thumb|300px|right|La synagogue vers 1910 La synagogue de Limbourg-sur-la-Lahn située au 27 Untere Schiede, a été construite en 1903 et comme la majorité des synagogues en Allemagne, elle sera détruite par les nazis en 1938.

Limbourg-sur-la-Lahn est le chef-lieu de l'arrondissement de Limbourg-Weilbourg, dans le Land de Hesse. Située à environ à l'est de Coblence et à au nord-ouest de Francfort-sur-le-Main, elle compte actuellement environ habitants.

Histoire de la communauté juive La communauté au Moyen Âge Une communauté juive existe au Moyen Âge à Limbourg-sur-la-Lahn. En 1278, il est fait mention d'un Abraham von Limburg. Au cours des décennies suivantes, les Juifs sont autorisés à séjourner à Limbourg, moyennant le paiement d'une somme, maintes fois contestée, du roi au comte de Limbourg et à d'autres seigneurs.

Les familles juives vivent principalement dans la Querstraße entre la Barfüßergasse et la Obere Fleischgasse, ruelle qui sera dénommée la première fois en 1353 Judengasse (ruelle des Juifs) et mentionnée en 1370 sous le nom in vico judeorum. Une synagogue est signalée dès le , et plusieurs fois une maison de culte juif est citée au début du près du monastère de Bethlehem ou dans la partie inférieure de la Judengasse. Un Mikvé (bain rituel) est signalé en 1334/1336 au 8 Löhrgasse ou au 3 Auf der Plötze, ainsi qu'une maison de danse près de la synagogue.

Les familles juives vivent surtout du commerce de l'argent et du prêt sur gage. Plusieurs rabbins et érudits de la communauté ont été remarqués, dont Jakob ben Uri, un parent du Rabbi Meïr de Rothenburg, qui s'est illustré comme auteur de poésie synagogales.

En 1336-1338, à la suite des émeutes antijuives d'Armleder, les Juifs sont expulsés temporairementLors de fouilles réalisées en 1957, des pièces d'or médiévales et une pépite d'or ont été trouvées, cachées sous une dalle de pierre, dans la maison d'un prêteur à gage juif au 1 Bergstraße, angle de la Barfüssergasse. Elles ont pu être identifiées comme ayant été cachées à cette époque.

Les persécutions lors de la peste noire, en 1348-1349, conduit à la disparition de la communauté juive de Limbourg. Ce n'est que vers la fin du que quelques individus juifs reviennent à Limbourg. Avant 1418-1419, on compte cinq familles juives, sous la protection de l'archevêque de Trèves, qui vivent essentiellement du commerce de l'argent. En 1419, tous les Juifs sont expulsés de l'ensemble de l'archevêché de Trèves.

Du à la prise de pouvoir des nazis Fin du , début du , la construction du prolongement de la Barfüssergasse, entraîne la disparition de l'ancienne Judengasse.

En 1511, une famille juive est présente pour dix ans. Lors de la guerre de Trente Ans (1618-1648), plusieurs familles juives fuyant la guerre, sont autorisées à rester en ville temporairement de 1621 à 1629. En 1725, un décret réglemente la situation des Juifs vivant en ville. En 1752, six familles juives habitent à Limbourg, et huit en 1765. En 1800, il y a toujours huit familles juives à Limbourg.

Dans le courant du , le nombre d'habitants juifs va croitre régulièrement. En 1842, on compte 60 Juifs (repartis en 14 familles); en 1871: 106 Juifs pour une population totale de habitants (soit 2,2 %); en 1885: 164 Juifs pour habitants (soit 2,5 %); en 1895: 205 sur (soit 2,7 %); en 1905: 257 sur (soit 2,8 %) et en 1910: 281 habitants juifs répartis en 80 familles sur un total de habitants (soit 2,6 %).

Aux , les habitants juifs des villes de Staffel (5 Juifs en 1842; 6 en 1924 et 3 en 1932), Elz (4 Juifs en 1932) et Dehrn (41 Juifs en 1842; 16 en 1905; 4 en 1924 et 2 en 1932) sont rattachés à la communauté juive de Limbourg.

La communauté juive possède une synagogue, une école juive, un bain rituel et un cimetière juif. L'enseignant dirige les offices religieux et est en même temps Hazzan (chantre) et Shoret (abatteur rituel. En 1843, l'enseignant est Hofmann, mentionné dans la liste des participants à une conférence des enseignants du rabbinat de district de Diez. De 1872 à 1915, pendant 43 ans, l'enseignant est Emmanuel Blumenthal, auquel succède Julius Isaak jusqu'en 1935, date de son départ vers la Palestine. La communauté dépend après 1843 du rabbinat de district de Diez, et plus tard de celui de (Bad) Ems.

Lors de la Première Guerre mondiale, la communauté juive de Limbourg-sur-la-Lahn perd 6 de ses membres, tués au front. En 1929, le journal nazi Frankfurter Beobachter calomnie l'enseignant Julius Isaak en affirmant qu'il s'était planqué pendant la guerre. Après des recherches approfondies, la cour conclut que les allégations ne sont pas fondées et condamne le calomniateur récidiviste Gutterer à une peine de prison de six semaines Magazine Der Israelit du 20 juin 1929.

Dans les années 1920, les Juifs participent activement à l'activité économique de la ville, et possèdent des commerces et des entreprises: un grand magasin, des commerces de chaussures, de confection, de cuir, une quincaillerie, une usine de pelleterie, une de savon, plusieurs bouchers, ainsi que des négociants en bétail. Il y a trois docteurs juifs ainsi que trois avocats juifs.

En 1924, 270 habitants juifs vivent à Limbourg soit 2,4 % de la population totale de la ville de . La communauté possède plusieurs associations caritatives: le Israelitischer Wohltätigkeitsverein (Association de bienfaisance israélite), fondée en 1891, sous la direction de Hermann Goldschmidt, avec 70/72 membres, et chargée de l'aide aux malades et aux nécessiteux, et de leur fournir le repas le chabbat et les jours de fête; le Israelitischer Frauenverein (Association des femmes israélites), fondée en 1889, sous la direction de R. Heymann de 1924 à 1932, avec 75 à 85 membres, et chargée de l'assistance aux nécessiteux; le Israelitischer Männerverein (Chevra) (Association des hommes israélites), société du dernier devoir, dirigée en 1932 par Hermann Goldschmidt, dont le but est d'assister les personnes en deuil; la Kinderhort (crêche) dirigée en 1924 par Siegfried Lomnitz.

En 1932, le président de la communauté est Adolf Leopold aidé par un comité directeur composé de 6 personnes. En 1931/1932, 24 élèves suivent les cours de religion enseignée par Julius Isaak.

La période nazie

En 1933, lors de l'arrivée au pouvoir des nazis, 244 habitants juifs vivent à Limbourg, soit 2,0 % des habitants. Dans les années qui suivent, en raison du boycott économique, de la privation de leurs droits civiques et des représailles, la majorité d'entre eux quittent la ville, soit émigrant à l'étranger, soit s'installant dans les grandes villes allemandes, principalement à Francfort, où ils se sentent plus en sécurité. Parmi ceux qui émigrent, 30 partent vers les États-Unis, 19 en Angleterre, huit en Palestine, cinq en Amérique du Sud ou centrale, neuf en Hollande, quatre en Belgique et un vers le Danemark et le Luxembourg. En avril 1937, il reste encore 154 Juifs en ville, en décembre 1938, ils ne sont plus que 86 et en septembre 1939, on ne compte plus que 8 habitants juifs dans la ville.

Lors de la nuit de Cristal, du au , la synagogue est complètement incendiée par le Sturmbann SS 11/78. Six des derniers commerces appartenant à des Juifs sont pillés et détruits par les SS et les nazis de Limbourg.

Les derniers habitants juifs sont déportés en 1941 et 1942, puis ce sera le tour des Mischehe, nés d'un couple mixte juif et aryen. Le , il n'y a plus aucun Juif dans la ville de Limbourg et dans l'arrondissement. Le mémorial de Yad Vashem: Base de données des victimes de la Shoah; Mémorial de Yad Vashem. de Jérusalem et le Gedenkbuch - Opfer der Verfolgung der Juden unter der nationalsozialistischen Gewaltherrschaft in Deutschland 1933-1945: Recherche de noms de victimes dans le Gedenbuch; Archives fédérales allemandes. (Livre commémoratif – Victimes des persécutions des Juifs sous la dictature nazie en Allemagne 1933-1945) répertorient 56 habitants nés, ou ayant vécu longtemps à Limbourg parmi les victimes juives du nazisme. On doit rajouter 3 victimes à Dehrn et une à Staffel, villes dont les habitants juifs étaient rattachés à la communauté juive de Limbourg.

L'après-guerre Depuis 1998 une communauté juive existe de nouveau à Limbourg, Cette communauté de d'environ 200 membres en 2009 est composé presque exclusivement d'immigrants russes. En février 2009, une nouvelle synagogue a été inauguréeEinweihung auf HR-Online.de.

Histoire de la synagogue Le Moyen Âge Une synagogue ou maison de culte juif, située près du monastère Bethlehem ou dans la partie inférieure de la Judengasse, est mentionnée dès le , et plusieurs fois au début du .

L'ancienne chapelle thumb|150px|right|L'ancienne chapelle devenue synagogue de 1867 à 1903 – état actuel Au et jusqu'au milieu du , des salles de prière sont installées dans des maisons juives ou dans d'autres bâtiments pour la pratique du culte.

En 1867, la communauté juive a la possibilité d'acheter l'ancienne chapelle du monastère cistercien d'Eberbach située à Limbourg. Après la dissolution du monastère cistercien, la chapelle servit pendant un certain temps comme entrepôt, puis comme église de la communauté protestante évangélique de Limbourg de 1831 à 1866. Après sa transformation en synagogue, le bâtiment put accueillir 80 personnes: Il n'y a pas que le destin des gens qui est soumis à de multiples transformations, mais souvent aussi celui des objets inanimés. Ici existait à l'origine une chapelle catholique romaine, qui est tombée en désuétude et qui a été utilisée en entrepôt de sel. Comme une petite communauté protestante s'est installée ici, cette ancienne chapelle catholique a retrouvé sa finalité religieuse. Au fil du temps, la communauté protestante s'est agrandie et a dû construire une nouvelle église plus importante, et la chapelle s'est retrouvée de nouveau vide. Maintenant, la communauté juive a l'intention d'acheter la chapelle précitée et de la transformer en synagogue: Magazine Der Israelit du 11 septembre 1867. Le cas de Limbpurg n'est pas unique. Dans le courant du , plusieurs anciennes églises ont été converties en synagogue. Entre autres à Cobourg en Bavière dans le district de Haute-Franconie, la communauté juive achète, en 1873, l'église Saint-Nicolas pour la transformer en synagogue: Magazine Der Israelit du 23 octobre 1878.

La nouvelle synagogue

Très rapidement, cette synagogue devient trop petite, surtout pour les offices lors des fêtes. Dès le début des années 1890, la communauté envisage la construction d'une synagogue plus importante. Une association est fondée pour récolter de l'argent par des tombolas, des pièces de théâtre et d'autres activités : Magazine Der Israelit du 27 mars 1893. La communauté envisage aussi, dès 1896, d'emprunter entre 40 et goldmarks contre des cautions solvables: Magazine Der Israelit du 25 juin 1896.

Entre les premières discussions concernant une nouvelle synagogue et sa réalisation, dix ans vont s'écouler. La synagogue est construite au 27 Untere Schiede, selon les plans de l'architecte Wilhelm Spahr de Marbourg et inaugurée le samedi , lors d'une grande fête. Elle possède 201 places assises pour les hommes et à l'étage 104 pour les femmes. La communauté étant orthodoxe, aucun emplacement n'est prévu pour y installer un orgue. Au-dessus du portail d'entrée, est inscrit en hébreu le psaume 118: « Voici la porte de l’Éternel; C’est par elle qu’entrent les justesPsaume 118:20 Traduction de Louis Degond; 1910 ». À droite du bâtiment de la synagogue, se trouve le Mikve (bain rituel). Celui-ci a été financé par le président de la communauté, Jakob Meyer. thumb|150px|right|L'intérieur de la nouvelle synagogue La presse israélite allemande Magazine Frankfurter Israelitisches Familienblatt du 4 septembre 1903 : Magazine du 11 septembre 1903. Magazine Der Israelit du 10 septembre 1903 raconte en détail l'évènement: