L'église Notre-Dame est une église catholique paroissiale située à Pontoise, en France. Son importance vient essentiellement du tombeau de saint Gauthier, et d'une statue de la Vierge à l'Enfant de la seconde moitié du , réputée miraculeuse, qu'elle abrite en son sein.

L’Ancienne Basilique L'église actuelle prolonge aussi le souvenir d'une splendide et vaste basilique de style gothique rayonnant, qui par ses dimensions et la qualité de son architecture impressionnait fortement les contemporains, et qui était l'une des plus grandes églises de France.

Très peu de vestiges subsistent, sinon une Vierge, quelques fragments de dalles funéraires, et des tapisseries qui ne se trouvent plus dans l'église.

Déjà partiellement détruite en 1437 puis reconstruite, la basilique venait juste d'être agrandie quand elle a péri pendant le siège de Pontoise en juillet 1589. Cela explique que les moyens manquaient pour construire une église plus grande après la catastrophe : On dût se contenter d'édifier une église provisoire, dont la conception répond avant tout aux impératifs d'une mise en œuvre rapide et économique, avec des voûtes de bois. Son style Renaissance simplifié manque de grâce, mais l'architecte Nicolas Le Mercier laisse quand même une création intéressante non dénuée de qualités esthétiques eu égard aux contraintes. Aussi l'église a-t-elle traversé les siècles contrairement à l'idée initiale, et bénéficié de quelques embellissements. L'église Notre-Dame a été inscrite monument historique par arrêté du . et restaurée extérieurement entre 2000 et 2010.

Localisation

L'église est située dans le département français du Val-d'Oise, sur la commune de Pontoise, dans la ville basse, place Notre-Dame, au nord-ouest de la gare à laquelle la place est reliée par la rue Carnot. La RD 92 délimite cette place au nord ; elle devient la rue Pierre-Butin en direction de l'est et la rue de Rouen en direction de l'ouest. La rue de la Coutellerie descend depuis le centre-ville ancien et le parvis de la cathédrale Saint-Maclou et arrive directement devant le clocher de l'église Notre-Dame. Toute la place sert aujourd'hui de parking, et l'on peut ainsi faire le tour de l'édifice. Devant le chevet, reste un vaste espace non construit, qui était en grande partie occupé par l'ancienne église, autrement importante que l'église actuelle.

Histoire Les origines

Le quartier autour de l'église Notre-Dame est un ancien faubourg, qui faisait partie de la paroisse de l'abbaye Saint-Martin de Pontoise jusqu'au : contrairement à la plupart des autres abbayes dont les églises étaient fermées d'accès aux habitants, l'abbaye Saint-Martin a toujours assuré un service paroissial. Avec le développement des activités artisanales mettant à profit la force motrice de l'eau de la Viosne, l'augmentation du faubourg augmente au , et les habitants trouvent le chemin vers l'église Saint-Martin bien trop long. En 1177, une chapelle est ainsi bâtie par les religieux de Saint-Martin, au milieu de ce que l'on appela désormais le quartier de la Foulerie. La chapelle appartient donc à l'abbaye. Il paraît qu'elle est déjà dédiée à Notre-Dame. Une statue de la Vierge est citée dans un diplôme de 1231, mais ce n'est pas encore la statue actuelle... L'érection en paroisse est effectuée en 1247 par Eudes Rigaud, archevêque de Rouen : sous tout l'Ancien Régime, Pontoise se situe en effet dans l'archidiocèse de Rouen, et est lui-même le siège de l'archidiaconé du Vexin français. L'on ignore en quelle année la chapelle est remplacée par une église plus grande : Henri Le Charpentier avance la première moitié du , sans donner de raison.. Un indice de taille est fourni par le style de la sculpture de la Vierge elle-même, qui d'après Louis Régnier indique le milieu ou la seconde moitié du , et l'on sait aussi que la statue se trouvait sous le porche du bras nord du transept, probablement sur le trumeau du portail : c'est donc immédiatement après la fondation de la paroisse que le chantier de l'église a dû être lancé..

La basilique Notre-Dame de Pontoise

Il n'existe pas de représentation iconographique de cette grande église de style gothique rayonnant, ni de description antérieure à sa destruction partielle par les Anglais en 1435, sous l'ordre de Jean de Ripelay. Les arquebusiers de Pontoise étant parvenus à chasser la garnison anglaise de la ville, Ripelay commet cet acte dévastateur par rage pour la défaite. Ses compatriotes ne l'approuvent pas, car quand ils parviennent à devenir de nouveau les maîtres de la ville en 1437, ils se mettent aussitôt à rebâtir le chœur de l'église, qui semble être la partie la plus touchée. Ces travaux bénéficient de la protection de Jeanne de Navarre, qui meurt cependant en la même année. Les travaux sont poussés avec vigueur, et quand Charles VII arrive devant la ville en 1441, le chœur est terminé, et la réparation de la nef en cours. Les boulets de Jean Bureau endommagent une nouvelle fois l'édifice qui est juste en train de renaître, et obligent de reprendre un siècle plus tard toutes les parties hautes du chœur. Par un arrêt de la Cour, toutes les inscriptions faites par les Anglais sur un monument de marbre au milieu de la nef, et toutes leurs armoiries, sont effacées. On veut faire oublier que la part principale de la reconstruction incombe aux Anglais. Ceci n'empêche pas que les travaux continuent après leur départ, et à partir de 1450, Charles VII reverse à la fabrique une partie de la gabelle du sel prélevée à Pontoise. La consécration de l'église est célébrée le par Robert Clément, évêque in partibus d'. À partir du milieu du , les parties haute du chœur sont rebâties comme déjà signalé, et l'édifice existant est apparemment agrandi par l'ajout de chapelles, qui ne sont pas encore parachevées en 1587, quand écrit le premier historien de Pontoise, Noël Taillepied. Ces travaux sont placés sous la direction de Pierre Le Mercier, puis sous celle de son fils ou neveu Nicolas Le Mercier... thumb|upright|Plan de la basilique, reconstitué par A. François. thumb|upright|Fidèles priant devant la statue de la Vierge du portail nord (vitrail de 1901/02).

A. François a reconstitué le plan. de ce qui est désormais appelée la basilique Notre-Dame de Pontoise.. La limite orientale de l'église a pu être prouvée très facilement, car en 1878, les substructions d'une ou plusieurs chapelles rayonnantes du déambulatoire subsistent encore dans le jardin de la maison au 7bis place Notre-Dame. Il n'est en revanche pas clair sur quoi se base la localisation de la façade occidentale de la basilique, dont l'on sait que la nef possédait douze « principaux » piliers. Ceci correspond à six piliers de chaque côté, et donc à sept grandes arcades et sept travées. Or, A. François arrive à dix travées, et à une longueur totale de pour une largeur de . Ces données n'ont pas été commentées dans la littérature. Avec sept travées, la façade occidentale de la basilique se trouverait au niveau de la façade du porche actuel, et le chevet est de toute façon à la limite occidentale de la place Notre-Dame. Quoi qu'il en soit, au , la basilique Notre-Dame de Pontoise est l'une des plus vastes et des plus magnifiques églises de la France. Elle dépasse par ses dimensions maintes cathédrales provinciales. Son plan est cruciforme et comporte une nef de dix (ou sept) travées bordées de bas-côtés, qui sont flanqués de chapelles sur toute leur longueur ; un transept largement débordant et doté également de bas-côtés ; un chœur de quatre travées dont la dernière est le rond-point de l'abside ; deux collatéraux du chœur et un déambulatoire également flanqués de chapelles. La flèche se dressant au-dessus de la croisée du transept atteint une hauteur plutôt modeste par rapport aux dimensions extrêmement généreuses de l'église, à savoir . Deux autres tours se trouvent de part et d'autre de la façade occidentale. Abstraction faite de la flèche centrale, la basilique Notre-Dame est réputée pour être une sœur jumelle de l'église Saint-Ouen de Rouen. L'on peut ainsi se faire facilement une image de la splendeur de la basilique, malheureusement détruite.. L'abbé Trou fournit en 1843 une description assez éloquente de la basilique, qui se base en grande partie sur celle de Noël Taillepied, mais s'enrichit de détails dont il passe sous silence les sources. La basilique était de loin la plus grande église de l'archidiaconé du Vexin français, et apparemment aussi la plus belle :

La destruction de la basilique

La basilique Notre-Dame périt lors du siège de Pontoise par Henri III et Henri IV, dans le contexte de la huitième guerre de religion (1585-1598), en juillet 1589. L'intention des rois est de déposséder la Ligue catholique de la ville. Il paraît qu'une partie des assiégés se retranche près de l'église, qu'ils fortifient provisoirement tout en remplissant son intérieur de terre. On peut difficilement en savoir plus, car si les récits sur la fin de la basilique sont nombreux, ils ne concordent qu'en de rares points. Les uns accusent Henri III ; d'autres assurent que les assiégés ont dû eux-mêmes démolir l'église, car gênant les tirs d'artillerie depuis le bastion de Halincourt ; d'autres encore prétendent que les habitants l'ont démoli par précaution, craignant que le roi ne la transforme en forteresse, etc. Henri Le Charpentier les a tous passé au crible, et ne parvient pour autant pas de dégager la vérité historique. Il paraît comme certain que d'une façon ou d'une autre, l'église a été si fortement endommagée part les combats que sa réparation n'est plus envisageable. C'est la raison qui a dû commander la démolition plutôt qu'une reconstruction. Une ordonnance du gouverneur du ordonne la démolition des murs des chapelles de l'église restés debout, ce qui donne à penser que tout l'intérieur s'était effondré. Vu que la basilique a fait encore l'objet de travaux quelques mois, voire quelques jours avant le début du siège, et qu'elle était alors comme neuf, il faut croire que les habitants ne l'auraient pas abandonné si elle avait pu être sauvée. Pas tout n'est démoli tout de suite : un témoin oculaire mentionne la ruine du chevet en 1638. La Vierge, elle, est restée debout au milieu des décombres, ce qui a encore augmenté la confiance en elle. En attendant la construction de la nouvelle église, elle est mise à l'abri dans l'abbaye Saint-Martin. Au début du siège, le curé dom Regnault Lefebvre et son vicaire Mathieu Guyempel ont pu mettre en lieu sûr les vases sacrés et quelques œuvres d'art, mais la plupart des objets a disparu sous la Révolution française. Quelques tapisseries ont été restituées à la ville au début du ; on disait qu'elles provenaient de Bruges et étaient d'une grande valeur, quoiqu'en mauvais état... — L'on peut remarquer que si elle avait survécu, la basilique Notre-Dame serait à coup sûr devenue la cathédrale du diocèse de Pontoise en lieu et place de l'église Saint-Maclou, qui est moitié moins grande.

La construction de l'église actuelle thumb|upright|La chapelle de la Vierge, qui prend sa forme actuelle en 1862. thumb|upright|La charpente de la sacristie, en grande partie remplacée.