La synagogue de Nantes est un édifice religieux situé impasse Copernic dans le centre-ville de Nantes en France, et inauguré en 1870. Historique
Communauté et lieux de culte Au Moyen Âge, Nantes est le centre de la communauté juive de Bretagne ; dans la rue de la Juiverie où les Juifs résident, figure une petite synagogue. Cependant, ils sont fréquemment persécutés dans la ville comme dans la région, voire expulsés au .
Au , des marranes venus du Portugal transitent ou s'installent à Nantes mais y sont peu appréciés par les marchands chrétiens vs 170. . Au , on note la présence de marchands de BordeauxAnge Guépin, op. cit., p. 295. Les Juifs obtiennent la reconnaissance de leurs droits civiques après la Révolution française.
En 1808, le département compte 35 Juifs et en 1835, 18 familles juives résident à Nantes.
Le consistoire de Nantes est créé en 1834. Le culte est alors pratiqué dans un oratoire de la rue Montesquieu.
L'année suivante, les Juifs nantais demandent au maire l’autorisation de construire un temple rue Franklin, afin d’y exercer leur culte et une synagogue voit ainsi le jour.
À partir de 1852, les offices se déroulent au 15 rue de la Rosière-d'Artois, chez le particulier Jules Laffont. Il y a alors environ 105 Juifs à Nantes.
En 1866, ce temple est devenu trop petit, et la communauté juive entreprend des démarches auprès de la municipalité pour obtenir une aide financière dans le cadre du régime concordataire. L'ingénieur de la ville, Lechalas, soutient le projet, affirmant que la subvention envisagée par la ville, , est modique, compte tenu du fait que la subvention accordée aux protestants pour le temple protestant de Nantes est de , alors qu'il n'y a au plus qu'un rapport de 1 à 3 entre la population de ces deux communautés. La propriété du terrain (privé ou communal) est un point d'achoppement du projet. En outre, celui-ci provoque une polémique dans la presse, L'Espérance du peuple s'y opposant, Le Phare de la Loire y étant favorable. Finalement, l'édification du lieu de culte est autorisé en 1868. La mairie verse les prévus ; le terrain est acheté pour un peu plus de . Les fonds nécessaires sont levés par souscription..
Lorsque la synagogue est inaugurée, le , la communauté juive compte à Nantes. De 1882 à 1929, Samuel Korb est le rabbin de la synagogue. Au tout début du , la communauté est forte de 30 à 40 familles.
Lors du recensement de 1942, le gouvernement de Vichy compte 531 Juifs à Nantes, qui se réduisent un an plus tard à 53 personnes, à la suite des arrestations et déportations. Parallèlement à celle de Paris, la rafle organisée à Nantes les 15, 16 et arrête des Nantaises et Nantais dont des lycéens, qui sont d'abord internés à la caserne Richemont puis déportés vers Angers, ensuite à nouveau déportés dans des wagons à bestiaux, par le convoi n°8 du 20 juillet 1942 pour arriver au camp d'Auschwitz-Birkenau le , où ils sont assassinés. Bien plus tard, une plaque est apposée à la synagogue indiquant les noms de 200 personnes parmi les déportés juifs nantais.
Alors qu'il n'y a que 25 familles juives dans la ville en 1960, l’arrivée des Juifs d’Afrique du Nord, accueillis par le rabbin Ernest Gluck, permet un renouveau de la communauté et en 1969, on compte 500 Juifs à Nantes.
De nos jours En 2020, la communauté est constituée d'environ 150 familles ; le rabbin de la synagogue est Ariel Ben David.
La synagogue est également utilisée aujourd’hui comme centre communautaire et culturel André Neher (le CCAN).
Personnalités notables
Georges Schwob (1822 - 1892) : homme de lettres, fondateur et directeur de presse (Le Phare de la Loire, Le Républicain d'Indre-et-Loire, Le Petit Phare, Le Gars breton qui deviendra La Semaine), maire de Tours (1879) et député d'Indre-et-Loire (1879-1889) René Maurice Schwob (1859 - 1928) : polytechnicien, éditeur français (Le Phare, l'« Imprimerie du Commerce »). Un square porte son nom à Nantes. Marcel Schwob (1867 - 1905) : écrivain français — conteur, poète, traducteur, érudit — proche des symbolistes, directeur de presse (Le Phare de la Loire, L'Événement, L’Écho de Paris) Gaston Veil (1868 - 1947) : professeur de lettres, intellectuel, homme de presse (Le Populaire de Nantes, Le Populaire de l'Ouest (futur L'Eclair), et homme politique français (maire de Nantes en 1928, ministre de Léon Blum). Une rue porte son nom à Nantes. Claude Cahun née Lucy Schwob (1894 - 1954) : artiste française, écrivain, pratiquant les arts plastiques et la photographie proche du surréalisme.
Architecture Construite en 1870 pour une communauté majoritairement séfarade, la synagogue de Nantes a reçu en 2026 des fonds pour des travaux de rénovation dans le cadre du Programme Patrimoine juif de la Fondation du PatrimoineLa Fondation du patrimoine va financer la sauvegarde de sept sites juifs en France, Times of Israel, 26 février 2026.
Offices Le rite sépharade est observé durant les offices, la majorité des pratiquants étant originaires d'Afrique du Nord. Le rite ashkénaze peut être également suivi, notamment durant les fêtes de Tichri : Rosh Hashana (Nouvel an juif), Yom Kippour et Souccot..
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . Claude Toczé, Les Juifs en Bretagne (Ve-XXe siècles), avec la collaboration d'Annie Lambert, Presses universitaires de Rennes, 2006, 436 p.
Articles connexes Liste des édifices religieux de Nantes Liste de synagogues de France Histoire des Juifs en France
Liens externes
Consistoire israélite de Nantes
Nantes Catégorie:Édifice religieux à Nantes Catégorie:Édifice religieux du XIXe siècle dans les Pays de la Loire Nantes Nantes Synagogue