vignette|upright=1.3|Les îles Ryūkyū au sens large (incluant les îles Amami), extension maximale du royaume de Ryūkyū. Cet article présente lhistoire des îles Ryūkyū, partie sud de l'archipel Nansei situé entre les îles principales du Japon et Taïwan.

Étymologie Le nom « Ryūkyū » provient des écrits chinois tandis qu'« Okinawa » est originaire d'OkinawaMinamijima Fudoki Chimei-gaisetsu Okinawa, Higashionna Kanjun, en japonaisThe transition of Okinawa and Ryūkyū Ryūkyū-Shimpo-Sha, 2007, en japonais. Les plus anciennes références à Ryūkyū écrivent le nom 琉虬 () dans le texte chinois Livre des Sui en 607. C'est un nom descriptif qui signifie « dragon à corne glacé ».

L'origine du terme « Okinawa » reste incertaine, mais il existe un personnage de femme divine nommé Okinawa dans le livre Omoro Sōshi, compilation d'anciens poèmes et chansons d'Okinawa. Ceci suggère la présence d'un lieu divin nommé Okinawa. Le moine chinois Jianzhen, qui a voyagé au Japon au milieu du pour promouvoir le bouddhisme, écrit d'Okinawa comme 阿児奈波 (). Les caractères chinois actuels (kanji) pour Okinawa - 冲 縄 - ont d'abord été écrits en 1719 par Arai Hakuseki, un lettré japonais, dans le livre Document des îles du sud.

Histoire ancienne Période préhistorique La généalogie des actuels habitants des îles Ryūkyū est contestée. Une théorie prétend que les premiers habitants de ces îles ont traversé un passage terrestre préhistorique en provenance de la Chine moderne, avec des ajouts ultérieurs d'Austronésiens, de Micronésiens et de Japonais fondus dans la populationGlenn R. Summerhayes et Atholl Anderson, "An Austronesian Presence in Southern Japan: Early Occupation in the Yaeyama Islands", Bulletin of the Indo-Pacific Prehistory Association, vol. 29 (Papers from the Manila Congress), 2009, p. 76-91, doi: 10.7152/bippa.v29i0.9481, consulté le 22 novembre 2009.

La période où les êtres humains sont apparus à Okinawa reste inconnue. Les premiers ossements humains retrouvés sont ceux de l'homme de Yamashita il y a environ ans, suivi de l'homme de Pinza-Abu à Miyakojima, il y a environ ans et l'homme de Minatogawa, il y a environ ans. Parmi eux, des corps parfaits ont été excavés de l'homme de Minatogawa. Ils venaient probablement via la Chine et étaient autrefois considérés comme les ancêtres directs de ceux qui vivent à Okinawa. Aucun outils de pierre n'a été découvert auprès d'eux. Pendant les années qui suivent, aucune trace de sites archéologiques n'a été trouvée après le site de l'homme de MinatogawaArashiro Toshiaki High School History of Ryūkyū, Okinawa Toyo Kikaku, 2001, . dans lequel trois autres sites à Okinawa sont décrits. Les îles de corail favorisent la préservation des ossements humains anciens.

Culture des amas coquilliers d'Okinawa La culture d'amas coquillier d'Okinawa est divisée en une première période correspondant à la période Jōmon du Japon et en une deuxième correspondant à la période Yayoi du Japon. Cependant, la référence aux périodes Jōmon et Yayoi est discutable pour Okinawa. Dans le premier cas, il s'agir d'une société de chasseurs-cueilleurs, avec une céramique de la période Jōmon à ouverture en forme de vague. Au cours de la deuxième partie de la période Jōmon, les sites archéologiques se rapprochent de la mer, ce qui suggère l'engagement des habitants dans la pêche. À Okinawa, le riz n'est pas cultivé pendant la période Yayoi mais la riziculture commence au cours de la dernière période de l'âge des amas coquilliers. Des anneaux de coquillages pour les bras trouvés dans l'archipel Sakishima, à savoir les îles Miyako-jima et Yaeyama, sont importés par le Japon. Dans ces îles, la présence de haches en coquillage il y a ans, suggère l'influence de la culture du sud du PacifiqueArashiro Toshiaki High School History of Ryūkyū, Okinawa, Toyo Kikaku, 2001, , Ito, Masami, "Between a rock and a hard place", Japan Times, 12 mai 2009, ..

Descriptions dans l'ancien livre japonais Selon le Nihon shoki, le plus ancien livre d'histoire édité par l'État japonais en 720, 30 personnes d'Okinawa ont immigré au Japon à l'an 616. Plusieurs relations tributaires sont mentionnées. La Cour japonaise a accordé des titres de noblesse aux membres des délégations. Dans Shoku-Nihongi, publié en 797, la relation par tributs-titres continue. En 698, un savant japonais a été envoyé par la Cour du Japon aux îles les plus proches de l'île Kyushu et plus tard dans d'autres îles.

Mythologie, dynasties Shunten et Eisō Le premier texte historique d'Okinawa est le Chūzan Seikan (Miroirs de Chūzan), compilé par Shō Shōken (向象賢) (1617–1675), aussi connu sous le nom Haneji Choshū (羽地朝秀). Dans cet écrit ainsi que dans d'autres textes, il est question d'un samouraï, Minamoto no Tametomo (源 為朝?, 1139–1170), qui combat la rébellion de Hōgen de 1156 et s'enfuit d'abord à l'île d'Izu, puis à Okinawa. Il s'installe avec la sœur d'un anji local et engendre Shunten, le premier roi d'Okinawa.

La plupart des historiens, cependant, rejettent cette histoire comme une création révisionniste qui vise à légitimer la domination japonaise sur Okinawa. La dynastie Shunten finit à la troisième génération quand son petit-fils, Gihon, abdique, s'exile et est remplacé par Eisō qui établit une nouvelle lignée royale. La dynastie Eisō se poursuit pendant cinq générationsMazakaina Yasuoki Zenshu Mazakaina Yasuoki vol. 1 . L'original japonais dit qu'il n'est pas question que les gens d'Okinawa viennent du Japon. Les habitants d'Okinawa connaissent les noms pour le ciel, la montagne, la rivière, l'oiseau, l'arbre et les légumes, mais l'éloignement de temps sépare les languesHiroto Takamiya de l'université de Sapporo indique que les études génétiques récentes révèlent que les habitants d'Okinawa et du Japon proprement dit (au nord de Kyūshū) partagent les mêmes ancêtres. Asahi Shimbun, 16 avril 2010.

Période Gusuku (vers 1050-1429) vignette|200px|Mur gauche de Gusuku

Gusuku est le terme utilisé pour désigner la forme distinctive des châteaux ou forteresses d'Okinawa. Beaucoup de gusukus et vestiges culturels liés aux îles Ryūkyū sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO sous le titre « Sites gusuku et biens associés du royaume de Ryūkyū ». Après la culture des amas coquilliers, l'agriculture commence vers le , avec le centre de l'activité s'éloignant de la mer pour s'installer dans des endroits plus élevés. Cette période est appelée la « ». Trois points de vue se distinguent quant à la nature des gusukus : 1) un lieu saint, 2) des logements entourés de pierres, 3) un château d'un chef de population. Dans cette période, le commerce de porcelaines entre Okinawa et d'autres pays est animé et Okinawa devient un important point de relais dans le commerce de l'Asie orientale. Les rois de Ryūkyū comme Shunten et Eisō, sont considérés comme d'importants gouverneurs. En 1291, une invasion mongole est prévue mais la dynastie Eisō défend sa terre. Les écritures phonétiques hiragana sont importés du Japon par un moine Zenkan en 1265. Les noro, chamanes ou prêtresses (comme dans le shintoïsme), apparaissent.

Nature du peuple d'Okinawa Les premiers visiteurs chinois notent l'hospitalité des habitants de l'île ainsi que les divisions économiques marquées entre la petite bourgeoisie et les masses appauvries. Avec l'arrivée des explorateurs portugais au , puis des Hollandais au et les Anglais et d'autres au , les habitants de l'archipel des Ryūkyū entrent également en contact avec les Européens, qui remarquent toujours l'hospitalité des indigènes.

L'économie dominante est toujours fondée sur l'exploitation du sucre de canne (uuji) et plus tard la patate douce. En 1605, Noguni Soukan apporte des semis de patate douce à Chatan et Gima Shinjo (1557-1644), répand avec succès la consommation de la patate douce. Celle-ci est ensuite plantée à Satsuma où elle devient connue nationalement comme « la pomme de terre de Satsuma »Satuma ImoArashiro Toshiaki High School History of Ryūkyū and Okinawa, Toyo Kikaku, 2001, </ref>. Parmi les autres produits de l'agriculture se trouvent la goyave, la banane, le papayer et le tabac.

Au cours des , les Ryūkyūiens commercent avec Java, le Japon, la Chine et la Corée. Ce commerce entraîne une plus grande prospérité pour le royaume mais aussi une plus grande hiérarchisation sociale..

Période des trois royaumes (1322-1429) vignette| construit au cours de la période Sanzan vignette|gauche|Trois royaumes

La période des trois royaumes, aussi appelée en japonais , s'étend de 1322 jusqu'en 1429. Elle se caractérise par une consolidation progressive du pouvoir de la famille Shō. Shō Hashi (1372–1439) conquiert Chūzan, le royaume central, en 1404 et y installe son père, Shō Shi Shō, pour roi. Il conquiert ensuite Hokuzan, le royaume du Nord en 1416 et Nanzan, le royaume du sud, en 1429, unifiant ainsi les trois royaumes dans le seul royaume de Ryūkyū.

Shō Hashi est reconnu comme dirigeant du royaume de Ryūkyū (appelé « royaume LooChoo » en chinois) par l'empereur de Chine (durant la dynastie Ming). À cette époque, le royaume a exercé activement le commerce avec des pays étrangers comme la Chine, le Japon, des pays de l'Asie du sud, la Corée. Il se voit offrir une plaque de laque rouge par l'empereur, connue sous le nom « tablette de Chūzan ». Bien qu'indépendants, les rois des Ryūkyū rendent leurs hommages aux dirigeants de la ChineLa dynastie Ming n'acceptait la commerce qu'avec les pays tributaires.. En 1451, le roi, Shō Taikyū a créé une digue reliant l'île principale et Naha qui avait été une île. Pendant ce temps il aspirait de recevoir Amaterasu-ōmikami, la déesse du shintō et a construit le premier sanctuaire shintō.

Royaume de Ryūkyū (1429-1879)

En 1429, le roi Shō Hashi achève l'unification des trois royaumes et fonde un royaume de Ryūkyū ayant sa capitale au château de Shuri.

Shō Shin vignette|gauche|100px|Le roi Shō Shin.

(1465–1526; r. 1477–1526) est le troisième roi de la seconde dynastie Shō, dont le règne a été appelé « Grands Jours de Chūzan » (Chūzan, 中山, signifie montagne du milieu, le royaume étant divisé en trois montagnes), période de grande paix et de relative prospérité. Il est le fils de Shō En, fondateur de la dynastie, par Yosoidon, seconde épouse de Shō En, souvent désignée comme la reine mère. Il succède à son oncle, Shō Sen'i, contraint d'abdiquer en sa faveur. Une grande partie de l'organisation fondamentale de l'administration et de l'économie du royaume remonte aux développements qui ont lieu pendant le règne de Shō Shin. Cette époque est également témoin de l'expansion du contrôle de la petite monarchie sur plusieurs des îles Ryūkyū périphériques, telles que Miyako-jima et Ishigaki.

Relation avec la Chine des Ming Beaucoup de Chinois s'installent aux Ryūkyū afin de servir le gouvernement ou de réaliser des affaires au cours de cette période. La dynastie Ming de Chine envoie de Fujian 36 familles chinoises à la demande du roi des Ryūkyū pour gérer les relations océaniques dans le royaume en 1392 pendant le règne de l'empereur Ming Hongwu. Beaucoup de fonctionnaires Ryukuien descendent de ces immigrants chinois, nés en Chine ou ayant des grands-pères chinois. Ils participent au développement du royaume en utilisant leurs techniques et leurs relations diplomatiques.

Invasion des Shimazu de la province japonaise de Satsuma, 1609–1871 L'invasion des îles Ryūkyū par le clan Shimazu de la province de Satsuma, au Japon, a lieu en . Trois mille hommes et plus d'une centaine de jonques de guerre prennent la mer à partir de Kagoshima à la pointe sud de Kyūshū. Les habitants des Ryūkyū ne combattent pas en raison de l'ordre du roi qui leur dit nuchidu takara (« la vie est un trésor »). De nombreux trésors culturels inestimables sont pillés et emportés à Kagoshima. À la suite de la guerre, les îles Amami sont cédées à Satsuma dont .