thumb|180px|right|Patrouille de police dans les rues du Cap, 2010. La criminalité en Afrique du Sud est un problème important, avec un taux de meurtres, attaques à main armée, viols et autres crimes supérieur à la majorité des autres pays dans le monde. Le sujet est devenu un débat politique majeur dans l'Afrique du Sud post-apartheid South Africa debates persistent troubles since end of apartheid, The Boston Globe, 13 avril 2013. Le taux d'assassinats en Afrique du Sud a augmenté régulièrement au cours des dernières années.

En 2019, 58 personnes sont ainsi tuées chaque jour dans le pays. Les provinces les plus touchées par les assassinats et autres crimes assimilés comme les viols, les agressions et les vols qualifiés, sont le Gauteng, le Cap-Occidental et le KwaZulu-Natal.

Types de crimes Meurtres En 2010, il y a eu environ en Afrique du Sud, pour comparaison la France, qui compte 10 millions d'habitants en plus, comptabilisait 682 meurtres en 2013, soit en plus pour l'Afrique du Sud http://www.unodc.org/documents/data-and-analysis/statistics/crime/Homicide_statistics2013.xls http://www.westerncape.gov.za/general-publication/crime-statistics-20032004-20092010-20112012?toc_page=1 .

De plus, les chiffres officiels de la Police sud-africaine (SAPS) http://www.saps.gov.za/statistics/reports/crimestats/2013/crime_stats.htm sont considérés comme trafiqués par plusieurs instances internationales comme Interpol; alors que la moyenne annuelle des homicides est de depuis la fin de l'apartheid en 1994 d’après l'ASAP, Interpol déplore une moyenne deux fois plus élevée de , mais en comptabilisant homicides et tentatives d'homicides http://www.frontline.org.za/Files/PDF/murder_southafrica%20%285%29.pdf.

Pour la période entre et , les chiffres officiels de la SAPS ont comptabilisé meurtres, soit 57 homicides par jour en moyenne (7 % de plus que l’année précédente). Une partie de ces meurtres provient des gangs (937 victimes) ou de violence entre compagnies rivales de taxis (237 victimes)..

Entre et , , dont , furent assassinées (soit une hausse générale de 1,4% par rapport à la période précédente) ce qui représente 58 personnes tuées par jour. Plus de la moitié des meurtres ont été commis durant les week-ends entre 21 heures et 3 heures du matin. La majorité de ces assassinats, mais aussi des viols, des agressions et des vols qualifiés, ont lieu dans les provinces du Gauteng, du Cap-Occidental et du KwaZulu-Natal, qui sont les régions économiques les plus industrialisées et les plus peuplées du pays..

Viols

Le pays a un des taux de viols les plus élevés au monde, avec viols et autres agressions sexuelles signalés pour l'année 2012, soit 127,6 pour 100 000 personnes dans le pays.

Ce taux de viol a conduit le pays à être surnommé la «capitale mondiale du viol»SA 'rape capital' of the world, News24, 22 November 2005. Retrieved 7 January 2012.. Une personne sur trois dans les 4.000 femmes interrogées par la Communauté de l'Information, empowerment and Transparency dit avoir été violée durant la dernière année, et plus de 25 pour cent des hommes sud-africains interrogés dans un sondage publié par le Medical Research Council (MRC) en ont admis avoir déjà violé; de ceux-ci, près de la moitié ont dit qu'ils avaient violé plus d'une personne. Sur quatre personnes ayant admis avoir commis un viol, trois indiquent qu'ils avaient violé pour la première fois au cours de leur adolescence. L'Afrique du Sud compte aussi parmi les taux de viols infantiles parmi les plus élevées au monde. Si le violeur est condamné, sa peine de prison est en moyenne de 2 ans Baby rapes shock South Africa, BBC, 11 décembre 2011.

Pour la période entre et , la police a enregistré une moyenne de 110 viols déclarés chaque jour. Pour la période entre et , la police enregistre une augmentation de 4,6% des crimes sexuels par rapport à la période précédente soit viols.

Piraterie routière

vignette|droite|280px|Un panneau routier indiquant une zone de forte densité de piraterie routière (hi-jacking hotspot).

L'Afrique du Sud détient un des taux de piraterie routière (ou carjacking) les plus élevés pour un pays industrialisé. On estime qu'en 1998, voitures étaient ainsi volées chaque année.. En 2016, le Institute for Security Studies compte de ces attaques, en hausse de 14 % par rapport à l'an passé, avec les chiffres les plus élevés dans le Gauteng et le KwaZulu-Natal.. Les attaques se produisent le plus souvent dans certaines zones, parfois signalés par des panneaux, appelées hi-jacking hotspot..

Depuis 2021, des attaques de bus de la compagnie Intercape surviennent, notamment dans la province de Cap-Oriental : près de 150 attaques violentes sont rapportées, avec parfois des blessés et des morts.. En 2023, la justice sud-africaine enjoint au ministre des transports de produire un plan d'actions pour assurer la sécurité des passagers et des conducteursEstelle Ellis & Aiden Louw. Intercape commuters’ safety in the hands of Bheki Cele and Fikile Mbalula but there’s no action plan yet. Daily Maverick, 22 décembre 2022. Lire en ligne..

Attaques de fermes

Les attaques de ferme en Afrique du Sud, difficiles à chiffrer mais dont la réalité n'est pas contestée, s’inscrivent dans un contexte général de délinquance criminelle et de débat sur la propriété des terresY a-t-il vraiment un «génocide» des fermiers blancs en Afrique du Sud, comme le déclarent certains tweets ?, Checknews, Libération, 9 aout 2018.

Plus particulièrement, les meurtres de fermiers blancs, plus aisément chiffrables que le nombre d'attaques, ont atteint un pic en 1998 avec 153 assassinats avant de décroitre pour atteindre 47 assassinats en 2017 selon AgriSA, la Fédération sud-africaine de l'industrie agricoleLa figure du fermier blanc symbolise toujours le mal-être de l’Afrique du Sud, Camille Belsoeur, Slate, 8 aout 2018, ce déclin pouvant s'expliquer par les précautions prises par les fermiers pour se protéger, eux et leurs terres, et par une meilleure collaboration avec la police nationale.. L'Union agricole du Transvaal avance également le chiffre de tués entre 1990 et 2012, en majorité blancs Are SA whites really being killed like flies, Mail and Guardian, , parfois tués avec leurs familles. Pour la période entre et , la police sud-africaine comptabilise 62 personnes tuées dans des attaques de fermes, 52 de ces victimes ayant été les propriétaires de la ferme visée.

Le sujet est devenu un débat politique important, plusieurs organisations et partis politiques accusant le gouvernement sud-africain de ne pas lutter efficacement contre ce type de criminalité South African farmers fearing for their lives, The Telegraph, . Cependant, d'autres commentateurs font observer que les chiffres ainsi que les accusations de ces organisations sont exagérés eu égard au contexte global de grande criminalité affectant le pays.

En 2015, la Commission sud-africaine des droits de l’Homme dénonce les dizaines de ces meurtres qui restent impunis. Elle constate aussi que les fermiers, aussi bien noirs que blancs, sont visés, principalement pour des raisons financières, et non raciales..

Armes utilisées Les criminels sud-africains utilisent souvent des pistolets (Makarov PM) et des fusils d'assaut (AKM ou Type 56) issus des trafics d'armes. En effet la fin des guerres civiles angolaise et mozambicaine ont alimenté le trafic d'armes.

Évolution thumb|right|350px|Évolution du nombre de meurtres de 1915 à 2015. Pendant l'Apartheid Le taux d'homicides est difficile à mesurer pendant la période de l'Apartheid, car les bantoustans sont ignorés dans les décomptes nationaux, ce qui sous-évalue les homicides dans la population noire. En tenant compte de cette réserve, le taux d'homicide en Afrique du Sud s'accroît soudainement à la fin des années 1970, passant d'environ 30 à environ 50 homicides pour . Les années 1990 représente un nouveau bond, avec un taux au dessus de 70 en 1990 et 1990. Le pic se situe lors de la fin de l'Apartheid, avec 78 pour sur l'année 1993-1994. Durant la période de l'Apartheid, de 1953 à 1993, la moyenne annuelle de meurtres était de 7036 par an, mais avec une population sud-africaine beaucoup moins élevéevoir Démographie de l'Afrique du Sud.

Après l'Apartheid La moyenne passe de 7036 meurtres par an à 24206 d’après l'ASAP, durant la période post-apartheid..

Le taux de criminalité diminue régulièrement depuis la fin de l'Apartheid jusqu'en 2012 où il est redescendu à 30 pour 100000. Le taux d'homicide a ensuite augmenté les trois années suivantes, atteignant ainsi 33 en 2015South Africa's mysterious murder rate, Dayly Maverick, 02/10/2015 (en)La criminalité est en hausse en Afrique du Sud, Radio France internationale, 20 septembre 2013.. Les violences sexuelles sont en baisse, mais toutes les victimes ne se signalent pas à la police.

Par province Nombre d'homicides par d'avril à mars de chaque annéeSAPS data reproduced by the Institute for Security Studies South African Murder rates 2003–2010 Province 94/95 95/96 96/97 97/98 98/99 99/00 00/01 01/02 02/03 03/04 04/05 05/06 06/07 07/08 08/09 09/10 10/11 11/12 12/13 13/14 14/15 15/16 16/17 17/18 Δ% Cap-Occidental 71,5 83,9 79,4 80,6 86,9 77,0 84,0 76,2 79,5 63,1 58,7 59,2 60,7 58,6 43,3 41,1 40,9 39,8 43,7 48,3 51,9 51,4 51,7 57,0 −20,2% Cap-Oriental 76,8 73,4 70,4 61,5 59,6 56,2 50,7 55,2 52,1 48,6 48,6 53,2 52,6 51,1 50,2 49,6 49,1 50,5 51,5 53,1 51,2 56,3 55,9 58,7 −23,5% Cap-Nord 69,5 83,9 70,3 64,7 70,4 58,4 55,6 54,8 52,7 40,4 38,1 36,4 38,1 38,3 37,5 33,8 30,3 32,3 36,0 37,7 35,2 31,3 28,6 27,9 −59,8% État libre 50,6 54,0 50,7 46,1 43,3 38,6 33,9 34,2 35,2 30,5 30,7 29,5 32,2 29,7 33,3 33,1 35,0 34,7 36,8 33,8 33,6 35,1 33,3 36,7 -27,4% Gauteng 83,1 81,3 76,6 78,2 77,5 64,6 63,1 54,1 53,3 48,8 41,6 38,8 40,8 38,9 34,6 29,3 27,1 24,4 23,7 25,7 27,6 28,2 29,3 29,5 −64,5% KwaZulu-Natal 95,0 92,5 76,4 72,9 75,1 67,7 61,4 57,0 56,5 53,9 51,1 49,9 50,4 47,0 46,9 41,3 36,3 32,9 34,5 34,1 35,5 36,2 36,6 39,4 −58,5% Limpopo 22,2 19,8 19,0 19,3 18,4 15,3 14,6 16,1 13,2 12,9 13,8 12,9 13,9 12,9 14,2 14,3 12,4 13,6 12,8 13,2 13,9 15,9 14,2 15,7 −29,2% Mpumalanga 37,5 43,6 50,0 42,8 39,7 35,6 32,0 29,6 33,1 30,4 31,9 25,4 24,8 23,6 23,3 22,2 18,1 18,0 16,9 19,4 19,6 19,9 21,8 20,7 −44,8% Nord-Ouest 37,6 44,5 46,7 38,9 40,9 31,6 30,2 30,2 30,7 25,9 23,9 22,8 24,4 24,3 25,5 21,8 21,6 22,8 24,4 22,8 23,2 24,2 23,7 24,5 −34,8% Afrique du Sud 66,9 67,9 62,8 59,5 59,8 52,5 49,8 47,8 47,4 42,7 40,3 39,6 40,5 38,6 36,4 33,331,1 30,1 30,9 31,9 32,9 34,0 34,1 35,8 −46,4%

Selon les statistiques de la criminalité pour la période d' à , le quartier de Kempton Park, où se situe l'aéroport international de Johannesburg, détient le record en termes d'enlèvements et de tentatives de kidnapping devant Delmas et Tembisa. Le Gauteng est pour sa part la province ayant le plus fort taux d'enlèvements devant le KwaZulu-Natal et le Cap occidentalKempton Park is the kidnapping capital of SA, News24, 12 septembre 2019

Moyens de lutte et de protection

L'Afrique du Sud est un pays où un très grand nombre d'armes sont en circulation. À partir de 2004, il devient obligatoire de suivre une enquête de police et un entraînement au tir pour avoir le droit d'en détenir une. Sous le régime de l'Apartheid, il était légal de tuer pour défendre ses biens, mais depuis 1994 et la nouvelle constitution, seule la légitime défense est autorisée..

Voitures lance-flammes: Le Blaster (surnommé le « lance-flammes BMW ») est un véhicule créé en 1998 par le sud-africain Fourie Charl pour fournir une défense contre les braquages de véhicules, et pouvant tuer ou rendre aveugle l’agresseur. Protection des fermes: de plus en plus de fermiers blancs transforment leurs fermes en véritables prisons et s'enferment à l’intérieur durant la nuit quand la plupart des massacres de fermiers blancs se produisent..