L'histoire de la musique est l'étude de l'évolution de tous les types de musiques de toutes les régions du monde.

La musique existe dans toutes les sociétés humaines, depuis la Préhistoire, probablement avant même l'époque de ses premières traces historiques. Elle est à la fois forme d'expression individuelle (notamment l'expression des sentiments), source de rassemblement collectif et de plaisir (fête, chant, danse) et symbole d'une communauté culturelle, nationale (hymne national, musique traditionnelle, musique folklorique, musique militaire) ou spirituelle (musique religieuse). Il n'est pas de civilisation qui, tôt ou tard, n'ait développé son propre système musical ou n'en ait adopté un en l'adaptant à ses nécessités et à ses goûts.

Origine de la musique

vignette|Musiciennes égyptiennes.

La musique existe depuis la Préhistoire et il est difficile de dater, même approximativement, son origine. Le rythme et la mélodie sont toujours présents dans la musique et il est difficile de savoir lequel des deux fut le point de départ de cet art ancestral (chants, battements de mains, choc de pierres ou de morceaux de bois). Quelques traces furent découvertes en Afrique mais l'étude de la musique préhistorique paraît être une gageure. Les recherches archéologiques font remonter l'utilisation d'instruments de musique (trous percés dans des instruments faits d'os ou d'argile) parfois associés à des instruments de chasse (tels les appeaux ou les rhombes formant un lasso lesté) à au moins ..

On ne peut cependant pas avancer une date précise pour l'apparition de la musique. Au début, la musique des hommes qui vivaient à ces époques lointaines n'était pas semblable à la nôtre. Les mélodies qu'ils inventaient traduisaient des sentiments, des émotions élémentaires. Le rythme leur donnait vie. La danse est la musique du corps et ils dansaient et martelaient le sol avec les pieds pour accompagner leur musique. Leurs danses consistaient entièrement en mouvements du corps et des bras, lents ou endiablés, doux ou violents, selon le sentiment exprimé. Les hommes préhistoriques ont probablement adopté l'expression musicale au cours de cérémonies rituelles associant gestes (fumigationsLes esprits se nourrissent des animaux qu'on leur offre lors des sacrifices, par la fumée qui monte à eux. De même, le chant et la musique exhalent l'âme de ceux qui la produisent, véhiculant leurs prières pour qu'elles montent jusqu'aux esprits et divinités., danses, d'où l'intérêt du nouveau champ d'études interdisciplinaire développé à la fin du , appelé ), musique et chant..

Leur musique pouvait être gaie ou mélancolique, leur tenir compagnie au travail ou à la guerre. Elle pouvait être violente ou douce. Elle pouvait aussi exalter leurs sentiments religieux par des incantations destinées à agir sur les phénomènes que ces hommes ne pouvaient s'expliquer, comme le vent, le tonnerre, la maladie… Elle servait également à communiquer avec les esprits, apaiser les démons, etc.

Une première recherche directeTraditionnellement, les recherches ne peuvent se faire que par des analogies et des suppositions à partir d'études en anthropologie et ethnomusicologie comparées. en musique préhistorique est entreprise par le préhistorien Michel Dauvois et le spécialiste de musique antique Iegor Reznikoff qui s'intéressent aux paysages sonores de trois grottes paléolithiques de l'Ariège : leur étude entre 1983 et 1985 émet l'hypothèse controversée que les peintures sont concentrées dans les endroits des grottes où l'écho est le plus fort. Le « choix des emplacements de figures a été fait en grande partie pour la valeur sonore de ces emplacements » et ces hommes ont probablement chanté ou joué de la musique en direction des figures animales, par exemple en jouant du rhombe de bison en direction de ce mammifère, de la flûte en radius de cygne en direction des oiseaux, du cor fait d'une corne d'auroch, de renne, de bouquetin, en direction de ces animaux..

Les phalanges sifflantes sont les premiers « instruments de musique » préhistoriques découverts par des archéologues en 1860, dans la grotte d'Aurignac. Ces phalanges perforées de renne, comme les sifflets en os troués, ont probablement été utilisés comme outils de chasse pour communiquer entre les membres d'un clan ou avec des loups apprivoisés, voire servir d'appeaux mais il est difficile de savoir s'ils pouvaient produire une mélodie et donc être véritablement qualifiés d'instruments de musique..

vignette|Cette carte postale en 1906 illustre un concert de « paléomusique » avec des stalactites et stalagmites des grottes de Luray.

D'autres instruments de musique ont pu être confectionnés dans des matières végétales périssables. Les hommes préhistoriques ont pu également faire résonner des pierres naturelles, les lithophones (instruments dormants : stalactites et stalagmitesCf. l'orgue à stalactites, le . ; instruments mobiles : phonolites, pilons ou haches qui produisent des sons cristallins lorsqu'ils sont posés sur des points souples et percutés avec des maillets en boisCertaines pierres plates fonctionnent comme lithophones laminaires, d'autres comme lithophones cylindriques., à l'instar des gamelans)...

En septembre 2008, des chercheurs mettent au jour dans la grotte de Hohle Fels en Allemagne trois flûtes en ivoire de mammouth, en os de cygne et en os de vautour. Cette dernière est datée par la méthode du carbone 14 à plus de 35 000 ans, ce qui en fait le plus vieil instrument de musique dans le monde.

La notion de mythe dans l'art pariétal permet d'organiser les assemblages complexes dans un temps et un espace pour un groupe social qui par l'abstraction dans la pensée psychologique fabrique un « couple phonation-graphie »; Cela permet au groupe d'énoncer par la voix le symbole figuratif peint sur la paroi MYTHOGRAMME p. 761. ). Ces mythes aboutissent à l'art musical sumérien par le chant et la mélodie, chants écrits pour apaiser ou exciter.

Certaines légendes vantent les vertus de la musique, tantôt maléfique, parfois bénéfique. Ainsi la légende d’Orphée, dont la femme, Eurydice, fut mordue par un serpent le jour même de ses noces. Orphée descend alors aux Enfers, et charme par la douceur de son chant les divinités infernales qui lui rendent son épouse.

Mais il n'existait alors aucune règle. En Chine on a retrouvé les premières traces de leur théorie musicale, qui dateraient d'environ dix siècles Cette musique est inséparable de la poésie et de la danse, pour certains sages elle exprimait l'équilibre entre le ciel et la terre. Une gamme avait été aussi inventée, comportant cinq notes, qui se succédaient de quinte en quinte ascendante, en partant de fa. Chaque note avait valeur de symbole : la première représentait un prince, la deuxième un ministre, etc. Bien après, apparut une autre gamme de sept notes, elle est semblable à celle que nous utilisons aujourd'hui. Ces deux gammes sont encore utilisées en Chine.

Le poète chinois Liù-Wei raconte que selon la légende, avant notre ère sous le règne de l'empereur Huángdì, ce dernier chargea un maître de musique à la Cour d'une mission difficile : lui ramener le secret du chant des oiseaux qui vivaient dans une région reculée où les oiseaux chantaient comme nulle part ailleurs. Le maître partit immédiatement et quand il revint, des mois plus tard, il avait avec lui douze flûtes qui correspondaient aux douze notes de la gamme chromatique. Cependant pendant des siècles les Chinois n'utilisèrent que des gammes à cinq notes ou pentatoniques, toutes fondées sur les 12 notes de la gamme chromatique, par exemple fa dièse, sol dièse, la dièse, do dièse et ré dièseJeanne Bovet, La musique dans la joie, Berne, éditions Les cahiers de la joie, 1972..

Les Chinois de cette époque avaient déjà de nombreux instruments de musique à disposition comme des cloches chinoises et des tambours, des orgues à bouche, des flûtes, des cithares chinoises ressemblant à des mandolines et un luth primitif au son très doux fait d'une longue et étroite pièce de bois sur laquelle des cordes étaient tendues. Dès les temps anciens, la musique accompagnait toutes les cérémonies. Chanteurs, danseurs et instrumentistes participaient de façon importante aux cultes célébrés aux forces de la nature ; plus tard, ces cultes furent dédiés à Bouddha et Confucius.

L'épitaphe de Seikilos, retrouvée près de Trales, en Asie Mineure et datée du serait le plus ancien exemple découvert d'une composition musicale complète avec sa notationDon Michael Randel, « Seikilos epitaph », in The Harvard Dictionary of Music, éd. Harvard University Press, 2003, . Les œuvres musicales survivantes sumériennes les plus célèbres sont les hymnes hourrites, de l'ancienne cité d'Ougarit (en actuelle Syrie), datant d'environ du 14e siècle av. J.-C. selon des études de 2015.

Musique classique occidentale

vignette|Musiciens européens et islamiques jouant des instruments à cordes – Cantiga n°120, XIIIe siècle, Cantigas de Santa Maria En donnant une suite à la musique de la Grèce antique et à celle de la Rome antique, la musique classique occidentale trouve son origine dans le chant chrétien diffusé par les communautés des premiers siècles. L'unification des rites fera évoluer la musique vers le chant grégorien, monodique et apparaîtra alors le premier système d'écriture musicale en Occident.

La polyphonie interviendra dans les siècles suivants, qui nécessitera une écriture plus précise, mise en forme par le moine Guido d'Arezzo. La transmission de la musique populaire étant orale, seule la musique sacrée du Moyen Âge des écoles successives (ars antiqua et ars nova) parviendra jusqu'à nous. Les troubadours, des gens instruits, furent les premiers à introduire des thèmes de musique populaire dans la musique savante. La pré-Renaissance verra se développer essentiellement les écoles de musique franco-flamandes qui seront à l'origine de la théorie de l'harmonie.

Au se produit l'un des événements les plus importants pour la diffusion de la musique : la création de l'imprimerie musicale. C'est aussi le siècle de la naissance de l'opéra dont le représentant le plus important est Claudio Monteverdi. Le développement extraordinaire de la musique lors des siècles suivants aboutira entre autres aux compositions de Johann Sebastian Bach, de Georg Friedrich Händel, d'Antonio Vivaldi et de Domenico Scarlatti pour la période baroque, de Mozart et Haydn pour la période classique.

Au début du domine la personnalité de Ludwig van Beethoven. C'est la « saison du grand symphonisme allemand » et le sera aussi celle de l'opéra italien avec Gioachino Rossini puis Giuseppe Verdi, du romantisme pianistique avec Franz Liszt et Frédéric Chopin, et violonistique avec Niccolò Paganini. C'est le siècle de la musique romantique.

À la fin du le système harmonique est poussé jusqu'à ses limites notamment par Richard Wagner, Anton Bruckner et Gustav Mahler, tout comme le colorisme symphonique par Rimski-Korsakov, et aboutit à ce que certains appellent "la crise du système tonal", telle qu'elle ressort dans le prélude de Tristan et Isolde de Richard Wagner. Une révolution s'ensuit avec la création dans la deuxième décennie du , par Arnold Schönberg et ses élèves, d'un nouveau système, le dodécaphonisme. C'est la période de la musique moderne, riche en innovations harmoniques et rythmiques, dont les plus grands représentants sont Igor Stravinsky, Béla Bartók ou Maurice Ravel.

La deuxième partie du voit l'émergence de la musique contemporaine, période dense d'expérimentations et de remises en cause, du sérialisme intégral de Pierre Boulez, au happening musicaux de John Cage, et les innovations de Karlheinz Stockhausen avec l'électronique. À partir de 1960, la diversité des courants musicaux s'enrichit considérablement, avec la musique minimaliste des Américains Steve Reich, Philip Glass, John Adams, l'école spectrale de Gérard Grisey et Tristan Murail, ou encore le courant postmoderne Arvo Pärt, Henryk Górecki.