Virgile (-70 à -19) Virgile (Bucoliques, dixième églogue.) mentionne Aréthuse, la Sicile et Doris : « Permets, ô Aréthuse, ce dernier effort à ma muse champêtre. Que mon cher Gallus ait de moi peu de vers, mais des vers qui soient lus de Lycoris elle-même : qui refuserait des vers à Gallus ? Ainsi puisse ton onde, coulant sous les flots de Sicile, ne se mêler jamais avec l'onde amère de Doris ! Commençons, et chantons les malheureuses amours de Gallus, tandis que mes chèvres camuses brouteront les tendres arbrisseaux. Ici rien n'est sourd à nos chants, j'entends déjà les forêts me répondre. »
Il la mentionne également dans ses Géorgiques où elle fait aussi partie des nymphes marines réunies auprès de Cyrène lorsque son fils Aristée se lamente de la perte de ses abeilles, y étant décrite comme venant "de déposer l’arc et les flèches"Virgile, Géorgiques 4.340. C'est elle qui "la première se lève, et, pour regarder, montre sa blonde tête au-dessus des eaux ; et de loin elle s’écrie : « Ô Cyrène, ma sœur, ce n’est pas en vain que vous vous êtes effrayée de si grands cris : Aristée lui-même, votre cher Aristée, est là triste et pleurant à la source du Pénée votre père, et il vous appelle une mère cruelle. »"Virgile, Géorgiques 4.350
Hygin (-67 à +17) Hygin (Fables, préface, VIII) donne une liste les noms des cinquante Néréides nées de Nérée et Doris ; Aréthuse est l'une d'elles : « Ex Nereo et Doride Nereides quinquaginta […] Arethusa […] » / Hygin, Fables, préface, VIII.Hygin (Fables, CLVII, Neptuni filii) mentionne Abas né de Neptune et de la Néréide Aréthuse : « Abas ex Arethusa Nerei filia » / Hygin, Fables, CLVII..
Strabon (ca -60 à ca +20) Strabon raconte que l'Alphée était censé prendre sa source dans le Péloponnèse puis couler sous terre jusqu'à ce qu'il atteigne Syracuse. Il n'ajoutait aucune foi à ces histoires. Faisant allusion à l'une d'elles, il ajoute : « […] et voici le genre de preuve qu'on fournit : une certaine coupe fut jetée, pense-t-on, dans l'Alphée à Olympie et fut retrouvée dans la fontaine ». Et encore : « […] la fontaine fut colorée par les sacrifices de bœufs à Olympie »..
Ovide (-43 à +17/18) Pour Ovide (Métamorphoses, 5, 494), Aréthuse est une nymphe de la suite de Diane. Elle est aimée par Alphée.
Aréthuse, qui faisait partie de la suite de Diane (Artémis), se baigna dans les eaux du dieu-fleuve Alphée. Le dieu s'éprit d'elle et la poursuivit, métamorphosé en chasseur. Diane changea Aréthuse en une source souterraine qui jaillit à Ortygie. Cependant, Alphée passa sous la mer et mêla ses eaux à celle de la source. Notons que dans une version plus ancienne de cette légende, c'est Artémis elle-même qu'aima Alphée. La déesse lui échappa en se maculant le visage de boue afin qu'il ne la reconnût pas..
Ovide (Métam., V, 487 à 505) : Aréthuse intervient dans la légende de l'enlèvement de Proserpine (Perséphone) par Pluton (Hadès). Elle dévoile à Cérès (Déméter) que sa fille est prisonnière des Enfers.. Puis (Métam., V, 572 à 641) elle raconte à Cérès les raisons de sa présence en Sicile : la passion d'Alphée, l'intervention de Diane (Artémis) et la fuite en Sicile.
Pausanias (ca 115 à ca 180) Pausanias mentionne l'histoire d'Aréthuse et Alphée dans sa description de l'Élide. Il ajoute qu'il ne refuse pas de la croire : « je sais qu'elle est confirmée par le dieu de Delphes. Car, lorsqu'il envoya Archias, le Corinthien, fonder Syracuse, voici comment l'oracle s'exprima : Une île, Ortygie, repose sur l'océan brumeux du côté de Trinacrie, là où les bouillonnement des flots d'Alphée, à son embouchure, se mêlent à la source de l'ample Aréthuse » : V, 7, 2.. Il raconte dans un autre passage l'histoire d'Artémis et Alphée, sans mentionner Aréthuse : VI, 22, 5..
Nonnos de Panopolis (début du ) Aréthuse est citée par le dieu fleuve Alphée dans le chant VI des Dionysiaques de Nonnos de Panopolis. Ce chant raconte le déluge universel provoqué par Jupiter à la suite de la mise à mort de Zagreus (ou Zagrée), personnage orphique dont Dionysos est la réincarnation :
La fontaine Aréthuse
vignette|upright 1.2|La fontaine Aréthuse sur l'île d'Ortygie (Syracuse, Sicile).|alt= La légende s'expliquerait par l'homonymie de deux sources, l'une dans le Péloponnèse (en Élide ou en Achaïe)Pierre Lévêque, Syracuse : les monuments, La Sicile, Presses universitaires de France, « Nous partons pour », 1989, p. 219-242. , l'autre sur l'île d'Ortygie à Syracuse (Sicile). Une autre source du même nom existe au sud de Chalcis (Eubée).
Cicéron.. évoque .
Elle est la source principale d'eau douce de l'île, partageant la nappe phréatique du fleuve Ciane. Elle jaillissait autrefois d'une grotte naturelle.
La fontaine Aréthuse est devenue célèbre. Les poètes modernes y ont fait de fréquentes allusions : Milton (dans Lycidas), Shelley, D'Annunzio, etc. L'amiral anglais Nelson lui-même rendit hommage à sa renommée en y faisant faire eau à ses navires avant de gagner la bataille du Nil en 1798. Dans une lettre datée du 22 juillet, il écrit : « […] grâce à vos efforts, nous avons pu nous ravitailler et faire eau. Nous avons fait eau à la fontaine d'Aréthuse, et la victoire ne peut donc être qu'à nous […] ».
La fontaine actuelle date du . Le bassin était rempli de muges et bordé de papyrus. Elle est séparée de la mer par une digue qui sert de promenade.
Évocations artistiques Peinture vignette|Aréthuse par Auguste Legras (1874).|alt=Nymphe se tenant nue, debout, appuyée sur un rocher 1847 : Aréthuse et Alphée par Léopold Burthe, La Piscine, Roubaix.. 1874 : Aréthuse par Auguste Legras, musée Thomas-Henry, Cherbourg-en-Cotentin.
Sculpture 1732 : Fontaine d'Alphée et d'Aréthuse de Jean-Pierre Defrance, rue du Gros-Horloge à Rouen
Littérature 1895 : Aréthuse, recueil de poèmes d'Henri de Régnier. 2022 : Arethusa Marchetti est le nom de la néréide apparaissant comme personnage secondaire du comic-book Miss Medusa's Monstrous Menagerie de Paul Hanley et Matt FrankMiss Medusa's Monstrous Menagerie sur le site officiel de l'éditeur de comics indie Unlikely HeroesFeuille du personnage sur DeviantArt.
Autres 1930 : La fontaine d'Aréthuse, première pièce des Mythes pour violon et piano de Karol Szymanowski 1951 : Aréthuse, n° 6 des Six métamorphoses d'après Ovide pour hautbois seul de Benjamin Britten. 1949 : La Fontaine d'Aréthuse, film d'Ingmar Bergman
Annexes
Bibliographie Virgile, Les Géorgiques, Livre IV, Traduction Charles Nisard dans Lucrèce, Virgile, Valérius Flaccus - Œuvres complètes, Firmin-Didot Frères, 1868 (p. 216-228). En ligne
Articles connexes Alphée (fleuve) Alphée (mythologie) Île d'Ortygie
Liens externes Images d'Aréthuse dans le Warburg Institute Iconographic Database Aréthuse sur le site Imago Mundi.
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Mythologie grecque de Sicile Arethuse Catégorie:Nymphe de la mythologie grecque Catégorie:Personnage cité dans la Divine Comédie (Enfer) Catégorie:Personnage cité dans les Métamorphoses (Ovide) Catégorie:Syracuse