Albert Chabanon, alias Valmy, né le à Marseille et mort à Signes (Var) le , était un résistant français, responsable régional de l'Organisation Universitaire des Mouvements unis de la Résistance (MUR) dans la Région R2La Région 2 de la Résistance intérieure française comprenait sept départements : Marseille, chef-lieu de la région, considéré comme un département à part entière vu son importance, Bouches-du-Rhône, Var, Alpes-Maritimes, Vaucluse, Basses-Alpes et Hautes-Alpes..

Biographie

Les parents d'Albert Chabanon étaient enseignants, son père instituteur à la Belle de Mai et sa mère directrice d'école au Petit Bosquet. Il sera successivement élève au lycée Saint-Charles, ensuite au Lycée Thiers, enfin au lycée Louis-le-Grand à Paris, avant d'être reçu en 1938 à l’École normale supérieure (ENS) de la rue d'Ulm.

Parallèlement à ses études, Albert Chabanon s'engage dans la politique. En 1936, il soutient le Front populaire, mais préfère créer un groupe indépendant de tous les autres partis, « Jeunesse Nouvelle ». Pendant cette période, il publie également plusieurs articles dans Marseille-socialiste, l'organe de la Fédération socialiste des Bouches-du-RhôneRobert Mencherini, « Midi rouge, ombres et lumières, 3, Résistance et Occupation (1940-1944) », p. 506..

Mobilisé en , il suit une formation d'élève officier de réserve (EOR). De retour à l'ENS après sa démobilisation, il crée en le mouvement la Vraie France auquel se joint son camarade normalien Jean-Daniel Jurgensen. En , il soutient une thèse sur « La poétique de Péguy ». À la rentrée 1941-1942, il décide de préparer l'agrégation de grammaire pour devenir professeur de faculté. Mais le , il est arrêté, sur mandat d'amener émis à Marseille, pour « menées communistes »Stéphane Israel, « La guerre totale : vers le drame du 4 août 1944 », chapitre 2 de « Les études et la guerre, les Normaliens dans la tourmente (1939-1945) », Éditions rue d'Ulm, 2005, p. 241-280,..

Malgré l'intervention de Jérôme Carcopino, directeur de l'ENS et ministre de Pétain, il est emprisonné pendant plus d'un an, d'abord à la Santé, puis au Fort Saint-Jean à Marseille. Non réintégré à l'ENS à sa sortie de prison, il est accueilli à l’Étape, institution créée à Cadarache par le RP Albert Aune, frère d'André. Celui-ci le met en relation avec son frère et les membres de Combat. Il adhère alors au MUR dont il devient chef régional de l'Organisation universitaire (OU) et de la section jeunes. Chabanon forme une solide équipe de lycéens et d'étudiants pour diriger l'OU, parmi lesquels on trouve son adjoint René Mariani, Max Loubet, Max Bonjean, Jean Fabre, Guy Fabre, Henri Madon, ainsi que la sœur de ce dernier Germaine Madon, responsable des jeunes filles. Cette équipe qui constitue un véritable « état-major » se réunit chez les Madon au 10 rue Puget, chacun étant chargé d'un secteur (études politiques, militaire, recrutement et organisation, renseignements, diffusion et propagande). Avec l'aide d'André Aune, ils publieront aussi, à partir du , le journal clandestin Le Marseillais. Chabanon en est le directeur et le rédacteur en chefRobert Mencherini, « Midi rouge, ombres et lumières, 3, Résistance et Occupation (1940-1944) », p. 508..

À la suite d'un piège tendu par un résistant retourné, Hugon DesdemainesHugo Desdemaines sera tué le 5 août 1944 par Max Loubat, alias Riviére, membre de l'OU et des Groupes Francs de Marseille., Chabanon est arrêté par la Gestapo le au Bar Pierre place de la Préfecture, en même temps qu'Ernest QuirotMadeleine Baudouin, Histoire des Groupes Francs (M.U.R.) des Bouches-du-Rhône (de septembre 1943 à la Libération), p. 109.. Il sera torturé, puis fusillé à Signes le aux côtés de 28 de ses camarades.

Une voie du de Marseille, la rue Albert Chabanon (ancienne rue Puget), porte son nom et a également une école primaire.

Décorations

à titre posthume ()

Œuvres

« La Poétique de Charles Péguy », Robert Lafont, 1947. « Les critiques de notre temps et Péguy », choix des textes et présentation par Simone Fraisse, Garnier frères, 1973.

Références

Bibliographie Robert Mencherini, « Midi rouge, ombres et lumières, 3, Résistance et Occupation (1940-1944) »Éditions Syllepse, Paris, , Madeleine Baudouin, Histoire des Groupes Francs (M.U.R.) des Bouches-du-Rhône (de à la Libération), Coll. Esprit de la Résistance, PUF, Paris, 1962. Académie de Marseille, Dictionnaire des marseillais, Edisud, Marseille, 2003, Antoine Olivesi « Albert Chabanon » dans «  La Libération », Marseille, la revue culturelle de la ville de Marseille, n° 172 ( 1994), p. 66-69

Lien interne

Charnier de Signes

Liens externes

Site Résistance marseillaise R2 Signes haut-lieu la Résistance provençale Article sur le site Var 39-45. Notice sur Albert Chabanon sur le site du Maitron en ligne.

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