280px|vignette|droite|Voiture prototype de et OCEM à rivets apparents. 280px|vignette|C11 « Bacalan » sanitarisable à rivets apparents. Les voitures OCEM sont des voitures de chemin de fer de grandes lignes conçues par l'office central d'études de matériel de chemins de fer pour différentes compagnies de chemins de fer dans un but de renforcement de la sécurité et d'une standardisation du matériel grandes lignes.

Elles ont été construites en de 1924 à 1940Tableau récapitulatif par Jean-Paul Després.

Origine Dans les années 1920, une grande partie du service voyageur grandes lignes était assuré par des voitures à caisse en bois tôlé des différentes compagnies, les plus modernes avec intercirculation et montées sur bogies. La compagnie du Paris-Orléans a, depuis la fin du , adopté un principe de construction semi-métallique avec ses voitures grandes lignes dites « Polonceau ». Toutes ces voitures avaient pour inconvénient majeur l'absence de protection des voyageurs en cas d'accident (télescopages, projections d'éclats de bois, incendies…). Dans le but d'améliorer la sécurité des voyageurs des trains de vitesse, les compagnies de chemin de fer françaises s'orientèrent à cette époque vers la construction de voitures entièrement métalliques. Si les compagnies du Nord et de l'Est construisirent leurs propres modèles avec respectivement les express et rapides (dites « torpilles ») et les voitures « Forestier », celles du PLM, du Midi, du Paris-Orléans et l'État et de l'Alsace-Lorraine firent appel à l'OCEM pour la conception de ces nouvelles voitures.

Un matériel standardisé L’aménagement de base comporte les compartiments au centre encadrés par un WC et une plateforme fermée avec intercirculation à chaque extrémité. Ces voitures ont été étudiées dans un but d’uniformisation du matériel voyageurs des différentes compagnies, celles-ci ayant auparavant l’habitude de construire chacune leurs propres voitures.

Les voitures OCEM ont donc été conçues de manière à présenter le maximum de pièces en commun d'un type à l'autre. Dans le principe, les porte-à-faux ont tous la même valeur permettant aux pièces de fonderie, notamment les traverses de tamponnement, d'être toutes identiques. Les plateformes et les WC sont les mêmes sur toutes les voitures. Selon la disposition des compartiments (, ou mixtes en tous genres), on fait varier uniquement la distance entre les pivots des bogies. On ajuste ainsi la longueur des voitures par l’adaptation de la longueur d’éléments profilés, ce qui simplifie grandement la construction des différentes voitures.. Ce ne sera pas vrai pour toutes les séries, les livraisons de voitures OCEM s’étant étalées sur de nombreuses années, des modifications de dimensions, de modes de construction ont été opérées d’une série à l’autre. D’un point de vue constructif, les premières séries étaient assemblées de façon traditionnelle avec des couvre joints rivetés, les têtes de rivets étant laissées apparentes.

À partir de 1929, en raison de l’aspect disgracieux des rivets apparents et des difficultés d’entretien qu’ils généraient, les voitures de l’OCEM passent du type dit « à rivets apparents » au type dit « à faces lisses » ou « à panneaux lisses ». Ces modèles se caractérisent par le recours à des assemblages à couvre joints à rivets à tête fraisée, ainsi qu’à la soudure pour certains éléments, comme les panneaux inférieurs de la caisse. Il en résulte des voitures plus élégantes comportant de fins couvre-joints horizontaux en bas de caisse en ceinture.

Les derniers modèles de voitures OCEM firent entièrement appel à la soudure, les couvre-joints disparaissent et les flancs et la toiture sont entièrement lisses. Ce mode de construction permettait un gain non négligeable sur la tare, d’où l’emploi de la désignation « soudées allégées ». Ces modèles, livrés à partir de 1937, seront en majeure partie livrés à la SNCF nouvellement créée.

Historique Voitures à rivets apparents En 1924, la première voiture livrée fut une mixte de première et seconde classe de type AB commandée par la compagnie du Midi. Elle fut immatriculée AByfi 3001. Cette voiture, ainsi que les livraisons suivantes au PLM, sont construites selon le principe exposé ci-dessus, avec des porte-à-faux de et un entraxe de . Dans la même période, des voitures A, B et C sur le même modèle étaient à l’étude. Le prototype fut présenté à l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris, en 1925. thumb|left|Soufflets d'intercirculation entre deux voitures OCEM Vinrent ensuite des voitures de troisième classe à neuf compartiments et leur déclinaison mixte fourgon comportant quatre compartiments de troisième classe et un vaste compartiment fourgon. Pour satisfaire à une demande de l’État, ces voitures devaient être sanitarisables : elles devaient pouvoir être aménagées pour le transport de blessés en temps de guerre. Pour cela, les cloisons des compartiments sont démontables pour libérer l’espace nécessaire à la manutention de brancards. Pour faciliter le passage des brancards, le compartiment central des C est équipé d’une porte à deux vantaux donnant sur l’extérieur, la même étant aménagée côté couloir.. Ces deux portes étaient condamnées en service normal. La présence des grandes portes coulissantes du compartiment fourgon rend inutile cet aménagement sur les voitures CD. Pour dégager l’espace nécessaire au passage de brancards d’une voiture à l’autre, les plateformes ont été réaménagées et les WC ne sont plus dans le sens de la largeur comme sur les AB mais dans le sens de la longueur. Ces contraintes impliquèrent une dérogation aux dispositions de base du prototype. Les C et CD présentent ainsi des porte-à-faux réduits à pour compenser l’augmentation de la longueur de la caisse due à l’aménagement particulier des plateformes. L’entraxe des pivots des bogies est le même que sur les AB. Ces voitures furent livrées aux réseaux de l’État, de l’AL et du PLM.

Pour les modèles suivants, les différentes compagnies émirent le souhait de disposer de voitures possédant plus de compartiments que les modèles étudiés par l’OCEM. Ainsi, les études furent réorientées vers des modèles plus longs, de type A, B et C, dans le but d’optimiser le poids mort de ces véhicules relativement lourds. Pour ne pas engager le gabarit, l'augmentation de la longueur de la caisse est répartie entre empattement et porte-à-faux.

Les porte-à-faux passent donc à pour ces voitures. La variation de longueur de caisse se répercute sur l'entraxe des bogies, comme c'était prévu pour les voitures « courtes ». Pour chaque disposition, on obtient les longueurs suivantes : A : longueur de caisse , entraxe des bogies . B : longueur de caisse , entraxe des bogies . C : longueur de caisse , entraxe des bogies . Ces nouvelles moutures, toujours à rivets apparents, furent livrées entre 1927 et 1930 au Midi (20 A, 20 B et 150 C), au PLM (40 A, 100 B) et à l’État (50 B). Le Midi et le PLM reçurent également des voitures de nuit.

Voitures à panneaux lisses vignette|Modèle réduit LS Models de voiture OCEM à panneaux lisses A3½B5. Pour les voitures suivantes, on abandonna la construction à rivets apparents pour une construction mixte rivetée (rivets à têtes fraisée) et soudée. Ces dernières reprennent les dimensions des derniers modèles à rivets apparents. Avec cette nouvelle série apparurent de nouveaux diagrammes : des A½B et des C sanitarisables, issues d’une commande spéciale du PO, ainsi que des modèles CD basés sur les C, livrés à plusieurs réseaux. Apparurent aussi pour le réseau de l’État des mixtes BC et BD.

Le PLM, qui s’était déjà bien équipé en voitures à rivets apparents et qui procédait à la métallisation complète de ses voitures d’express en bois tôlé, commanda assez peu de voitures à panneaux lisses. Seulement 25 B et 20 voitures couchettes de différents types furent livrées à ce réseau. L’État, en revanche, sous l’impulsion de Raoul Dautry qui désirait composer tous les trains drapeaux avec ce type de matériel, en commanda en nombre important : 60 A, 71 AB, 50 B, 44 BC, 10 BD et 248 C.

Le PO, qui jusque-là n’avait commandé aucune voiture OCEM, passa une timide commande de 17 A½B, 15 B, 13 A, 2 A (futures A), 10 C sanitarisables et 20 CD. Pour ce qui est des autres réseaux, le Midi commanda 20 AB, 10 A, et 15 CD, et l’AL 10 A et 20 AB. Les voitures commandées par le PO et le Midi furent pour la plupart livrées après la fusion de l’exploitation des deux compagnies..

Voitures « soudées-allégées » Les voitures à panneaux lisses n’ayant apporté aucune amélioration de tare par rapport aux modèles à rivets apparents, l’OCEM étudia de nouveaux modèles à la construction optimisée faisant appel à la soudure. Ces voitures « soudées allégées », dites aussi à « faces lissesFerrovissime, mars-avril 2019. », toutes de troisième classe, furent pour la plupart livrées à la SNCF. Seul le PO-Midi et le PLM eurent l’occasion d’apposer leurs marquages et leurs livrées sur ce type de voiture. Ces voitures possédaient des compartiments plus vastes que les voitures de troisième classe des séries précédentes. Elles étaient toutes sanitarisables.

Voitures spéciales Voitures Bacalan vignette|La voiture de Dyle et Bacalan B myfi 54763 d’origine PLM. À l’époque des livraisons des OCEM à rivets apparents aux autres compagnies, celle du Paris Orléans sortait juste d’un important programme de livraison de voitures semi-métalliques pour ses trains grandes lignes. La compagnie était donc bien équipée en matériel moderne, confortable et récent (les dernières furent livrées en 1924). Ces voitures dites semi-métalliques comportaient un châssis métallique et une caisse mixte : métallique pour le panneau inférieur tandis que les custodes et le pavillon étaient construits en bois de façon traditionnelle. Si ces voitures présentaient un net progrès par rapport aux voitures classiques à caisse en bois tôlée, elles n'avaient pas la résistance des voitures entièrement métalliques.

Désireuse de s’équiper de matériel entièrement métallique, le PO fit étudier par l’OCEM des voitures mixtes BC sanitarisables d’aspect similaires aux voitures semi-métalliques mais de construction entièrement métallique à rivets apparents. Construites par la société Dyle et Bacalan à Bordeaux (d’où leur nom), ces 10 voitures de type B4C6 furent les premières voitures entièrement métalliques du PO ainsi que les premières mixtes BC hors voitures Armistice. Elles furent conçues selon les principes de l'OCEM mais avec quelques optimisations qui permirent un gain de poids non négligeable. Ainsi, malgré une longueur importante () elles ne pesaient que 44 tonnes à vide.

C'est pour cette raison que le PLM présenta un vif intérêt envers ces voitures qui se concrétisera par une commande à Dyle et Bacalan de 185 voitures de de type C, elles aussi sanitarisables, livrées entre 1929 et 1931.

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