Léconomie collaborative ou économie de partage regroupe les activités économiques qui reposent sur le partage ou la mutualisation des biens, savoirs, services ou espaces et sur l'usage plutôt que la possession.

Popularisé par le livre de Rachel Botsman et Roo Rogers , le terme d'économie collaborative et le champ qu'il recouvre ne font pas l'objet d'un consensus...

Elle se développe suivant deux directions : vers une économie sociale et solidaire, elle est une activité humaine pair à pair, qui vise à produire de la valeur en commun et qui utilise de nouvelles formes de propriété, d'organisation du travail et d'échanges. Elle promeut l'organisation des citoyens en réseau ou en communautés. La confiance, l’égalité des statuts, la coopération, les motivations non marchandes, l’usage responsable des ressources y sont considérés comme des valeurs essentielles ; vers une économie des plateformes de biens et services, où elle s'organise de manière triangulaire, entre des producteurs indépendants et des consommateurs, la plateforme jouant le rôle de tiers en intervenant, dans la définition du produit, dans la fixation des prix, dans la gestion des intervenants. Les plateformes se rémunèrent par des commissions. Cette deuxième approche est parfois confondue à raison avec un système d'économie à la tâche qui est aussi associées au phénomène d'ubérisation.

Ces deux approches renvoient à des réalités très diversesL. Jourdain, M. Leclerc, A. Millerand, Économie Collaborative & Droit - Les Clés pour comprendre, Éditions FYP, janvier 2016.

Dans une conception large, l'économie collaborative inclut également la consommation collaborative (AMAP, CouchSurfing, covoiturage, coabonnement, colis-voiturage), les modes de vie collaboratifs (cotravail, colocation, habitat collectif), la finance collaborative (financement participatif, prêt d'argent de pair à pair, monnaies alternatives), la production contributive (fabrication numérique, DIY, fablabs, imprimantes 3D, ) et la culture libre..

Par certains aspects, une partie de l'économie collaborative se démarque de la société de consommation.

Histoire vignette|Des moutons paissent dans un pâturage commun, un lieu commun environnemental stéréotype, à Castlemorton. Les origines de l'économie collaborative se retrouvent dans la gestion des « communs ».

On peut citer selon Joseph E. Stiglitz, . Joseph E. Stiglitz, Peuple, Pouvoir&Profits, le capitalisme à l'heure de l'exaspération sociale, Les liens qui libèrent, octobre 2020, p. 175..

Plus proche de notre époque, on peut mettre en avant la gestion des terres agricoles en Angleterre jusqu'au mouvement des enclosures à partir de la fin du . Les communs sont .. .

Le coopérativisme est un mouvement ayant déjà une longue histoire qui remonte au , il précède l'émergence du concept d'économie collaborative. Ils s'insèrent tous deux dans l'économie sociale et solidaire et sont mis en relation par leurs valeurs communes..

En agriculture, les travaux collectifs et la mutualisation d’outils ont toujours existé. Dans les années 1945, les coopératives d’utilisation de matériel agricole formalisent juridiquement ces utilisations en commun retrouvant un courant historique.

En 1978, le terme « consommation collaborative » est utilisé par Felson et Spaeth pour désigner les ..

La première plateforme collaborative en ligne créée est eBay en 1995. Elle met en relation des particuliers dans l’objectif qu’ils s'achètent et se vendent des biens entre eux. Puis, en 1999 apparaissent les premières pratiques de couchsurfing. Un étudiant américain, Casey Fenton, contacte d’autres étudiants de l'université d'Islande afin de trouver un hébergement gratuit pour le voyage qu’il souhaite entreprendre en Finlande. Il reçoit de nombreuses réponses positives. À la suite de cette expérience, il décide de développer ce type d’échanges de services. En 2004, il participe donc en grande partie à la fondation de l’association CouchSurfing. En 2010, Botsman et Rogers reprennent ce terme comme désignant un système et lui donnent un nouvel essor « What’s mine is Yours : The rise of Collaborative consumption ».. Botsman cristallise ce mouvement en 2010, notamment à Sydney en : , affirme-t-elle. .

Botsman et Rogers qualifient de consommation collaborative les comportements collaboratifs, les comportements de consommation centrés sur l’accès, la mise en commun et le partage de biens et de services. L’économie collaborative peut donner lieu à des cessions de droits de propriété des objets dans des échanges reposant sur le don ou le troc. Aujourd'hui, l’économie collaborative se développe dans différents secteurs tels que le logement, les transports (covoiturage, revente de billets), l’alimentation, le prêt de matériel, livres, DVD, le troc de vêtements, l’entraide entre particuliers, l’échange et le partage d’outils de formation.

Technologies L’économie collaborative s’est développée en lien avec l’essor des nouvelles technologies. La facilité d’utilisation et le faible coût d’Internet permettent la multiplication des communications.

Plateforme Internet

L'économie collaborative se développe ainsi via des plateformes internet. dont le fonctionnement s'appuie parfois « sur des algorithmes qui font de l'appariement entre différents acteurs sociaux »..

Le modèle d'affaire des plateformes est construit autour de la mise en relation. Les plateformes et leurs utilisateurs créent de la valeur tout en organisant les échanges... La relation des utilisateurs peut être purement amateur, dans une logique de partage, d’échange, optimisation de la durée de vie des biens, et d’économie. Cependant, apparaît de plus un profil de plateforme où les acteurs visent à dégager des profits, voire à investir dans des biens dédiés (dans l’immobilier ou l’automobile) afin de louer plus et ainsi obtenir des revenus réguliers et conséquents menant à une professionnalisation de la relation de services.

En 2016, à l’échelle internationale, la France et les États-Unis sont les pays qui font la course en tête pour ce domaine. La France en effet a adopté un environnement réglementaire favorable au développement des services collaboratifs, plus de de ce genre opèrent, ce qui représente 23 % du marché mondial..

Logistique collaborative La logistique est, dans un contexte industriel, l'art et la science d'obtenir, produire et distribuer des composants et produits au bon endroit et dans les quantités requisesAPICS Dictionary, 15th edition, (ASCM), Chicago, 2017., dans un temps donné.

La mise en réseau collaboratif du stockage et de la distribution de produits accroîtrait l’efficacité, réduirait les coûts et diminuerait les émissions carboniques. Jeremy Rifkin constate que l’efficacité des transports au niveau mondial est inférieure à 10 %. Les camions, pleins au départ, s’allègent peu à peu à chaque livraison et rentrent souvent à vide. Aux États-Unis les camions effectuaient à vide, en 2002, en moyenne 20 % des kilomètres parcourus et beaucoup d’autres presque à vide. Les entrepôts de stockage de longue durée sont souvent très éloignés de l’endroit où les produits seront finalement envoyés.

En économie collaborative, un premier chauffeur livrerait la cargaison au centre de distribution le plus proche. Et ainsi, de dépôt en dépôt jusqu’au point final. Aux États-Unis, les sociétés privées possèdent rarement plus de vingt dépôts. Si tous les dépôts se trouvaient en économie collaborative il y aurait à disposition de chaque entreprise. Internet permettrait de réduire les délais lors du passage du relais. La livraison, dans le cas d’un parcours de Québec à Los Angeles, serait assurée en 60 heures au lieu de 120 dans le système actuel soit moitié moins de tempsRifkin 2014, , 330 et 331..

Selon le manifeste des Fab City., les enjeux de chaînes logistiques à faible impact sont pris en compte.

Logiciel libre

Le logiciel libre permet le partage suivant la définition proposée en 1986 par la Free Software Foundation ; un logiciel est alors dit libre s'il confère à son utilisateur les libertés suivantes : . ..

L’économie collaborative utilise l’Open Source pour se développer..

Imprimante 3D

Les imprimantes en trois dimensions répliquent les objets de la même façon qu’une photocopieuse réplique une image en deux dimensions. Elles copient des objets de taille diverse. Elles sont déjà utilisées en joaillerie., dans l’industrie aérospatiale. et devraient l’être pour construire des maisons..

En économie collaborative, les imprimantes 3D permettent de réaliser d’importantes économies. Les logiciels qui guident les machines sont disponibles en open source et sont donc partageables pour produire en tout lieu. Les redevances d’utilisation de brevets sont économisées. Les coûts de transport sont supprimés. Les matériaux nécessaires à la fabrication peuvent se trouver localement. Les progrès dans la conception des imprimantes 3D permettent la fabrication de pièces aux dimensions de plus en plus grandes et dans des matériaux de plus en plus variés (plastique, céramique, métal, titane…)..

Fab lab

Un (contraction de l'anglais , « laboratoire de fabrication ») est un tiers-lieu de type makerspace. cadré par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et la FabFoundation. en proposant un inventaire minimal. permettant la création des principaux projets fab labs, un ensemble de logiciels et solutions libres et open-sources, les Fab Modules., et une charte de gouvernance, la Fab Charter..

Le principe des fab labs est le partage libre d'espaces, de machines (par exemple imprimantes 3D), de compétences et de savoirs permettant la fabrication collaborative de différents objets allant du gadget aux produits techniques pour l'industrie..

Les fab labs se développent avec succès dans les années 2010 ; par exemple, 400 fab labs et makerspaces sont créés en France, dont beaucoup depuis 2017).. Leurs valeurs entraînent une nouvelle vision pour la ville et la société..

La étend le concept fab Lab au niveau d'une ville.. Les villes qui s'en réclament s'organisent en un réseau de Fab City. Leur objectif est d’aboutir d’ici à 2054 au façonnement d’agglomérations localement autosuffisantes.

Champs d'applications Elle s'ouvre sur une multitude de nouveaux services, qui s’inscrivent dans ce que Jeremy Rifkin appelle « l’âge de l’accès »..

Transports Une large variétés de solutions de transport sont collaboratives.

Vélos

vignette|Partage de vélo OV-fiets à Amsterdam. Plusieurs modèles de service peuvent coexister. Dans un service de vélo en libre-service, disponible en station, la station est le point de repère de l’utilisateur qui connaît les stations de son quartier. Il retire un vélo dans une station et le redépose dans une autre. Le partage reste au cœur de la philosophie de ce service, il évite le risque d’accaparement des vélos. Un exemple de service est Vélib, celui de Paris opéré par Smovengo. Dans les flottes libres, les vélos partagés sont à disposition dans la ville. Divers opérateurs privés déploient leur flotte de vélos dans les villes en des points stratégiques, puis ceux-ci sont localisés dans toute la ville à l'aide d'applications mobile et de d'un système de positionnement par satellites. Le stationnement des vélos devrait s'effectuer sur les emplacements spécifiques aux vélos (zones matérialisées au sol, arceaux spécifiques).

Voitures

gauche|vignette|Partage de voiture à Paris. Les sites de location ponctuelle de véhicules de particulier à particulier concernent en France, en 2015, plus de . Le coût y est moins cher de qu’un loueur traditionnel... L'entreprise Getaround (ex-Drivy), entre autres, est présente sur ce marché.