thumb|upright=2|alt=Les différents stades de vie des moustiques|Les différents stades de vie chez les Culicidae.

Le cycle de vie de l'insecte ou cycle de développement de l'insecte passe par plusieurs stades de transformations physiques appelés . Les stades larvaires et nymphaux ne sont pas présents dans ce cycle chez tous les insectes.

La reconnaissance visuelle de certains stades comme celui d'œuf, de larve ou d'adulte est relativement aisée. La différenciation entre les derniers stades de transformation présents, c'est-à-dire entre le stade nymphal, pupal ou celui, très primitif, de subimago est plus complexe à l'observation externe. D'autres, enfin, comme le stade pronymphal ou le stade prénymphal, tous deux faisant partie du stade larvaire, requièrent une approche scientifique basée sur la méthode des différences.

Il existe chez les insectes deux types de développement. Un direct avec une morphogenèse progressive ou un indirect avec une morphogenèse par métamorphose.

Biotopes de développement Les insectes se sont adaptés à des biotopes très variés. Ils sont capables de vivre, selon les espèces, sous quelques centimètres d'eau comme à des altitudes dépassant les , tel Anopheles funestus, D'autres, étant xérophiles tel Onymacris unguicularis, sont adaptés à l'hyper-aridité. D'autres encore, tels les membres de la famille des Carabidae, étant psychrophiles, sont capables de réduire leur volume d'eau et de synthétiser du glycérol. Certains, telles les espèces de l'infra-ordre Terebrantes, sont radiorésistants.

Tous sont capables, à n'importe quel stade de leur cycle de vie, de mettre leur métabolisme en diapause lorsque les conditions environnementales sont défavorables à leurs besoins physiologiques.

La majorité des adultes vivent dans un écosystème aérien même si leur larve et leur éventuelle nymphe est dulcicole comme celles des Culicidae ou des Odonata qui, vivant sous la surface de l'eau, respirent par une papille anale ou celles des Simulium qui possèdent deux branchies. Environ 30 % des espèces dépendent, leur vie entière, d'un milieu aquatique tels les Belostomatidae. Certains, tel Halobates sericeus, sont même adaptés à un milieu marin.

Types de développement Le développement peut être direct et consiste alors principalement en un processus de croissance accompagné de transformations parfois appelées ou être indirect et comporte alors une métamorphose aussi appelée qui se produit au stade nymphal.

+Types de développement post-embryonnaire Type À l'éclosion Nymphe Morphogénèse Développement Amétabole juvénile non progressive direct Paurométabole Hémimétabole larve Holométabole oui métamorphose indirect

Stade embryonnaire La plupart des insectes sont ovipares. Cependant, certains, comme les pucerons sont vivipares et d'autres, comme les blattes, sont ovovivipares.

Oviparité Lors de l’oviposition, la femelle pond ses œufs soit isolément soit en grappe sur un substrat qui servira de nourriture à la larve soit sur l'eau ou sur un support la surplombant ; l'eau servant alors de repaire à la larve. L'air ou eau sont aussi les terrains de chasse des espèces dont la larve ou le juvénile est zoophage. Chez les insectes entomophages dont la larve est parasitoïde, le substrat est l’œuf (parasitoïde ovolarvaire) ou la larve (parasitoïde larvaire) d'un autre insecte ; c'est le cas, entre autres, chez les cicadelles ou dans la super-famille des Chalcidoidea.

Les œufs déposés en grappe peuvent être enfermés dans une oothèque protectrice qui est abandonnée sur place, comme chez la mante religieuse, ou, comme dans la sous-famille des Belostomatidae, transportés, sans autre protection que leur chorion, sur le dos du mâle. Déposées sur l'eau, les grappes d’œufs sont appelées .

La couleur de l’œuf oscille d'une valeur blanche plus ou moins translucide, comme chez les espèces dont les larves sont lucifuges, aux couleurs les plus variées.

Sa forme varie généralement entre une forme ovoïdale classique et une forme oblongue. Cependant, des apparences très variées se rencontrent dans le sous-ordre des Ditrysia ; elles peuvent prendre la configuration d'une poire (dans le genre Colias), d'une amphore ou d'une carafe (dans la sous-famille des Ennominae), voir d'un disque (dans la sous-famille des Geometrinae). Le seul point commun à tous est la présence d'un micropyleLe micropyle est un orifice dans l'ovule par où pénètre le spermatozoïde. Dès fécondation, ce micropyle se referme empêchant l'entrée d'un autre spermatozoïde. C'est aussi par cet opercule que la larve ou le juvénile sort de l’œuf..

La plus grande longueur d'un œuf est dépendante de la taille de l'adulte. Elle peut varier entre environ , comme chez le pou, et environ , comme chez le dynaste Hercule.

Les œufs possèdent souvent leur propre moyen de défense contre les prédateurs. Ainsi dans le sous-ordre des Heteroptera, ils possèdent une couronne de glandes exocrines produisant une substance malodorante ; dans l'ordre des Lepidoptera, ils contiennent les toxines ingérées par les adultes.

Ils ont aussi la particularité de pouvoir se placer en diapause lorsque les conditions environnementales sont défavorables. Ainsi, les œufs de la famille des Culicidae peuvent survivre plusieurs mois en sous activité métabolique alors que, dans les conditions optimales, ils éclosent en .

Viviparité Les embryons se développent à l'intérieur de la mère. Celle-ci donne naissance à des juvénilesUn juvénile est un individu très semblable à l’adulte en termes de morphologie, d’anatomie, de physiologie, de mode et de milieu de vie mais reste en période de croissance. Un juvénile est incapable de se reproduire. qu'elle aura nourris jusqu'à la parturition comme chez le puceron.

Ovoviviparité Comme pour la viviparité, les embryons se développent dans le corps de la mère mais sans relation nutritive avec celle-ci. Ici aussi, la parturition fait apparaître des juvéniles.

La femelle de l'ordre des Blattaria a la particularité d'enfermer sa ponte, entre selon l'espèce, dans une oothèque qu'elle conserve pendant quelques jours à l'intérieur de son tractus génital avant de l'éjecter en partie et de la transporter à l'extérieur de son abdomen. La parturition dépend du moment ou l'insecte abandonne cette oothèque : après quelques jours chez la Blatte américaine, après environ une centaine de jours chez la Blatte germanique.

Stades de spécification vignette|upright|alt=Dessins des cinq stades de juvénile et du stade adulte|Les cinq stades juvéniles et le stade imaginal de Melanoplus sanguinipes.

Stade juvénile Les amétaboles et les paurométaboles passent par un stade de juvénile. Ces juvéniles vivent dans le même biotope que les adultes et leur mode de vie (hormis la reproduction) est identique.

Amétabole Les amétaboles, du grec ancien qui signifie « sans changement » (par la combinaison du () privatif et de () « changement »), se caractérisent par un juvénile semblable, à la taille près, à l'adulte. Le développement s'effectue durant les mues de croissance dont la dernière apporte la maturité sexuelle. Les deux ordres amétaboles sont les Archaeognatha et les Zygentoma, tous deux aptères.

Paurométabole Les paurométaboles, du grec ancien (« petit ») et (« changement »), n'ont pas non plus de stade immobile entre le juvénile et l'adulte. Le juvénile ressemble à l'adulte à l'exception de la taille, des ailes et du genitalia qui se développent de manière progressive lors des mues de croissance. Les deux principaux ordres paurométaboles sont les Orthoptera et les Dermaptera, tous deux ailés.

Stade larvaire Les hémimétaboles et les holométaboles passent par un stade larvaire.

Les stades larvaires sont : la pronymphe : c'est le premier stade larvaire après l'éclosion pendant lequel la larve est peu active et ne se nourrit pas par elle-même. La cuticule ne possède pas de sclérites, les pattes et autres appendices sont, proportionnellement par rapport au reste du corps, plus courts que dans les stades larvaires suivants. Ce stade dure entre quelques minutes et et se termine par la première mue de croissanceChez les apidés, ce stade dure tant que la larve est nourrie avec de la gelée royale, soit trois jours pour toutes les larves et deux jours supplémentaires pour les futures reines. ; les métamorphoses progressives : ces mues de croissance s'opèrent schématiquement selon un processus de mue identique et sont déclenchées par deux hormones : l'ecdysone produite par la glande de mue et l'hormone juvénile () produite dans le corps allate. Ces métamorphoses, au nombre de trois dans la famille des Culicidae et au nombre de cinq chez certaines espèces de l'ordre des Lepidoptera, rythment les différents stades larvaires appelés (pour le stade pronymphal) à (si trois mues) ou (dans les cas avec cinq mues). Chez les espèces dont l'imago femelle est aptère alors que celui du mâle est ailé, comme dans la super-famille des Coccoidea, supplémentaires, induisant l'apparition des ailes, sont nécessaires pour le mâle par rapport à la femelleCe n'est pas le cas chez les formicidés où le sexe dépend de la fécondation ou non de l’œuf. Le mâle étant issu d'un zygote haploïde. ; la prénymphe ou la prépupe : qui est la fin du dernier stade larvaire avant le stade nymphal ou le stade pupal chez les holométaboles. La larve cesse de se nourrir et, pour certaines espèces, commence à confectionner son cocon. Ce dernier peut être réalisé avec des éléments du substrat agglomérés grâce à la bave produite par les glandes salivaires ou, comme chez Bombyx mori, confectionné uniquement de cette bave. C'est au cours de ce stade que la faculté de régénérer une amputation de patte disparait complètement ; la métamorphose de puberté : qui marque la fin du stade larvaire et le début du stade pubertaire particulier.

Hémimétabole Les larves des hémimétaboles, du grec ancien (« à moitié ») et (« changement »), ont un mode de vie comparable à celui des adultes et, ne passant pas par un stade nymphal, font partie, tout comme les paurométaboles, des hétérométaboles. Elles sont aptères (même si des ébauches d'aile apparaissent au fur et à mesure des métamorphoses progressives) et sont hexapodes comme les adultes.

Holométabole Le mode de vie des larves holométaboles, du grec ancien (« entier ») et (« changement »), est différent de celui des adultes, certaines larves sont zoophages alors que l'adulte est phytophage, elles sont aptères et passent par un stade nymphal.

Les moyens de locomotion sont variés. Si la plupart des larves sont munies de trois paires de pattes uniramées, d'autres, comme les chenilles, possèdent, en plus, quatre paires de fausses pattes abdominales et une fausse patte anale ou, comme Stegobium paniceum, une ventouse ventro-abdominale. D'autres sont apodes ; c'est le cas des moustiques qui se déplacent dans l'eau par saccades grâce à des tortillements de l'abdomen (les soies garnissant les côtés du thorax et de l'abdomen ne servant que de balanciers) ou des asticots qui se meuvent par reptation.

Certaines de ces larves portent un nom vernaculaire particulier : asticot dans l'infra-ordre des Muscomorpha, chenille dans l'ordre des Lepidoptera, ver à soie chez Bombyx mori, ver blanc dans la sous-famille des Melolonthinae, ver de farine chez Tenebrio molitor, ver gris dans la super-famille des Noctuoidea.

Stades pubertaires particuliers Aussi appelés , ils débutent par une mue nymphale et se terminent par une mue imaginale. Les stades de nymphe et de pupe chez les holométaboles et de subimago dans la famille des Ephemeridae constituent, non seulement la dernière mais aussi, une métamorphose . La pupe se différencie des deux autres formes nymphales par le fait que la métamorphose s'effectue au cours d'un processus comprenant toutes les étapes de la mue sauf l'exuviation.