thumb|New York-Paris 1908, la Sizaire-Naudin de Pons, Deschamps et Berlhe. Le New York-Paris 1908, dit , est une course automobile ancêtre des croisières automobiles d'avant-guerre puis des rallyes-marathons d'après-guerre et des rallyes-raids modernes actuels. Elle dure sept mois sur un parcours de (dont de conduite de course effective), soit une distance totale de .
Histoire thumb| Au départ : la De Dion-Bouton de St. Chaffray, Autran et du Danois Hansen, de face, le 12 février 1908.
thumb|Le départ d'Eugène Lelouvier, sur la Werner. thumb|Ils sont tous partis… thumb|La De Dion-Bouton à Utica (Comté d'Oneida, État de New York), durant la journée du 12 février. thumb|31 juillet 1908, l'arrivée de la Thomas Flyer à Paris. thumb|Montague Roberts, dans la Thomas Flyer à Paris. thumb|La Thomas Flyer 35 hp victorieuse du New York-Paris 1908. Le défi, à l'époque fort médiatisé, est autant technologique que humain. Onze grandes cités sont entre autres désignées comme villes-étapes : New York, Chicago, San Francisco, Seattle, Yokohama, Vladivostok, Irkoutsk, Omsk, Moscou et Paris.
Équipages Six équipes, chacune composée de trois hommes et représentant quatre pays différents, sont au départ le à Times SquareInspection des voitures avant le départ sur BnF. La moitié sont françaises. Les Américains et les Français ont un quatrième membre accompagnateur, l'un journaliste au New York Times, l'autre au Matin (les deux quotidiens coorganisateurs de l'épreuve). La Werner de Maurice Drieghe, Max Hohmann et Eugène LelouvierDépart d'Eugène Lelouvier sur gallica BnF dont l'ambition était de battre les concurrents officiels était partie la veilleLa Vie au grand air sur gallica BnF.
pour la France : la De Dion-Bouton 4 cylindres de Georges Bourcier Saint-Chaffray, Alphonse Autran et Hans Hendrik HansenHansen et Autran sur BnF la Motobloc 4 cylindres du "baron" Charles GodardPhoto de Charles Godard cliché Meurisse sur BnF, Arthur Hue et Maurice Livier la Sizaire-Naudin 1 cylindre de Auguste Pons, Marius Berlhe et Lucien Deschamps pour l'Allemagne : la Protos 4 cylindres de Hans Koeppen, Ernst Maas et Hans Knape pour les États-Unis (futurs vainqueurs) : la Thomas Flyer, modèle 35 4 cylindres de la Thomas Motor Company, conduite par George Schuster (le seul à couvrir l'intégralité de la distance), Montague RobertsPilote endurant, également vainqueur des 24 Heures de Brighton Beach en 1908. et Harold Brinker pour l'Italie : la Briax-Züst 4 cylindres d'Emilio SirtoriLa Züst bibliothèque du congrès USA.
La course Parcours américain Mercredi (jour de la Saint Félix en France), la course s'élance à depuis Times Square (NY), devant une foule considérable estimée à . Elle va durer 169 jours. Un pistolet en or sert à donner le coup de feu du départ. Les six véhicules traversent l'Hudson Valley, direction Albany. Dès ce petit tronçon initial, la peu puissante Sizaire-Naudin abandonne; elle vient de heurter un rocher à Peekskill et le différentiel est hors d'usage. Tous les autres concurrents vont alors être confrontés à de nombreux problèmes durant la traversée américaine d'est en ouest. La Motobloc française s'égare sur les routes de terres agricoles de l'Iowa détrempées, transformées en de vastes champs de boue après des pluies incessantes. Plusieurs équipages pensent alors à quitter définitivement la course, le au soir à Carroll (IO). Le Midwest est impitoyable en conditions hivernales, les concurrents étant obligés de longer la première voie ferrée transcontinentale nord-américaine. Anecdote, à Utica, la Züst italienne chute depuis un pont appartenant à l'Union Pacific, mobilisant une brigade complète anti-déraillement de la compagnie avec plusieurs grues de levage et des dizaines d'hommes. Le moteur de la Protos allemande rend l'âme à Pocatello (ID), obligeant au rapatriement du véhicule par train vers Seattle pour de lourdes réparations. Les voies terrestres n'étant pas bitumées, la plupart des véhicules ont dû être tractés à cheval sur les rails des locomotives sur des centaines de miles, les chasse-neige n'étant de plus pas encore inventés à l'époque.
Le vainqueur de l'étape américaine est l'unique voiture concurrente nationale, la Thomas Flyer, qui atteint San Francisco le après 41 jours 8 heures et 15 minutes d'un parcours des plus chaotiques. Pour la toute première fois un véhicule sur route traverse les États-Unis en hiver.
Les quatre « survivants » sont alors embarqués dans la cale d'un navire à vapeur dans le port de Seattle, direction Valdez en Alaska du sud, mais la traversée du détroit de Behring devient inenvisageable, alors que les organisateurs voulaient initialement faire passer les voitures par ce "pont" naturellement gelé durant cette période de l'année. Les Thomas Flyer, Züst, Protos et De Dion-Bouton rebroussent chemin toujours par mer et sont déroutées en direction directe de l'Extrême-Orient et de Yokohama, uniquement par traversée maritime de l'océan Pacifique.
Parcours asiatique Après une courte escale japonaise, les quatre voitures arrivent à Vladivostok le après avoir traversé la mer du Japon. Seules la Protos, la Züst et le Flyer entament la deuxième traversée continentale, mais l'équipage allemand écope d'emblée d'une peine de 30 jours de pénalité pour cause d'un transport en train illicite et d'un refus de ralliement en Alaska. Craignant la présence de bandes de brigands et des conditions climatiques par trop défavorables en Sibérie, la De Dion-Bouton décide de quitter quant à elle abruptement la compétition, malgré tous les efforts déjà accomplis. La Protos est en tête sur le trajet dans la toundra mandchoue et sibérienne en direction d'Irkoutsk, mais se fait progressivement rejoindre puis dépasser par la Thomas Flyer, à environ de Vladivostok, la Züst se retrouvant quant à elle de plus en plus à la traîne. La fonte des neiges complique la conduite, avec l'apparition d'innombrables marais très peu visibles, pièges permanents sur une terre ramollie à perte de vue dans de vastes zones devenues marécageuses. La vitesse de course se décline alors souvent en pieds par heure plutôt qu'en miles horaires… et le Flyer finit ainsi par s'embourber, pour arriver finalement avec quatre jours de retard sur la Protos à Moscou, les Allemands étant déjà sur place depuis le . Le tsar en personne reçoit les équipes et les organisateurs (cet évènement sera repris 57 ans plus tard dans le film La Grande Course autour du monde).
Parcours européen Passé la banlieue moscovite les conditions de route s'améliorent de façon significative, et les traversées successives de l'Allemagne, de la Belgique et du nord-est de la France se déroulent sans évènement notable. Les positions restent figées jusqu'à Paris, où les Allemands franchissent les premiers grâce à Hans Koeppen la ligne d'arrivée le . Cependant ils ne sont pas déclarés vainqueurs, du fait de la pénalité des 30 jours infligée à leur encontre à Vladivostok. Les Américains arrivés à leur tour le sont les lauréats définitifsLa police parisienne n'autorise l'entrée dans la ville qu'une fois le véhicule équipé d'un phare correct, la lanterne ayant été cassée, avec celui d'un vélo embarqué à bord grâce à un spectateur obligeant., pour 26 jours, les Italiens terminant quant à eux seulement le mettant ainsi un terme final à cette épreuve marathon, qui contribua de par la fiabilité des trois voitures à populariser avec le Pékin-Paris disputé l'année précédente le développement de l'automobile en Europe et qui encouragea également les investissements des États dans l'amélioration et l'expansion des réseaux routiers de l'époque, le New York Times faisant quant à lui fréquemment ses unes sur les péripéties de la course outre-Atlantique.
George Schuster (1873–1972) fut intronisé dans le le , 102 ans après son exploit (le seul à disputer réellement toute la distance des ). Il avait été retenu pour ses bonnes compétences mécaniques initialement, après avoir démarré dans l'industrie automobile comme spécialiste de la fabrication de radiateurs tubulaires pour lE.R. Thomas Motor Company à l'usine-mère de Buffalo (NY), entreprise où par la suite il devint le superviseur général des assemblages finaux, et l'un des meilleurs metteurs au point de la marque avant la remise des véhicules aux clients aisés auxquels il apprenait le pilotage et l'entretien de ces engins d'un maniement difficile.
La Initialement prévue en 2008 sous le nom de mais annulée pour cause d'objections de la part des autorités chinoises, la course évènementielle commémorative débute finalement elle aussi à Times Square le . Quatre compétiteurs sont présents, à bord d'une Ford modèle A de 1929, d'une Ford 3 Window Coupé de 1932, d'une Volkswagen Beetle de 1967 et d'une Chevrolet Corvette de 2007 tout spécialement préparée. La tour Eiffel est atteinte le . Jeff Mahl, le propre arrière-petit-fils de George Schuster, participe à la célébration.
Filmographie , documentaire télévisuel de 2008 , documentaire télévisuel de 2008, sous la direction de Ettlich Wolfgang, 86' La Grande Course autour du monde, film de Blake Edwards en 1965, librement inspiré par les péripéties de la course. La voiture du héros Tony Curtis, appelée la Leslie Specials, est une réplique de couleur blanche de la Thomas Flyer victorieuse, spécialement construite par Warner Brothers à quatre exemplaires ; Les Fous du volant (), 34 dessins animés de 1968, eux-mêmes inspirés par le film précédent.
Bibliographie Le London Daily Mail: articles variés de 1907 à 1908; Le "New York Times'': article variés de 1907 and 1908 (site officiel);
Notes et références
Liens externes Bibliothèque du congrès USA Prints and photographs online catalog (PPOC) 47 photos The New York Times: Great Race of 1908: Competitors (7 clichés) (photothèque); La Thomas Flyer 1907 sur le site du National Automobile Museum de Reno (Nevada); Pages commémoratives pour le centenaire de la course The Great Automobile Race New York to Paris 1908 - 2008; Article Mehr über den Protos “Wettfahrtwagen” sur le site Deutsches Museum Verkehrszentrum de Munich (à propos des Protos); Site officiel de l'Automotive Hall of Fame;
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