Le parc national des Grands-Jardins est un parc national du Québec, situé dans le territoire non organisé de Lac-Pikauba, dans la municipalité régionale de comté (MRC) de Charlevoix située dans la région administrative de la Capitale-Nationale, au Québec, Canada.

Le parc national des Grands-Jardins est une aire protégée visant la conservation du patrimoine naturel de la région de Charlevoix dans lequel certaines activités humaines sont permises. Il constitue l'une des aires centrales de la réserve de la biosphère de Charlevoix, statut octroyé par l'UNESCO en 1988, soit seulement 7 ans après la création du parc. Le parc est géré par le gouvernement québécois grâce à la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ).

Ce parc de Charlevoix comporte une superficie de accessible par Saint-Urbain dans la région de la Capitale-Nationale. La ville la plus proche du parc est Baie-Saint-Paul.

Principaux attraits et activités vignette|gauche|upright=0.5|Logo

Il offre plusieurs activités aux visiteurs du parc autant l’été que l’hiver. Parmi les activités offertes, nous retrouvons entre autres le camping, le canot, le kayak, la randonnée pédestre, la pêche, le ski de fond et la raquetteSÉPAQ. 2016. Guide du visiteur. Parc national des Grands-Jardins. 16 p.. La SÉPAQ offre aussi des ateliers de découverte permettant d’en apprendre plus sur la faune et la flore qui fréquente le parc et de sensibiliser la population à la fragilité des écosystèmes et aux services que ces derniers nous rendent.

Histoire vignette|gauche|Feu de forêt de 1991 dans le secteur Thomas-Fortin

Avant la création du parc, le , le site était exploité pour la coupe forestière. De 1939 à 1981, cette activité avait affecté 39 % de la superficie du parc national actuel. Le parc possède aussi un patrimoine culturel qui lui est propre. Son passé de lieu de villégiature anglais, de chasse et de pêche avec le Murray River fishing Club, aussi appelé le Club La Roche, un ancien club privé de pêche rajoute à l’histoire de coupe forestière et de dragage qui avait lieu dans le parc avant sa création.

Le parc national des Grands-Jardins protège un milieu fort représentatif de la région naturelle du massif du Lac Jacques-Cartier. Le milieu naturel du parc est dominé par des forêts et environ 30 % du parc a été ravagé par un feu de forêt en 1991 puis en 1999. Bien que le paysage de ces feux soit peu attrayant pour l'œil humain, ils sont essentiels pour le renouvellement de la forêt et pour la création de refuges pour certaines espèces. En effet, les troncs de bois morts au sol ou encore debout ont des abris idéaux pour des espèces d’oiseaux, de rongeurs, d’insectes et de champignons. Quelques années plus tard, la forêt commence déjà à reprendre ses droits et reprend lentement son cycle de succession naturelle.

Le , le parc national des Grands-Jardins est agrandi de pour atteindre une superficie de ..

Géographie Topographie vignette|Mont du Lac à Moïse La topographie du parc est variée en raison des chaînes de montagnes qui caractérisent le parc. Les conditions climatiques du parc peuvent facilement varier d’un endroit à l’autre. Le territoire fait partie du Bouclier canadien et son socle rocheux est surtout composé de roches granitiques telles que la roche ignée. De plus, une partie du territoire est composée d’anorthosite, un type de roche ignée.

Mont du Lac à Moïse Mont du Lac des Cygnes Mont de l'Ours Mont Jean-Palardy Mont René-Richard La Chouenne

Hydrographie vignette|gauche|Lac Arthabaska

Le parc comprend plus de 120 plans d’eau ainsi que plusieurs montagnes faisant partie de la chaîne de montagnes de Laurentides. Les sommets de ces montagnes sont protégés en raison de la fragilité des écosystèmes présents aux sommets qui sont sensibles au piétinement des randonneurs. Ces sommets sont tout de même accessibles aux randonneurs par des sentiers balisés et aménagés. Les plans d’eau constituent 3,6 % de la superficie du parc et les deux bassins versants les plus importants sont la rivière Malbaie et la rivière Sainte-Anne-du-Nord. Parmi les principaux plans d'eau, on retrouve les lacs Carré et Sainte-Anne du Nord (70 ha chacun), suivi des lacs Pointu (65 ha) et des Castors (47 ha) ainsi que l'étang Malbaie (42 ha).

Faune Le parc offre un habitat privilégié pour plusieurs animaux. Trois types d’habitats distincts sont observables dans le parc: de jeunes forêts qui ont été créées par des feux naturels et des coupes forestières, des forêts matures composées d’épinette noire et de sapin baumier au couvert fermé et de la taïga rappelant le Grand Nord québécois. Les milieux de taïgas semblables à celui du parc national des Grands-Jardins se retrouvent normalement à plus de plus au nord de là, soit au-dessus du parallèle. Ces différents habitats permettent d’abriter une variété d’animaux dont certains ont un statut menacé ou vulnérable. Nous retrouvons notamment des populations d'orignaux, de caribous des bois, d'ours noir, de renard roux, de porc-épic, de plongeon huard, de tétras du Canada, de loups, de plusieurs lynx ainsi que plusieurs autres espèces.

En raison de la diversité des habitats que l’on retrouve à l’intérieur du parc national, plusieurs espèces fréquentent ce dernier, dont trois espèces qui sont classées vulnérables, soit le caribou des bois de l’écotype forestier, la grive de Bicknell et le garrot d’Islande. Ces espèces possèdent le statut le plus grave selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec. On l’y retrouve aussi sept espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables, soit l’omble chevalier, l’aigle royal, le faucon pèlerin, l'engoulevent d’Amérique, le martinet ramoneur, le campagnol des rochers, le cougar et le campagnol-lemming de Cooper. Le parc abrite évidemment plusieurs espèces de mammifères, d’oiseaux, d’amphibiens, de poissons et d’insectes.

Mammifères

La catégorie des mammifères regroupe autant de grands mammifères que de petits rongeurs passant ainsi de l’orignal à l’ours et au porc-épic. Nous retrouvons donc les mammifères suivants : plusieurs espèces de musaraignes (la grande musaraigne, la musaraigne cendrée, fuligineuse, palustre et pygmée), la condylure à nez étoilé, le lièvre d’Amérique, l’écureuil roux, le grand polatouche, la marmotte commune, le castor du Canada, plusieurs espèces de campagnols (à dos roux de Gapper, des champs, des rochers, lemming de Cooper), de phénacomys, de rat musqué, quelques espèces de souris (sylvestre, sauteuse des bois et sauteuse des champs), de porc-épic d’Amérique, de coyote, de loup gris, de renard roux, d’ours noirs, de raton laveur, de belette à longue queue, d’hermine, de loutre de rivière, de caribou des bois, de cerf de virginie, d’orignal, de martre d’Amérique, de vison d’Amérique, de moufette rayée, de cougar et de lynx du Canada. Cela s’explique par les habitats variés qu’offre le vaste territoire du parc national des Grands-Jardins.

vignette|Lièvre d'Amérique.

Le lièvre d’Amérique est l’une des espèces les plus importantes du parc (et même du Canada) d’un point de vue écologique, car il représente une source de nourriture pour un bon nombre de prédateurs qui fréquent le parc national et la forêt boréale en général tel que le lynx du Canada, le renard roux et le coyote. De plus, il se nourrit de plusieurs plantes et arbustes de la forêt boréale.

Le caribou des bois (Rangifer tarandus caribou) est un mammifère très sensible à la présence de l’homme. Une présence trop importante sur son territoire peut déranger l’espèce et modifier son comportement et l’amener à fréquenter des lieux moins propices pour l’espèce, rendant les caribous plus vulnérables à ses prédateurs tels que le loup et l’ours noir. Le territoire du parc des Grands-Jardins est un milieu important pour la mise bas, le rut et l’alimentation hivernale du caribou des bois et joue un rôle déterminant dans la conservation de l’espèce. Il vit notamment dans les forêts résineuses matures où les lichens arboricoles sont très présents.

L’ours noir, animal omnivore dont l’alimentation est composée principalement de végétaux, est abondant dans le parc national. Il s’alimente toutefois aussi de faons qui sont des proies faciles pour l’ours lorsqu’ils se risquent hors de la forêt dense. L’ours préfère les sites ouverts et semi-ouverts où la végétation constituant une bonne partie de son alimentation est plus abondante et s’aventure rarement dans la forêt dense du parc.

Le lynx du Canada (Lynx canadensis) est un félin sauvage de la forêt boréale qui vit dans des habitats variés dominés par les forêts de peuplement matures. Il est l’un des trois félins sauvages qui habitent le Canada avec le lynx roux auquel il ressemble beaucoup et le cougar. Ce carnivore se nourrit principalement de lièvres d’Amérique que l’on retrouve dans le parc. Ainsi le parc national des Grands-Jardins est un habitat propice à cette espèce. C’est par contre un félin timide et secret puisqu’il est rarement observé.

Le campagnol lemming de Cooper (Synaptomys cooperi) est un petit rongeur qui fréquente les milieux humidesDESROSIERS, N., R. MORIN et J. JUTRAS. 2002. Atlas des micromammifères du Québec. Société de la faune et des parcs du Québec. Direction du développement de la faune. Québec. 92 p. Il vit dans des terriers aménagés dans les tourbières à sphaigne et les marais herbeux. C’est une espèce rare au Canada qui a été très peu étudiée à ce jour.

Oiseaux

Le parc abrite aussi un nombre non négligeable d’espèces d’oiseaux migrateurs et non migrateurs. Le plongeon huard, l’aigle royal, le pic à dos noir, le garrot d'Islande, le faucon pèlerin, la grive de Bicknell et le tétras du Canada en sont une petite liste non exhaustive.

Le plongeon huard, habile plongeur, vit dans les lacs poissonneux puisqu’il est un grand prédateur des milieux aquatiques. Sa présence indique une bonne santé des lacs qu’il fréquente. L’aigle royal, quant à lui, vit dans les parois rocheuses et les milieux ouverts ou semi-ouverts. Le Faucon pèlerin vit aussi dans les parois rocheuses et les milieux ouverts du parc national. Le pic à dos noir joue un rôle important dans les forêts brûlées puisqu’il crée des cavités dans les arbres morts afin de se nourrir des insectes qui adorent ce milieu. Les cavités ainsi créées servent ensuite à plusieurs espèces. La Grive de Bicknell qui est un oiseau forestier préfère plutôt les forêts denses et en régénération comme habitat. Le garrot d’Islande (Bucephala islandica), oiseau nicheur arboricole, vit dans les chicots de grandes tailles pour la nidification et les lacs sans poisson comme source d’alimentation des canetons. Finalement, le tétras du Canada, ressemblant à une petite poule, habite les forêts de conifères à l’année. C’est une espèce facilement observable par les visiteurs, cumulant 10 % des observations fauniques rapportées.

Faune marine

Les lacs et autres milieux marins sont des habitats intéressants pour une variété d’amphibiens (espèces de plethodontidae, bufonidae, hylidae, ranidae et colubridae) et de poissons. Parmi les amphibiens, nous retrouvons la salamandre à deux lignes, le crapaud d’Amérique, la rainette crucifère, la grenouille des bois, la grenouille verte, la grenouille du Nord et finalement la couleuvre rayée.  L’omble chevalier et l’omble de fontaine sont deux espèces de poissons qui fréquentent le parc national.

Flore