L'église Saint-Vaast de Saint-Vaast-de-Longmont est une église catholique paroissiale située à Saint-Vaast-de-Longmont, commune de l'Oise. De style roman, cette église est architecturalement plus proche de celle de Rhuis que de celle de Morienval, et sa construction a commencé vers l'an 1100. Elle était associée à un prieuré dépendant du prévôt d'Angicourt et du domaine de l'abbaye Saint-Vaast. Par ailleurs, le patronage de l'église est un indicateur de l'ancienneté de la paroisse. L'église primitive, qui n'était donc probablement pas la première église en ce lieu, se composait d'une nef rectangulaire et non voûtée, d'une première travée de chœur aujourd'hui voûtée d'ogives, moitié moins large que la nef, et d'un chevet en cul-de-four. À l'exception de ce dernier, ce bâtiment s'est conservé jusqu'à nos jours, bien qu'ayant subi quelques modifications. Les premières ont eu lieu quelques décennies après la construction seulement, vers 1120/1130, et ont porté sur l'adjonction d'un bas-côté et d'une chapelle au nord, assez similaire au chœur d'alors. Peu avant le milieu du siècle, les façades nord et sud ont été consolidées par de nouveaux contreforts en leur centre, et le portail a été refait. Puis, vers 1160/1170, le chevet initial a été démoli et remplacé par une seconde travée du chœur, de plan carré également, et un nouveau chevet en hémicycle a été construit. Il se distingue du premier notamment par sa voûte d'ogives quadripartite, et est percé de trois baies. Au , le bas-côté nord a été presque entièrement rebâti, les baies de la façade sud ont été refaites, et un contrefort à l'extrémité sud-est a été reconstruit. Le porche qui dissimule malheureusement pour partie le portail occidental a été ajouté à une époque indéterminée. Ce portail en anse de panier est surmonté d'une quadruple archivolte en pointe-de-diamant, d'une envergure assez importante. Le clocher s'élève au-dessus de la première travée du chœur et est remarquable pour le décor raffiné des baies géminées sur chacune des faces des deux étages supérieurs. Elles présentent des chapiteaux et des colonnettes sculptées. Au premier de ces étages, les baies ont été bouchées en 1669 pour des raisons de stabilité, ce qui ne fut pas favorable à l'esthétique. Le motif en fut sans doute le poids de la flèche octogonale en pierre, entourée de quatre pyramidons aux angles. Le clocher ne contient qu'une unique cloche, datant de 1789. L'église a été classée monument historique par arrêté du ..

Localisation thumb|left|Vue depuis l'est.

L'église Saint-Vaast se situe en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans la basse vallée de l'Automne, sur la commune de Saint-Vaast-de-Longmont. Ce village est le seul dans les environs qui n'obéit à aucune structure donnée ; il a toujours été dépourvu de centre-villeLouis Graves observe en 1834 que le village ne comporte qu'une seule rue, l'actuelle rue Pierre Madame / rue d'En-haut. et s'est développé à partir de plusieurs hameaux insignifiants. Ceci explique en partie que l'église se situe en dehors de toute agglomération, bordée seulement d'une poignée de maisons d'habitation, en lisière de forêt et entourée de terres agricoles. Elle a été bâtie à la retombée du versant nord du plateau du Valois, un peu plus haut que la ville de Verberie, éloignée de seulement cinq cents mètres et visible dès que l'on quitte la place devant l'église vers le nord, par la rue de Blois. Depuis cette place, le chemin de Cappy part vers l'ouest et rejoint la RD 932a, tandis que la rue de l'Égalité part vers l'est pour rejoindre Saintines et la vallée de l'Automne. L'église est entourée par le cimetière de trois côtés, et au nord, elle jouxte l'ancien presbytère qui est devenue une propriété privée. La végétation qui l'entoure cache en grande partie le chevet et plus particulièrement l'absidiole nord.

Histoire

La paroisse de Saint-Vaast-de-Longmont est l'une des premières qui aient été formées dans le Valois. L'on ignore la date de sa fondation, que l'on a tendance à attribuer à l'abbaye Saint-Vaast d'Arras et son prévôté d'Angicourt. La tradition orale locale veut que la chapelle du nord remonte au , croyance inexacte qui indique toutefois l'ancienneté du lieu. C'était l'une des trois paroisses de VerberieLes deux autres étant Saint-Germain, dont l'église n'existe plus, et Saint-Pierre., domaine royal depuis les Mérovingiens. Le village lui-même n'était donc qu'une dépendance de Verberie, ce que son absence de structure propre fait toujours deviner. Le qualificatif Longmont viendrait de Luonmont, contraction de Lutosum montem, le mont marécageux, et se rapporte au versant nord du plateau du Valois qui domine le village, qui a son pied est effectivement marécageux. Il avait inspiré le nom d'usage de Verberie employé encore au : l'actuelle ville de Verberie était Longus mons in valle, et Saint-Vaast de Saint-Vaast-de-Longmont était Longus mons in colle. Les documents d'archives se rapportent généralement à Verberie, sauf pour les actes les plus anciens du cartulaire de l'abbaye Saint-Vaast, où il y a question de Lutosum montem. La cure de Saint-Vaast-de-Longmont était conféré par l'évêque de Soissons, comme celle de Verberie, de Rhuis et de Villeneuve-sur-Verberie ; l'on est ici à l'extrémité nord-ouest de l'ancien diocèse de Soissons. Le saint patron de l'église, saint Vaast d'Arras (Gaston en français moderne et Vedastus en latin) était traditionnellement invoqué pour les problèmes du marcher des enfants, et ainsi l'église faisait l'objet d'un pèlerinage pour la guérison des enfants qui marchent difficilement... thumb|upright|Vue dans le chœur gothique depuis la base du clocher. thumb|upright|Plan de l'eglise.

En l'absence de sources écrites sur la construction de l'église et ses agrandissements successifs au cours du , il faut se tenir à l'analyse archéologique. Bien que très ancienne, ce n'est plus l'église primitive mais au moins la seconde ou la troisième bâtie au même endroit. Sa construction commence à la fin du , et la première campagne de construction datable d'autour de 1100 porte sur une nef non voûtée ; un clocher dont la base sert de première travée du chœur ; et une abside en hémicycle voûtée probablement en cul-de-four. Subsistent de cette époque, les murs nord, est et sud de la nef (sans le portail, sans les fenêtres et sans les arcades au nord) et le clocher (sans la voûte d'ogives de sa base). L'église répondait alors à un plan très simple, et pour cette raison, fortement répandu dans la région ; dans les environs, les églises de Chamant, de Rully, de Saintines, ainsi que celle de Villeneuve-sur-Verberie, plus tardive, peuvent être ramenées à ce même plan. La seconde campagne de travaux se déroule entre 1120 et 1130 environ. Elle apporte le bas-côté nord, la chapelle de la Vierge voûtée en cul-de-four qui prolonge le bas-côté vers l'est, et la flèche en pierre du clocher. Tout ce qui a été bâti pendant la seconde campagne subsiste à ce jour, mais le mur du bas-côté nord a été refait au . Ensuite, la troisième campagne de travaux se déroule peu avant le milieu du , pendant les dernières années de la période romane. Elle porte sur une nouvelle façade occidentale, avec notamment un imposant portail ; hormis le porche qui est un ajout ultérieur, la façade romane tardive demeure inchangée. Finalement, la quatrième campagne de travaux pendant les années 1160 entraîne la démolition de l'abside bâtie une soixantaine d'années plus tôt et jugée trop modeste, afin de la remplacer par un chœur de style gothique primitif. Il se compose d'une travée droite et d'une nouvelle abside, également en hémicycle, l'ensemble étant cette-fois ci voûté d'ogives. Vers 1170, l'église prend ainsi sa forme définitive, et ne sera plus modifiée que par des réparations ou remaniements mineurs au cours des siècles à venir..

Avant le milieu , un porche en dur est ajouté devant le portail occidental, et à la même occasion, un nouveau portail de style gothique flamboyant est créé au milieu du décor roman du portail du milieu du , et les vantaux en bois datent également de cette époque. À l'intérieur de l'église, la supposée voûte d'arêtes de la base du clocher est remplacée par une voûte d'ogives caractéristique de l'époque, et le contrefort sud-ouest du clocher est renforcée, sans doute en lien avec le voûtement. Les deux fenêtres au sud de la nef sont repercées un peu plus tard afin d'améliorer l'éclairage. La charpente de la nef est remplacée, et une fausse voûte en berceau de profil surbaissé est jetée au-dessus de la nef. Comme déjà mentionné, le mur du bas-côté est presque entièrement refait au , et une sacristie est construite au nord-est.. - En 1840, la première liste des monuments historiques est publiée et apporte le classement provisoire de dix-huit monuments de l'Oise, surtout des églises. Louis Graves qui, sans être un spécialiste de l'architecture a été le premier à attirer l'attention du grand public sur la valeur de l'architecture religieuse de la région, demande le classement de douze églises supplémentaires par son rapport du .. Parmi elles, figure l'église de Saint-Vaast, dont il a par ailleurs remarqué en 1834 qu'elle est entretenue avec soin.. Cette démarche reste sans suite, et l'église n'est classée monument historique qu'une quarantaine d'années plus tard, par arrêté du . Selon Dominique Vermand, c'est l'une des églises les plus attachantes d'une région pourtant riche en églises de grand intérêt..

Après la Révolution française et la création du département de l'Oise, la paroisse est rattachée au diocèse de Beauvais dans sa nouvelle configuration, qui correspond exactement au territoire de l'Oise. Le dernier curé de Saint-Vaast-de-Longmont est Augustin Levêque, mort en 1798 à l'âge de quatre-vingt-quatre ans. , Saint-Vaast-de-Longmont devient une succursale de Saintines, puis est absorbé par la paroisse de Saintines en 1871 ; p. 24 et 29.. Ultérieurement Saint-Vaast est intégré dans la paroisse de Verberie. La proximité de l'église Saint-Pierre de Verberie et le territoire très étendue de cette paroisse, qui a dû absorber celle de Béthisy-Saint-Pierre en 1996 ayant absorbé elle-même celle de Saintines en 1990, sont les principales raisons ayant entraînées une quasi-fermeture au culte de l'église de Saint-Vaast-de-Longmont. Pendant plusieurs années, l'église n'accueille plus que les célébrations des baptêmes, mariages et obsèques à la demande des paroissiens. Depuis 2012, des messes dominicales anticipées sont célébrées de nouveau à Saint-Vaast-de-Longmont cinq fois par an.

Description Aperçu général

À peu près régulièrement orientée, l'église répond à un plan devenu dissymétrique depuis la deuxième campagne de construction des années 1120 / 1130, qui a porté sur l'adjonction d'un bas-côté et d'une chapelle au nord seulement. L'église se compose ainsi d'une nef non voûtée de quatre travées ; d'un étroit bas-côté nord simplement plafonné ; d'une base de clocher servant de première travée du chœur et voûtée d'ogives ; d'une seconde travée du chœur droite suivie d'une abside en hémicycle, également voûtées d'ogives ; d'une chapelle voûtée en berceau, l'abside voûtée en cul-de-four dans l'angle entre bas-côté nord et clocher ; et d'une sacristie moderne dans l'angle entre cette chapelle et la seconde travée du chœur. Le clocher est coiffé d'une flèche en pierre. Seule la façade occidentale est dominée par un pignon ; s'y trouve aussi l'unique portail que possède l'église. Il est précédé par un porche.

Intérieur Nef et bas-côtés thumb|Nef, vue vers l'est.