L'hamarreko (en français, littéralement, « de dix », souvent traduit par « formé de dix ») désigne, dans la culture du Pays basque, une forme poétique traditionnelle.

Moins représenté que le zortziko, lhamarreko constitue la deuxième forme privilégiée dans le cadre des joutes oratoires où deux bertsolari doivent faire preuve d'imagination, de verve comique et de sens de la répartie en improvisant et en se répondant devant un public appelé à choisir le vainqueur. Cette tradition est toujours bien vivante au Pays basque.

Composition Dans la poésie traditionnelle du bertso ou bertsu (prononcé [], bèrtsou), lhamarreko désigne une forme poétique de dix vers alternant deux mètres de longueurs différentes. Hamar signifie « dix » en basque, -ko est un suffixe pour « (forme) de ». hamarreko (prononcé []) se traduit donc littéralement par « formé de dix ».

Il en existe deux types : hamarreko handia (ou hamarreko « long », prononcé [], han'dia) composé de décasyllabes et d'octosyllabes, et hamarreko txikia (ou hamarreko « court », prononcé [], tchikia) composé de vers de sept syllabes et de vers de six syllabesÉric Dicharry, un anthropologue à l'école du bertsularisme en Pays basque, .. Éric Dicharry considère qu'.

Il ne semble pas que la rime ait constitué à l'origine une contrainte stricte pour ces poèmes. Gorka Aulestia observe que la notion de rime est différente en langue basque, par rapport au français ou à l'espagnolGorka Aulestia, .. Selon Danielle Bohler et Gérard Peylet, cependant, la présence d'une rime unique fait de l'''hamarreko . Dès lors, , également orthographié hamarreko handi.

La rime offre au bertsolari un moyen mnémotechnique fort utile : .

Une étude approfondie, réalisée par Aulestia, permet d'affiner ce jugement. Il apparaît ainsi que .

Cette étude répertorie plus de trente modèles poétiques différents, répartis en sept grandes catégories. Lhamarreko est la catégorie la plus représentée, après celle du zortziko. Elle comprend un premier modèle (nagusia, ou « majeur ») correspondant au hamarreko handi, noté 10/8A, et un second modèle (txikia, ou « mineur ») correspondant au hamarreko txiki, noté 7/6A. Aulestia considère néanmoins que le modèle « classique » comportait 15 syllabes (8/7A)Gorka Aulestia, ..

Comme le zortziko, lhamarreko relève d'une tradition orale. La plupart des ouvrages en donnent une transcription sur cinq vers, suivant l'usage de la tradition écrite. Il convient de souligner que cette pratique reste arbitraire, puisque .

Joutes de bertsolari L'art poétique du bertso n'a rien d'élitisteGorka Aulestia, .. Même si sa forme est précisément codifiée, l'''hamarreko est avant tout destiné à être chanté de manière spontanée, selon le principe d'un échange de pointes entre deux bertsolari, en présence d'un public dont les rires et les applaudissements couronnent le vainqueurÉric Dicharry, Le rire des Basques, ..

La verve des opposants est encore encouragée par un « sujet imposé », à partir duquel chaque bertsolari compose un poème visant, le plus souvent, à désarçonner son adversaire. Des concours et championnats sont régulièrement organisés pour en perpétuer la tradition.

Hamarreko handi Gorka Aulestia cite cet hamarreko handi improvisé par José Luis Gorrotxategi aux cérémonies de Txapelketa, en 1980. Gorrotxategi accueille Manuel Olaizola, dit « Uztapide », champion des épreuves précédentes, et la fille d'un autre bertsolari, Pello Mari Otaño, dit « Katarro », qui avait fait le voyage de Saint-Sébastien depuis l'Argentine :

Lendabiziko agur ta erdi Balta'dik Donostia'ri Eta ondoren besarkada bat Euskalerri guztiari ; Da berezi txapeldun degun Uztapide aundiari Arjentina'tik Donostiara Etorri dan izarrari Ementxe bertso-entzule dugun Ontaño-ren alabari.

Salutations, pour commencer, De Balda à Saint-Sébastien Et en embrassant Tous ceux du Pays basque ; En particulier Le grand champion Uztalpide, Et l'étoile qui est venue D'Argentine à Saint-Sébastien, Nous avons ici la fille d'Ontaño pour écouter nos chants.

Hamarreko txiki Dans le même ouvrage, Aulestia cite cet hamarreko txiki d'Uztapide, composé dans les mêmes circonstances en 1962. L'auteur signale que . Ce bertso est dédié à la mémoire de la mère défunte du poète :

Amak eman ziraden Lenengo bularra, Andik artua nuen Bertsotako indarra Geroztik biotzera Datorkit su-garra, Egunsentia joan zan, Laister illunabarra, Gero ta beerago Uztapide zarra.

Ma mère m'a nourri D'abord au sein, Et depuis ce temps, j'ai reçu Le talent de faire des vers, Depuis ce temps, mon cœur A connu des passions brûlantes, L'aube s'est éloignée, Le crépuscule approche, Vieil Uztapide Sur la pente descendante.

Poèmes de circonstance Pierre Topet, dit Etxahun, a laissé de nombreux poèmes identifiés comme des zortzikos ou des complaintes autobiographiques. Le poète souletin pratique surtout le :

Etchahonen çorthia / içanda ayphatu Mundian gutic dila / haboro sofritu Ene persona tristic / houracin causatu Aitetamer beyninçan / haurreti huguntu Edertarçunes prauve, / ninçalacos sorthu.

On a beaucoup parlé du sort d'Etchahun: Peu d'hommes au monde ont souffert davantage ; Ma triste nature en fut la cause ; Dès mon bas âge mes parents m'avaient pris en aversion Parce que j'étais né pauvre en beauté.

Bibliographie Ouvrages généraux

Ouvrages spécialisés

.

Notes et références Notes

Références

Catégorie:Forme poétique Catégorie:Bertsolarisme Catégorie:Poème de langue basque Catégorie:Culture basque