après cet appoint assez insolite, la compagnie C.G.L. décida de moderniser son parc moteur par la construction de trois locotracteurs de type 030 dans ses ateliers de Bapaume. Construits en partant d’un châssis de locomotive à vapeur, munis d’un moteur diesel Willème de 200 ch et d’une transmission mécanique avec accouplement des essieux par bielles, ces engins s’apparentaient à ceux réalisés à la même époque aux ateliers de Lumbres pour les réseaux à voie métrique. Les deux premiers furent construits en 1948, et affectés aux lignes de Bapaume et de Marquion ( et 32), où la régie du Pas-de-Calais les renumérota 1 et 2 à partir de 1961. En 1961, la régie du Pas-de-Calais racheta aux aciéries Sollac le locotracteur à bogies BB-202, construit aux ateliers C.F.D. de Montmirail en 1954. Cet engin à bogies et à cabine centrale était muni de deux moteurs Willème de 180 ch chacun, avec boîte de vitesses Asynchro et essieux accouplés par bielles. Il fut renuméroté 3. Après la dissolution de la régie, les C.F.D. le rachetèrent et l’affectèrent à leur réseau du Morvan, à Autun. Après la reprise de la ligne Epehy – St Quentin par la régie de l’Aisne, celle-ci mit en service en 1956 et 58 deux locotracteurs à bogies BB-401 et 402 d’un modèle quasiment identique, également construits par C.F.D. Montmirail mais munis de deux moteurs Poyaud de 207 ch. Plusieurs établissements industriels embranchés sur Achiet – Bapaume ont possédé leurs propres engins à moteurs : le groupement d’intérêts économiques, qui a repris l’exploitation de la ligne, avait acquis en 1974 le locotracteur Y-7021 de la SNCF, reconditionné par les ateliers C.F.D. de Montmirail avec un moteur Baudouin de 340 ch ; La sucrerie de Bihucourt utilisait autrefois une 030T allemande Orenstein & Koppel puis une 020T « saddle-tank » britannique Bagnall ; elle possède aujourd’hui un locotracteur Moyse ; Les ateliers de réparation S.A.R.I. procurent aujourd’hui l’essentiel de l’activité de la ligne ; ils possèdent un locotracteur C.E.M.-Fauvet-Girel de 300 ch et deux Moyse.

Les autorails Le matériel automoteur mis en service dans la seconde moitié des années 1930 par la C.G.L., se composait de sept petits autorails à deux essieux, munis d’un moteur diesel de 120 / 130 ch et d’un seul poste de conduite, ce qui nécessitait leur virage sur plaque tournante en fin de parcours ou leur couplage par deux (« dos à dos »). Ils étaient construits artisanalement à Bapaume, dans les propres ateliers de la compagnie, et se répartissaient comme suit : à 203 sur Achiet – Bapaume (futurs à 3 de la régie du P.D.C.) en 1956, la fermeture de la ligne Pont-de-la-Deûle – Pont-à-Marcq permit à la C.G.L. de muter du Nord au Pas-de-Calais d'un engin de conception un peu plus moderne, également à deux essieux mais pourvus de deux postes de conduite. Un autorail Renault type ZO construit en 1936 pour la compagnie du Nord-Est () et racheté en 1949, muni d’un moteur Renault de 110 ch. Muté à Bapaume en vue d’une révision, il ne semble pas qu’il ait effectivement circulé.

Les horaires Horaires d'hiver Achiet - Bapaume - Marcoing 1936 (d'après Frédéric Roussel - Cercle Ferroviphile du Cambrésis). La vitesse moyenne est environ .

pkGares202 aut204 f104106 aut208

Aut308

MV

b110 Aut210 Aut310 MV

b0 Achiet (départ)7 308 3311 4715 3017 2018 1220 253Bihucourt (arrêt)7 358 3811 5115 3417 2618 1620 315Biefvillers (arrêt)7 398 4211 5415 3717 3018 1920 357Bapaume6 117 488 4711 5915 4217 3518 2420 4012Frémicourt (Halte)6 207 598 5812 0815 51====18 32====14Beugny6 238 069 0212 1115 5418 3617 Vélu (arrivée)6 308 139 0612 1716 0118 4017 Vélu (départ)6 308 13Vers12 1716 01Vers18 4321Hermies6 378 20St12 2416 08St18 5025Havrincourt6 448 27Quen12 3116 15Quen18 5728Flesquières - Ribécourt6 508 33tin12 3716 21tin19 0333 Marcoing6 568 3912 4316 2719 09 Cambrai (arrivée) pkGares301 MV b101 Aut201 Aut523 MV

e203 Aut205 MV Aut307 MV b207 Aut107 Aut309 MV b209 Aut Cambrai (dép.)33 Marcoing7 3510 1813 4816 5519 3328Flesquières - RibécourtOrg.7 4110 2413 5417 01Org.19 3925HavrincourtSt7 4810 3114 0117 08St19 4521HermiesQuen7 5510 3814 0817 15Quen19 5117 Vélu (arr.)tin8 0110 4714 1717 20tin19 5817 Vélu (dép.)6 34====9 2010 4714 17====17 2619 5814Beugny6 389 3310 5114 2117 3020 0212Frémicourt (Halte)6 419 4310 5414 2417 3320 047Bapaume6 006 529 5811 0414 3416 3917 4319 4820 145Biefvillers (arrêt)6 066 56====11 0814 3816 4517 4719 54====3Bihucourt (arrêt)6 126 5911 1114 4116 5217 5019 580 Achiet (arr.)6 187 0311 1514 4516 5817 5420 05 AUT : automotrice (suivant les besoins, le service pourra être assuré par train à vapeur). MV : train mixte (de marchandises et de voyageurs). b : à titre d'essai. e : à titre temporaire et d'essai, le vendredi jour de marché à Bapaume ou le jour de la remise de ce marché. f : automotrice entre Vélu et Marcoing.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Henri Domengie et José Banaudo, Les Petits trains de jadis : Nord de la France, t. 4, ed. du Cabri, 1995

Articles connexes Liste d'anciennes lignes de chemin de fer et de tramway dans le Pas-de-Calais

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