Les Mountain de la série 241 P 1 à 35 sont des locomotives à vapeur unifiées de la SNCF mises en service entre et .

Genèse

La série fut construite en quatre ans, de à , par la société Schneider au Creusot (Saône-et-Loire). Elle reprenait, avec des améliorations, les dispositions de la 241 C 1 de 1930, prototype qui à son tour bénéficiait du retour d'expérience de la précédente série des 241 A de la Compagnie du chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée.

Description Ces locomotives étaient de type compound à quatre cylindres et quatre essieux couplés, avec les cylindres haute pression placés à l'intérieur du châssis entre le premier et le second essieu moteur entraînant le troisième essieu moteur, tandis que les cylindres basse pression situés à l'extérieur entraînaient le deuxième essieu moteur. La distribution haute pression était commandée par renvoi de mouvement des tiroirs basse pression et avance prise sur les contre-tiges des pistons haute pressionDéveloppement des 241-P-1 à 35.

La chaudière, d'un diamètre interne de , était dotée d'un foyer « Crampton » prolongé sur l'avant par une chambre de combustion, avec une grille débordante de de surface. La voûte du foyer était soutenue par trois « arch tubes » améliorant également la circulation d'eau. L'alimentation en charbon était assurée par un chargeur mécanique stoker de type « HT 1 », et l'alimentation en eau par un injecteur type « U1 » secondé d'un ensemble alimentaire réchauffeur d'eau type « ACFI ». La boîte à fumée mesurait de longueur et supportait un échappement type double « à trèfle » PLM.

Tenders Les 241 P furent accouplées aux tenders unifiés du type 34 P d'une capacité de d'eau et de charbon et, dans quelques cas, elles reçurent également des tenders du type 36 P contenant d'eau et de charbon.

Service

La série, qui comprenait , était destinée à la reprise des trains lourds sur les sections non électrifiées de la ligne Paris-Lyon-Marseille. Devant l'avancée des électrifications, elles essaimèrent sur les régions de l'Est, du Nord et de l'Ouest.Les cinq dernières machines de la série, les 241 P 31, 32, 33, 34 et 35 furent, à leur sortie d'usine, directement affectées à la région Nord, au dépôt de La Chapelle, et ne connurent donc jamais la région Sud-EstLes vapeurs unifiées tome 1, Le Train Hors-Série 2/1995, Éditions Publitrains eurl..

Elles servirent pendant une vingtaine années et furent progressivement retirées du service dès 1965 avec la 241 P 1 radiée le , pour s'achever avec les 241 P 9 et 16 le 1973. Ces machines étaient surnommées les « grosses P » par opposition aux 141 P qui étaient affublées du surnom de « petites P ».

Le dernier train régulier tracté par une de ces Mountain fut assuré par la 241 P 17 le entre Nantes et le Mans241 P : Que la Mountain est belle !, par André LEPAGE, Voies Ferrées , 11/1994, Presses et Éditions Ferroviaires..

Les dépôts d'affectation furent les suivants : région Méditerranée : Marseille-Blancarde ; région Sud-Est : Dijon-Perrigny, Lyon-Mouche, Nevers ; région Est : la Villette, Noisy-le-Sec, Chaumont ; région Nord : La Chapelle ; région Ouest : Le Mans. Sur la région Sud-Est, les premières 241 P furent livrées au dépôt de Dijon-Perrigny en mai et pour assurer la traction des trains sur la ligne de Paris à Lyon, qui n'était pas encore électrifiée. Puis, au fur et à mesure de la progression de l'électrification de la « ligne impériale », les Mountain furent mutées aux dépôts de Lyon Mouche puis Marseille-Blancarde sur la région Méditerranée. La 241 P 5 du dépôt de Marseille-Blancarde sera la dernière à quitter la région Méditerranée le 1962 au terme de l'électrification de la « ligne impériale ». Elles poursuivirent leur carrière sur la région Sud-Est au dépôt de Nevers à partir de 1958, sur les relations de Vierzon à Clermont-Ferrand et Moret - Veneux-les-Sablons à Clermont-Ferrand, jusqu'en .

Au Nord, le dépôt de La Chapelle reçut neuf 241 P entre 1951 et 1953 pour les trains de la ligne Paris-Lille. Les locomotives quittèrent le dépôt du de Paris en , à la suite de la mise sous tension de la dernière section de ligne entre Longueau et Paris-Nord.

Le dépôt de la Villette fut le premier de la région Est à recevoir des 241 P à la fin de l'année 1958 pour la traction des trains sur la ligne 1 entre Paris et Bar-le-Duc ; mais les travaux de reconversion de ce dépôt à la traction électrique auront pour conséquence le transfert de ses 241 P au dépôt de Noisy-le-Sec en pour une période de seize mois. Après la mise sous tension de l'intégralité de la ligne de Paris à Strasbourg en , les 241 P furent regroupées au dépôt de Chaumont sur la ligne 4 où elles circuleront en direction de Mulhouse jusqu'à leur dernier roulement effectué en .

À la région Ouest, le dépôt du Mans reçoit ses premières 241 P au mois de en provenance de la région Nord. Les vingt 241 P que comptera le dépôt manceau remorqueront des rapides sur des distances importantes comme le Mans - Brest () et le Mans - Nantes - Quimper (). Les 241 P achèveront leur carrière sur le Mans - Nantes où elles effectuèrent leurs ultimes circulations en .

La 241 P 9 clôturera l'aventure des 241 P avec le train spécial du COPEF Le Mans -Mézidon - Le Mans du pour ensuite rejoindre Guîtres.

vignette|gauche|La 241 P 5 en escale au dépôt de Nantes-Blottereau le , un mois avant la fin des 241 P du Mans.

Caractéristiques Surface de grille :  Surface de chauffe :  Surface de surchauffe :  Nombre d'éléments : ? Nombre de cylindres : 2 HP et 2 BP Diamètre cylindres HP :  Course pistons HP :  Diamètre cylindres BP :  Course pistons BP :  Pression de la chaudière :  Diamètre des roues motrices :  Diamètre des roues du boggie :  Diamètre des roues du bissel :  Masse à vide :  Masse en ordre de marche :  Masse adhérente :  Longueur hors tout de la locomotive seule :  Puissance maximum indiquée :  Puissance maximum à la jante : ? kW Puissance maximum au crochet du tender : Effort de traction maximum :  Vitesse maxi en service :  (140 km/h en essais) À titre indicatif, la consommation en exploitation était d'environ d'eau et de charbon au kilomètre.

Tender 34 P Tare du tender :  Capacité en eau :  Capacité en charbon :  Masse du tender en ordre de marche :  Masse totale locomotive + tender :  Longueur du tender :  Longueur totale locomotive + tender : 

Machines préservées

Quatre exemplaires ont été préservés : la 241 P 9, conservée depuis 2008 à Toulouse, puis à Carmaux depuis , par l'AAATV Midi-Pyrénées qui réalise les travaux de remise en état de marche ; la 241 P 16, conservée en état de présentation à la Cité du train à Mulhouse ; la 241 P 17, conservéeSite officiel de la 241P17 lire en ligne (consulté le 22 octobre 2010) au Creusot par l'association Chemins de Fer du Creusot (CFC) et remise en marche en 2005 après 12 ans de travaux. ; la 241 P 30, conservée en état de présentation jusqu'en 2019 par l'association Vapeur Val-de-Travers - VVT à Saint-Sulpice (canton de Neuchâtel, Suisse). Rachetée par l'AJECTA, la machine est désormais préservée à Longueville depuis .

Modélisme Les 241 P ont été reproduites à l'échelle HO par : la firme Jouef (de 1971 à 2002) puis Jouef/Hornby en 2016 ; la Maison des trains ; l'artisan Loco-Diffusion, sous forme de kit à monter en laiton ; la firme suisse Fulgurex (modèle haut de gamme en laiton) ; la firme suisse Lemaco (modèle haut de gamme en laiton). À l'échelle N par : la firme suisse Lemaco (modèle haut de gamme en laiton). À l'échelle 1/32 par : la firme Altaya De Agostini sous forme de kit à monter en 120 numéros hebdomadaire.

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes 241 P 17 Locomotives à vapeur françaises

Liens externes Site officiel des Chemins de fer du Creusot et de la 241P17 Page consacrée à la remise en service de la 241-P-9 Données techniques, histoire et présentation de la 241-P-30 Texte sur chapelon.net Témoignages sur les essais

241 P SNCF Catégorie:Locomotive à vapeur Schneider