de Bretagne, dit aussi Pierre de Dreux puis Pierre Généalogie de Pierre De Dreux sur le site Medieval Lands. puis Pierre de Braine, né vers 1187 à Dourdan, mort le 26 ou en mer, est un noble du , d'ascendance capétienne de la maison de Dreux. Comte de Richmond et seigneur de Machecoul, il fut baillistre du duché de Bretagne de 1213 à 1237.
Biographie alt=|gauche|vignette|Sceau et contre-sceau de Pierre de Dreux en 1230, reproduits par Dom Morice.
Origine Pierre de Dreux est né vers 1187 à Dourdan. Il est le second fils de (vers 1154 à Dreux – 28/12/1218), comte capétien de Dreux, de Braine et de Nevers, seigneur de Fère, de Pont-Arcy, de Quincy-sous-le-Mont et de Longueville, et de Yolande de Coucy (vers 1164 à Boves – 18/03/1222). est le petit-fils du roi .
(Voir plus bas le paragraphe Généalogie).
Son surnom de Mauclerc Selon une hypothèse, d'abord destiné à une carrière dans le clergé, Pierre de Dreux y renonce après avoir longtemps étudié aux Écoles de Paris, d'où serait venu son surnom de , c'est-à-dire « mauvais clerc » qu'on lui a attribué après sa mort. C'est en souvenir de cet épisode ecclésiastique qu'il aurait brisé le blason paternel (Échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules) avec un franc quartier d'hermine, réservé notamment au clergé, l'hermine étant un symbole de pureté morale. Cette mode héraldique semble avoir été lancée par son cousin Alexandre de Bourgogne et est assez répandue chez les cadets de grande famille au début du ..
Son surnom de peut aussi faire référence à la relation conflictuelle qu'il entretient avec le haut clergé breton en général et l'évêque de Nantes en particulier. Celui-ci ne veut pas lui céder des terrains appartenant au clergé, qui sont situés sous le tracé de la nouvelle enceinte de Nantes. Son surnom est attesté en latin dès le milieu du et figure dans l'arrêt de Conflans (1341) Selon Auguste Dupouy : est un type de « Dévot anticlérical qui reproche aux prêtres et aux religieux leur cupidité et leur avarice » Histoire de Bretagne Boivin & Cie éditeurs Paris 1941 94..
Fidèle du roi de France Pierre de Dreux est armé chevalier à Compiègne par le roi de France le , jour de la Pentecôte, avec son frère aîné Robert Gasteblé, et le prince Louis, futur .. Cette même année, un accord sous l'égide de Auguste, conclu à Paris entre Guy de Thouars († 1213) et le comte (1151-1212), prévoit les fiançailles de leurs enfants et héritiers respectifs : Alix de Thouars (1200-1221), fille aînée de Guy de Thouars et de Constance de Bretagne (1161-1201), et (1205-1281), le jeune fils d' d'Avaugour et de Adelaïde ou Alix de L'Aigle.
Après la mort d' d'Avaugour le , , peu confiant dans la fidélité et l'autorité en Bretagne de Guy de Thouars, et du fait du jeune âge du fiancé qui n'a que , décide de lui substituer son cousin Pierre de Dreux, âgé de . Un mois plus tard, le , Pierre de Dreux, ainsi fiancé à Alix de Thouars (), rend l'hommage lige pour la Bretagne à Auguste. Le mariage avec Alix de Thouars n'est concrétisé qu'en -, dans les jours qui suivent le débarquement de Jean d'Angleterre (Jean sans Terre) à La RochelleStéphane Morin Trégor, Goëlo, Penthièvre. Le pouvoir des comtes de Bretagne du , Presses universitaires de Rennes & Société d'émulation des Côtes-d'Armor, Rennes, 2010 156-158..
Baillistre du duché de Bretagne
En 1214-1215, Pierre de Dreux, devenu baillistre sous le nom de de Bretagne, affirme son autorité en Bretagne en spoliant le jeune , , fils d', du comté de Penthièvre et de celui de Tréguier, et en réduisant son domaine à la seule petite seigneurie de Goëlo, ce qui entraine un conflit avec le tuteur d'Henri, , qui perdure jusqu'en 1220 « ne laissant à Henri que le Goëllo à peine le sixième de ce qu'il avait auparavant avec comme forteresses Avaugour qui donne désormais son nom à sa famille, Lanvollon et Châtelaudren »..
de Bretagne soutient dans son combat contre l'Angleterre, le roi l'envoie à Damme à la tête de cinq cents chevaliers à la suite de la destruction de la flotte, ensuite il défend Nantes contre Jean sans Terre en et combat avec le fils du roi (futur ) à la bataille de la Roche-aux-Moines le contre Jean sans Terre. Il fait ensuite partie du corps expéditionnaire français qui débarque en Angleterre en 1216 pour aider les barons anglais contre leur roi. Malgré l'échec du prince Louis de France à s'emparer de la couronne, de Bretagne entre en contact avec l'entourage du fils de Jean sans Terre, le futur , au sujet de la restitution de l'Honneur de Richmond, qu'il reçoit en 1218. de Bretagne participe ensuite en 1219 à la prise de Marmande et au siège de Toulouse durant la croisade des albigeois.
Après la mort d'Alix de Thouars (le ), de Bretagne demeure régent (baillistre) du duché de Bretagne, au nom de leur fils, le futur (1217-1286). De retour en Bretagne, il réprime en 1222 une révolte des barons bretons lors de la bataille de Châteaubriant () et récupère le fief de Ploërmel sur (1170-1226), l'héritier de son frère . En 1223-1225, de Bretagne fait édifier un château-fort et une nouvelle agglomération qu'il dénomme Saint-Aubin-du-Cormier, afin de tenir en respect les deux plus puissantes seigneuries du comté de Rennes, Vitré et Fougères.
de Bretagne aide ensuite le nouveau roi de France dans sa lutte contre lors des sièges de Niort et de La Rochelle en 1224. La même année, il met à raison le seigneur de Châteauceaux (aujourd'hui Champtoceaux), en face d'Ancenis sur la Loire, et reçoit du roi ce fief angevin, et en 1226, il accompagne le roi lors de sa dernière campagne dans le midi de la France, il y forme une alliance avec Hugues de Lusignan et Thibaut de Champagne, et quitte la campagne en même temps que ce dernier.
Veuf, Pierre courtise alors Jeanne de Flandre, comtesse titulaire de Flandre et encore mariée à Ferrand de Flandre qui croupit dans les geôles du Louvre après sa capture à Bouvines. Il obtient son accord pour tenter de faire annuler son mariage pour consanguinité par le pape . Ce dernier accède à la demande. Cependant, le roi de France refuse son autorisation au remariage du baillistre de Bretagne avec la comtesse de Flandre, un tel territoire prenant en tenaille le domaine royal lui paraissant dangereux. obtient du pape l'autorisation du remariage de Jeanne et de Ferrand tout en les obligeant à un traité ainsi qu'une rançon" de Bretagne () d'Eric Borgnis Desbordes, éd. Yoran Embanner..
Conflits avec les évêques de Bretagne (1218-1230) de Bretagne mène contre le clergé breton des conflits prolongés, qui sont sans doute à l'origine de son surnom de .
Le premier conflit (1218-1220) concerne l'évêque de Nantes, Étienne de La Bruyère (de 1213 à 1227). Il se produit lorsque Pierre manifeste l'intention d'empiéter sur le domaine de l'évêque pour développer les remparts de la ville et prélever à son seul profit certaines taxes. Étienne de La Bruyère se plaint à la cour pontificale et obtient l'appui de pape , qui somme Pierre Mauclerc de réparer ses torts (), sans résultat. L'évêque de Nantes prononce l'excommunication du baillistre, mais en vain. Il se réfugie auprès de l'archevêque de Tours, dont il est suffragant, qui réitère l'excommunication de Pierre et étend l'interdit à tout le duché de Bretagne (). Cette excommunication est confirmée par le pape le et par les archevêques de Sens, de Tours, de Bourges et de Rouen. Participant alors à la croisade des albigeois, Pierre obtient cependant un sursis à exécution, mais doit finalement se soumettre le en restituant le régaire à l'évêque de Nantes et en réparant les déprédations commises par lui.
Une courte période d'apaisement suit, marquée notamment par la cérémonie de dédicace de l'église de l'abbaye de Villeneuve aux Sorinières, près de Nantes (). Durant cette cérémonie, les corps de Constance de Bretagne (), de Guy de Thouars () et d'Alix de Thouars () sont transférés dans l'église en présence des évêques de Bretagne (sauf celui de Dol), de l'évêque d'Angers et des abbés de douze abbayes cisterciennesLes Abbayes bretonnes, Biennale des Abbayes Bretonnes et Fayard , 474..
Un nouveau conflit éclate en 1225 avec l'évêque de Rennes, là encore au sujet des fortifications de la ville, lors d'une assemblée des États à Nantes le .
Les démêlés reprennent un peu plus tard entre le duc et Josselin de Montauban, évêque de Rennes (de 1224 à 1234), qui reçoit le soutien d'Étienne, évêque de Tréguier (de 1224 à 1237) et de Guillaume Pinchon, évêque de Saint-Brieuc (jusqu'en 1234), au sujet de prélèvements abusifs pratiqués par le clergé paroissial, le « tierçage »Part prélevée par le curé sur les biens meubles d'un défunt : 1/3 si le mort ne laisse ni épouse ni enfant, 1/9 s'il en laisse. et le « past nuptial »Taxe liée au repas de noces.. Les trois évêques et doivent s'exilerC'est au cours de ce conflit que Guillaume Pinchon acquiert les mérites qui selon ses hagiographes sont à l'origine de sa canonisation par en 1247.. Lors de l'assemblée de Redon en 1227, Pierre obtient l'appui des seigneurs laïcs bretons, mais les évêques de évêques de Saint-Malo, Dol, Vannes et Léon, rejoignent leurs collègues exilés. Les sept évêques prononcent de nouveau l'excommunication de Pierre, confirmée par le pape le . Le pape demande l' le et prononce une nouvelle sentence d'excommunication et d'interdit sur la Bretagne le .
de Bretagne est contraint de se soumettre au pape le , après qu'il a été abandonné par ses principaux vassaux, ralliés au roi de France en raison de l'hommage de Pierre au roi d'Angleterre .
Le séditieux (1226-1234) vignette|Pierre complotant avec et .Miniature du . Après la mort du roi , de Bretagne participe, entre 1227 et 1234, avec plusieurs des grands du royaumeEntre autres (1201-1253) et (1185-1249), comte de la Marche., à quatre révoltes contre Blanche de Castille (1188-1252), régente pour le compte de son fils (1214-1270), âgé de .
Le changement d'alliance se profile déjà avant le décès de , lorsque de Bretagne reprend contact avec la cour anglaise et conclut, à Westminster le , un pacte contre les « ennemis communs sur le continent ». Une union entre sa fille Yolande de Bretagne (1218-1272) et le roi (1207-1272) est également envisagée. Lors des deux premiers soulèvements, Pierre se soumet avant que les troupes françaises ne pénètrent en Bretagne et, lors de la paix de Vendôme le , il obtient de conserver les forteresses royales de Saint-James de Beuvron, Bellême et La Perrière que lui avait confiées .
En , la rupture est consommée, lorsqu'il fait hommage pour le duché de Bretagne au roi d'Angleterre à Portsmouth. Le roi d'Angleterre intervient bien en France à partir du lorsqu'il débarque à Saint-Malo et remonte depuis la Guyenne vers la Bretagne, mais se rembarque le , sans combattre, en ne laissant qu'une troupe de à son nouveau vassal Auguste Dupouy Histoire de Bretagne Ancienne Librairie Furne Boivin & Cie éditeurs 96-97.. thumb|left|Georges Rouget : Saint Louis pardonnant à Pierre de Bretagne. vignette|Acte de par lequel les barons français déclarent Pierre Mauclerc coupable de forfaiture envers le roi, lui retirent son fief et délient ses vassaux bretons du serment de fidélité qu'ils lui ont prêté (Archives nationales ; voir transcription sur Wikisource). Traduction dans les Actes de Pierre de Dreux, .