La colline de Bourlémont est un sommet du massif des Vosges culminant à d'altitude, situé au-dessus de la commune de Ronchamp dans la vallée du Rahin en Haute-Saône et région Bourgogne-Franche-Comté.

Intégrée dans le parc naturel régional des Ballons des Vosges, elle est aujourd'hui connue pour le tourisme culturel et pédestre grâce à son patrimoine religieux (chapelle Notre-Dame-du-Haut œuvre de l'architecte franco-suisse Le Corbusier, le campanile de l'architecte français Jean Prouvé, le couvent de l'architecte italien Renzo Piano) et minier (chevalement du puits Sainte-Marie de l’architecte belge Charles Tournay), inscrit et classé au titre des monuments historiques avec le label . La chapelle est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Toponymie vignette|gauche|La colline apparaît sur la carte de Cassini.

La carte de Cassini, établie au , fait mention de la colline sous l’appellation indiquant la présence d'une localité fortifiée. Au début du , le nom de la colline est écrit ..

Géographie vignette|La colline dominant Ronchamp (1920).

Situation La colline de Bourlémont est située au sud du massif des Vosges, dans le département de la Haute-Saône et la région française de Bourgogne-Franche-Comté. Elle domine la commune de Ronchamp, qui s'étend au pied de son flanc sud et d'où partent ses seuls accès routier (rue de la Chapelle) et pédestre (chemin de croix). Elle fait partie du paysage du bassin minier de Ronchamp et Champagney.

Accès et voies de communications L'accès routier au sommet se fait uniquement par le versant sud-est par la rue de la chapelle qui part du centre de RonchampPlan sur Google Maps..

Ces voies contournent le massif, elles sont souvent bordées de maisons. La RD 619 (avenue de la République) passe au pied du flanc sud de la colline, tout comme la voie ferrée de Paris à Mulhouse et la gare de Ronchamp, située non loin du cimetière. À l'est se trouvent la rue du Stand et le chemin du Vessoux ; au nord, la rue Henry Guyot et la rue des Parisies ; enfin, la rue de Mourière passe sous le versant ouest.

Le chemin de croix est le sentier pédestre le plus connu et le plus utilisé pour accéder au sommet, mais il existe également d'autres chemins forestiers sur la colline. Le GR 59 et le sentier des Ducs passent sur le flanc est de la colline.Carte des randonnées pédestres en Rahin et Chérimont par la Communauté de communes Rahin et Chérimont..

Topographie vignette|gauche|Carte topographique de la colline de Bourlémont.

La colline culmine à une altitude de , elle est donc plus haute que le centre de Ronchamp (), qui se trouve à son pied.. Son sommet, très arrondi, est presque plat sur moins de deux hectares. La colline est isolée dans le paysage et domine donc tous les environs ; elle est visible jusqu'à plusieurs kilomètres à la ronde.. Alors que les versants nord, ouest et sud sont assez abrupts, le versant oriental est en revanche caractérisé par un pendage plus doux, marqué par des sommets secondaires, et se termine par des petites buttes au niveau du hameau de la Houillère.

Géologie thumb|upright|alt=Dessin schématisant les couches géologiques en coupe sous Ronchamp.|Coupe géologique de la colline :H : terrain houiller supérieur ;dm : terrain métamorphique ;µ : porphyrite augitique.

La colline est essentiellement constituée de grès rouge vosgien, daté du Permien. Elle est également composée d'argilite, de quartzite et de schiste (présence du bassin houiller stéphanien sous-vosgien).

Le charbon du secteur a entamé sa formation il y a 300 millions d'années, pendant le carbonifère. La transformation des débris végétaux a eu lieu sur une période de 20 millions d'années pour former de la houille. Pendant cette phase, les sédiments organiques se rassemblent dans une cuvette et sont recouverts par des alluvions..

Le sol de la colline est essentiellement composé de conglomérats de l'Autunien.

Climat La colline subit une double influence climatique océanique et semi-continentale. Les températures hivernales sont très basses avec un enneigement assez important, tout comme la hauteur annuelle de précipitations. Les vents sont réputés pour être soutenus ; la plupart du temps il s'agit de la bise....

Faune et flore

La colline se situe l'étage collinéen du massif des Vosges. En raison de sa faible altitude et de sa faible superficie, sa faune et sa flore ne se distinguent pas particulièrement des autres collines des environs qui correspondent aux forêts de feuillus typiques de la région.

Histoire De l'Antiquité au Un temple romain existait au sommet de la colline pendant l'Antiquité. En 1092, une église catholique, construite au même endroit, est confiée à l'abbaye bénédictine Saint-Vincent de Besançon. En 1227, un document fait mention de la appartenant à Henri de Ronchamp, vassal du fief d'Aymon de Faucogney. Il s'agit d'un château fort construit au Moyen Âge sur le flanc de la colline, dont il ne reste aucune trace au ... Au , une potence est présente sur le flanc sud de la colline, il sert alors à la pendaison des condamnés à mort de la seigneurie. Des vestiges des pierres de soutien sont toujours visibles au .

Pendant la guerre de dix ans, Girardot de Noseroy, seigneur de Beauchemin et alors intendant général des armées de la Comté, passe par la colline où ses armées s'y désaltèrent et tente de construire un fort. Mais ils ont abandonné cette idée à cause du coût d'entretien de la garnison et des mauvaises conditions climatiques (températures basses et vents forts notamment).

Du au vignette|Une carte indiquant la présence d'une chapelle au sommet de la colline en 1779.

Au début du , la chapelle de la colline est la seule église paroissiale de la commune de Ronchamp et des hameaux qui l'entourent (Recologne, Mourière, la Selle et le Rhien), qui sont dispersés de part et d'autre de la colline. Le , l'église est visitée par le doyen, qui estime que l'édifice est en mauvais état, qu'il est mal placé et inadapté à l’accueil des fidèles.. Les paroissiens entreprennent alors des travaux de réparation en 1719, qui visent essentiellement à mettre le bâtiment hors d'eau. Mais l'archevêque de Besançon estime que cette rénovation ne changera rien à la situation et décide la construction immédiate d'une nouvelle église au centre de Ronchamp. Les habitants de Ronchamp et de Recologne sont favorables à ce transfert, contrairement à la population des autres hameaux qui voit son trajet allongé. Cette église est construite en 1751 au bord du Rahin. Elle est rasée en 1864, en raison de l'accroissement de la population, pour être remplacée par un nouvel édifice plus spacieux et construit dans un style néogothique. L'ancienne église devient alors une simple chapelle dédiée exclusivement au culte de la vierge. Sa cloche est restaurée en 1790.

Pendant la Révolution française, la chapelle change plusieurs fois de mains. Le , elle est adjugée à Jean-Jacques Marsault, un habitant de Ronchamp pour . Mais cette propriété lui est ensuite retirée pour être revendue à Claude François Billy, un négociant de Luxeuil-les-Bains, le pour . Le , quarante-cinq pères de famille vivant à Ronchamp se cotisent pour récupérer la chapelle à un prix de . En 1801, la chapelle redevient un lieu de culte public, cependant, le lieu reste une propriété privée surveillée par un gardien. Le , après des discordes entre les propriétaires et les autorités religieuses, le maire ordonne le renvoi du gardien et la création d'un vicariat pour administrer la chapelle sous l'autorité du curé.

Du au vignette|upright|gauche|Le sanctuaire de la Vierge, achevé en 1857.

Un nouveau sanctuaire est construit, accolé à l'église, entre 1844 et 1857 sous l’impulsion de l'abbé Vauchot. Ce bâtiment, en forme de croix grecque et mesurant de long sur 15 de large, est relié à l’ancienne chapelle par une grande percée ogivale dans son aile gauche. L'éclairage est assuré par quatre fenêtres. La toiture est formée par cinq charpentes effilées surmontées par des statues en fonte dorée représentant quatre séraphins et une autre en bois recouverte de zinc représentant la Vierge. En 1846, le cimetière de Ronchamp est implanté sur le flanc sud de la colline. Le a lieu le plus grand pèlerinage de tous les temps, où venues de Franche-Comté, d'Alsace et de Lorraine ont visité la chapelle. Le maintien de l'ordre est assuré par quarante gendarmes mobiles de Belfort..

Un chemin de croix, composé de quatorze stations (matérialisé par des pierres taillées équipées de croix en bois), est construit en 1890, il est la voie la plus utilisée par les randonneurs et les pèlerins pour accéder au sommet de la colline et à la chapelle. Deux stations, les croix en bois des autres, ainsi qu'une croix en fer disparaissent par la suite.. Dans les années 1880, un petit chalet est construit à proximité de la chapelle, il est transformé en maison d’habitation dans les années 1920 avant de devenir la résidence secondaire du propriétaire de la filature Murat de Ronchamp. Le bâtiment est occupé jusque dans les années 1970, avant de tomber en ruines.

thumb|alt=Photo en noir et blanc de petits bâtiments, avec grande cheminée et tour pyramidale en bois fermée au pied de la colline de la chapelle Notre-Dame-du-Haut.|Les anciennes installations du puits Sainte-Marie vers 1884.

Vers 1830, un sondage est creusé par les houillères de Ronchamp au sommet de la colline, il rencontre le terrain houiller mais pas de couche de charbon. Trois décennies plus tard, un puits de mine est creusé de 1864 à 1866 sur le flanc sud de la colline le long de la route qui mène à la chapelle. Ce puits, nommé , rencontre les limites occidentales du gisement houiller. Après des recherches infructueuses, il sert de puits d'aérage général jusqu'en 1896, date à laquelle les trois derniers puits du centre bassin (Saint-Charles, Notre-Dame et Saint-Joseph) ferment. Le site est alors laissé à l’abandon et tombe en ruines..

La est créée le par l'archevêque de Besançon. Son but est de promouvoir et de répandre le culte de la Sainte Vierge, notamment par le biais d'un journal, L’Écho de Notre Dame du Haut..

Le samedi , un orage accompagné de grêle éclate au-dessus de Ronchamp. Vers 11 heures, le clocher du sanctuaire, constitué de zinc et dépourvu de paratonnerre, est frappé par la foudre qui déclenche un incendie. Ce sinistre ravage le sanctuaire dont il ne reste alors que les murs de pierre. La petite chapelle est néanmoins épargnée par les flammes grâce à l’intervention rapide des villageois, qui déploient une pompe à eau et construisent un mur de terre pour isoler chacun des deux bâtiments.

Malgré ces événements, le culte est maintenu, mais un nouveau sanctuaire doit être construit. En 1914, l’archevêque approuve le projet de l’architecte Broutchoux qui présente un imposant bâtiment d'un style similaire à la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre. Alors que les travaux sont sur le point de commencer, le projet est suspendu par la Première Guerre mondiale, puis définitivement abandonné à cause de son coût trop élevé. Un nouveau projet voit le jour avec un bâtiment moins imposant et plus harmonieux avec le petit bâtiment qui est conservé. L'édification commence en 1922 pour s'achever en 1925. Les vitraux proviennent de la maison Gaudin, basée à Paris. Les anciennes statues des séraphins et de la vierge sont réparées puis installées sur le nouvel édifice. Dès la fin des travaux, de nouveaux projets voient le jour et sont réalisés seulement quelques années plus tard. En 1930, le petit clocher comtois est démoli pour laisser place à un nouveau, construit dans un style néogothique et mesurant de hauteur. Les murs de l'ancienne chapelle sont rehaussés et modifiés pour adopter la même architecture que le clocher. L'intérieur est entièrement réaménagé en harmonie avec la nouvelle nef. De nouvelles cloches sont installées en 1936.