Cet article recense les langues par première écriture attestée. Généralités vignette|Le Tifinagh Berbère (ⵜⵉⴼⵉⵏⴰⵖ), obélisque numide au musée archéologique de Chemtou, Gouvernerat de Jendouba, Tunisie.Les langues changeant graduellement, il est généralement impossible de déterminer un moment précis où une langue donnée commence à être parlée. Dans de nombreux cas, certaines formes d'une langue ont pu être parlées (ou même écrites) bien avant les plus anciens exemples connus. Une trace écrite peut rendre compte de l'état d'une langue correspondant à une époque antérieure — soit par tradition orale ou parce que cette trace est une copie d'un ancien manuscrit perdu. Typiquement, les traditions orales des épopées peuvent s'étendre sur plusieurs siècles et, dans quelques cas, sur plus d'un millénaire. L'exemple le plus extrême est le sanskrit védique du Rig-Véda : les parties les plus anciennes du texte pourraient dater d'environ 1700 av. J.-C. tandis que le plus ancien manuscrit connu date du , un intervalle de plus de .
Pour les langues qui se sont développées à partir d'un prédécesseur connu, les dates mentionnées ici sont sujettes à une terminologie conventionnelle. Par exemple, l'ancien français s'est graduellement développé à partir du latin vulgaire et les serments de Strasbourg (842) sont ici le plus vieux texte qualifié d'« ancien français ». De même, le danois et le suédois se sont séparés du vieux norrois oriental au , tandis que le norvégien s'est séparé du vieux norrois occidental vers 1300.
Chronologie
Avant le vignette|Sceau trouvé dans la tombe de Péribsen, support de la phrase la plus ancienne connue en égyptien ancien. Un très petit nombre de langues sont attestées avant la fin de l'âge du bronze et le développement de l'alphabet : quelques isolats (sumérien, hourrite, hatti (langue) et élamite), les langues chamito-sémitiques (égyptien ancien et langues sémitiques), les langues indo-européennes (langues anatoliennes et mycénien) et les langues sino-tibétaines (chinois archaïque). Il existe plusieurs écritures non déchiffrées de l'âge du bronze, comme le proto-élamite et l'élamite linéaire, l'écriture de l'Indus, les hiéroglyphes crétois et le linéaire A, et le syllabaire chypro-minoen.
Vers 2900 av. J.-C. : sumérien, période de Djemdet Nasr (cunéiforme) Vers 2700 av. J.-C. : égyptien ancien, hiéroglyphes de la tombe de Péribsen ( dynastie), Oumm el-Qa'ab ; inscriptions proto-hiéroglyphiques dès 3300 av. J.-C. (Naqada III, Abydos, palette de Narmer) Vers 2400 av. J.-C. : akkadien, une douzaine de textes pré-sargoniques de Mari et autres sites de Babylonie du nord ; quelques noms propres sont attestés dans des textes sumériens de Shaduppum vers 2800 av. J.-C. ; fragments de l'Etana à Shaduppum vers 2600 av. J.-C. Vers 2400 av. J.-C. : éblaïte, Ebla Vers 2300 av. J.-C. : élamite, traité de paix d'Awan avec Naram-Sin Vers 2100 av. J.-C. : hourrite, inscription du temple de à Urkesh Vers 1650 av. J.-C. : hittite, divers textes et chroniques de palais en cunéiforme écrits pendant le règne de , provenant des archives de Hattusa Vers 1450 av. J.-C. : grec (mycénien), tablettes en linéaire B de Cnossos Vers 1400 av. J.-C. : louvite, inscriptions monumentales en , tablettes louvites cunéiformes dans les archives de Hattousa ; des hiéroglyphes isolés sont présents sur des sceaux dès le Vers 1400 av. J.-C. : hatti, textes hittites CTH 725–745 Vers 1300 av. J.-C. : ougaritique, tablettes d'Ougarit Vers 1200 av. J.-C. : chinois archaïque, os oraculaires et inscriptions de bronze du règne de Wu Ding
Les plus anciennes inscriptions alphabétiques connues, à Sérabit el-Khadem (vers 1500 av. J.-C.), semblent noter une langue sémitique du Nord-Ouest, bien que seuls un ou deux aient été déchiffrés. À l'âge du fer, l'écriture alphabétique se diffuse dans le Proche-Orient et l'Europe du Sud. Avec l'émergence des écritures brahmiques, les langues en Inde sont attestés vers 300 av. J.-C. Les plus anciens exemples de l'écriture isthmique en Amérique centrale datent d'environ 500 av. J.-C., mais leur déchiffrement reste controversé.
c. 1000 av. J.-C. : phénicien, épitaphe d'Ahiram : araméen : hébreu, calendrier de Gezer Vers 850 av. J.-C. : , inscription de Jabal al-Qal'a Vers 840 av. J.-C. : moabite, stèle de Mesha Vers 800 av. J.-C. : phrygien Vers 800 av. J.-C. : Vers 800 av. J.-C. : sudarabique Vers 700 av. J.-C. : étrusque, vase proto-corinthien trouvé à Tarquinia : latin, inscription Vetusia et fibule de Préneste à Palestrina Vers 600 av. J.-C. : ombrien Vers 600 av. J.-C. : nord-picène Vers 600 av. J.-C. : lépontique Vers 600 av. J.-C. : tartessien Vers 600 av. J.-C. : lydien Vers 600 av. J.-C. : carien Vers le : thrace Vers le : vénète Vers 500 av. J.-C. : vieux-perse, inscription de Behistun Vers 500 av. J.-C. : sud-picène Vers 500 av. J.-C. : messapien Vers 500 av. J.-C. : gaulois Vers 400 av. J.-C. : osque Vers 400 av. J.-C. : ibère Vers 300 av. J.-C. : méroïtique Vers 300 av. J.-C. : falisque Vers 275 av. J.-C. : volsque Vers 260 av. J.-C. : (prakrit), édits d'Ashoka (des inscriptions sur des poteries d'Anurâdhapura ont été datées d'environ 400 av. J.-C.) Vers 202 av. J.C. : libyque ou Libyco-Bérbere (dédicace d’un sanctuaire consacré à Massinissa – le prince numide . Mise au jour en 1904 sur le site de Dougga (nom actuel de l’antique Thugga, en Tunisie), elle se trouve aujourd’hui dans les réserves du musée du Bardo à Tunis. Vers 200 av. J.-C. : tamoul, inscriptions rupestres et tessons du Tamil Nadu Vers 200 av. J.-C. : galate Vers 130–170 av. J.-C. : parthe Vers 100 av. J.-C. : celtibère
L'Antiquité tardive procure les premiers exemples de tradition manuscrite (par opposition à l'épigraphie). Par exemple, l'arménien classique est attesté pour la première fois dans une . Vers 150 : bactrien, inscription de Rabatak Vers 160 : proto-germanique/proto-norrois, inscriptions de Vimose (vers 100 av. J.-C. si l'inscription du casque de Negau est réellement du germanique) Vers 200 : cham 250-300 : maya (une courte inscription non-déchiffrée de San Bartolo date du ) Vers 300 : gotique, Vers 300 : guèze, inscriptions d'Ezana 328 : arabe, : , inscriptions ogham Vers 430 : géorgien, église géorgienne de Bethléem 434 : arménien, de Mesrop Machtots Vers 450 : kannada, : langues germaniques occidentales : Vers 510 : vieux néerlandais, loi salique Vers 550 : vieux haut-allemand, boucle de Pforzen Vers 650 : vieil anglais, , coffret d'Auzon, broche de West Heslerton Vers 575 : télougou, inscription d'Erragudipadu 591 : coréen, stèle de Sinseong à Namsan : langues tokhariennes, manuscrits de Dunhuang Vers 540-600 : vieil irlandais, Luin oc elaib Vers 600 : cornique, inscription rupestre de Phillack Vers 600 : khmer Vers 600 : oudi, palimpseste M13 du mont Sinaï Vers 650 : tibétain, Annales et Chronique tibétaines Vers 683 : malais, Vers 700 : gallois, inscriptions de Tywyn 711-712 : japonais, Kojiki 732 : vieux-turc, inscriptions de l'Orkhon Vers 750 : vieux frison Vers 750 : persan Vers 750 : ancien français, les Glosses de Reichenau 769 : maïthili, Dohakosh par 769 : angika, Dohakosh par 769 : , Dohakosh par Vers 800 : mozarabe Vers 800 : vieux norrois (runique) Vers 800 : vieux breton, Manuscrit de Leyde (texte en Latin avec quelques mots en vieux breton) 804 : javanais, début de l'inscription de Sukabumi : malayalam, inscription de Rajasekhara sur le Vers 842 : ancien français, serments de Strasbourg Vers 862 : vieux-slave, littérature religieuse traduite par Cyrille et Méthode Vers 900 : oriya, Vers 900 : assamais, Vers 900 : bengali, Vers 900 : ancien occitan, Tomida femina Vers 959–974 : léonais, Nodicia de Kesos Vers 960–963 : italien, Placiti Cassinesi 986 : khitan,
1000 à 1500 972–1093 : slovène, manuscrits de Freising Vers 1000 : vieux russe c.1000 : balinais Vers 1000 : ossète 1000-1150 : pendjabi Vers 1000 : marathi Vers 1000 : basque, aragonais et espagnol, Glosas Emilianenses Vers 1028 : catalan, Jurament Feudal 1050 : moyen haut-allemand (par convention) 1066 : moyen anglais (par convention) 1080 : piémontais Vers 1100 : croate, stèle de Baška Vers 1100 : danois (par convention) Vers 1100 : suédois (par convention) ; la pierre de Rök est souvent citée comme début de la littérature suédoise 1113 : birman, inscription de Myazedi 1114 : nepalbhasha, manuscrit sur feuille de palmier d'Uku Bahah 1150 : moyen néerlandais (par convention) 1189 : portugais et/ou galicien 1186-1190 : serbe, évangile de Miroslav 1189 : bosnien, charte de Kulin 1192 : hongrois, ; il existe des fragments isolés dans des chartes antérieures comme celle de Veszprém (vers 1000) et de (1055) Vers 1200 : langues fenniques, (pour le finnois à proprement parler : , 1543) Vers 1200–1230 : tchèque 1224–1225 : mongol, pierre de Genghis Vers 1250 : lombard occidental, Sirventés lombardesco de Sordel Vers 1270 : polonais, livre de Henryków 1272 : yiddish Vers 1292 : thaï : tigrigna, texte de lois découvert à Logosarda Vers 1300 : vieux norvégien Vers 1300 : batak Vers 1350 : vieux-prussien Vers 1350 : cachemiri Vers 1350 : langues oghouzes (dont l'azéri et le turc ottoman), Saiyid Imad-ad-din Nassimi 1372 : komi Vers 1400 : Moyen français Vers 1440 : vietnamien, (des noms isolés en Chữ nôm datent du début du ) 1462 : albanais, Formula e Pagëzimit, courte formule baptismale dans une lettre de l'archevêque Pal Engjëlli Vers 1470 : maltais, Il-Kantilena Années 1470 : anglais moderne naissant (par convention) 1485 : yi, inscription sur une cloche de bronze à Dafang, Guizhou Vers 1500 : toulou
Après 1500 1521 : roumain, Lettre de Neacşu ; un manuel orthographique en cyrillique de Constantin Kostentschi datant de 1420 documente un usage écrit antérieur. Quatre documents du , Codicele Voronetean, Psaltirea Scheiana, Psaltirea Hurmuzachi et Psaltirea Voroneteana, sont vraisemblablement des copies d'originaux du . 1530 : letton 1535 : estonien 1539 : , Breve y mas compendiosa doctrina cristiana en lengua mexicana y castellana (probablement le premier livre imprimé en Amérique ; aucune copie n'en est connue actuellement) 1543 : finnois ; par Mikael Agricola 1547 : lituanien, Katekizmas par Martynas Mažvydas, premier livre imprimé en lituanien ; le plus ancien texte subsistant en lituanien est une prière manuscrite sur un bout de papier, datant d'entre 1503 et 1525 Vers 1550 : néerlandais standard, Bible des États ; cette Bible est généralement perçue comme le début du néerlandais standard mais plusieurs expériences ont été réalisées vers 1550 en Flandre et dans le Brabant. Bien qu'aucune n'ait perduré, elles ont créé un semi-standard formant la base de la Bible des États. 1554 : huastèque, grammaire par Andrés de Olmos 1557 : kikongo, catéchismeBalandier, Georges, Le Royaume de Kongo du , Hachette, 1965, 1593 : tagalog, Doctrina Cristiana 1600 : bouguinais Vers 1650 : oubykh, abkhaze, adyguéen et mingrélien, d'Evliya Çelebi 1639 : guarani, Tesoro de la lengua guaraní par Antonio Ruiz de Montoya 1652 : swahili, HamziyaJan Knappert, Four centuries of Swahili verse, Heinemann Educational, 1979, . 1692 : iakoute 1693 : Arabe tunisienKARRÂY, Abû-l-Hassan al-. "Dîwân Abi-l-Hassan al-KARRÂY" in Fakhfakh, N. (2007). Le répertoire musical de la confrérie religieuse" al-Karrâriyya" de Sfax (Tunisie) (Doctoral dissertation, Paris-8). Vers 1695 : seri, grammaire et vocabulaire compilés par Adamo Gilg ; probablement perdu : Haoussa (date non connue avec précision) : Riwayar Annabi Musa par Abdallah Suka Philips, John Edward, "Hausa in the twentieth century: an overview" (PDF), Sudanic Africa, 15, 55–84. 1760 : groenlandais, écrit en alphabet latin par Hans Egede 1770 : guugu yimithirr, mots compilés par l'équipage de James Cook