vignette|Henri Barboux, président de l'Union libérale républicaine de 1889 à 1903. L'Union libérale républicaine est une formation politique libérale et conservatrice française de la fin du .
Histoire
Fondation et premières campagnes (1889-1890) vignette|Léon Say, membre du comité de l'Union libérale de 1889 à 1896. À la fin des années 1880, la crise boulangiste incite les principaux courants politiques républicains, encore essentiellement structurés par des groupes parlementaires et des journaux, à constituer des associations plus ouvertes pour coordonner la propagande et les campagnes électorales, préfigurant ainsi les partis politiques qui apparaîtront au début du . C'est notamment le cas de l'Association nationale républicaine, fondée en 1888 par les opportunistes.
Ne voulant pas être en reste, les républicains modérés libéraux et conservateurs ressentent également la nécessité de s'organiser. Héritiers du Centre gauche qui a connu son heure de gloire avec Thiers dans les années 1870, ils ont conservé une influence certaine au Sénat mais sont devenus très minoritaires à la Chambre, où ils n'ont plus que huit députésJournal des débats, 7 et 8 octobre 1889, p. 1.. En , sous l'impulsion de Georges Patinot, directeur du Journal des débats, ils fondent ainsi une Union libérale. Ce nom rappelle celui de la coalition formée sous la direction de Thiers en 1861 pour rassembler les républicains modérés et les monarchistes libéraux opposants au Second Empire en vue des élections de 1863Sylvie Aprile, La Révolution inachevée 1815-1870, Paris, Belin, 2010, p. 474 et 483..
Le manifeste de l'Union libérale, dirigé contre le « césarisme » boulangiste mais également contre le radicalisme dont les libéraux rejettent les idées (impôt sur le revenu, séparation de l’Église et de l’État, révision constitutionnelle), appelle à une république « libérale et résolument conservatrice »Journal des débats, 16 mars 1889, p. 1.. Publié dans le Journal des débats, qui deviendra le principal organe de la nouvelle formation, ce document est signé par de nombreuses personnalités de la tribune, de l'industrie, du commerce, de la banque, du barreau et de la presse.
Présidé par l'avocat d'affaires Henri Barboux, le comité de l'Union libérale comprend des personnalités du Centre gauche telles que les sénateurs Léon Say et Charles Sébline et le juriste Georges PicotBarboux (cf. bibliographie), p. 447.. Ce « comité de la rue Baillif » (son secrétaire général habite au de cette rue) reçoit le soutien secret du duc d'Aumale, qui lui adresse une importante somme d'argentULR, mai 1897, p. 109-110., aidant ainsi les candidats libéraux à remporter près d'une cinquantaine de sièges à l'issue des élections législatives de 1889. Mise en sommeil après ce scrutin, l'Union libérale est réactivée en , en vue des élections municipales, en se dotant d'un véritable siège permanent, au de la rue de la Ville-l'ÉvêqueGaston Calmette, « Le comité de l'Union libérale et les élections municipales », Le Figaro, 14 mars 1890, p. 1., en faisant paraître un journal anti-radical, Paris électoral, et en apportant son soutien à des candidats modérésJournal des débats, 24 avril 1890, p. 2., qui remportent six siègesJournal des débats, 5 mai 1890, p. 1-2..
De l'Union libérale à la Fédération républicaine (1892-1903)
L'Union libérale sort une seconde fois de son sommeil au début de l'année 1892, en prévision des législatives de l'année suivante, afin de lutter contre l'émergence du socialisme collectiviste et de s'opposer aussi bien à l'anticléricalisme des radicaux (avec lesquels toute coalition de « concentration républicaine » est désormais exclueJournal des débats, 8 avril 1893, p. 4.) qu'au cléricalisme de certains ralliés. C'est à cette époque que l'association rajoute l'épithète « républicaine » à son nomJournal des débats, 31 mars 1892 (supplément). pour mieux se distinguer du groupe de l'« Union libérale de la Droite » (ou « Union libérale des Droites »), nouvel avatar de l'Union des droites (groupe monarchiste) présidé par Caillard d'AillièresJournal des débats, 5 mars 1892, p. 1 et 31 mars 1892, p. 2..
Entre la fin de l'année 1895 et le début de l'année 1896, alertée par la formation d'un gouvernement Bourgeois dominé par les radicaux, l'Union libérale républicaine se réactive une troisième fois. Dans la perspective des législatives de 1898, elle entreprend la création de comités locaux, organise des conférences en province, diffuse des brochures de propagande et commence à éditer un bulletin mensuel. Le , un premier comité départemental est créé à Bordeaux sous l'égide du négociant Marc Maurel et du banquier Fernand SamazeuilhULR, juin 1896, p. 41-49.. Un second, intitulé « Comité républicain de gouvernement », voit le jour à Lille en 1897ULR, août-octobre 1897, p. 236-238..
Libérale sur les plans politique, économique et social, l'Union libérale républicaine ne compte pas que des partisans du libre-échange et diffuse les discours du protectionniste Jules Méline. Pendant l'Affaire Dreyfus, elle appelle au respect des institutions judiciaires à la suite de la cassation du jugement de 1894 et réprouve l'antisémitisme. Si elle renvoie dos à dos le « parti radical et socialiste » et les factieux nationalistesL'Union républicaine des cantons de Roubaix, 11 juin 1899, p. 1., elle se distingue cependant de l'aile droite des « progressistes » (nouveau nom des opportunistes) en ne refusant pas son soutien au gouvernement Waldeck-Rousseau malgré la présence du socialiste MillerandLe Figaro, 6 juillet 1899, p. 3..
Au-delà de cette divergence et des différences originelles entre les libéraux dirigés par Barboux et les progressistes restés fidèles à Méline, la tendance est à la concentration des républicains conservateurs face à l'organisation du Bloc des gauches. Par conséquent, en , l'Union libérale républicaine se joint à l'Association nationale républicaine et à d'autres formations mélinistes pour fonder un parti politique de centre droit, la Fédération républicaine. Cette nouvelle formation correspond ainsi au « Parti progressiste » que Paul Bosq avait appelé de ses vœux, sept ans plus tôt, dans Le Figaro du .
En 1893, Jacques Piou, président de la Droite républicaine, avait préfiguré l'Esprit nouveau de 1894 en imaginant un « parti tory » républicain fédérant l'Union libérale républicaine et les ralliésJournal des débats, 28 janvier 1893, p. 2.. Ce projet était également partagé par Ernest Daudet, qui jugeait, dans les colonnes du Figaro, que les deux partis étaient « fatalement destinés [...] à marcher ensemble »Cité par le Journal des débats du 14 avril 1893, p. 2.. Les ralliés ayant finalement formé en 1902 leur propre parti, l'Action libérale populaire, il faudra attendre 1919 et la constitution du Bloc national pour assister à cette fusion au sein de la Fédération républicaine, qui restera ainsi le principal parti de droite jusque dans les années 1940.
Membres notables
Membres du comité
Adhérents et sympathisants
Références
ULR : Bulletin du comité de l'Union libérale républicaine (périodique consultable sur Gallica).
Bibliographie
Henri Barboux, Discours et plaidoyers, t. 2, Paris, Rousseau, 1894, p. 447-474. Marcel Fournier, « L'organisation du parti progressiste », Revue politique et parlementaire, t. XIV, , , p. 238.
Liens externes
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