La bataille de Bangui se déroule pendant la Troisième Guerre civile de Centrafrique. Après des attaques répétées de la part des Seleka sur les populations chrétiennes, le , les miliciens anti-balaka, probablement épaulés par des anciens membres des Forces armées centrafricaines lancent un assaut sur la capitale centrafricaine, ciblant notamment la population musulmane. Les forces de la Seleka ripostent et massacrent un millier de chrétiens du 6 au . Dans les jours qui suivent, les violences et les représailles entre milices séléka et anti-balaka font encore des centaines de morts, tandis que les forces françaises de l'opération Sangaris et les forces africaines de la MISCA tentent de mettre fin aux exactions en effectuant des opérations de désarmement. Minoritaires et victimes et à leur tour de massacres et d'assassinat, des milliers d'habitants musulmans quittent la ville lors des mois de mars et avril. La situation s'apaise progressivement et le , les commandants seleka et anti-balaka signent un accord de cessation des hostilités.

Affrontements du 5 au 8 décembre Attaques des Anti-balaka et représailles des Seleka vignette|gauche|redresse=1.3|Vue du centre-ville de Bangui en 2010.

Tôt le matin du , des attaques coordonnées ciblent trois lieux : le camp militaire Kassaï, l’Assemblée nationale et le quartier de Boy-Rabe. Les assaillants sont repoussés du camp Kassaï. Dans le quartier de Boy-Rabe, la population musulmane est prise pour cible et leurs commerces pillés.. Une partie de la population se réfugie dans l'église Saint-Bernard à Boy-Rabe. Des miliciens de la Seleka y font irruption et tuent plusieurs personnes.

Vers , des membres de la Seleka entrent dans l'hôpital de l'Amitié, à Bangui. Probablement pour venger un de leurs officiers tué lors des combats ayant débuté le matin même, ils abattent huit (8) personnes, dont des fonctionnaires de l'hôpital..

Le même jour dans la matinée, des combattants de la Seleka ouvrent le feu sur les positions françaises et un de leurs pick-ups tente de pénétrer dans le périmètre de l'aéroport international de Bangui. Les Français ripostent, détruisent le véhicule, tuent quatre hommes armés et en blessent six autres...

Des combats et représailles ont lieu en soirée et jusqu'au . En soirée, des membres de la Seleka investissent une nouvelle fois l'hôpital de l'Amitié, et exécutent une dizaine de blessés.. Des attaques ont encore lieu durant la journée du , selon la Croix-Rouge. Des affrontements sporadiques et des lynchages ont encore lieu ponctuellement le 9, malgré la présence de l'armée française. Cette dernière essuie à deux reprises des tirs de miliciens de la Seleka, refusant de désarmer.

Pertes et conséquences Reuters parle de 105 morts.. Au moins 54 cadavres sont rassemblés dans une mosquée de la ville.. Le , MSF décompte au moins 92 morts et 155 blessés en deux jours dans l'hôpital communautaire de Bangui.. Le général Yahia, commandant de Bangui pour la Seleka, aurait été tué., ainsi qu'un autre officier de la Seleka. Une fois les assaillants repoussés, les membres de la Seleka aurait entamés une opération de ratissage afin de débusquer d'éventuels opposants infiltrés. Par peur de représailles, plusieurs milliers d'habitants se sont réfugiés dans des églises, ou sous la protection de l'armée française dans les bases militaires ou l'aéroport où ont trouvé refuge...

L'archevêque de Bangui déclare qu'au moins 39 personnes sont mortes dans la nuit du 5 au et dans la journée du 6..

Le soir du , la Croix-Rouge centrafricaine déclare avoir récupéré 281 corps à Bangui.. Le 8, elle fait état de 394 morts depuis jeudi, bilan provisoire, et confirme que des attaques ont continué le .. Le lendemain, le bilan s'élève à au moins 459 tués toujours selon la Croix-Rouge.. Amnesty International estime que ont pu perdre la vie dans les combats, beaucoup étant enterrés avant d'être recensé..

Le , le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés déclare que :

Selon un communiqué d'Amnesty International, publié le , les deux jours de violences à Bangui ont commencé par l'attaque des Anti-balaka qui ont massacré environ 60 musulmans. Par la suite les hommes de la Seleka ont massacré en représailles environ chrétiens en deux jours. Des exactions se poursuivent les jours suivants, au moins 90 personnes sont assassinées entre le 8 et le . :

Intervention de la MISCA et début de l'opération Sangaris Début des opérations de désarmement des milices par les forces françaises et la MISCA vignette|gauche|redresse=1.2|Soldats des forces armées du Burundi dans un avion C-17 Globemaster III américain, peu avant leur débarquement, le .

Le , l'armée française lance l'opération Sangaris, le gouvernement décide de déployer en République centrafricaine. Le premier jour de l'opération, 250 soldats français commencent les patrouilles dans les rues.. Ce jour-là 650 soldats français sont présents à Bangui, basés à l'aéroport, dont plus de 400 depuis fin mars et 250 autres du génie et de la logistique depuis novembre.. Cet effectifs passe à dans la nuit du 6 au avec l'arrivée des renforts et du général Fransisco Soriano.... Le 8, Français sont en République centrafricaine, une partie des forces quitte Bangui pour Bossangoa..

Dans la nuit du 9 au , deux soldats français sont tués lors d'une patrouille près de l'aéroport...

Le 17, 300 soldats français mènent une opération de sécurisation dans le quartier de Boy-Rabé, au nord-est de Bangui..

Les militaires tchadiens cependant sont rejetés par la population chrétienne de Bangui qui les accusent de soutenir les combattants de la Seleka..

Le , le général Mahamat Saleh, ancien chef d’état-major des forces seleka, est tué au quartier Miskine par des soldats français lorsque son véhicule tente de franchir un barrage. Deux de ses hommes sont tués, deux autres sont blessés..

Rencontre entre François Hollande et Michel Djotodia le 10 décembre vignette|gauche|redresse=1.3|Vue de l'aéroport de Bangui en 2010.

Le , après avoir assisté le même jour à la cérémonie d'hommage à la mémoire de Nelson Mandela, le président français François Hollande arrive en République centrafricaine. À , le Falcon 7X présidentiel français se pose à l'aéroport de Bangui où des tirs se font encore entendre à proximité. À son bord se trouve une quinzaine de personnes, dont le président François Hollande, Valérie Trierweiler, le général Benoît Puga, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, la conseillère Hélène Le Gal et Sophie Hatt, chef du Groupe de sécurité de la présidence de la République. Après s'être recueilli devant les cercueils des deux soldats français tués à Bangui, le président français rencontre ensuite Michel Djotodia dans le pavillon présidentiel de la base militaire française. Critiqué par Hollande, le président centrafricain issu de la rébellion craint d'être forcé de quitter le pouvoir mais Hollande ne s'oppose pas à ce que Djotodia reste en fonction à la présidence centrafricaine, cependant il exige l'organisation d'élections présidentielles avant un an..

Un incident a lieu cependant une quinzaine de minutes après le début de la rencontre, sept véhicules et plusieurs dizaines d'hommes de la Seleka parviennent à entrer dans l'aéroport et à se porter devant le Falcon 7X, à quelques dizaines de mètres du pavillon présidentiel. La situation est très tendue mais cinq minutes plus tard, après des discussions avec les officiers des forces spéciales françaises chargées de sécuriser l'aéroport, le général des Séléka donne l'ordre à ses hommes de quitter les lieux. François Hollande et la délégation française regagne ensuite l'avion présidentiel sans avoir été informés de l'incident. Le Falcon 7X décolle à pour la France..

Courte accalmie après l'intervention étrangère Le , des chefs religieux musulmans et chrétiens organisent une réunion dans le quartier PK13 et appellent à la réconciliation.. Pendant toute la durée des affrontements, l'archevêque et l'imam de Bangui, Dieudonné Nzapalainga et Oumar Kobine Layama, multiplient les appels à cesser les violences et la réconciliation et essayent d'organiser des rencontres entre les différentes communautés.

Les tensions retombent le , aucun pillage n'est signalé ce jour-là. À la mosquée du quartier du PK-5, des musulmans organisent un convoi funéraire pour enterrer les corps de 16 des leurs, dont celui du général Saleh, à l'extérieur de la ville..

Le 17, l'armée française mène une opération de désarmement dans le quartier de Boy-Rabe, au nord, tenu par les Anti-balaka..

Poursuites des affrontements et des exactions à Bangui Affrontement des 19 et 20 décembre entre Tchadiens et Anti-balaka vignette|gauche|redresse=1.3|Un blindé Panhard AML (Eland) tchadien de la FOMAC, le , à Bangui.

Le soir du des affrontements reprennent près de l'aéroport, dans le quartier Gobongo, au nord de la ville, ils s'étendent ensuite à d'autres quartiers de la capitale. Des affrontements entre les Anti-balaka et les Seleka ont lieu sur l'avenue de l'Indépendance, près du marché de Gobongo. Des soldats tchadiens en patrouille sont attaqués dans les rues à la grenade par des Anti-balaka, un officier tchadien est tué et plusieurs soldats sont blessés. Les Anti-balaka s'approchent également de la base des forces tchadiennes près de l'aéroport. Les deux forces échangent des coups de feu, six soldats tchadiens sont blessés, dont deux grièvement. L'intervention des Français interrompt les combats mais ceux-ci reprennent dans la nuit, vers , dans les quartiers Combattants, Ngongonon, Boeing. À partir de , les combats diminuent d'intensité à la suite de l'intervention des Français qui effectuent des patrouilles dans tous les quartiers. 500 réfugiés manifestent également devant l'aéroport pour réclamer le départ de Michel Djotodia. Les soldats tchadiens tirent en l'air pour disperser la foule....

Dans l'après-midi, des soldats français essuient des tirs dans le quartier Castor, au sud-est de l'aéroport. Les Français répliquent et tuent deux « pillards »..

Le , la Croix-Rouge déclare avoir ramassé 29 cadavres dans les rues de la ville, tués par balles ou à coups de machette. Cependant le bilan des victimes est probablement plus élevé. Selon Médecins sans frontières, environ 40 blessés sont conduits à l'hôpital communautaire de Bangui, trois d'entre eux succombent par la suite à leurs blessures. Selon un imam de Gbaya Dombia, 15 habitants ont été tués et une trentaine blessés..

Affrontement du 22 décembre entre Français et Seleka vignette|redresse=1.3|Soldats et VAB français de l'opération Sangaris, le , à Bangui. Le soldat français au premier plan est armé d'un FR-F2.

Le matin du , trois hommes de la Seleka sont tués par des soldats français lors d'une opération de désarmement. Français et Seleka s'accusent mutuellement d'être responsables de la fusillade. Selon l'état-major français, les militaires ont ouvert , la première fois déclare-t-il, . Le deuxième incident se produit contre un tireur isolé. D'après un officier de la Seleka, Abakar Sabone, les trois hommes ont été tués . Quelques heures plus tard plusieurs milliers de musulmans manifestent pour dénoncer l'intervention française accusée de soutenir les chrétiens et les Anti-balaka..

Incidents avec les forces tchadiennes Le matin du , ce sont cette fois-ci des chrétiens qui manifestent pour soutenir l'intervention française et réclamer le départ de Djotodia et des forces tchadiennes de la MISCA. Après avoir essuyés des jets de pierre, des soldats tchadiens ouvrent le feu. Un manifestant est tué, un autre est blessé. L'incident prend fin avec l'intervention des forces françaises qui évacuent les victimes..

Le même jour, selon le lieutenant-colonel Poncien Kisimahana, chef du contingent burundais, lors du désarmement de six Seleka, un heurt oppose des soldats tchadiens et burundais, faisant deux blessés chez les premiers. Ces déclarations sont démenties par le Tchad..

Redéploiement des Casques bleus