La Gergogne est une petite rivière française, affluent, à l'origine, de l'Ourcq en rive droite, puis du canal de l'Ourcq dès sa mise en service. Elle coule, du département de l'Oise en amont à celui du département de Seine-et-Marne en aval, soit de la région Hauts-de-France à la région Île-de-France. Son cours est entièrement dans l'ancien pays de Multien situé au nord de la ville de Meaux.
Géographie La longueur de son cours est de ..
Cours La Gergogne prend sa source entre la ferme de Gueux et le hameau de Poix sur le territoire de la commune de Bouillancy, à . Elle coule globalement du nord-ouest vers le sud-est..
Elle descend d'abord vers le sud jusqu'au-delà de Réez-Fosse-Martin. Elle oblique à l'est-sud-est (azimut : 106°, conservé jusqu'au confluent), pour se diriger vers le territoire d'Acy-en-Multien qu'elle traverse au sud. Elle longe ensuite le village de Rosoy-en-Multien, toujours au sud, puis sert de limite entre les territoires de Rouvres et de May-en-MultienGraves, Louis, Précis statistique sur le canton de Betz, extrait de l'Annuaire de 1851, BnF, . Plus loin, elle atteint la vallée de l'Ourcq et conflue alors avec le canal de l'Ourcq sur le territoire de cette même localité à . L'ancienne jonction, à , sur la rivière d'Ourcq, se situe tout près du château de Gesvres-le-Duc sur la commune de Crouy-sur-Ourcq.
Son profil altimétrique moyen a une pente de .
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De nombreuses sources ou anciennement « fontaines » augmentent le volume des eauxOn peut compter onze sources sur le site de Géoportail, en suivant le cours de la Gergogne ; sur Bouillancy, on trouve les fontaines du « Marais » et du « Château » puis sur Acy la fontaine aux « Hérons », celle dite de « Vincy » et la fontaine « Salée » ; sur Rouvres, rive gauche, les sources du « Bois-Gauthier », de « Migny » et de « Mitry » source : Graves,op. cit., ; rive droite, sur May-en-Multien, la Gergogne passe au pied d'un lieu-dit « Les Neuf Fontaines » où les sources sont collectées pour alimenter une cressonnière.. Des étangs (au nombre de 9) et des cressonnières (au nombre de trois à l'origine, mais une seule en exploitation aujourd'hui) se découvrent vers ses abords.
On trouve aussi, près de son lit, deux stations de pompage et deux stations d'épurationInformations de novembre 2013.
Bassin versant thumb|300 px|La Gergogne, entre Grivette et Thérouanne, carte de 1620. Le bassin versant de la Gergogne est en fait un bassin élémentaire du bassin versant de l'Ourcq.
En l'absence de données précises, le bassin élémentaire est estimé à estimation faite avec l'outil de calcul de surface entre points limites du bassin versant de : Géoportail. Celui de l'Ourcq est de , soit un rapport de 4,6 %.
Géologie La géologie est celle du Multien, pays du bassin parisien, bassin sédimentaire tertiaire. La source de la rivière « a son niveau dans les argiles qui servent de base au calcaire d'eau douce moyen, tandis que les sources du fond de la vallée proviennent des argiles interposées dans les sables glauconieuxGraves, Louis, Précis statistique sur le canton de Betz, extrait de l'Annuaire de 1851, BnF, . ».
Communes et cantons traversés Dans les deux départements de l'Oise et de Seine-et-Marne, le Gergogne traverse six communes et deux cantons.
Les communes traversées, de l'amont vers aval sont : Bouillancy (source), Réez-Fosse-Martin, Acy-en-Multien, Rosoy-en-Multien, Rouvres-en-Multien, May-en-Multien (confluence).
Soit en termes de cantons, la Gergogne prend source dans le canton de Betz, conflue dans le canton de Lizy-sur-Ourcq, le tout dans les deux arrondissement de Senlis et arrondissement de Meaux.
Organisme gestionnaire
L'organisme gestionnaire, pour la Gergogne, est le SIE Gergogne ou
Affluents Le Gergogne n'a pas d'affluent référencé. Rang de Strahler Donc son rang de Strahler est de un.
Hydrologie Il n'existe pas de station pour mesures hydrologiques sur le cours de la Gergogne. Le débit n'est donc pas connu. À la mise en eau du canal, la part de la Gergogne était de , soit un débit spécifique de Rapport d'une commission spéciale d'ingénieurs du corps royal des ponts et chaussées sur la situation des travaux du canal de l'Ourcq, imp. royale (Paris), 1819, ; Hyacinthe Langlois, Nouveau dictionnaire universel, usuel et complet de géographie moderne, volume 3, Paris,1830, ..
Les fluctuations saisonnières, sans être chiffrées, peuvent ressembler à celles de la Thérouanne, sa rivière sœur, représentées ici :
Son régime hydrologique est dit pluvial océanique. Climat
Crues Il n'existe pas de crues très importantes. Les étangs servent de tampon. Néanmoins, il a pu être constaté deux crues exceptionnelles dues aux orages pendant le mois d'Graves, op. cit. (effet sensible depuis Bouillancy jusqu'aux approches de Rosoy) et le (notamment à Rosoy, où des murs ont été emportés. Toute la vallée après le village, au lieu-dit « Chantereine » était sous les eaux).
Étymologie vignette|« La Jargonne » au lieu-dit « la Fontaine de Migny », 1609.
La Gergogne, Jergogne ou Jargogne peut signifier « eaux qui gargouillent ou qui gazouillent ». Jargogne remonte à un type *Gargonnia, avec un premier élément qui peut être le même que dans « gargouiller » : jargoillier « (des oiseaux) « gazouiller » et « gargouille » anc. gargoule « conduit pour l'écoulement des eaux », d'une racine indo-européenne *garg- ou onomatopéique garg- que l'on retrouve dans « gargariser », « gargarisme ». L'évolution régulière en français est jarg- (comme GARDINU) jardin ; le second élément est une finale hydronymique : ouna ou unna « eaux »Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise ; voir aussi Albert Dauzat, Gaston Deslandes, Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de rivières et de montagnes en France, 1982, .
Histoire La rivière vignette|La vallée, zone marécageuse avec étangs naturels, 1598 (représentation approximative).
À l'époque romaine, la région défrichée s'arrête à la hauteur de Réez-Fosse-Martin, sur la rivière. Au nord se trouve la forêt de Retz, dont la limite reculera pour devenir, plus tard, la forêt de Villers-CotterêtsGraves, op. cit. .
Au Moyen Âge, pour passer la rivière qui serpente dans une vallée marécageuseEtymologiquement, le nom de Rosoy vient de roseau ; voir aussi l'ancienne carte, approximative, de 1600 ; on y remarque encore des étangs naturels., des gués sont aménagés et empierrés. Tel est probablement le cas de l'ancien gué de Rosoy-en-Multien, sur l'ancienne route de Paris à La Ferté-MilonGraves, op. cit. , au lieu-dit le « Cailloti ».
En ces temps-là, les premiers moulins hydrauliques sont construits sur le cours de la rivière. On trouve une trace écrite de l'existence d'un moulin à Rosoy, dans un document de 1250Longnon, Auguste, Rôles des fiefs du comté de Champagne : sous le règne de Thibaud le Chansonnier (1249-1252) / publiés d'après les minutes conservées au trésor des Chartres par Auguste Longnon, Paris, H. Menu, 1877, , 121.. Le cours de la rivière est aussi transformé. À Acy-en-Multien, l'ancien lit passait plus au nord du village ; on creuse un lit artificiel au sud, on monte des fortifications, on établit des ponts-levis aux portesCes anciennes fortifications, détruites ont été relevées en 1542.. Il n'en reste rien au , l'ancien lit est asséchéGraves, op. cit., ..
En 1540, sous François Ier, la rivière sert de limite méridionale à la gruerie de Nanteuil, entre sa source et Acy, « en vertu d'un procès-verbal de M. Mille commissaire, député par le Conseil d'État pour faire cette délimitation. ».. Plus tard, en 1609, un plan de la gruerie montre d'une façon imagée des détails du cours de la rivière, des villages aux abords, des moulins et des bornes de la dite gruerie. On peut constater sur ce document la présence de certains hameaux, tels Migny et Tresmes, qui en 2010, ont complètement disparu depuis longtemps.
Au , est creusé un canal déversoir pour le moulin de Rosoy dont les murs datent au plus tard du . Au cours du , la rivière et ses abords, en aval du moulin, seront transformés en un parc « à l'anglaise » du « Nouveau Château » de Rosoy. Le moulin, les deux bras de la rivière, et son aménagement existent toujoursPour le moulin et son déversoir, voir la page Rosoy-en-Multien.. Le moulin dit d'Anibray, plus loin, sur le territoire de May-en-Multien, est lui aussi pourvu d'un grand canal d'alimentation. Ces constructions subsistent elles aussi actuellement.
250px|vignette|droite|Château de Gesvres ; en 1732, la Gergogne, seule, alimente les fossés.
Au , la Gergogne sert à alimenter les douves du Château de Gesvres-le-Duc. Le château, propriété de la famille Potier, est construit au début du . Situé sur un terrain marécageux, il est assaini ; y sont creusés alors des canaux alimentés par la rivière d'Ourcq. Mais, en 1732, le duc d'Orléans intercepte les eaux de la rivière pour alimenter « le canal des Ducs » - ancêtre du canal de l'Ourcq. Ce canal doit conduire les bois de la forêt de Villers-Cotterêts à Paris ; les fossés du château ne sont plus alimentés. Le duc de Gesvres s'adresse alors à un ingénieur hydraulicien du roi qui fait ouvrir un lit pour recevoir les eaux de la GergogneLes eaux de la Gergogne ont été captées uniquement à la fontaine de Mitry ; des traces d'un aqueduc, en partie souterrain, ont été retrouvées, vers 1980, au passage sous la route de May-en-Multien à La- Ferté-Milon. : « après un canal de bois, et de cascade en cascade l'eau allait tomber dans les avant-fossés... et dans une immense pièce d'eau qui alimentait le parc, renouvelant l'eau toutes les 24 heures »Christian de Bartillat, Un champ de bataille et de blé..., Paris, 1974, .. Le château initial est rasé à la Révolution, mais ses fossés et quelques bâtiments existent toujours.
Au , l'évènement est la construction du canal de l'Ourcq. Envisagé depuis bien longtemps, les travaux durent de 1802 à 1825. Au-delà de Crouy-sur-Ourcq, le canal suit le cours de la rivière à quelques centaines de mètres, rive droite. Il croise le lit originel de la Gergogne et les eaux de cette dernière vont être confisquées. Elles alimenteront dès lors, ce « canal de petite navigation ». L'apport de ce petit affluent n'est pas négligeable : « Dans la quantité de 12 637 pouces d'eau [qui arrivent à Saint-Denis], la rivière de l'Ourcq n'en fournit que 5 480 pouces ; la Collinance en donne 592, la Gergogne en donne 838, la Thérouanne 592, et la Beuvronne 977. »Rapport d'une commission spéciale d'ingénieurs... sur la situation des travaux du canal de l'Ourcq. op. cit..
De petits ouvrages d'art sont réalisés à hauteur du nouveau confluent : réservoir-tampon, déversoir avec vanne de fond, un pertuis à poutrelles pouvant servir de batardeau et un aqueduc pour le passage sous le canalGraves, op. cit. . La navigation sera ouverte de Saint-Denis à Mareuil-sur-Ourcq en 1822.
Toujours au , en 1814, le 2 et , pendant la Campagne de France, de violents combats opposent Français et coalisés commandés par Blücher, vers le pont de Gesvres-le-Duc à la confluence de la Gergogne et sur les premières pentes menant à May-en-Multien. Les coalisés perdent là près de face à Marmont descendant de May avec ses fantassins ; momentanément vaincues, les troupes coalisées reculeront alors vers Varinfroy..