Ici on parle russe est une nouvelle satirique de Vladimir Nabokov. La nouvelle, écrite en russe (sous le titre ) au début de 1923 à Berlin, a été publiée en anglais (sous le titre ) pour la première fois par le fils de l'écrivain, Dmitri Nabokov. La nouvelle posthume a paru pour la première fois dans le recueil La Vénitienne et autres nouvelles.
Personnages
Le narrateur, jeune Russe émigré à Berlin.
Martyn Martynytch, émigré russe qui tient un débit de tabac à Berlin. Il nourrit une solide détestation pour la Révolution bolchevik et ses représentants.
Pétia, jeune adulte, fils de Martyn, animé de la même détermination, farouchement anti-bolchevik. La femme de Martyn, personnage très effacé. Une tchékiste, membre de la Guépéou entré par hasard dans l'échoppe de Martyn Martynytch...
Résumé Le narrateur passe souvent chez Martyn Martynitch, un Russe sympathique et blagueur qui tient un débit de tabac florissant sur un coin de rue de Berlin. Forcé à l'exil après la Révolution russe, il éprouve une solide aversion pour le régime soviétique. Mécontent d'avoir été traité de par un fonctionnaire de la légation soviétique, quelques jours avant le départ du narrateur pour Paris, Pétia, le fils de Martyn Martynytch s'est rendu dans une librairie soviétique , qui vend aussi divers souvenirs artisanaux « révolutionnaires ». Pétia y achète un marteau ouvragé, et un buste en plâtre de Lénine, qu'il casse directement sur le comptoir à l'aide du marteau. Ce petit plaisir lui avait coûté 15 marks...
Six mois plus tard, au retour de son séjour parisien, le narrateur constate que l'ambiance a bien changé chez Martyn Martynitch. Alors qu'il prend le thé chez les Martynytch, il ne peut se départir d'une étrange impression.
Quel que soit le sujet de conversation, Martyn Martynytch trouve toujours le moyen de la ramener à sa nouvelle marotte, la prison et l'emprisonnement. commente le narrateur...
Enfin, ne tenant plus, son hôte lui avoue la vérité :
C'est alors que surgit Pétia, qui semble reconnaître le chaland. Sans rien ajouter d'autre qu'un ironique message de bienvenue, le jeune homme assomme le client d'un coup de poing dans la face. Martyn Martynitch prend la peine d'expliquer qu'après le coup de poing :
Les deux hommes s'emparent alors de l'inconnu, le ligotent et l'enferment dans la salle de bain. Sans plan préétabli, l'homme en qui ils ont reconnu un tchékiste, est retenu prisonnier durablement. Commence alors pour Martyn Martynitch et sa famille l'apprentissage du métier de geôlier et de ses servitudes. En particulier, la perte de l'usage de la salle de bain transformée en cellule. Mais il faut aussi se préoccuper d'autres aspects : temps de promenade, sécurité, lectures autroisées : ,
Martyn Martynytch accepte même de montrer sa prison improvisée au narrateur, qui constate que le prisonnier est très bien traité, que sa cellule est . D'ailleurs, le prisonnier semble s'être résigné à vivre là, après une tentative ratée d'évasion, assez content de son sort finalement.
Un peu dubitatif, Martyn Martynytch conclut :
Notes et références
Éditions
Catégorie:Nouvelle de Vladimir Nabokov