Première saison disputée dans son intégralité par Sébastien Loeb en Championnat du monde des rallyes, 2003 est également l'année de sa titularisation au sein de la structure Citroën Sport. Le jeune espoir alsacien est alors rejoint par deux nouveaux coéquipiers, Carlos Sainz et Colin McRae, anciens champions du monde de la discipline et recordmans du nombre de victoires. Avec trois rallyes remportés et sept podiums, il terminera deuxième du championnat à un point du sacre, abandonnant le titre à Petter Solberg sur consignes d'équipe lors du rallye de Grande-Bretagne, ultime manche du calendrier. Il s'imposera quelques semaines plus tard dans la Course des Champions pour la première fois de sa carrière face au double champion du monde Marcus Grönholm.
Championnat du monde des rallyes L'année 2003 marque l'officialisation de l'engagement de Citroën Sport dans le championnat Constructeurs WRC, et constitue par voie de conséquence la première saison complète en mondial pour la marque aux chevrons. Déterminée à contester la suprématie de l'écurie sœur Peugeot, triple championne en titre, et à disputer au moins l'une des couronnes mises en jeux, l'équipe française se donne les moyens de ses ambitions en recrutant deux anciens champions du monde dans ses rangs, Colin McRae et Carlos Sainz, déjà coéquipiers chez Ford en 2002 . Fort de ses résultats prometteurs acquis la saison passée, comptant notamment une première victoire mondiale, Sébastien Loeb poursuit sa collaboration avec la marque qui l'a découvert et se voit offrir une titularisation à plein temps sur la troisième Xsara. L'objectif initial pour l'Alsacien est alors de s'appuyer sur l'expérience de ses prestigieux aînés pour parfaire son apprentissage et rentrer progressivement dans le cercle des pilotes de pointe.
Rallye Automobile Monte-Carlo Le coup d'envoi de la saison est donné dans le cadre du rallye Monte-Carlo, épreuve que Loeb remporta l'année précédente pour sa première participation en catégorie reine avant d'être déclassé à la suite d’une mauvaise interprétation du règlement par Citroën. Parti sur un rythme prudent, le Français accroche la quatrième place du général au terme des deux premières spéciales et concède un déficit de près d'une minute sur le champion du monde en titre Marcus Grönholm, auteur d'un choix de pneus optimal. L'Alsacien signe son premier temps scratch dans le chrono suivant, reprenant une quinzaine de secondes au Finlandais, avant de se hisser en deuxième position à la suite d'une faute de pilotage de Colin McRae et d'une pénalité de retard infligée au jeune Norvégien Petter Solberg. Le quadruple vainqueur de l'épreuve Tommi Mäkinen abandonne quant à lui sur sortie de route après avoir perdu le contrôle de sa Subaru Impreza dans une zone verglacée. Loeb enlève finalement les deux derniers temps scratchs de la première étape et réduit son retard sur Grönholm à vingt secondes au moment de rejoindre le parc fermé . La première spéciale de la deuxième journée est annulée pour des raisons de sécurité, mais le Français poursuit sa série en signant à nouveau le meilleur temps dans le secteur suivant pour réduire de huit secondes supplémentaires le retard accumulé sur son adversaire finlandais. C'est finalement dans la neuvième spéciale, Les 4 Chemins - Sigale longue d'une trentaine de kilomètres, que le tournant du rallye a lieu. Dans un virage serré à gauche recouvert de glace, Marcus Grönholm percute un monticule rocheux avec sa Peugeot 206 WRC et se retrouve contraint à l'abandon. Désormais en tête avec une marge confortable de plus d'une minute sur son coéquipier Colin McRae, Sébastien Loeb assure son pilotage lors des quatre spéciales de la dernière étape pour décrocher officiellement sa première victoire dans le plus prestigieux rallye du championnat du monde . Avec la troisième place de Carlos Sainz, remportée à l'arraché au détriment de Markko Märtin sur un écart de trois secondes dans le dernier chrono, Citroën réalise un triplé historique dans la Principauté, le premier depuis Lancia en 1989 et le premier pour une marque française depuis les Alpine-Renault de 1973.
Étape Jour Heure Nom Distance Temps Étape 1 24 jan SS1 7 h 48 Prunières - Embrun 1 18 min 21 s 6 SS2 9 h 21 Selonnet - Bréziers 1 16 min 41 s 5 SS3 11 h 24 Prunières - Embrun 2 17 min 54 s 5 SS4 12 h 57 Selonnet - Bréziers 2 15 min 48 s 1 SS5 14 h 30 Plan de Vitrolles - Faye 1 28 min 54 s 9 SS6 17 h 09 Plan de Vitrolles - Faye 2 30 min 04 s 7 Étape 2 25 jan SS7 8 h 33 Les 4 Chemins - Sigale 1 Spéciale annulée SS8 9 h 31 St. Antonin - Tourette du Château 1 18 min 08 s 0 SS9 13 h 19 Les 4 Chemins - Sigale 2 24 min 59 s 3 SS10 14 h 17 St. Antonin - Tourette du Château 2 18 min 01 s 4 Étape 3 26 jan SS11 9 h 15 Sospel - Turini - La Bollène 1 25 min 33 s 6 SS12 10 h 08 Lantosque - Lucéram 1 14 min 59 s 2 SS13 12 h 35 Sospel - Turini - La Bollène 2 25 min 33 s 2 SS14 13 h 28 Lantosque - Lucéram 2 14 min 11 s 4
Cinquante-deuxième rallye de Suède Désormais leader du classement mondial pour la première fois de sa carrière, c'est avec le handicap d'ouvrir la route pour ses adversaires que Sébastien Loeb prend part au rallye de Suède, seule épreuve neige de la saison et réputée chasse gardée des Nordiques, aucun pilote latin n'étant parvenu à s'y imposer durant les cinquante-et-unes éditions précédentes. Sur l'un des terrains les plus spécifiques du championnat, Citroën espère profiter du retour d'expérience de leur participation de 2002 pour atteindre un niveau de performance satisfaisant . L'Alsacien impressionne en signant le premier temps scratch de la manche suédoise avant de rétrograder progressivement jusqu'en dix-huitième position au soir de la première étape, victime de sa position de balayeur et des grandes quantités de neige recouvrant les spéciales et empêchant ses clous de mordre la glace : . Loeb parvient le lendemain à se hisser à la quinzième place dès le premier tronçon avant d'être coupé dans son élan dans le secteur de Fredriksberg où l'accident du Finlandais Harri Rovanperä, alors quatrième, lui impose un temps forfaitaire désavantageux. Il enchaîne trois chronos consécutifs dans le trio de tête intermédiaire et accède à la dixième place du général avant l'entame de la dernière journée de course : . Auteur du deuxième temps dans le premier secteur de cette ultime étape, il gagne une position supplémentaire en dépassant le Belge Freddy Loix malgré la gêne occasionnée par l'accident de Janne Tuohino, et peut alors envisager d'accéder aux places rémunératrices de points. Il achève son périple nordique de manière convaincante en signant consécutivement la troisième marque des deux dernières spéciales, enregistrant des écarts suffisants pour reprendre coup sur coup Carlos Sainz et Toni Gardemeister et s'emparer ainsi de la septième place du général. Les deux points qu'il récolte lui permettent de conserver la tête du classement mondial devant son coéquipier Colin McRae : .
Étape Jour Heure Nom Distance Temps Étape 1 7 fév SS1 8 h 35 Sägen 1 7 min 25 s 6 SS2 9 h 27 Rämmen 1 12 min 30 s 8 SS3 11 h 55 Granberget 1 22 min 52 s 6 SS4 14 h 28 Malta 5 min 51 s 5 SS5 15 h 25 Brunnberg Spéciale annulée SS6 16 h 26 Hagfors Sprint 1 2 min 11 s 7 Étape 2 8 fév SS7 8 h 18 Granberget 2 21 min 48 s 9 SS8 11 h 24 Fredriksberg 11 min 05 s 2 SS9 12 h 07 Lejen 12 min 05 s 3 SS10 14 h 37 Vargåsen 18 min 14 s 5 SS11 15 h 35 Torntorp 10 min 14 s 6 SS12 16 h 40 Hagfors Sprint 2 1 min 59 s 8 Étape 3 9 fév SS13 8 h 35 Sägen 2 7 min 19 s 5 SS14 9 h 27 Rämmen 2 12 min 00 s 2 SS15 11 h 14 Hara 6 min 01 s 4 SS16 12 h 12 Brunnberg 2 15 min 15 s 5 SS17 14 h 35 Hagfors 19 min 45 s 7
4th Rally of Turkey Première épreuve sur terre de la saison, le rallye de Turquie intègre le calendrier mondial pour la première fois de son histoire, échappant aux menaces d'annulation qui pesaient sur l'inauguration en raison du contexte de l'époque en Irak, pays voisin limitrophe. Contraint une nouvelle fois à tenir le rôle d'ouvreur lors de la première étape sur une surface qu'il ne maîtrise pas encore parfaitement, Sébastien Loeb limite les dégâts et accroche la neuvième place au terme de la troisième spéciale. Son copilote Daniel Elena s'embrouille alors dans ses cartes de navigation au moment d'emprunter la liaison devant conduire l'équipage franco-monégasque au départ du secteur chronométré de Silyon. Les deux hommes se trompent de route et tombent finalement en panne d'essence, les contraignant à l'abandon : . Loeb prend alors l'initiative de défendre son équipier et ami devant la direction du double chevron, notamment Guy Fréquelin, ce dernier étant fermement décidé à remplacer le monégasque pour cette erreur. Elena se retrouvera dès ce jour sous étroite surveillance et montrera davantage de rigueur dans ses obligations. L'équipe Citroën fête quant à elle sa première victoire mondiale sur terre à l'issue de la manche turque grâce à la performance de Carlos Sainz, l'Espagnol égalant ainsi le record de Colin McRae du plus grand nombre de rallyes remportés en WRC.
Étape Jour Heure Nom Distance Temps Étape 1 27 fév SS1 19 h 00 Efes Pilsen SSS 1 min 12 s 8 28 fév SS2 9 h 01 Simena 1 1 min 58 s 1 SS3 9 h 39 Phaselis 1 12 min 46 s 4 SS4 10 h 27 Silyon 1 Abandon SS5 13 h 45 Perge 1 SS6 14 h 48 Silyon 2 Étape 2 SS7 7 h 11 Olympos 1 SS8 7 h 54 Kumluca 1 SS9 11 h 02 Phaselis 2 SS10 11 h 55 Myra 1 SS11 12 h 58 Kemer 1 SS12 15 h 01 Olympos 2 SS13 15 h 44 Kumluca 2 Étape 3 2 mar SS14 8 h 01 Simena 2 SS15 8 h 49 Myra 2 SS16 9 h 32 Arykanda SS17 13 h 00 Perge 2 SS18 14 h 13 Kemer 2
33rd Propecia Rally New Zealand Après une trêve de cinq semaines, Sébastien Loeb découvre pour la première fois de sa carrière les pistes roulantes du rallye de Nouvelle-Zélande. Parti sur un rythme prudent, il pointe en septième position à l'issue de la première boucle, devant ses deux coéquipiers. Il monte en puissance lors des deuxièmes passages en achevant chacune des spéciales parmi les cinq meilleurs temps et s'empare ainsi de la sixième place au détriment de Tommi Mäkinen. Le podium provisoire est alors occupé par un trio de pilotes nordiques au premier rang desquels le double vainqueur de l'épreuve Marcus Grönholm, auteur de sept temps scratchs sur les neuf au programme et qualifié d'intouchable par les médias. L'Alsacien réitère la même stratégie au cours de la deuxième étape, restant prudent dans les premiers passages pour corriger ses notes puis haussant son rythme par la suite. Il gagne deux places au terme de la quatorzième spéciale Ararua, profitant respectivement de la casse moteur de l'Estonien Markko Märtin et de la sortie de route du pilote Peugeot Harri Rovanperä. Désormais quatrième de l'épreuve et comptant plus de trois minutes d'avance sur son poursuivant direct Freddy Loix, il conservera sa position tout au long de la dernière journée, accrochant le quinté de tête dans la quasi-totalité des secteurs restants. Premier des pilotes Citroën à l'arrivée, il impressionne les observateurs par sa rapidité d'adaptation à un terrain qu'il découvre : .