Élie Bloch, né Éliézer-Léopold Bloch le à Dambach-la-Ville dans le Bas-Rhin et mort en à Auschwitz est un rabbin français. Résistant, il est déporté et assassiné à Auschwitz.
Biographie Enfance et formation La famille Bloch a pour origine Grussenheim (Haut-Rhin) où elle vit depuis plus de deux siècles. La branche maternelle, la famille Debré est originaire du village de Westhoffen.
Éliézer-Leopold BlochVoir, Rabbi Elie-Leopold Bloch, member of the Jewish underground in France. Yad Vashem Photo Archive. est né le à Dambach-la-Ville (Haut-Rhin). Son père Joseph Bloch est rabbin de Dambach-la-Ville mais c’est à Barr, où est transféré le siège du rabbinat, qu’il passe l’essentiel de son enfance. Il a deux sœurs, Angèle et Andrée.
Après son baccalauréat, il prend une décision qui surprend ses proches, au lieu de s'engager dans une carrière rabbinique il s'inscrit à l'École de tissage et de filature de Mulhouse. Il en sort en 1928 avec un diplôme de premier ordre dans la spécialité de tissage, il entre dans l’entreprise d’Henri Bloch à Sainte-Marie-aux-Mines.
En , il décide de rejoindre le Séminaire israélite de France, rue Vauquelin à Paris où il est accueilli par le directeur, le grand rabbin Jules Bauer.
Il fréquente quelques mois la Yechiva Etz Haïm de Montreux.
À la fin de l’année 1934, il obtient le diplôme de rabbin.
Rabbin de la jeunesse de Metz En , Élie Bloch est nommé à Metz, rabbin adjoint chargé de la jeunesse auprès du grand rabbin Nathan Netter. il devient le lien entre deux communautés, les Juifs messins assez francisés et les nouveaux Juifs arrivés d’Europe de l’Est.
Le , il épouse l’une de ses élèves, à peine âgée de , Georgette Samuel, fille du chef du Consistoire de Moselle. En 1937 naît leur fille Myriam..
Aumônier des évacués et des réfugiés En , les habitants de la Moselle rejoignent les départements de la Vienne, de la Charente et de la Charente-Maritime. Environ y sont transférés dont près de .
Elie Bloch est nommé aumônier des Juifs évacués. Depuis le début du siècle, il n’y a plus de Juifs dans le Poitou donc aucun lieu de culte, il se démène pour édifier des lieux de prières.
Rabbin du camp de Poitiers Le , les troupes allemandes pénètrent dans Poitiers. Poitiers et Angoulême sont en zone occupée, où se trouve piégée la majorité de Juifs Mosellans. Le grand rabbin Netter se réfugie en Gironde.
À Royan, le hazzan, Isaac Binn, d’origine allemande, est arrêté et interné au camp de Libourne (Gironde).
Le , une grande rafle est organisée par le préfet de région, des juifs de la Vienne sont internés au camp de concentration des Nomades, route de Limoges à Poitiers.
Il devient le responsable de l'UGIF pour la région de Poitiers où il se dépense sans compter pour les internés du camp de la route de Limoges. Il est aidé dans cette tâche par sa première secrétaire, Charlotte Rosenbaum, que remplace ensuite Régine Breidick, ainsi que par Michel Rosenblum et David Friedmann. Assisté par Valensi, assistante sociale, il finance ces aides à l’aide de ses propres collectes et avec les fonds fournis par le dispensaire "la Mère et l’enfant" plus connu sous l’appellation du Comité de la rue Amelot.
Grâce aux démarches de l'assistante sociale ainsi qu’au soutien du personnel de la préfecture de Poitiers, le , de moins de sont autorisés à quitter le camp, une partie est placée dans un home d’enfants, l’autre dans des familles juives de la Vienne.
Il ne peut éviter les déportations organisées à partir du camp de Poitiers, du , date du premier convoi au , date du dernier, en vers le camp de Drancy, sont déportés.
Élie Bloch, aidé par le père Jean Fleury, l’aumônier des Tsiganes du camp de Poitiers, assiste tous ceux qui souhaitent franchir la ligne de démarcation. Avec le concours du prêtre catholique et de ses amis, parmi lesquels figurent plusieurs femmes, Hélène Durand, Constance de Saint-Seine, Suzanne Bourlat, Aline Peltier et Pierrette Poirier, des adultes et enfants sont cachés dans les campagnes poitevines. Le père Fleury qui dispose de contacts à la préfecture, grâce à Hélène Marzelier et Jeanne Fayolle, prévient des arrestations futures. Aujourd’hui toutes ces personnes appartiennent aux Justes parmi les nations. Dans la région de Niort, une équipe de pasteurs protestants, produit de faux papiers et met à l’abri de nombreux enfants. Il s’agit de Marc Jospin, André Encrevé et surtout Georges Casalis à Moncoutant. Grâce au courage de toutes ces équipes, environ sont sauvées dont une moitié d’enfants.
Déportation Le , sa femme est arrêtée sur dénonciation. Venu pour la faire libérer, le il est arrêté à son tour avec sa fille âgée de . Ils sont internés au camp de la route de Limoges à Poitiers puis, le au camp de Drancy puis déportés tous les trois sans retour le où ils sont assassinés à leur arrivée.
Distinction (31 mars 1947)
Hommage La rue de la synagogue de Metz est nommée rue du Rabbin-Élie-Bloch à sa mémoireRue du Rabbin Élie Bloch-Metz. Wikimapia.Plan. Ville. Rue du Rabbin Élie Bloch (Metz).. Bosquet Rabbin Élie Léopold Bloch, IsraëlVoir, Bosquet Rabbin Elie Leopold Bloch Metz France. Jewish National Fund. Yad Vashem Photo Archive.. Le 2 mai 2022 à Barr et le 28 avril 2025 à Metz sont posés les Stolpersteine d'Élie Bloch, de Georgette Samuel et de leur fille Myriam.
Notes et références
Pour approfondir Bibliographie Serge Klarsfeld, Le Mémorial de la déportation des Juifs de France, Beate et Serge Klarsfeld, Paris, 1978. Nouvelle édition, mise à jour, avec une liste alphabétique des noms, FFDJF, 2012. .
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Liens externes
Jean Fleury. Juste Parmi les Nations. 1964. Yad Vashem. France.org.
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