L’opération Sangaris est le nom d'une opération militaire de l’armée française conduite en République centrafricaine du au . C'est la militaire française depuis l’indépendance du pays en 1960..

Étymologie Selon Jean-Vincent Brisset, directeur de recherches à l'IRIS, le nom de l’opération fait référence au papillon africain Cymothoe sangaris, parce qu’, mais l'appellation n'est pas si politiquement correcte qu'elle le paraît, car « Sangaris » était aussi, selon Plutarque, le nom d'un fleuve rougi par le sang des Amazones tuées sur ses berges par Achille et ses compagnons, tenant son nom d'un dieu antique qui ..

Contexte et fondement légal

La Centrafrique est un pays traditionnellement sous influence française.

Fin 2012, menacé par la rébellion de la Seleka aux portes de la capitale Bangui, le président François Bozizé appelle la France et les États-Unis à l'aide.... En , Michel Djotodia renverse François Bozizé et devient le premier président musulman du pays. .. Les soldats de la Seleka sont pour la plupart musulmans dans un Sud majoritairement chrétien..

Les combats entre des milices d'autodéfense chrétiennes appelées Anti-balakas et les ex-Seleka se multiplient à partir d' et l’État n'est plus capable de faire régner l'ordre..... Le conflit n'est cependant pas de nature religieuse : si les milices anti-balakas s'en prennent aux populations musulmanes, ce n'est pas au nom de dieu, mais parce qu'elles les accusent de soutien à la Seleka..

Le gouvernement français et l'ONU évoquent un risque de génocide.....

Le , par la résolution , le Conseil de sécurité des Nations unies autorise à l'unanimité le pour mettre fin à la .... La Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) est appuyée par des forces françaises autorisées à prendre .

Chronologie Préparation Dès le , la France projette à l'aéroport international de Bangui une trentaine de militaires du du génie de l'air présent à Libreville ainsi qu'une vingtaine d’engins de travaux lourds, acheminés par Antonov An-124... Complété par d'autres éléments en provenance de la base aérienne 125 Istres-Le Tubé, ce module « a pour mission d’aménager les plateformes de l’aéroport M’Poko de Bangui, afin qu’elles soient capables d’accueillir, le renforcement probable du dispositif souhaité par le Président de la République et la communauté internationale » selon le ministère de la Défense français. Les aménagements effectués par le génie de l'air comprennent notamment la remise à niveau de la zone aéronautique de l'aéroport, la création de plateformes logistiques, ainsi que l’extension de la zone « vie ».

Le , le bâtiment de projection et de commandement (BPC) Dixmude, escorté par l'aviso Commandant L'Herminier, accoste dans le port de Douala au Cameroun.. Le BPC accueille, en plus de deux hélicoptères Gazelle, un détachement de de la parachutiste de l’armée de terre. À partir du , les éléments de la réserve opérationnelle embarqués sur ce bâtiment entament les opérations de débarquement. Les véhicules tactiques de cette force, essentiellement des véhicules blindés de combat de type VAB et VBL, ainsi que des camions logistiques sont débarqués et rassemblés dans une zone de regroupement et d’attente (ZRA) dans le port autonome de Douala.

Le , un détachement composé d’un peu plus de spécialistes des transmissions, du matériel et du service des essences des armées arrive à Bangui à bord d'un Airbus A340 de l'escadron de transport 3/60 Esterel.. Dans les jours qui suivent, une dizaine de rotations d’Antonov An-124 acheminent le matériel logistique et de soutien nécessaire à l’installation d’un tel renforcement. Selon l'état-major des armées, « ce déploiement a été réalisé au titre des mesures conservatoires et préparatoires à un éventuel renforcement du dispositif à Bangui, comme l’a souhaité le président de la République ».

Le dispositif militaire français déployé à Bangui s’établit, le , à plus de dont 240 au titre du détachement permanent de l’opération Boali. Deux compagnies du ainsi que la du , une compagnie du , des éléments du , du et du sont déjà sur place. Par ailleurs, le du génie de l'air () sera la première unité de génie à être déployée sur place. Une autre unité issue du , partie le est déjà présente sur place.

L’opération Boali vise à apporter un soutien logistique, administratif, technique et opérationnel à la Mission de consolidation de la paix en République centrafricaine (MICOPAX), qui doit devenir la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) le . Si la situation l’exige, la force est également en mesure d’assurer la protection des ressortissants français. Parallèlement, la présence des militaires français à Bangui permet de maintenir en activité l'aéroport international de Bangui, seule voie d’accès internationale à la République centrafricaine.

Lancement de l'opération Sangaris (du 5 au 8 décembre 2013) thumb|left|upright=1.3|Soldats français de l'opération Sangaris, le , à Bangui. Le mitrailleur du VAB sert une M2 tandis que le fantassin est armé d'un FAMAS F1.

À la suite de l'adoption à l'unanimité de la du Conseil de sécurité des Nations unies, Sangaris commence officiellement dans la nuit du 5 au avec l'arrivée à Bangui du général Francisco Soriano qui commande l'opération..

Du 5 au , alors que l'armée française commence son déploiement, Bangui, la capitale de la République centrafricaine, est le théâtre de violents combats entre les Seleka, majoritairement musulmans, et les Anti-balaka, majoritairement chrétiens. Selon Amnesty International, en deux jours, environ et sont tués par les combats et les massacres..

Dans la journée du , alors qu’elles sécurisaient l’accès à l’aéroport de M’Poko sur lequel se sont réfugiés près de fuyant les combats, les forces françaises ont été prises à partie à trois reprises par un pick-up armé. Selon le ministère de la Défense française, au troisième tir, les militaires français ont riposté détruisant le véhicule. Cette prise à partie n’a fait aucun blessé du côté des militaires français, ni des civils venus chercher leur protection..

après le lancement de l'opération Sangaris, l'effectif français est doublé en Centrafrique, atteignant un volume de militaires.. Le , l'armée française sécurise difficilement la capitale Bangui car des affrontements sporadiques ont encore lieu. De plus, une opération terrestre depuis le Cameroun a permis à l'armée française de venir sécuriser la ville de Bouar avant de pénétrer dans Bossangoa.

thumb|left|upright=1.3|Militaire français de l'opération Sangaris servant une FN MAG, le , à Bangui.

À la clôture du sommet Paix et sécurité en Afrique à Paris, François Hollande annonce le déploiement « aussi longtemps que nécessaire » de , dont la mission est de « désarmer toutes les milices et groupes armés qui terrorisent les populations ». Enfin, il confirme que l’intervention française sera « rapide, efficace » et devra permettre de « retrouver la stabilité, et permettre le moment venu des élections libres et pluralistes ». À l'issue du sommet, l'Union africaine décide de porter la force de la MISCA à ..

Le , la force Épervier, basée au Tchad, met à disposition un C130 Hercules, un CASA CN 235 et leurs équipages, pour assurer un pont aérien entre Libreville, au Gabon, et Bangui, en Centrafrique, dans le cadre du renforcement de la force Sangaris..

À partir du , les soldats français multiplient les patrouilles motorisées ou à pied dans Bangui afin de sécuriser les points d’intérêts français. Certaines sont réalisées conjointement avec les militaires de la FOMAC, appelée à devenir la MISCA. Dans la nuit du 6 au , l’escadron d’aide à l’engagement (EAE) débarqué du BPC Dixmude franchit la frontière centrafricaine. Dans le même temps, des éléments déployés en dehors de la capitale entament une mission de reconnaissance des axes menant vers le nord. Ce détachement d'une centaine de militaires atteint la ville de Bossangoa sans rencontrer de résistance mais constate un nombre important de réfugiés. Des patrouilles de Rafale en provenance de Ndjamena conduisent par ailleurs des démonstrations de force à basse altitude au-dessus de Bangui et Bossangoa destinées à signifier la présence des forces françaises et faire cesser les combats.

La force Sangaris est renforcée à partir du par la projection de moyens aéromobiles d’attaque et de manœuvre. Deux hélicoptères Gazelle et quatre hélicoptères Puma sont engagés.. Ces derniers sont renforcés par l'arrivée par Antonov An-124 de deux Fennec de l'armée de l'air, en provenance des bases aériennes de Villacoublay et Orange..

Le , l'état-major français annonce que l'axe Bouar-Bossembélé a été ouvert sans que la force ne soit freinée par aucune résistance.

Désarmement des groupes rebelles (décembre 2013) thumb|Militaires français de l'opération Sangaris, le , à Bangui. Le , le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, annonce que les opérations de désarmement des groupes armés commenceront dès le lendemain, le . Il rappelle les trois objectifs de l'intervention française en Centrafrique : « instaurer un minimum de sécurité et permettre l'acheminement de l'aide humanitaire, permettre à la mission africaine d'intervenir et mettre en place un processus démocratique »..

Dans la nuit du 9 au , un accrochage proche de l'aéroport international de Bangui entre les forces françaises et des hommes armés entraîne la mort de deux soldats français du .. Selon un communiqué du ministre de la Défense français, une section de la force Sangaris a été prise à partie, peu avant minuit, à très courte distance par des individus munis d’armes légères d’infanterie, au cours d’une patrouille menée à Bangui. Les militaires français ont immédiatement riposté. Durant l’échange de tirs, les premières classes Nicolas Vokaer et Antoine Le Quinio ont été grièvement blessés. Ils ont immédiatement été pris en charge par leurs camarades avant d’être évacués vers l’antenne chirurgicale avancée sur l’aéroport de M’Poko, où ils sont décédés des suites de leurs blessures..

Le , le général Mahamat Saleh, ancien chef d’état-major des forces seleka, est tué au quartier Miskine par des soldats français lorsque son véhicule tente de franchir un barrage. Deux de ses hommes sont tués, deux autres sont blessés...

Le matin du , trois hommes de la Seleka sont tués par des soldats français lors d'une opération de désarmement. Français et Seleka s'accusent mutuellement d'être responsables de la fusillade. Selon l'état-major français, les militaires ont ouvert , la première fois déclare-t-il, . Le deuxième incident se produit contre un tireur isolé. D'après un officier de la Seleka, Abacar Sabone, les trois hommes ont été tués . Quelques heures plus tard plusieurs milliers de musulmans manifestent pour dénoncer l'intervention française accusée de soutenir les chrétiens et les Anti-balaka, .. Le lendemain, au matin du , ce sont cette fois-ci des chrétiens qui manifestent pour soutenir l'intervention française et réclamer le départ de Djotodia, des Seleka et des soldats tchadiens de la MISCA. Après avoir essuyés des jets de pierre, des soldats tchadiens ouvrent le feu. Un manifestant est tué, un autre est blessé. L'incident prend fin avec l'intervention des forces françaises qui évacuent les victimes..

Rétablissement d'un niveau de sécurité minimal et montée en puissance de la MISCA (janvier 2014) thumb|upright=1.3|Checkpoint tenu par les soldats français de l'opération Sangaris, le , à Bangui.

Avec la montée en puissance de la force africaine, dont l’effectif est, en , de plus de , le niveau de coopération s’accroît. La force Sangaris conduit des opérations communes, en particulier avec les bataillons burundais et tchadiens de la MISCA. Parallèlement, la force Sangaris poursuit la sécurisation de l’emprise de M’Poko où plusieurs milliers de déplacés sont réfugiés, afin de sécuriser le trafic aérien..