vignette|Blason d'Ancenis
L'histoire d'Ancenis est fortement rattachée à celle de la Bretagne, plus particulièrement à l'histoire du comté de Nantes. Elle débute réellement avec la fondation d'un château en 983 sous l'impulsion d'Aremberge, épouse du duc Guérech. Une occupation gallo-romaine antérieure existe peut-être sur le territoire actuel de Saint-Géréon, sur un point plus élevé des coteaux de la Loire. La fondation d'Ancenis est destinée à défendre la frontière du comté de Nantes, notamment des prétentions des comtes d'Anjou qui, dès 987, assiègent la ville.
Données historiques générales
Position géographique d'Ancenis Géographiquement, Ancenis est placé sur la rive droite de la Loire; point de jonction entre deux grandes villes, Nantes et Angers ; pays frontière de la Bretagne du côté de l'Anjou ; ville autrefois fortifiée et défendue par un imposant château et une enceinte murée, Ancenis a une importance relative dans les événements historiques et politiques du pays breton, auquel il a appartenu depuis la fin du , jusqu'à la réunion de la Bretagne à la France, et dont il a presque toujours partagé le sort.
Contexte historique de la création d'Ancenis Le pays des Nannètes, dont Ancenis faisait partie, s'étendait jusqu'à l'embouchure de la Loire. Après la conquête romaine, ces cinq peuples conservèrent leurs territoires respectifs, qualifiés, depuis lors, du nom de citésLa cité était un état et non une ville. Les trois provinces de la Gaule, sous l'Empire romain, comptaient 60 cités, dont chacune était plus étendue qu'un de nos départements.. Les romains en remplacement des rares agglomérations d'habitants et des postes retranchés par des villes et des forts reliés entre eux par des routes bordées de stations et de camps.
Sur la fin du , les Vikings commirent d'effroyables ravages sur les bords de la Loire ; au cours de ces raids, qui se prolongèrent jusque vers le milieu du , tout le pays de Nantes, dont dépendait le territoire d'Ancenis, fut cédé, pendant plusieurs années, aux hommes du nord.
Rôle politique et origine d'Ancenis Ancenis, qualifié au Moyen Âge du nom de bonne ville, — si l'on excepte quelques rares circonstances où ses barons ont eu un rôle indépendant, — a, sous les ducs de Bretagne comme sous les rois de France, suivi et partagé le sort de Nantes, dont il était le satellite naturel ; ce rôle s'est maintenu même pendant la Ligue, et alors qu'il existait à Nantes un gouvernement opposé à celui de l'État.
Rien de bien précis n'existe sur l'origine d'Ancenis. Jusqu'à la fin du , on n'en trouve pas mention dans le récit fait par les historiens des raids vikings au cours des et , récit dans lequel sont nommées les petites villes des bords de la Loire, qui furent toutes comprises dans les scènes de pillage et de massacre du temps. Cette absence tend à considérer qu'Ancenis n'existait pas encore ou qu'elle n'avait aucune importance.
Autrefois Ancenis était une île, — la configuration topographique actuelle le démontre encore, — et cette île était bordée, au nord, d'une forêt, dont celle actuelle de la commune de Riaillé, qui porte encore le nom de forêt d'Ancenis, n'est qu'un reste. Il est incontestable qu'à une époque qui n'est pas très éloignée, où le flux de la mer se faisait sentir jusqu'à Ancenis, des chantiers importants pour la construction des vaisseaux de l'État étaient établis dans le port d'Ancenis ; l'histoire a conservé le nom des trois grands navires construits avec le bois de la forêt d'Ancenis : la Nonpareille, sous François Ier, le Grand Caraquon et le Grand Henry, sous son successeur Henri II.
Premières occupations On rencontre aux environs d'Ancenis plusieurs mégalithes : dolmen ou pierre couverte, placé à la porte orientale de la ville, tout près de l'allée de Saint-Pierre ; monolithe dans un champ situé près de la route de Nantes à Paris, à l'entrée du chemin qui conduit au Bernardeau ; menhir qui se dresse à côté du château de Juigné ; débris du colossal dolmen gisant au milieu du marais de Grée.
Le dolmen de Saint-Pierre, se compose d'une pierre principale affaissée et en partie enfoncée en terre, d'une longueur de 4 mètres 28 centimètres, non compris la partie enterrée, sur une largeur de 3 mètres 20 centimètres; son épaisseur est de 66 centimètres. Cette pierre est soutenue par deux consoles en pierre plus petites que les supports ordinaires de ces monuments et qui sont aussi en partie entrées en terre. Des fouilles pratiquées, à diverses reprises, au pied de ce dolmen, ont fait découvrir divers instruments druidiques. Quelques personnes ont pensé que cette pierre était à l'origine une table de dolmen qui avait perdu deux de ses supports; d'autres en ont fait un genre sous le nom de demi-dolmen, comme il en a été trouvé plusieurs en France.
La pierre du Bernardeau a une hauteur de 70 centimètres, une largeur de 65 centimètres et une longueur de 2 mètres.
Quant au menhir informe de Juigné, sa hauteur est de 2 mètres 40 centimètres.
Ancienne occupation romaine L'ancienne occupation du pays d'Ancenis, par les Romains, est attestée par de nombreux témoignages, aux environs de la ville. La voie romaine, dont parle François-Jean-Baptiste Ogée, qui conduisait d'Angers à Nantes, se voyait encore au avec ses restes pavés, au nord et à peu de distance d'Ancenis; elle a conservé depuis des siècles, comme d'autres voies romaines du département, le nom de Hauts-Pavés. Il a été découvert, dans le marais de Grée et dans le bourg d'Anetz, de curieuses antiquités romaines ; enfin, on a déterré, dans la commune de Pannecé, une grande quantité de monnaies impériales, et il a été trouvé de belles Salonine (Salonine, femme de l'empereur Gallien,253 ap. J.-C.), trouvées là.
M. Bizeul considérait que l'emplacement choisi pour la fondation du château d'Ancenis se rattachait à l'existence de l'ancien camp romain. La position géographique d'Ancenis rend, du reste, incontestable son importance militaire à toutes les époques guerrières, comme celles de la conquête romaine et du Moyen Âge.
À l'origine le Château d'Ancenis était une motte castrale, c'est-à-dire un donjon en bois élevé sur un tertre. Il possédait des défenses rudimentaires, à savoir un fossé, une simple palissade avec un enclos pour abriter la population. De par sa position, il devint rapidement un endroit idéal pour surveiller le fleuve, exerçant ainsi un contrôle militaire et économique.
Étymologie du nom d'Ancenis Le territoire d'Ancenis, à l'origine, formait une île complète; il a donc été proposé que son nom a été formé avec le mot breton enez (île), précédé probablement de la préposition bretonne en (en, dedans) à laquelle le mot enez a été joint à l'aide du c euphonique : en-c-enés.
Même lorsque la ville fut bâtie, la Loire, qui la bordait au midi, se répandait aussi dans les marais de Grée et de la Davrays, et une douve, assez profonde pour porter des bateaux, l'isolait au nord et pouvait servir de port de déchargement.
Trois petits ponts rattachaient cette île au rivage, en face des trois portes de Saint Pierre, de la Davrays et du Pontreau, et donnaient passage aux voies romaines venant de Nantes, de Châteaubriant et d'Ingrandes, mais l'accès n'était pas toujours praticable des trois côtés. La véritable entrée d'Ancenis était celle du Pontreau, au nord. Aux ponts de la Davrays, de Grée et au Pontreau aboutissaient trois grands chemins suivant la déclaration de 1680. Arch. du dép., série B, papier terrier, vol. xvi..
Anciennes marches de la Bretagne du côté de l'Anjou, Ancenis devient limite Le territoire désigné durant l'époque carolingienne sous le terme de Marche de Bretagne (Marca Britanniœ) comprenait les comtés de Vannes, de Nantes et de Rennes. Sous Nominoë, le pays de Nantes fut rattaché à la Bretagne et dès la fin du xe siècle, la Bretagne avait pris les limites qu'elle a conservées depuis. C'est à partir de cette dernière époque que le territoire d'Ancenis, et plus précisément la partie du pays s'étendant jusqu'à Ingrandes (Ingressus Andium), devint la limite de la Bretagne, sans aucune interruption.
La série des seigneurs d'Ancenis, depuis la fin du , figure dans les conseils des ducs de Bretagne dont celui d'Alain IV de Bretagne.
Armes d'Ancenis Ancenis n'avait pas d'armes particulières, la ville se servit de celles de ses barons ; elles étaient de gueules (rouge) à trois quintefeuilles (fleurs de pervenche percées au milieu) d'hermine (deux et une). Ancenis se les appropriait déjà à la fin du , elles lui viennent de ses barons. On lit, à ce sujet,dans la célèbre collection des Blancs-Manteauxcollection des Blancs-Manteaux, t. XXXVII, , sous le titre de : Extraits de quelques papiers de M. Moussaud, trouvés au chartrier de l'abbaye de Saint-Jovin : .
On lit aussi dans le même ouvrageCollection des Blancs-Manteaux, t. XXXXVII, , sous la rubrique : Extraits de quelques tiltres donnés par M. le président de Rochefort, — « Ancenis. De gueules à trois quintefeuilles d'argent ; une hermine sur chaque feuille, le milieu percé. » — On cite dans Gaignières Gaignières, t. m, (Bibl.nat.), .
Cette même empreinte de sceau se trouve au pied de plusieurs pièces dépendant des archives de la baronnie d'Ancenis.
Elle se voit aussi sur le sceau du baron Geoffroy IV d'Ancenis, représenté, avec le millésime 1276, dans les planches du t. II de Dom Lobineau.
M. de Courcy, dans son Nobiliaire et armorial de BretagnePol Potier de Courcy, Nobiliaire et armorial de Bretagne, 1846 (2e éd. : 1862);, dit, au mot Ancenis : « Sceau 1276. Devise : Folium ejus non defluel ». Cette devise a été empruntée par lui à un exemplaire de l'Armorial breton de Guy Le Borgne, IN-4°, 1667, annoté par M. Prévost de Boisbilly, président aux comptes de Nantes, en 1742.
On peut consulter, du reste, pour les mêmes armes : la charte du duc Jean Ier de Bretagne portant changement de bail en rachat en 1276 Dom Morice, t. i, Preuves, col. 1038 et sceaux, planche 9, ); l'Armorial de France de Navarre, hérault et roi d'armes du roi Charles VI, en 1396 publié par M. Louis Douët d'Arcq, Paris, Dumoulin, 1859 le Recueil armorial de Bretagne, par Pierre d'Hozier, à la suite de l'Histoire de Pierre Le Baud, en 1638 Roy d'armes, du Père Marc Gilbert de Varennes, publié en 1640.
Ancenis au Moyen Âge
Au : Ancenis sous les comtes de Bretagne Le premier document historique concernant la ville d'Ancenis se rattache à la construction de son château en 983. Guérech, fils cadet illégitime d’Alain II de Bretagne et de la noble Judith, succède à son frère Hoël Ier de Bretagne à la mort de celui-ci. En tant que comte de Nantes, il se trouvait en rivalité avec les comtes d'Anjou et fit fortifier son territoire du côté de l'Anjou et du Poitou.
Alors que Renaud Thuringius bâtit le château de ChamptoceauxHistoire de Nantes, aec dessins de M. Hawke et deux plans et 66 :, Guérech, appelé à Orléans par le roi Lothaire à une réunion de grands vassaux, chargea sa femme Aremburge de construire sur l'autre rive le Château d'Ancenisentre 981 et 990 : 981 suivant M. de la llorderic; 982, suivant d'Argentré; 977, d'après Ogéc. et 990, d'après Lobineau., château qui fut donné, quelque temps après, par le comte de Nantes à son successeur, Alfred, premier seigneur d'Ancenis (Chronique de Le Baud).
Geoffroy Grisegonelle voyant en cette fortification une menace, vint faire le siège d'Ancenis en 987 mais échoua.
Guérech meurt en 988, son fils Alain de Bretagne devient comte de Nantes très jeune mais mourut a priori de maladie dès 990. Sa disparition permet à Conan le Tort, comte de Rennes, d'occuper Nantes et de se proclamer duc de Bretagne, titre qu'il ne gardera que 2 ans (il meurt en 992).
De 1156 à 1189 : Ancenis sous Conan IV de Bretagne