Le Livre d'or de la science-fiction : Robert Sheckley est une anthologie de nouvelles de science-fiction de Robert Sheckley publiée en en France. Les seize nouvelles, rassemblées par Michel Demuth, sont parues entre 1952 et 1965.

L'anthologie fait partie de la série francophone Le Livre d'or de la science-fiction, consacrée à de nombreux écrivains célèbres ayant écrit des œuvres de science-fiction. Elle ne correspond pas à un recueil déjà paru aux États-Unis ; il s'agit d'un recueil inédit de nouvelles, édité pour le public francophone, et en particulier les lecteurs français.

L'anthologie a été publiée en 1980 aux éditions Presses Pocket, collection Science-fiction, et 1987.

L'anthologie a été rééditée en 1990 avec pour titre Tu brûles ! aux éditions Presses Pocket, collection Le Grand Temple de la S-F, .

L'image de couverture a été réalisée par Wojtek Siudmak.

Extraits de la préface Préface de Michel Demuth : « L'Homo Sheckleyens, son habitat, ses mœurs, sa nourriture principale, ses prédateurs » (p. 7 à 12).

(…) Je me souviens d'une rubrique humoristique, que l'on qualifierait aujourd'hui de « parano » ; tel ou tel auteur y rapportait dans quelles circonstances il s'était trouvé embarrassé, offensé, humilié pour les autres… Et, très souvent, dans quelles proportions cette situation le poursuivait, le cernait, l'amenait à hurler et à se meurtrir les poings contre des portes, des hygiaphones, des panneaux de bus, des êtres inhumains… Il y avait l'homme qui devenait invisible dès qu'il esquissait le moindre signe dans un restaurant pour appeler le garçon. Celui dont la voiture tombait toujours en panne devant ses collègues de bureau. Celui qui…, etc. Le gaffeur, le souffre-douleur, le tendre crétin dont la voix ne perce jamais à travers le tonnerre de la conversation. Le chevalier catastrophe de tant de comédies américaines. L'homme à qui on la fait pas et qui est cent fois refait. Celui dans lequel nous nous reconnaissons… parfois (n'exagérons rien).

(…) Robert Sheckley (…) est un auteur de science-fiction qui, comme un Bradbury ou un Matheson, n'écrit nullement à propos de la science. (…)

(…) En utilisant une autre forme d'aberration, l'irrationalisme, vous pouvez amener votre personnage à un comportement que le lecteur juge stupide, maladroit, erroné, alors même que votre personnage considère ce comportement comme le summum du bon sens. Dans ce cas précis, le lecteur se divertit non seulement de la bizarrerie des réactions de votre personnage mais tout aussi bien de sa propre sagesse. Car il n'est pas une forme d'humour qui ne porte en elle une trace de sadisme. Les malheurs de nos amis, à condition qu'ils ne tournent pas à la catastrophe, nous divertissent. On peut considérer aussi que l'humour, lorsqu'il est suscité uniquement par un comportement irrationnel, ne demeure jamais qu'au plus bas niveau de la bouffonnerie et qu'il n'atteint sa forme supérieure, l'incongruité, que par la rencontre de l'irrationalisme le plus fou au niveau du comportement avec le plus total rationalisme dans l'intention. C'est avec ce principe dans leur baluchon que Sheckley a envoyé ses éclaireurs dans le proche avenir, pour notre très grande joie. (…)

Liste et résumés des nouvelles Le Corps Titre original : . Publication : , ; publication en France dans Galaxie n°30 (). Situation dans l'ouvrage : p. 13 à 19. Thème : L'esprit du Meyer est transféré dans le corps d'un chien… Liens externes : Liste intégrale des publications de la nouvelle, sur iSFdb

La Foule Titre original : . Publication : , . Situation dans l'ouvrage : p. 20 à 25 . Résumé : Le Needler a fabriqué un Méga-Ordinateur. Les gens de la ville ont peur de cette machine, qu'ils accusent de vouloir prendre le pouvoir et de diriger leurs vies. Ils s'attroupent en foule devant le laboratoire du professeur et hurlent leur peur, leur angoisse. Dans un discours emphatique, Needler leur explique tous les bienfaits que l'Ordinateur leur rendra, à court et à long terme. Il parvient à les convaincre ; la foule se disperse. La nouvelle se conclut sur une discussion entre Needler et l'Ordinateur, qui montre que ce dernier a totalement asservi son créateur humain et a des rêves mégalomaniaques de pouvoir, de puissance, et même de meurtre. Liens externes : Liste intégrale des publications de la nouvelle, sur iSFdb

Le Mode d'emploi Titre original : Publication : , Situation dans l'ouvrage : p. 26 à 48 Résumé : Pour voyager dans l'espace, on utilise des personnes dotées de pouvoirs parapsychiques. Le capitaine Powell, le navigateur Steve Danton et l'ingénieur Phil Arriglio ont un problème : Billy Walker, « leur psi », n'a pas confiance en lui-même et ne sait pas comment les aider… Puis, quand il utilise ses pouvoirs psi, on découvre qu'il a envoyé le vaisseau spatial trop loin dans l'espace, avec trop peu de carburant en soute pour regagner une base spatiale. Du coup, Walker a encore moins confiance en lui et s'accuse de la future mort de l'équipage. Comment faire face à cette situation inattendue ? Comment survivre ? Comment redonner confiance en Walker ? Le capitaine Powell, pour redonner confiance en Walker, décide de cesser d'appliquer les manuels consacrés aux psi et de considérer et traiter Walker comme un être humain doté de pouvoirs spéciaux, et non comme un « phénomène de foire ». Ce faisant, Walker reprend confiance en lui, obéit aux ordres de Powell, et le vaisseau bondit dans l'espace. Remarques : le thème de l'être humain capable de faire avancer un vaisseau spatial plus vite que la vitesse de la lumière se retrouve dans le nouvelle Les Spécialisés (p. 248 à 268 du même recueil) le thème de l'être humain doté de pouvoirs psychiques exceptionnels et qui est considéré comme un « phénomène de foire » par ses contemporains est aussi traité dans la nouvelle Le Retour du guerrier (p. 281 à 297 du même recueil) Liens externes : Liste intégrale des publications de la nouvelle, sur iSFdb

La Seule Chose indispensable

Titre original : Situation dans l'ouvrage : p. 49 à 64

N'y touchez pas ! Titre original : Publication : , ; publication en France dans Galaxie n°12 () Situation dans l'ouvrage : p. 65 à 97 Préface à la nouvelle (extrait) : « (…) Mais l'important, la seule chose qui compte, c'est le slow burning, la combustion lente chère à Laurel et Hardy, à Jerry Lewis. C'est un véritable plaisir pour l’esprit et le regard que d'assister à la démolition des trois Dupont victimes de la haute technologie mabogienne… » Résumé : Barnett, Agee et Victor sont trois astronautes qui débarquent sur une planète inconnue. Leur vaisseau spatial ayant subi des avaries, ils essaient de trouver de quoi le réparer. Ils découvrent la présence d'un vaisseau extraterrestre, et voient son possesseur avancer vers eux. Sans se poser la moindre question morale, ils décident de le tuer et de s'emparer de son vaisseau. L'extraterrestre est grièvement blessé mais parvient à s'enfuir. On apprend à cette occasion que c'est un être issu d'une civilisation très pacifique, et que les notions de violence, de vengeance et de meurtre lui répugnent profondément. Les trois hommes pénètrent dans le vaisseau spatial alien et tentent de comprendre son fonctionnement. Or ils oublient que l'extraterrestre a une constitution physique et des besoins physiologiques radicalement différents des Terriens. En tentant de mettre en marche le vaisseau alien, ils vont rencontrer plusieurs échecs notables. Quand finalement ils sont dans l'espace, les problèmes rencontrés sont tels, qu'ils sont dans l'obligation de revenir sur la planète. Pendant ce temps, l'extraterrestre a recouvré toute sa vigueur physique et intellectuelle. Quand les humains se posent sur la planète et quittent le vaisseau, l'extraterrestre s'en empare et retourne chez lui, se félicitant d'avoir eu, à l'égard des humains, un comportement parfaitement pacifique et moral. Les trois humains, pour leur part, découvrent leur vaisseau spatial totalement saccagé et partiellement inapte, pour plusieurs semaines ou plusieurs mois, au moindre voyage spatial. Liens externes : Liste intégrale des publications de la nouvelle, sur iSFdb

Une race de guerriers

Titre original : Situation dans l'ouvrage : p. 98 à 113

Tels que nous sommes Titre original : Publication : , ; publication en France dans Galaxie n°41 () Situation dans l'ouvrage : p. 114 à 127 Résumé : Les membres d'une expédition spatiale humaine arrivent sur une planète dont on ne sait rien et qui fait l'objet pour la première fois d'une telle visite. La planète est habitée par des humanoïdes fort doux et pacifiques, vivant à la campagne, dans des villages sympathiques. Les humains ne vont pas tarder à découvrir que leurs propres manières d'être (parler, marcher, bouger, manger…), leur haleine même, ne conviennent pas aux autochtones : quand un humain marche sur un pont, ce dernier s'écroule ; quand on fait plusieurs fois les mêmes gestes, on hypnotise les humanoïdes ; l'haleine des humains leur semble répugnante, etc. Liens externes : Lire la nouvelle en ligne sur Galaxy-Magazine Liste intégrale des publications de la nouvelle, sur iSFdb

La Suprême récompense Titre original : Publication : , ; publication en France dans Galaxie n°44 () Situation dans l'ouvrage : p. 128 à 150 Résumé : Hadwell arrive sur une planète apparemment accueillante ; il choisit de se poser à proximité d'un village. Il fait connaissance avec les habitants, qui sont tous gentils et doux. Il les aide à soigner les malades, à irriguer les champs, à améliorer leurs technologies, etc. Il ignore cependant un élément essentiel de la culture de cette civilisation extraterrestre : le fait de mourir sans souffrir est une honte ; en revanche une mort subie avec souffrances est recherchée ; quand on veut récompenser quelqu'un qui a vécu et aidé son entourage, on l'égorge ou on lui écrase la tête avec une grosse pierre. Les extraterrestres, voyant Hadwell les aider, décident qu'au moment de son départ, il sera « récompensé » comme il le mérite… Hadwell va finir par se marier avec une autochtone, qui est à la fois attristée de savoir le sort réservé à son époux, mais aussi heureuse pour lui, car il va mourir comme un héros, en souffrant terriblement. On pose la question à Hadwell : veut-il obtenir la Suprême récompense ? Hadwell, se sentant honoré, accepte bien volontiers. Néanmoins, lorsqu'il aperçoit la machine à souffrance qu'on est en train d'installer, il se demande s'il a fait le bon choix. Soudain, l'un des habitants de la cité, Kataga, qui est le père de Mele et donc son beau-père, se précipite dans le vide, plongeant dans la rivière : il veut se suicider et ainsi mourir de manière noble. N'écoutant que son instinct, Hadwell se précipite à son secours : il plonge dans la rivière à sa suite, et le ramène vivant sur la berge. Les habitants sont très mécontents de constater qu'Hadwell a volé à Kataga son suicide. Plus question de récompense ! Il a fait une « chose inhumaine et terrible » en secourant son beau-père. Il est chassé du village, et Hadwell s'enfuit. Mele s'enfuit avec lui. Hadwell annonce à son épouse qu'ils vont aller sur Terre, et lui promet qu'elle aimera la planète. Les trois dernières phrases de la nouvelle sont les suivantes : « Un jour, pensa Mele, Hadwell serait lavé du péché qu'il avait commis contre son père. Il ferait une action qui le rachèterait ; peut-être aujourd'hui, peut-être demain, peut-être l'année suivante. Et alors, elle pourrait lui offrir la chose la plus précieuse qu'une femme puisse donner à celui qu'elle aime : Une Mort Atroce. » Liens externes : Liste intégrale des publications de la nouvelle, sur iSFdb

Fantôme V Titre original : Publication : , Situation dans l'ouvrage : p. 151 à 170