Sous la Restauration, une deuxième réorganisation de l'armée a lieu en 1815 (la première a eu lieu en 1814), par la création des légions départementales.
Les légions départementales étaient des unités d'infanterie de l'armée française aux effectifs équivalents à ceux d'un régiment.
Établies par une ordonnance du Roi datée du , leur mise sur pied s'inscrit dans le cadre d'une réorganisation de l'armée visant à rompre avec l'héritage politico-militaire du Premier Empire.
Historique Licenciement de l'armée napoléonienne L'armée s'étant massivement ralliée à Napoléon lors de son retour de l'île d Elbe, Louis XVIII doit reprendre la route de l'étranger. Juste avant de quitter le territoire français, il publie, le , à Lille, une ordonnance licenciant l'armée. Quelques fidèles le suivent à Gand.
Le , la défaite de Waterloo met fin à la dernière aventure napoléonienne et le , l'Empereur abdique une seconde fois.
Le Louis XVIII est de retour à Paris. Le roi ne pardonne pas à l'armée l'entrain avec lequel les régiments avaient abandonné la cocarde blanche pour reprendre la cocarde tricolore et obéir à l'Empereur. Il maintient son ordonnance du qui licenciait toutes les troupes et veut réorganiser l'armée sur de nouvelles bases qui brisent tous les souvenirs de l'Empire. Ainsi, le , après la soumission au gouvernement royal du maréchal Davout, commandant des forces armées repliée derrière la Loire, le roi dissout et licencie l'armée Impériale par une nouvelle ordonnance royale en date du : .
Le , tous les bataillons de garde nationale sont renvoyés dans leurs foyers, les régiments de tirailleurs fédérés supprimés, les bataillons de militaires retraités sont licenciés et la levée de la conscription de 1815 est suspendue : les conscrits déjà incorporés sont renvoyés dans leurs foyers.
Une ordonnance du maintient le licenciement de tous les régiments de la garde, de la ligne et légers, des bataillons des colonies, des bataillons coloniaux, du bataillon de l'île d'Elbe, des bataillons de chasseurs des Alpes et des Pyrénées et des régiments de la marine.
Seuls restent sur pied les compagnies de vétérans, les bataillons de chasseurs corses et les régiments étrangers, à l'exception du régiment polonais qui doit passer au service de la Russie. Tous les régiments à licencier qui se trouvaient dans les villes du Nord et de l'Est sont dirigés vers la rive gauche de la LoireVictor Louis Jean François Belhomme, Histoire de l'infanterie en France, vol. 5..
Création des légions départementales Par ordonnance du , Louis XVIII crée les légions départementales. L'ordonnance du forma l'infanterie en 87 légions86 légions avec en plus une légion royale étrangère, qui prit la dénomination de Légion Hohenlohe en 1818, qui fut supprimée le 5 janvier 1831 et qui forma à la même date le d'infanterie légère., ayant chacune 2 bataillons d'infanterie de ligne, 1 bataillon de chasseurs à pied, de trois cadres de compagnies formant le dépôt, une compagnie d'éclaireurs à cheval et une compagnie d'artillerie.
Chaque légion prit le nom du département, dans laquelle elle avait été organisée, et un numéro. Chacune d'elles se composait d'hommes nés dans ce même département, à l'exception des officiers. Les légions prirent entre elle le rang des départements où elles avaient été formées. Le numéro d'ordre du département était aussi celui des légions.
Cette institution qui n'eut qu'une très courte durée, ne fut pas entièrement complétée. Toutefois, elle reçut une dernière modification, conformément à l'ordonnance du , par l'adjonction de huit nouvelles légions, créées le de cette même année. C'est ainsi queHistoire de l'armée et de tous les régiments par Adrien Pascal et Jules du Camp T4 page LV du chapitre tableaux : 8 départements eurent 2 légions à 3 bataillons 3 départements eurent 1 légion à 4 bataillons 48 départements eurent 1 légion à 3 bataillons 27 départements eurent 1 légion à 2 bataillons
Corps de troupes royaux et princiers Pendant les Cent-Jours, le roi et les princes avaient fait former un certain nombre de corps de volontaires royalistes dont quelques-uns eurent une assez longue durée et entrèrent dans la nouvelle armée : Le régiment d'infanterie légère, dit régiment de la Couronne, est créé le et composé d'un état-major, d'une compagnie de dépôt et de 2 bataillons à 5 compagnies. fut versé dans le 2e régiment de la garde royale et le dans le 6e régiment de la garde royale . Un second régiment d'infanterie légère, dit régiment du Nord, est créé le à Cambrai et composé d'un état-major, d'une compagnie de dépôt et de 2 bataillons à 5 compagnies. Il forma ensuite la légion du Nord (). Le régiment de chasseurs à pied d'Angoulême, formé à Bordeaux entre les mois d'avril et et composé de 2 bataillons. Réduit le à 7 compagnies, celles-ci furent versées dans la légion de la Gironde (). 2 bataillons de chasseurs des Pyrénées-Orientales, furent formés, le , en Catalogne par le duc d'Angoulême. Ces bataillons entrèrent le dans la composition de la légion royale des Pyrénées qui forma ensuite la légion des Pyrénées-Orientales (). Un corps royal de volontaires de Bretagne, composé de 2 bataillons, fut formé Au mois de mai, lorsque la guerre civile recommença en Vendée. Le entra dans la légion du Morbihan () et le entra dans la légion de la Sarthe (). La légion de Lamballe et le corps de volontaires royaux de Plancoet, dont les éléments entrèrent dans le 5e régiment de la garde royale puis qui furent versées dans les légions de Bretagne. La légion royale de Normandie à 2 bataillons fut commencée en . Comme elle se formait avec difficulté, elle fut licenciée le suivant. Le bataillon étranger de Valespir, levé en Catalogne par le duc d'Angoulême et qui fut licencié le . Le régiment royal de chasseurs à pied de Marie-Thérèse, organisé à 2 bataillons, fin à Montpellier. Le entra dans le 4e régiment de la garde royale et le entra dans la légion de la Haute-Garonne (). Au mois d'avril, 15 compagnies de volontaires royaux avaient été formées à Marseille et d'autres compagnies furent formées dans les villes voisines. Tous ces corps se dispersèrent lorsque le duc d'Angoulême dut partir pour l'Espagne. Ces éléments se rassemblèrent après Waterloo et entrèrent dans les formations suivantes, faites au mois de juillet : Le régiment Royal-Louis à 3 bataillons qui était alors à Aix-en-Provence fut scindé. Le entra dans la légion des Bouches-du-Rhône (), le entra dans la légion du Var () et le entra dans la légion de Vaucluse (). Le régiment royal du Gard à 2 bataillons qui était alors à Nîmes, entra dans la légion du Gard (). Le régiment royal des chasseurs à pied de l'Hérault à 7 compagnies, qui était à Montpellier, entra dans la légion de l'Hérault (). Le corps royal des miquelets de la Lozère, à 8 compagnies, en garnison à Mende, entra dans la légion de la Lozère (). Le corps des volontaires royaux des Côtes-du-Nord, à 7 compagnies, entra dans la légion des Côtes-du-Nord ().
Liste des légions et numéro d'ordre en 1815 Liste des légions départementales avec leur numéro d'ordre, à l'origine, en 1815Les Légions portent le nom et le numéro d'ordre alphabétique de leurs départementsHistoire de l'infanterie en France par Victor Louis Jean François Belhomme T5 page 10 puis leur transformation en régiments d'infanterie. Légion de l'Ain, qui deviendra le 1er régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion de l'Aisne, qui deviendra le régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion de l'Allier, qui entrera dans la composition du régiment d'infanterie de ligne en 1820La légion de l'Allier avait été formée à Moulins avec le fonds du 63e régiment d'infanterie de l'Empire et avec des engagés volontaires Légion des Basses-AlpesUn régiment à travers l'histoire, le , ex- léger Par Henri Victor Dollin du Fresnel à lire en ligne, qui deviendra le 2e régiment d'infanterie légère en 1820 Légion des Hautes-Alpes, qui deviendra le 3e régiment d'infanterie légère en 1820 Légion de l'Ardèche, qui deviendra le 4e régiment d'infanterie légère en 1820 Légion des Ardennes, qui deviendra le 1er régiment d'infanterie légère en 1820 Légion de l'Ariège, qui deviendra le 5e régiment d'infanterie légère en 1820 Légion de l'Aube, qui entrera dans la composition du 4e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion de l'Aude, qui entrera dans la composition du 41e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion de l'Aveyron, qui entrera dans la composition du 5e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion des Bouches-du-Rhônela légion des Bouches-du-Rhône fut formée, en partie, par le de Royal-Louis qui était connu pour son excellent esprit et sa bonne discipline L'Ami de la religion et du roi, Volume 13, qui deviendra le 6e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion du Calvados, qui deviendra le 7e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion du Cantal, qui entrera dans la composition du 8e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion de la Charente, qui deviendra le 42e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion de la Charente-Inférieure, qui entrera dans la composition du 43e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion du Cher, qui entrera dans la composition du 9e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion de la Corrèze, qui entrera dans la composition du 10e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion de la Côte-d'Or, qui deviendra le 11e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion des Côtes-du-Nord (volontaires des Côtes-du-Nord), qui entrera dans la composition du 59e régiment d'infanterie de ligne en 1820 et qui formera le 12e régiment d'infanterie de ligne la même annéeLe fond du 17e régiment de ligne, avec des volontaires royaux de Quintin et de Plancoët du département des Côtes-du-Nord, entrent dans la composition de la 20e légion départementale des Côtes-du-Nord.. Légion de la Creuse, qui deviendra le 6e régiment d'infanterie légère en 1820 Légion de la Dordogne, qui deviendra le 13e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion du Doubs, qui entrera dans la composition du 44e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion de la Drôme, qui entrera dans la composition du 5e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion de l'Eure, qui deviendra le 14e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion de l'Eure-et-Loir, qui deviendra le 45e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion du Finistère, qui deviendra le 15e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion du Gard (Régiment royal du Gard), qui deviendra le 16e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion de la Haute-Garonne ( de chasseurs Marie-Thérèse), qui deviendra le 17e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion du Gers, qui entrera dans la composition du 18e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion de la Gironde (chasseurs d'Angoulême), qui entrera dans la composition du 49e régiment d'infanterie de ligne en 1820 et qui formera le 19e régiment d'infanterie de ligne la même année. Légion de l'Hérault (chasseurs de l'Hérault), qui deviendra le 20e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion d'Ille-et-Vilaine (volontaires de Plancoët), qui entrera dans la composition du 41e régiment d'infanterie de ligne en 1820 , qui formera le 21e régiment d'infanterie de ligne la même année Légion de l'Indre, qui entrera dans la composition du 9e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion d'Indre-et-Loire, qui deviendra le 46e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion de l'Isère, qui deviendra le 22e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion du Jura, qui deviendra le 7e régiment d'infanterie légère en 1820 Légion des Landes, qui entrera dans la composition du 18e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion de Loir-et-Cher, qui entrera dans la composition du 47e régiment d'infanterie de ligne en 1820 Légion de la Loire, qui deviendra le 8e régiment d'infanterie légère en 1820 Légion de la Haute-Loire, qui deviendra le 9e régiment d'infanterie légère en 1820